Le discernement est à l’ordre du jour et plus que jamais!

Je ne suis pas le seul à être réticent à cette sauce nouillageuse bien nébuleuse et derrière laquelle se trame selon moi non pas une ouverture de conscience mais une mystification et un enfermement dans un monde virtuel totalement illusoire. Avec pour base la théosophie de Blavatsky et l’occultisme de Crowley… Comme dans tout, il existe du bon et du moins bon (pour ne pas dire autre chose!) . Les bouddhistes sont clairs sur le sujet: l’ignorance est la cause de toute souffrance. Et l’illusion est partie intégrante de cette ignorance. J’invite les êtres qui sentent un appel à la spiritualité et au sacré à faire preuve du plus grand des discernements car, expérience faite, je peux vous assurer qu’il est quelques manipulateurs (et au féminin également!) hors pairs qui n’hésiteront pas à vous anesthésier la conscience et vous transformer en adepte de théories farfelues, infondées et qui n’ont aucune valeur ontologique. Jamais vous n’aurez été invité de manière plus pressante au discernement. Le monde sectaire a bien changé depuis les années 70 et désormais leur territoire de chasse, c’est ici sur FB, dans les livres, stages et autres conférences, sur les forums et sur tous les réseaux sociaux. Ce mot secte ne convient plus du tout (hormis quelques exceptions notoires, Raël, scientologie, sociétés secrètes diverses et d’autres). La terminologie actuelle adéquate est la manipulation mentale et l’emprise psychologique du « client » potentiel, car c’est une question de pouvoir évidemment et une question financière. Pour arriver à ses fins, le gourou (thérapeute ou guide spirituel ou tout ce que vous trouvez dans le vocabulaire de l’âge d’or), le plus souvent autoproclamé ou avec des références totalement mensongères, dispose d’une panoplie de techniques plus redoutables les unes que les autres. J’y reviendrai dans un prochain post, car ce n’est pas anodin. Vous êtes pris dans une véritable toile d’araignée! Pour votre bien, rehaussez votre degré de vigilance, informez-vous auprès de sources fiables, d’organismes reconnus et qui sont sur le qui-vive avec ce fléau dont l’ampleur s’est révélée lors de cette pseudo fin du monde prédite par les mayas, auprès de gens de confiance et surtout ne prenez pas cela à la légère. Je peux vous assurer qu’il en va de votre santé mentale, de votre famille et de vos proches, de votre situation sociale.

Au plus on vous promettra (bonheur, sagesse, éveil, etc…) et ce rapidement, au plus grand est le risque de manipulation.

Les traditions nobles elles ont fait leurs preuves. Je ne parle pas des institutions religieuses, je parle du Verbe et de la Parole. Il vous suffit de vous mettre en route, de trouver un bon accompagnateur, j’aime le terme éclaireur, et d’emprunter cette sente magnifique qu’est l’éveil à soi et donc à l’univers. La sente sera longue, sinueuse, emplie d’embûches et de doutes, seule votre authenticité vous permettra de persévérer. Si tel est votre choix, je vous souhaite une magnifique découverte, c’est hallucinant de beauté et de sérénité, de paix en et autour de vous.

Belle sente à vous!

Philippe

http://www.sceptiques.qc.ca/dictionnaire/celest.html

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Namaste India – Blog de voyage en Inde

13 décembre 2004

NAMASTE INDIA

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Dès mon départ en Inde, ça commence.

Pour l’instant démarches administratives sans intérêt.

Bonheur et Paix.

Philou

Nous invoquons ton nom Avalokiteshvara !
Nous aspirons à apprendre ta façon d’écouter afin de contribuer à soulager la souffrance du monde.
Tu sais comment écouter pour comprendre.
Nous invoquons ton nom afin de pratiquer une écoute attentive et aimante.
Nous allons nous asseoir et écouter sans aucune arrière-pensée.
Nous allons nous asseoir et écouter sans juger ni réagir.
Nous allons nous asseoir et écouter si attentivement que nous serons capables d’entendre à la fois ce que dit l’autre et ce qu’il ne dit pas.
Nous savons que le simple fait d’écouter avec attention permet de soulager la souffrance d’autrui.

OM MANI PADME HUM

Le processus de maturation nous fait découvrir notre identité réelle, qui est Anatta, le non-soi, le point zéro, de non-chose. Le néant nous terrifie tant que nous sommes dans un faux état d’existence; quand nous le voyons vraiment notre peur tombe. Dans l’état de non-chose ou néant règne la liberté.

Il est non mesurable, vide et transparent. Et du fait qu’il est vide tout peut le remplir. Les choses peuvent y entrer et en sortir librement; elles ne se fixent pas. Notre vision part de là et non du monde extérieur, de notre fausse identité. En regardant le monde de l’intérieur de nous-même, il nous apparaît dans sa réalité; nous sommes affranchis de l’illusion…

Dhiravamsa « L’attention, source de plénitude »,
Editions Dangles, Collection « Horizons spirituels »

4 janvier

L’aventure c’est l’aventure

Voilà, voilà…

Le passeport est OK, et une fois de plus les Belges ont fait fort… Deux semaines au lieu de quatre, pour qu’il soit prêt avant les fêtes. Merci la Belgique!!! Pour le visa, mon ange Martial m’a conseillé de le demander au dernier moment, pour ne pas perdre de temps, donc j’irai plus tard…

La préparation du départ se passe et la séparation de mon épouse aussi. Après les Diablerets, Haute-Nendaz, chez mon ami Pascal, ensuite hébergement chez Claude, sympa, et maintenant chez Thierry, chanteur déjante de Del Pacto et de Unpacted, à voir, entendre et déguster sans limite, une fois. On passe des moments très agréables car bien entourés que nous sommes, en particulier par Fran et Kimy; nous sommes vraiment gâtés par la vie. « La vita e bella » disait Roberto Benigni. Eh bien, on va aller voir en Inde si elle n’est pas plus belle encore, l’espoir fait vivre dit-on. J’en ai. Je vous embrasse tous, autant que vous êtes. Om Mani Padme Hum. Philou

13 janvier

Ça approche

Salut les ti’ loups.

Le voyage approche à grands pas et la tension monte, mais rien de grave.

Après Delhi où j’atterris, je compte faire un saut à Dharamsala, chez mes potes bouddhistes afin de me poser. Ensuite la descente vers Calcutta (visite des écoles), remontée vers Boddhgaya (idem pour les écoles) et en fonction du temps, visite de Patna, Agra, et Delhi pour le retour prévu pour fin juillet.

La Suisse et la Belgique, le retour du grand blond quoi!

Je vous transmets tous mes voeux de bonheur pour cette année, et pourquoi pas pour toutes les autres.

Namaste.

Dhiravamsa: Nous devons accepter de vivre n’importe quel état de conscience négatif et savoir nous détacher de n’importe quelle expérience positive. Cela nous évitera de souffrir, que ce soit par le gain ou la perte.

17 janvier

Le billet

J’ai le billet !!!

J’en ai pleuré. Je ne devrais peut-être pas vous dire cela mais c’est tellement significatif pour mon petit être. Je m’en vais là où je veux avec mon seul sac à dos, pas trop lourd, et surtout plus chargé de pierres inutiles.

21 janvier

Le connu

On va essayer Krishnamurti.

Se libérer du connu, c’est mourir et mourir c’est vivre.

J’ y reviendrai car c’est pas fastoche.

Bizzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz à vous tous

Infos sur l’Inde

Coucou les amis,

Si vous voulez avoir quelques informations sur l’Inde (photos, cartographie), le site du Guide du Routard n’est pas mal. J’ai ajouté le lien sur le Blog dans la rubrique Sites Internet.

Lorsque vous y êtes, vous cliquez sur CARTOGRAPHIE (à votre gauche) et une carte interactive de l’Inde vous est présentée. Vous cliquez ensuite sur le nord de la carte et vous pouvez voir le trajet que j’effectue.

Namaste

Administration

Beurk !

J’ai failli me voir refuser le visa! En cause, mon permis de séjour en Suisse arrivait à échéance pendant mon séjour en Inde et cela, ça ne va pas pour le Consulat indien! On a trouvé une solution après maintes démarches administratives et tout est en ordre dès aujourd’hui; le visa sera prêt mercredi soir, ouf! Youppie…

Décollage le lendemain, à 10h30. Escale à Abu Dhabi, nuitée dans les Emirats et ensuite Delhi.

Et là, je crois que l’aventure commencera réellement. J’ai hâte d’y être, après toutes les peurs que j’ai eues, mais désormais, c’est Philou GT qui vous parlera (GT comme Grand Tourisme ou Globe Trotter, à votre bon vouloir). Accrochez-vous, va y avoir du sport, des rencontres, des sourires, des coups de blues et tutti quanti, mais aussi un grand travail intérieur. N’ayant pas disposé des fonds nécessaires pour m’offrir un appareil photo numérique digne de ce nom, c’est avec des mots que je tenterai de vous faire partager des images, des visages, des paysages, des émotions, des sourires et des rires, de la pauvreté et de la misère aussi, je crois, mais surtout un pays et des gens que je suppose fascinants, spirituellement surtout. ALORS EN VOITURE SIMONE!!!

31 janvier

Ego

Coucou, c’est Philou GT

Tant que c’est l’ego qui nous anime, on souffrira, et nous sommes la cause de cette souffrance.

En état de conscience, la souffrance n’existe pas, car alors nous nous apercevons qu’elle n’est qu’illusion. Puisque qu’elle n’est que création, elle est née et donc morte dans l’oeuf. A chacun de choisir. Liberté. De souffrir ou non.

Je m’en vais jeudi matin avec mon mentor, non, c’est pas vrai, mon ami. Une personne que j’aimerais que tout le monde connaisse. Merci Martial.

Namaste.

Philou, qui dit merci à son épouse, Maria Soledad, un autre bel être. Je t’aime, mon amour.

7 février

Namaste – Tashi Delek

Voilà j’ai dit Namaste à l’Inde, la belle

Après quelques péripéties, ma foi. J’ai été fêté par mes amies et mes amis jusqu’au dernier moment, à savoir la nuit de mon départ; vous imaginez l’état de fraîcheur! Mais c’était nécessaire pour mon moral, comprenne qui pourra, mais si je le dis, vous pouvez me croire.

La veille du départ, crevé comme pas 2, je me suis endormi dans le tram en allant chercher mon visa au Consulat Indien. Résultat des courses, je me suis réveillé près de Nations alors que je devais descendre Rue de Lausanne, et comme je n’étais pas parti tôt, ben oui je suis arrivé en retard.!!!

Après avoir pris contact avec le responsable, qui est loin d’être un rigolo, il m’a dit qu’il ne me restait plus qu’à venir le chercher vers 8h45 le lendemain. Mon avion décollait à 10h30. Déjà la course. J’ai quand même réussi à faire sourire le chiant de service, c’est toujours ça de pris…

Grâce à Martial, ma tite femme et mon pote Thierry, on y est arrivé. Mais étant sorti la veille, je n’avais pas terminé les bagages… J’ai semé des pétales de roses sur tout le chemin pris ce soir-là, on pouvait me suivre à la trace. J’étais redevenu Le Petit Poucet… Mais l’histoire ne s’arrête pas là, car Bibi toujours fatigué a pris un somnifère pour le vol jusqu’à Abu Dhabi. Et j’étais encore sous narcose arrivé là, la différence de température avec Genève avoisinait les 30°, tant est si bien que je me suis évanoui à l’aéroport et ai été transporté à l’hosto. Et j’ai donc manqué l’avion le lendemain car les Arabes ne rigolent pas. Etihad, la compagnie aérienne qui me transporte (et que je recommande vivement), m’avait trouvé un vol de rechange, sans frais, le surlendemain; là c’est l’hosto qui a merdé; imaginez qu’ayant accepté ma sortie, les démarches administratives ont pris pas moins de 3h30, et ce pour faire un papier et 2 photocopies. Je croyais rêver. Mais j’ai été zen dans l’épreuve (quasi 4 jours sans fumer…). Le jour d’après, Etihad me proposait un autre vol, avec escale à Muscat, mais avec Gulf Airlines. Le gars à l’enregistrement prétendait que je n’étais pas enregistré et que l’avion était surbooké (25 personnes étaient déjà sur la liste d’attente). Mais Etihad m’avait confié à un ange, une belle hôtesse nommée Nicola, qui s’est démenée comme un beau diable et j’ai pu enfin m’envoler vers Delhi (d’où je vous envoie ce billet). Merci la belle!

Delhi, le choc !!!

Alors je m’attendais à un choc mais c’est une baffe que j’ai pris en pleine poire. Déjà dans l’avion, lors de l’approche, je ne voyais que des lumières, blanche et rouge. Vous avez compris? Les voitures, des toiles d’araignées lumineuses partant dans tous les sens, sur des kils et des kils; à vous donner le tournis!

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Débarquement, et évidemment le pépin auquel je m’attendais, mon sac à dos avait aussi lambiné sur le chemin! Il est, aux dires de Gulf Airlines, resté à Abu Dhabi,à vérifier bien sûr, mais je ne m’en fais pas. Si on ne le retrouve pas, je me referai une garde-robe indienne…

Ici, c’est de la folie, les routes déjà impressionnantes vues de là-haut, d’en bas c’est tout simplement démentiel, ça klaxonne partout, queues de poisson en veux-tu en voilà, présélection connais pas, des vélos, des vaches sur les routes, des rickshaws, des routes à 6 bandes où l’on se retrouve à 8 de front, des piquets en pleine route, de la folie je vous dis, faut le voir pour le croire. Et les ruelles, vous imaginez, le Bronx quoi. Mais pour vivre, ça vit; ça bouge dans tous les sens, autour des vaches bien sûr! Curieusement, ce n’est pas pour me déplaire; je suis comme un gamin qui en prend plein les mirettes… Et les gens, leur beauté intérieure, ce n’est pas une légende. Un rien leur suffit, ils vivent.

Résultat des péripéties

J’ai rencontré des gens merveilleux. Deux potes indiens à Abu Dhabi, une belle arabe nommée Nicola, croisés à Muscat, un homme d’affaires Abu Dhabien intéressé par les écoles, deux irlandais revenant d’Inde, hyper sympas (l’un d’eux a vécu le Bloody Sunday à une distance de 25 m des événements!), et ici à Delhi, contact sur contact avec des hindis. Le pied quoi, sans mon sac à dos, mais comme je vous l’ai déjà dit, le matos, il y a toujours une solution pour autant que l’on se prenne pas la tête.

Je vous envoie de gros bisous de Delhi, plein de couleurs et de bonheur.

Namaste, tashi delek

Om mani padme hum

Philou

Citation du jour…

Jean-Louis Aubert, suite à la sortie de l’album « Idéal Standard »

Question

La fuite est une idée qui traverse cet album, non ?

Réponse

La fuite mais le fluide aussi, la circulation.

Le voyage est aussi immobile.

Ça dépend de l’âge, je crois.

Pour moi, tout se passe dans l’immédiateté.

Le voyage permet différentes lectures du monde.

C’est une phrase de Peter Brook, « il y a un monde ailleurs », qui m’a inspiré la chanson Ailleurs.

Décalage horaire

Je dois vous avouer que j’ai quelques difficultés avec le décalage horaire. Je mettrai quelques temps pour retrouver un rythme normal de sommeil, veille. Pour ce qui concerne l’éveil, c’est autre chose. Pour rappel, c’est +4h30 de différence avec la Belgique et la Suisse pour l’instant et ce sera +3h30 lorsque vous serez à l’heure d’été. En clair, midi chez vous, c’est 16h30 ici… Donc le chat en soirée, c’est marqué dommage car la plupart des cybercafés ferment à 22h30 locale, donc 18h00 chez vous. Seule solution, le matin pour vous. En un mot, il est préférable de prendre RDV!

Détachement

C’est marrant, pour ne pas se faire emmerder, il faut quasi ne pas faire attention aux gens qui essayent sans cesse de vous harponner. C’est normal ma foi, dans leur situation, il n’y a aucune honte à prendre ce qui se trouve sur le passage. Cette ville, et ce pays je crois, exigent une attention et une vigilance de tous les instants. Mais c’est épuisant au début. Je garde toutefois confiance car je ne suis pas de nature à me laisser faire. C’est le milieu qui est difficile à trouver, cette voie médiane si délicate à trouver et surtout à maintenir. Je sens que ce ne sera pas facile, mais je n’ai pas peur… C’est toujours ça!

Les billets

Vous comprendrez j’espère que les conditions de connection ici sont difficiles. Le « Wireless » (réseau sans fil) n’existe pas en Inde. Donc je prépare de longs billets, qui seront donc moins nombreux que j’espérais. Toutefois, j’ai pris un numéro de portable indien, et si vous voulez me contacter, par SMS c’est moins cher…, n’hésitez pas. Le n° est le suivant:

00 98 188 34 857

N’oubliez pas que vous avez la possibilité de laisser des commentaires sur le blog…

Merci à tous.

Ça va beaucoup mieux

Je crois que l’horloge biologique s’est mise a l’heure. Bien dormi cette nuit. Bon reveil matinal et tout bon etat d’esprit. Normal, j’ai rencontre (sorry, sur les claviers indiens, je ne trouve pas les accents) 4 merveilleux collaborateurs des Ecoles de la Terre. Je modifie un peu le parcours car, apres Dharamsala, je ferai un saut au Rajasthan ou une nouvelle ecole va naitre. Ensuite ce sera la descente vers Kolkotta. L’adaptation aux conditions de vie locales evolue egalement et une joie profonde s’installe en moi. Je vis un moment tres intense et qui me semble tres important. Actuellement, je lis Krishnamurti et je compte vous en parler car c’est hyper important pour moi dans ma demarche actuelle. En fait je vous parlerai du periple en Inde et du voyage interieur parallelement, car ils vont de pair. J’aime aussi a repeter sans cesse cette phrase de Guy Corneau (cfr biblio): Prenez ce qui fait echo en vous et delaissez le reste.

Je m’en vais travailler au soleil, il fait merveilleux ici – 25-28 degres – et vous envoie plein de belles pensees.

Namaste – Tashi Delek

Philou

11 février

AUM from Delhi

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Le plan de voyage a été quelque peu modifié suite à me rencontre avec les gens d’EdlT (Ecoles de la Terre), Marina, Mimi, Vicky, Sheshi et Rajesh, toutes magnifiques. J’ai eu beaucoup de chance de les rencontrer, ils organisaient un meeting dans l’hôtel où je me suis installé, le Siddhart Hôtel.

Venons-en au plan :

Mardi, je pars à DHARAMSALA (Himachal Pradesh), le contrefort de l’Himalaya, plus précisément à Mc LEOD GANJ ; c’est là que se trouve le gouvernement tibétain en exil. Comme le Dalaï-lama ne s’y trouve pas actuellement (il est en Australie), il sera plus aisé de trouver une chambre car l’endroit est très prisé. C’est à 526 km de Delhi, je voyagerai en bus de nuit accompagné de Julie, une belle américaine travaillant à Washington DC, dans le social, intéressée elle également par le bouddhisme. Je ne sais pas encore combien de temps je resterai là, mais ça va me faire du bien, le calme et la montagne après l’agitation frénétique de la capitale. Sur place, je vous en dirai plus sur cet endroit que l’on m’a dit magnifique.

Ensuite, via Jaipur, JAISALMER (Rajasthan) et la nouvelle école, qui sera très bientôt achevée et inaugurée, et le désert indien. Je serai accueilli par Vicky. J’espère aussi revoir Marina, « le bras droit de mon ami Martial ».

Puis la descente vers KOLKATA et les rives du Gange (Kolkata et plus Calcutta, les hindis ont changé les noms de deux des plus grandes villes, celle-ci et Mumbai à la place de Bombay) via Jodhpur. Là, je serai accompagné de Mimi et de Sashi, auquel j’ai demandé de ne pas me loger en ville, car j’aspire réellement à des lieux plus tranquilles. Je logerai sur les rives du Gange, endroit mystique pour les hindouistes. Je visiterai les écoles situées dans les Sunderbands.

Ensuite, remontée vers Delhi, par BODHGAYA et l’arbre du Bouddha, mais aussi les écoles et accueil de Rajesh, qui m’accompagnera ensuite à VARANASI (ex Bénarès), la mythique et plus vieille ville de l’Inde, en quelque sorte le mouroir de l’Inde. Je suis heureux que Rajesh m’y accompagne tant je pense que ce sera pour moi le plus gros choc, les bûchers et les léproseries.

Et le retour vers la capitale DELHI et la frénésie de Pahar Ganj.

Avant de vous quitter, juste vous dire qu’il fait 30 degrés ici et que j’ai pris mon premier coup de soleil indien. Rien de grave, bien sûr.

Aussi, j’ai été voir si les appareils photo numériques étaient abordables mais tel n’est pas le cas, donc pas de photos. Celles que j’introduirai dans ce blog, j’aurai été les pêcher sur le Net. Vous pouvez aussi consulter les galeries du site des Ecoles de la Terre (le lien direct se trouve sur votre droite).

A tout bientôt pour la suite.

J’ai une pensée particulière pour Marie, qui vient de voir sa maman nous quitter, bonne route à elle, Om ah Hum ; suis avec toi, merveilleuse Marie.

Namaste.

Philou qui vous fait à tous des mimis.

Citations du jour

L’origine de toute joie en ce monde
Est la quête du bonheur d’autrui ;
L’origine de toute souffrance en ce monde
Est la quête de mon propre bonheur

Shantideva

… je trouve que ces paroles vont assez bien avec une parole attribuée au Bouddha

Il n’y a pas de chemin vers le bonheur
Le bonheur est le chemin

Bouddha

12 février

Silence

Hello a vous,

Je ne vous parlerai ni de meteo ni de citation de quelconque lecture. Juste et simplement de mes sentiments actuels.Une profonde solitude s’installe en moi dans mes entrailles et dans mon ame. J’ai de la peine car mon ego est la et bien la. Je fais avec, ne le rejette pas et le vois passer telle une illusion, un mirage dans le desert. Ma conscience, elle, se delecte de ces instants. Enfin! se dit-elle. Le silence prend place dans tout mon petit etre, malgre la frenesie de l’endroit. Je suis heureux. Je vous embrasse bien fort et vous souhaite le bonheur.

Philou

Delhi news

Coucou, les ti loups,

Philou est en train de se délester de tout, tout ce qui pèse dans son sac à dos, et qui pèse si lourd! Ma femme, surtout, un poids dans mon coeur, mais cette fois, je crois bien que c’est définitement clos.

Le voyage continue, encore un jour à Delhi, ensuite la montagne et les tibétains! Je ne sais pas encore si Julie m’accompagnera, elle est à Jaipur, elle m’a l’air d’être grave; à Delhi un jour, le lendemain à des kils; toutefois, très sympa et je me ferais un grand plaisir de partager quelques moments avec elle. Et si ce n’est pas elle, ce sera une autre fleur, c’est le papillon que je suis qui vole en toute liberté, sans peur ni contrainte. Je me sens bien ici, même le bruit incessant ne me trouble plus, c’est comme un silence intérieur qui s’installe en moi tout en douceur. Je ne vous ai pas beaucoup parlé de Delhi, parce que je ne me sens pas très concerné ni motivé par cette ville. C’est trop pour moi, une telle frénésie, j’aspire à des lieux plus calmes. Et le choix que j’ai fait d’aller à Dharamsala semble être le bon, même si certains d’entre vous pensent le contraire (Hi, hi); je me sens réellement voler, libre tout en étant attentif et vigilant, dans le sens spirituel, bien sûr. Car l’Inde, pour mon petit être, est mystique et je comprends déjà, au contact des Hindis, que nul n’a pu conquérir ou coloniser ce pays. Ils sont fiers dans le bon sens du terme, souriants, aimables et gentils. Tout le contraire de certaines contrées européennes; mais la comparaison n’est pas de mise, sorry. Je suis là et je m’adapte au lieu, à l’ambiance et aux gens qui m’entourent.

En toute confiance, je vous embrasse bien fort.

Namaste.

Philou

Citation du jour

Le livre que je viens de terminer Krishnamurti, « Se libérer du connu » se termine par cette phrase:

L’homme qui se sait silencieux, qui sait qu’il aime, ne sait pas ce qu’est l’amour,ni ce qu’est le silence.

13 février

Ma tite femme

Coucou,

C’est marrant, avec ma tite femme. Je suis tellement jaloux! Ce matin, je la rejetais comme une malpropre et maintenant, c’est tout le contraire. Tant il est vrai que j’aime ce bel etre, comme quoi, mon ego a toujours voix a la parole. Je m’exerce et je me sens grandir et mon ego retrecir (pas d’accent sur les claviers hindis, sorry). Avec humilite, bien sur, qui sied si bien a l’Inde. Bisous a vous tous, mes fideles lecteurs

14 février

Dharamsala

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C’est un grand jour pour moi.

Je vais a la rencontre des Tibetains et de l’Himalaya. J’aimerais tant vous faire partager le bonheur qui s’installe avec tant de douceur en moi. Il fait encore nuit chez vous et j’espere que vous faites de beaux reves. Comme tous les jours a Delhi, je suis reveille a 5h30 du mat par les prieres hindis. Devant l’hotel le temple, et dans le temple, de fervents pratiquants. Hier, j’ai rencontre des genevois de la Servette. Super contact, des etres merveilleux. Fallait que je fasse des milliers de kils pour les rencontrer mais ca valait la peine tellement genereux et aimant ils sont. J’ai aussi recu la confirmation de ma petite Julie qu’elle sera dans le bus avec moi. J’attends de voir mais si c’est le cas, tant mieux. La solitude est presente dans mon ti coeur. Je fais avec, et je me sens libre comme l’air. Vous me manquez toutefois. Je vous aime. Bisous a vous tous. Le prochain billet sera de Dharamsala, Mc Leod Ganj, plus precisement. Altitude 1700m, avec vue sur une chaine de montagnes avoisinant les 6000m. Le pied geant. A plus. Portez-vous bien. Merci pour vos commentaires si doux et qui me font chaud au coeur.

NAMASTE. TASHI DELEK

15 février

Mc Leod Ganj, les Tibetains

Je suis à Dharamsala, à Mc Leod Ganj ; le trajet en bus fut épique. Départ ailleurs que prévu, retard, manque de confort. Martial m’avait averti, faut voyager en Inde pour comprendre. Un expérience de plus et la patience et les facultés d’adaptation grandissent. J’étais accompagné de Julie et c’était chouette, on a pu parler le long du voyage ; toutefois, c’était un bus de nuit , le trajet a duré toute la soirée et la nuit, et bien évidement, nous avons cherché le sommeil pour que le temps semble passer plus vite. Arrivé à Mc Leod Ganj, pluie et orages. C’était pas des plus jojo, mais on a trouvé une chambre sans difficulté, dans un guesthouse (une pension) tibétaine. L’argent est intégralement rétrocédé aux moines. C’est une façon pour nous de contribuer à la cause tibétaine. Car ce serait bien de s’en préoccuper un peu plus en Occident au lieu de laisser faire les Chinois au nom de la sacro-sainte économie libérale. Quand on pense que à certains moments un pays comme le mien refuse la visite du Dalaï-lama pour la seule raison que notre Roi est en visite officielle en Chine avec des enjeux économiques considérables. Il ne faut pas choquer l’ego chinois, tout le monde le sait.

Un petit mot sur l’historique mentionné dans « Le guide du Routard »… Je cite :

Bien avant que Nehru ne décidât, en 1960 (mon année de naissance), d’offrir cette terre d’asile aux Tibétains, le bouddhisme représentait déjà la religion dominante dans cette région. La vallée du Kangra comptait encore près de 50 monastères et 2000 moines au VIIe siècle.

(…)

A l’arrivée du Dalaï-lama en 1959, au terme d’une longue marche longue et périlleuse à travers l’Himalaya, ce dernier transféra l’administration centrale tibétaine à Dharamsala, qui devint ainsi le siège du gouvernement tibétain en exil. Depuis, plus de 80000 réfugiés ont fui leur terre natale devant la dramatique invasion chinoise qui a fait, depuis 1949, plus d’un million de morts (dont un grand nombre de moines (il y en avait plus d’une dizaine dans le bus), sans compter la destruction de la quasi-totalité des monastères anciens. Ces réfugiés ont trouvé asile en Inde (Himachal Pradesh, Sikkim), au Népal, au Bouthan, aux Etas-Unis, au Canada et en Europe, plus particulièrement en Suisse.

Et puis ceci…

Aller à Dharamsala, c’est un peu quitter l’Inde pour découvrir ce que les Tibétains appellent eux-mêmes « le petit Lhassa ». Autour de la résidence du Dalaï-lama, près de 15000 réfugiés réorganisent leur vie, cherchant à sauvegarde leur identité culturelle et leur religion (NdlA : ou philosophie, comme bon vous semble). »

Nous avons déjà visité le temple dans lequel se trouve sa résidence et je vais y retourner, car c’est un lieu d ressourcement empli d’énergie, qui invite au silence extérieur, par respect pour les moines méditants, et surtout intérieur. Lorsqu’on visitait le temple, il y a eu une pluie de grêlons gros comme le pouce. Encore qu’il a fait beau aujourd’hui et qu’il ne fait pas froid. C’est le matin et le soir qu’il faut se couvrir comme il se doit ; ce climat me convient, pas de problème. Demain autre programme, d’autres visites, d’autres aventures. C’est marrant, je mange des frites en vous écrivant, un petit creux. Ce soir, nourriture tibétaine : des MOMOS, de mouton, c’est succulent.

Bisous à vous tous.

A+.

16 février

News from the Himalaya

Namaste, « Tashi deley », les amis,

Lors du billet précédent, j’étais un peu en colère de voir dans quelles conditions « His Holiness » (Sa Sainteté, comme on l’appelle ici, sans pour autant avoir une veneration pour son etre, simplement du respect) se trouvait en comparaison avec Lhassa et sa demeure du Potala d’où il a été quasiment expulsé par des gens habités actuellement par l’ignorance. Il s’est en fait enfui, de peur d’être emprisonné, voir pire. Espérons que les Chinois évoluent.

Plus de politique, plus de guide du routard, place aux expériences, au vécu. Qu’ils sont beaux ces gens !!! L’endroit me convient beaucoup mieux que Delhi, plus paisible, moins de bruit, un air plus sain, les montagnes, les couleurs magnifiques des tibétains, mais aussi ce curieux mélange avec les hindis, intéressant, enrichissant, surprenant, deux mentalités tellement différentes et qui cohabitent, et d’une tellement belle maniere… Une belle leçon d’humanité.

Ce jour, le programme était : balades en forêt et en montagne, jusqu’à 2000m. Le belle vie, quoi. On a marché 5 heures en montagne. Aigles, singes (les premiers que je vois, et je dois avouer que je m’en méfie), vaches, chèvres, ânes, chiens et tout et l’Himalaya en tableau de fond , impressionnant ! Pour le reste, la vie suit son cours, et même en voyage, il y a des hauts et des bas. Je ne suis pas inquiet, je surmonterai les problèmes je crois, et surtout savourerai, ou essayerai de le faire, tous les petits et grands bonheurs que je trouverai sur le chemin actuel, qui en est jalonne.

Ici, je ne passe pas beaucoup de temps sur internet, j’espère que vous comprendrez ; autre chose à faire et surtout des connections lamentables. Je m’adapte et je suis heureux de passer des moments pareils tellement riches et emplis de vie. Cela risque de s’accélérer car le nouvel an tibétain arrive le 21 et normalement le Dalaï-lama est présent à cette époque. Il ne devrait tarder, aux dernières nouvelles, il était à Mumbai. Je veux vivre cela car je n’arrive pas à imaginer la fête et la beauté de ce moment. Je comprends qu’en Occident, sans s’être intéressé au Bouddhisme, on a de la peine à ressentir ce que je sens ici, et si vous voulez bien me croire, c’est d’une énergie incroyable dont je parle (et dont j’ai déjà eu un aperçu), d’une ferveur et d’une pratique qui se voit sur les visages et qui se ressent dans les contacts humains. Aucune ambiguïté toutefois, je ne reviendrai pas moine tibétain. Ne t’inquiète pas pour moi, maman! Après cela, Jaisalmer et un voyage différent que celui que je prévoyais. Infos prises ici, je dois repasser par Delhi (en bus) et ensuite prendre le train pour Jaisalmer (durée approximative de 24 heures) ; je savais qu’avec mon itinéraire, j’aurais fort à faire avec les transports hindis (et Martial m’avait bien « drivé » à ce sujet) mais j’imagine que ce sera « du rail » (ah, ah). Pas de prob, la patience prend place (paraît que c’est le début de la sagesse) et j’ai de quoi lire!

Je me proposais de vous parler de philosophie tibétaine, de la vie et de la mort ; je tiens à vous dire d’une manière très claire que je vous invite, comme l’a dit Guy Corneau , à « prendre ce qui fait écho et délaisser le reste » . A vous de voir, donc. Enough for today. Merci pour vos mails et vos commentaires ; à plus.

Je vous embrasse du pied de l’ Himalaya.

Philou

19 février

Moine

Hello à vous tous, mes amis,

Laisser-moi vous raconter une histoire qui est arrivée à Julie ce matin, et qui était toute bouleversée en me la racontant. Elle a déjeuné avec un moine tibétain (que j’aimerais rencontrer) qui vient d’arriver ici, ayant fui comme le Dalaï-lama son pays natal. Ses parents l’ont dirigé très jeune vers la voie monacale, seule possibilité pour les enfants de là d’accéder à l’enseignement tout en préservant leur culture. Les chinois proposant bien sûr un enseignement, chinois…

Vers l’âge de 16 ans, il tenta, comme bon nombre, de quitter le pays mais cela est strictement interdit par les Chinois qui, puisqu’ils considèrent cette terre comme la leur, considèrent les tibétains comme des citoyens chinois. Logique, non ? C’est du chinois, une fois !

Sans rire, je considère cette situation comme inacceptable.

Alors, qu’il voulait quitter son pays, il s’est fait prendre par les chinois et a passé un an et demi en prison, simplement parce qu’il aspirait à préserver sa liberté …

Des monastères existent encore au Tibet mails ils ne peuvent plus accepter de jeunes moines et sont donc condamnés à périr. Imaginez un seul instant le dernier moine survivant d’un monastère… Ils sont malins ces chinois ; après avoir fait le grand nettoyage (pour rappel plus d’un million de morts, d’exécutions en fait, on pourrait même dire de génocide), pour faire les beaux devant la communauté internationale, ils choisissent une mort plus douce pour leurs « compatriotes » tibétains, et toute leur culture. Pour votre information, plus de la moitié des moines survivants ont été emprisonnés par leur envahisseur ; il vous faut savoir aussi que si vous entrez en Chine, il vaut mieux ne pas avoir sur soi une photo du Dalaï-lama, sinon vous ferez connaissance de leurs prisons. Normal, ils ont tellement peur de ce qu’il véhicule, les pauvres (d’esprit) !

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Pour en revenir au moine de ce matin, il vivait à Lhassa, la capitale tibétaine. Ses parents ont payé un guide pour qu’il puisse fuir jusqu’ici. Il a réussi, franchissant l’Himalaya, à pied. Le voilà maintenant à Mc Leod Ganj, conscient du fait que jamais plus il ne reverra ses parents trop vieux pour effectuer un tel périple… Il est libre désormais et comme tous les tibétains d’ici obtiendra un certificat de résidence émis par l’Etat Indien, et s’il veut effectuer un voyage en Occident, une reconnaissance de statut de réfugié. Si vous pouviez avoir une pensée particulière pour ce peuple exilé, simplement parce que ces tibétains veulent préserver leur liberté et leur culture. C’est sans démagogie aucune de ma part, et ne croyez pas que je tombe dans un piège nommé sentimentalisme, je constate un état de fait, en toute humilité, sans pitié particulière, avec compassion j’espère. Une chose est sûre, c’est que tant que cet état de chose existe, vous n’aurez pas à vivre « Les tribulations de Philou en Chine ». Voilà !

En vous écrivant ces mots, je me rends compte oh combien je suis sensible en ce moment. En ayant fait le choix de ce voyage, je me suis mis dans un état de vulnérabilité totale. Mon cœur est ouvert à tout. Il jubile, lui. Il crie son bonheur et il n’est pas un jour où je ne verse une larme. L’Inde m’a rappelé que pleurer je pouvais encore. De bonheur, dans l’acceptation de la vie, avec tout ce qu’elle comporte, souffrance, joie, bonheur, etc… Beauté surtout car la plupart des cœurs rayonnent dans ce pays. Je suis, je vis. Pas de qualificatif. Pagny chantait « Ma liberté de penser », j’aurais plutôt choisi « Ma liberté de conscience ». M’en vais voir auprès des moines si je peux assister aux festivités et voir le Dalaï-lama. Au fait, j’allais oublier, le nouvel an tibétain, LOSAR, c’est le 28, et ce jour je serai encore ici. De la vie et de la mort, je vous parlerai ultérieurement, d’ici peut-être, de Varanasi au plus tard, dans quelques mois. Pour autant que Dieu ne m’ait pas rappelé auparavant. C’est l’histoire du bol, vous connaissez ? Un peu d’interactivité, svp. N’ayez toutefois aucune crainte pour moi, je vais très bien, et prenez bien soin de vous.

Philou

Proposition de sujet de méditation :

Ne sommes-nous pas tous des exilés, des réfugiés, des passagers ?

Errata

J’ai vu ce moine. Heureux que je suis… En fait, il est là depuis plus de 5 ans, est arrivé à Dharamsala à l’âge de 19 ans. Pour le reste, tout est dit ci-dessus. Il est magnifique, tendre, aimant, serein, beau quoi. Mais non, maman, je ne devient pas moine, ni homosexuel. C’est d’une beauté intérieure que je parlais qui transparaît dans l’être tout entier. Comprendo, si, todo bien.

Autre erreur, il appert que je ne verrai pas le Dalaï-lama. Il ne sera pas ici pour LOSAR. Donc, lorsqu’il sera revenu, je serai fort probablement déjà à Jaisalmer, voire Kolkota. Ce n’est que partie remise, me dis-je. Dans un tel endroit, je reviendrai. Si la vie me sourit, comme c’est le cas actuellement.

Meilleure nouvelle, Sashi m’a téléphoné et une volontaire de Suisse, dont je ne connais pas le nom, est arrivée à Kolkota. J’aurais l’occasion de la rencontrer si comme prévu, je serai là vers la mi-mars. Pas de plan sur la comète, toutefois, je ne veux rien savoir de cet avenir, Elisabeth Tessier est là pour ça et ce n’est vraiment pas ma tasse de thé, très bon en Inde, par ailleurs, le meilleur du monde dit-on. Je n’ai pas encore visité le monde ; suis où je suis, tel que je suis, avec vous.

Dernière nouvelle, pour ma petite Franette : ici, ils rasent de plus prêt que toi. Ah, ah. Je viens de me faire raser la tête. Je sais que cela ne plaît pas à tout le monde, mais en ce moment, séduire est le dernier de mes soucis.

Bizzzzzzzzzzzzzzzzz

Philou

LOSAR

« En Inde, Si vous ne priez pas, vous avez perdu votre voyage. C’est du temps donné aux moustiques. » Henri Michaux

OM MANI PADME HUM

Avant LOSAR, nouvel an tibétain, le 28 février (eh, oui, le jour de ton anniversaire, tite femme), laissez-moi vous dire quelques mots du mantra le plus connu des Tibétains, le mantra de la compassion.

Comme la plupart des mantras, il est écrit en sanscrit, l’antique langue sacrée de l’Inde.

Il est prononcé ‘Om Mani Pémé Houng’ par les Tibétains.

Pour entrer dans leur culture, je crois que c’est un bon moyen que d’essayer de le comprendre. Si vous le voulez bien, et comprendre aussi ce que je vis en cet instant, car à Dharamsala, il est présent partout. C’est lancinant, comme un coeur qui bat.

Ce mantra représente la compassion et la grâce de tous les bouddhas (êtres éveillés) et bodhisattvas (le seul souhait d’un bodhisattva est d’être source de bienfait pour tous les êtres sensibles : il dédie par conséquent toute sa vie, tout son travail et sa pratique spirituelle à l’accomplissement de l’éveil, afin d’offrir aux autres êtres la meilleure aide possible) et invoque plus particulièrement la bénédiction d’Avalokiteshvara, le Bouddha de la Compassion, le Bouddha le plus important et la divinité karmique du Tibet … Son mantra est considéré comme l’essence de la compassion du Bouddha pour tous les êtres. Selon un adage célèbre, le Bouddha de la Compassion est tellement gravé dans la conscience tibétaine qu’un enfant qui sait dire « maman » peut aussi réciter le mantra « OM MANI PADME HUM ».

(…)

Son voeu : ‘ Puissé-je ne pas atteindre la complète bouddhéité avant que tous les êtres sensibles n’aient obtenu l’éveil.’

Un poème dit :

Avalokiteshvara est semblable à la lune
Dont la lumière rafraîchissante éteint les feux dévorants du samsara
Sous ses rayons, le lotus de la compassion à la floraison nocturne
Ouvre grand sa corolle.

(samsara signifie océan de souffrance)

Les enseignements expliquent que chacune des six syllabes du mantra – OM MA NI PE ME HUNG – a une action spécifique et puissante qui provoque la transformation à différents niveaux de notre être. Les six syllabes purifient complètement les six émotions négatives pernicieuses qui sont la manifestation de l’ignorance et nous font commettre des actions négatives par le biais de notre corps, de notre parole et de notre esprit, créant ainsi le samsara et la souffrance que nous expérimentons en son sein. L’orgueil, la jalousie, le désir, l’ignorance, l’avidité et la colère sont transformés par le mantra en leur véritable nature, les sagesses des six familles de bouddhas qui sont manifestés dans l’esprit éveillé.

(…)

Autre façon d’interpréter ce mantra : OM est l’essence de la forme de l’éveil, MANI PADME, les quatre syllabes centrales, représentent la parole de l’éveil, HUM, représente l’esprit de l’éveil. Il purifie les voiles qui obscurcissent le corps, la parole et l’esprit et conduit tous les êtres à l’état de réalisation.

Voilà, ces éléments sont tirés du livre de Sogyal Rinpoché : Le livre tibétain de la vie et de la mort. (réf. ci-contre, pour ceux qui voudraient avoir une idée plus précise du bouddhisme tibétain).

M’en vais prier, me laver, promener, observer, écouter, partager et tout et tout.

Bisous.

Namaste. Tashi deley.

Philou

***

Ce matin, sur la place, un mouvement tibétain a fait brûler des peaux de divers animaux (tigres, renards, etc.) en guise de protestation de ce que font les chinois qui tuent sans compter ces animaux dans le seul but du profit commercial et revendent les vêtements confectionnés avec lesdites peaux à prix d’or, spécialement aux tibétains, qui ont besoin de vêtements chauds. Le Dalaï-lama a expressément demandé à son peuple de ne plus acheter de tels vêtements. Je crois que le peuple et les autorités tibétaines sont parfaitement conscients de la difficulté sociale, économique, écologique et diplomatique que la perte de leur territoire implique. Il faut mentionner aussi que les Tibétains exilés pour la plupart ne parlent ni hindi, ni anglais, et c’est donc très difficile pour eux. Les plus jeunes étudient ces deux langues mais les personnes plus âgées pas.

J’ai rencontré ce matin Jinpa, un Tibétain de 25 ans. Demain je suis invité chez lui à boire le café et plus tard à venir manger tibétain. On passera peut-être Losar ensemble car le nouvel an tibétain est plus une fête de famille qu’autre chose, pas question de fête à l’américaine. J’y reviendrai plus tard mais une chose est certaine, c’est que la fête dure trois jours au moins. Il me présentera à ses amis tibétains. Je commence à comprendre la situation dramatique dans laquelle se trouve ce peuple en exil et déchiré, la plupart des personnes âgées étant restées au Tibet natal et les plus jeunes ayant choisi l’exil quasi forcé. Déchirement, déracinement, situation sociale et économique précaire, cela ne fait pas que des heureux et tous les Tibétains, loin de là, ne récitent pas le mantra de la compassion. Hier soir, j’en ai vu quelques uns particulièrement fatigués et dont la colère se lisait sur le visage. Je trouve cela logique que tous n’aient pas la sagesse des moines tibétains. A ce propos, je vois maintenant le moine de l’autre jour, Rapié. Je vous laisse.

A tout bientôt. Namaste. Tashi delek.

Philou

22 février

Mc Leod news

Jinpa n’est pas venu à l’heure dite, ils n’ont pas d’horloge suisse les tibétains, je l’ai croisé à midi en lieu et place de 11 heures, j’avais donc déjà bu le café. On a remis ça au lendemain, et ma foi, cela m’a donné l’occasion de croiser un être assez remarquable, un Irlandais prénommé Michael. 55 ans, baroudeur dans l’âme, partant au minimum 3 mois en voyage, un personnage comme on en voit peu. Il fait de l’import-export avec l’Inde et les autres pays qu’il visite. Marin aussi, comme bon nombre d’Irlandais, c’est une personne haute en couleurs, posée, et tout ce que j’aime, véhiculée par des valeurs fondamentales que je partage. Nous avons discuté un bon moment ensemble devant son Ginger et mon café. De quoi? Du Tibet, bien sûr, du bouddhisme assurément, et de tas d’autres choses. Il m’a notamment fait part de son expérience de son voyage d’il y a deux ans en… Chine et au Tibet, et m’a dit que les personnes les plus accueillantes qu’il ait rencontré dans ses voyages étaient… les chinois! Et vlan, prends ça dans la patate, garçon ! Il m’a clairement expliqué que le peuple chinois et les gens qu’il avait rencontrés avaient la main sur le cœur. A cent mille lieues du parti, des communistes et du gouvernement. Et voilà, on apprend tous les jours en voyage. Peut-être reverrais-je mon point de vue et irai voir chinois et tibétains sur place… Il m’a parlé de ses expériences en Australie, avec les Aborigènes, en Afrique, en Amérique du Sud. De son pays, et bien sûr de spiritualité. Ce fut un moment magique, comme on en vit peu. Un être d’une sensibilité extrême, caché derrière une apparence un peu rustre, vous voyez l’image de l’Irlandais sec, fort et dur, ayant tout un vécu dans le sac à dos, auquel il ne vaut pas mieux se frotter, mais avec une lumière dans les yeux et un cœur gros comme ça. Merci Michael, merci la vie, merci l’Inde. La journée avait débuté de très belle manière. Bon sommeil, bonne santé, bon réveil, toilette et petite lessive en écoutant Om Mani Padme Hum en chant tibétain, un peu froid toutefois car le soleil a dû chercher son chemin à travers les nuages (maintenant tout va bien, 20° sur une terrasse, sirotant un thé citron, avec une vue imprenable sur la vallée). Après Michael, j’ai rencontré deux allemands de l’Est, frère et sœur, hyper sympas, je fais le tour du monde ici. J’avais même oublié de vous dire, j’ai rencontré l’autre jour deux bruxelloises (après deux genevois, quoi de plus normal !), maman et fille, qui a effectué un an de bénévolat à Kolkota, auprès de Mère Theresa (Salut Martial !). Je ne vous décrirai pas toutes les belles rencontres que je fais ces temps, je passerais ma vie devant l’ordinateur. Et la nouvelle du jour, le Dalaï-lama est là ! Avec les Hindis et les Tibétains, il faut être journaliste tous les jours et croiser, confirmer les infos reçues. Autre nouvelle, j’ai mon billet de bus pour Delhi et la réservation de mon train pour Jaisalmer. Je quitte le petit Tibet pour l’Inde et le Rajasthan le 1er mars. Ses déserts et l’école en voie de finition. D’autres aventures m’attendent. Je vous adresse un salut tibétain, vous dit mon respect, Namaste et Tashi delek, les amis. Portez-vous bien. M’en vais demander audience auprès du Dalaï-lama (vous vous en doutiez n’est-ce pas, bande de petits filous !).

De Mc Leod Ganj, avec toute ma tendresse. A plus et au plaisir de vous lire.

Philou

PS : il est possible que pendant LOSAR (26,27,28), vous ayez moins de nouvelles de moi car tout est fermé pendant 3 jours. A vérifier, bien sûr, je commence à comprendre… Ensuite le voyage, ne soyez pas impatients, je ne vous oublie pas et surtout, gardez confiance. Merci.

Hier soir, je n’ai pas eu le temps d’aller sur internet et publier le billet que j’avais préparé et je le complète donc ce midi. Ici il y a de plus en plus de monde et curieusement, tout ferme de plus en plus tôt, les guesthouse, les échoppes, les magasins, etc… Tout cela est dû à la préparation de Losar. Ça ne me dérange pas, je rentre plus tôt et trouve facilement le sommeil. Après le concert canin, car les chiens très nombreux ici se regroupent en meute et se bagarrent pour leur espace et leur nourriture, de 23h00 (heure de fermeture de ma guesthouse, donc plus de chat le soir, les amis) à 00h30. Je m’y fais et cela fait partie de mon quotidien. Ce matin mon ami Jinpa est arrivé à l’heure et m’a offert le café. Bon café, fait dans une cafetière … italienne ! Les conditions de vie dont s’accommodent les tibétains seraient difficilement acceptables pour des occidentaux. Il accueille pour l’instant des étudiants (en congé scolaire) et vivent à 4 dans un espace de 12m carrés. Deux matelas par terre, des bassines d’eau, quelques vêtements entassés, petite bonbonne à gaz, pour cuisiner, un espace minimal qui permet de survivre dira-t-on. Je ne vous ennuierai plus très longtemps avec les problèmes administratifs et linguistiques rencontrés par eux mais laissez-moi préciser que l’obtention du RC (certificat de résidence) est beaucoup plus compliqué qu’il n’y paraît et que les gouvernements locaux hindis deviennent plus exigeants sur les conditions à remplir et que c’est une question de sous et d’enveloppes dessous la table qu’il s’agit. Et si vous n’avez pas de sous et/ou de « parents adoptifs »» hindis attestant que vous êtes nés en Inde ou que vous ne parliez pas hindi, inscrivez dommage. Bon nombre d’entre eux vivent dans la plus complète illégalité, risquent la prison en Inde (mais les contrôles policiers sont rares, sauf en cas d’infraction) et bien sûr en Chine s’ils envisagent un retour sur leurs terres. Inextricable ! De surcroît, il semble que le gouvernement tibétain, surtout les « non officiels », soit passablement corrompu. Et comme l’aide internationale passe par leurs mains vous pouvez écrire une nouvelle fois : dommage ! La langue est un autre problème. N’oubliez pas que l’alphabet tibétain est différent de l’hindi et du nôtre. L’apprentissage de ces langues n’en est donc que plus malaisé, long et fastidieux. Autre élément, les profs d’anglais sont tibétains baragouinant eux-mêmes un anglais très approximatif et n’ayant donc pas les aptitudes à enseigner l’anglais par le seul procédé valable, rapide et efficace que je connaisse, à savoir l’immersion linguistique. Peut-être devrais-je écrire au Dalaï-lama et lui proposer mes humbles services, rémunérés bien sûr, qui sait ? Mais je crois qu’il serait tout à fait utopique de croire que cela n’ait été déjà fait auparavant. Assez parlé de cela, ce qui devait être dit l’est.

Demain après-midi, nous prendrons une jeep et irons un peu plus bas, dans un endroit que Jinpa a envie de me montrer. J’y reviendrai après l’avoir vu, mais les photos qu’il m’a montrées sont superbes. Pourvu qu’il fasse beau comme ces derniers jours et aujourd’hui.

Le départ est toujours fixé au 1er mars mais je devrai passer une nuit à Delhi car le 2, aucune place n’est disponible, donc j’ai un ticket pou le 3 et serai le 4 à Jaisalmer. Paraît que c’est une ville superbe. Des rencontres encore, notamment deux Français habitant près de Berne, super sympas, dont l’un fait de longs trips en vélo et qui est très intéressé par Claude Marthaller. (Pourrais-tu obtenir ses coordonnées, Maria ? N’est-ce pas le gars que l’on a rencontré avec Coco ? Ce serait chouette de pouvoir les mettre en contact car ils ont la même passion et la même philosophie du voyage…). Nouveau contact avec Michael, le baroudeur irlandais, vraiment chouette mec qui m’a donné à nouveau quelques conseils au sujet du voyage en Inde, notamment les trajets en train, qui, si vous vous en tenez à la description des guides, sont assez périlleux quand au risque de se faire voler vos bagages. J’ai enregistré ce qu’il a dit, et resterai vigilant sans tomber dans la parano. En revanche, pour ce qui est de faire des affaires en Inde dès à présent, c’est très peu recommandé, sans expérience, ce qui est le cas de votre serviteur. Je verrai en fonction des rencontres mais je ne m’aventurerai pas dans des risques inconsidérés avec des gens que je ne connais pas. De surcroît, c’est la fibre de l’enseignement qui me reprend, dans tout mon être et je sens, en toute humilité, être fait pour cela. Lorsque je verrai les écoles, j’en aurai confirmation, je l’espère.

Pour le Dalaï-lama et une entrevue, les renseignements que j’avais obtenus des allemands de l’est sont bien sûrs inexacts, il faut demander audience au moins un mois à l’avance, mais pas de prob, il est là et participera, je l’espère, à la cérémonie qui aura lieu dans le temple le 28 au matin. J’y serai et vous en parlerai plus tard.

A plus, les amis.

Namaste. Tashi delek.

Philou

Pensée du jour :

Puisque tout n’est qu’une apparition, parfaite comme elle est,
n’ayant rien à voir avec le bien ou le mal, l’acceptation ou le rejet,
l’on pourrait tout aussi bien éclater de rire !

Longchenpa

Coucou les ti loups

Salut les amis.

Tout d’abord, un grand merci pour vos commentaires. Merci Maria, merci Martial, merci Thierry. Qu’une chose soit claire entre nous, je ne fais que transcrire mes états de pensée, mon état d’esprit, en conscience. A aucun moment, je ne vous demande quoi que ce soit. Si je suis triste de ne pas avoir de commentaire, c’est moi qui l’ai choisi, cette tristesse. Il est difficile le chemin de la solitude, même quand on est en voyage. C’est en train de grandir en moi, et plus je suis seul, plus les gens viennent à moi ; curieux non? Cette solitude que j’ai choisie en fait, même si elle me pèse souvent, me fait grandir et même sourire. Je vois en moi tout le travail qu’il me reste à faire. Je ne suis qu’un petit enfant… Toutefois, j’aime cette naïveté, je la chéris et les larmes dont je vous parlais dernièrement constituent peut-être l’eau salée et sucrée (sacrée allais-je oser…) contenue dans l’arrosoir destiné à la nourrir. Si sacrée elle est, elle ne l’est que pour moi, je pense qu’ils nous mentent tous, nos mentors, nos gurus, nos religions, nos psy quelque chose, en nous faisant miroiter des mystères qu’ils inventent pour n’entretenir que notre petit ego qui se délecte lorsqu’il trouve une clé. Ensuite, de passer à une autre énigme et ainsi de suite. Je ne sais si vous me comprenez mais dans cet état de conscience je suis. Je suis conscient que le savoir est bien peu par rapport à l’état. L’état d’être, j’entends. Lorsque vous vous trouvez en état de silence, vous ne vous entendez même pas vous dire « je suis ». Simple, si simple que l’esprit a envie de se compliquer la vie avec des énigmes, des questionnements, des problèmes, une activité quoi !

Bon assez philousophé.

Michael, vous savez mon pote Irish, est en contact avec des moines tibétains et il semblerait que le Dalaï-lama est en train de négocier une reconnaissance de souveraineté de la Chine sur le Tibet. Pour ma part, si tel est le cas, et des négociations sont en cours actuellement à Pékin (à vérifier bien sûr, même si c’est un moine qui le dit !) JE NE COMPRENDS PAS ; les sources officielles parlent d’1 million de morts, les officieuses de 2 millions de morts, faites la moyenne, comme dit le Bouddha et vous êtes proches de la réalité (just for kidding !), qu’importe le nombre, à quoi auraient servis toutes ces morts. Le Tibet (qui a été reconnu par les Nations Unies) est, il n’appartient ni à la Chine, ni à la Mongolie, ni à l’Inde, ni aux Américains, ni à personne, pas plus que mon pays ne l’était lorsqu’il était envahi par les Allemands, les Français, les Hollandais, les Espagnols ou autres tristes sires. L’appropriation d’un territoire par une autre nation, ça s’appelle comment en fait? Colonisation, envahissement, déni de droit? Droit de quoi? A la terre? A exister, en fait selon moi, avec la culture et les racines que l’on a. Puisse ce bruit ne pas être exact, sans cela, un point de divergence prendrait naissance entre le petit enfant que je suis et celui que l’on appelle l’océan de sagesse.

De l’Himalaya, avec un sourire, au soleil et en paix, je vous remercie de votre attention et vous souhaite tout le bonheur. Je vais bien, et vous?

Philou

23 février

Cathares

Encore moi…

C marrant je viens de quitter Michael et nous venons de parler du pays Cathare. Quelqu’un de cette region lui a parle de moi, non, croyez-moi, ce n’est pas un illumine… Je vais donc aller a mon retour faire un tour dans le pays de Carcassonne et faire un autre voyage initiatique que j’avais deja prevu, mais la je le ferai seul avec mon sac a dos. J’aurai acquis je crois quelque experience… Ensuite l’Irlande, ou je serai invite, je crois que je vais devenir un GV, grand voyageur, vous voyez>>> Bizzzzzzzzzzzz les Western people… Ah ah

Coucou

Un petit mot, juste pour vous dire bonjour et que je prepare un billet ce jour, que je publierai ce soir heure locale. Je vous embrasse tous. Tashi delek. Namaste. A plus

25 février

Oubli…

Je vous oublie un petit peu, c’est vrai. Je deviens avare… de nouvelles. Entre les ballades, les merveilleuses rencontres que je fais, les lessives (à la main, bien sûr), les méditations et les visites de temples, je dois avouer que je ne vous laisse pas beaucoup de place. Mea culpa.

Sachez que si je dois retranscrire tout ce qui arrive, tous ces gens que je rencontre, toutes les manifestations de la nature que je perçois, toutes les senteurs et les émotions, je passerais ma vie devant mon écran. Comme il a fait splendide ces derniers jours, j’ai eu l’outrecuidance de délaisser mes fidèles lecteurs. Ne m’en veuillez pas, j’ai réellement l’impression de renaître à certains moments, j’ai le blues à d’autres moments, loin de vous, mais tout passe, comme si je vivais un rêve éveillé.

Je ne vous transmets que les moments qui m’ont marqués sans quoi, la place disponible sur ce site serait vite, très vite saturée. J’ai été avec mes deux potes tibétains à Norbulingka, à 20 km d’ici. Lingka signifie jardin en tibétain et ce jardin est une réplique fidèle du jardin qui se trouve à Lhasa, la capitale du Tibet. Merveilleux, un endroit de quiétude, un temple, un bouddha majestueux, des lieux de méditation, de prière, de lecture aussi, un musée. Ils m’ont parlé de leur pays, éclairé sur certains points, et ont une manière d’aborder l’existence d’une manière très philosophique malgré leur jeune. Un moment gravé dans mon disque dur. Mais qu’il est difficile, voire impossible, de vous faire ressentir des moments aussi intenses.

Les rencontres vont et viennent au gré du temps, des arrivées, des départs, je m’entretiens tous les jours avec Michael, et bien d’autres personnes. Il serait fastidieux pour moi de vous parler de toutes mais rien que pour vous donner une idée, au niveau des pays, hier le Canada, les USA, l’Irlande, la Belgique, Israël, la Grande-Bretagne, l’Autriche, et la Suisse bien sur, tous étions attablés discourant, philosophant, jouant aux échecs, rigolant, grignotant, sirotant, bref des moments assez riches qui requièrent une certaine attention car les points de vue émanent d’horizons tellement différents.

Et puis, il y a Annette et Daniel, Allemands de l’Est, avec lesquels je voyagerai de Dharamsala à Delhi. C’est toujours bien de trouver des compagnons de route. Daniel voyage depuis 8 mois déjà, il est parti en vélo de son pays (il connaît Claude Marthaller, coïncidence…), est passé par l’Afrique, Kenya et Sud de l’Afrique, est venu en Inde ensuite, rejoint par sa sœur, Annette, et continue son périple par l’Asie du Sud, Cambodge, Vietnam, Laos. Ensuite, il espère que la situation se sera apaisée au Népal et compte revenir à Mc Leod Ganj pour l’anniversaire du Dalaï-lama, en juillet. Vous parlez d’un voyage…

Voilà, voilà, je vais vous laisser, mon petit ventre me rappelle qu’il a lui aussi le droit à l’attention et je crois que je vais me délecter de quelque nourriture tibétaine. Pour la nourriture indienne, il sera toujours temps après. Surtout, n’oubliez pas que je pars un jour après le nouvel an tibétain et qu’il me sera difficile de vous donner des nouvelles. La patience est une vertu et je vous assure qu’en Inde, on comprend ces quelques mots.

A plus les ti loulis. Je vous embrasse bien fort. Namaste. Tashi delek. Philou

27 février

Moine tibetain

Et oui les amis,

Je viens a nouveau de rencontrer un jeune moine tibetain, qui a egalement fait de la prison, et qui est ici depuis 2 ans. Il m’a l’air totalement desinteresse, m’a offert le chai et le cafe et… un bracelet de priere qu’il a recu du Dalai-lama. Si vous aviez pu voir la lumiere rayonnante de ses yeux, vous penseriez peut-etre la meme chose que moi: un tel etre ne ment pas, du moins en ce moment. Et les belles rencontres se succedent. Mon jeune moine m’a personnellement invite a Losar, et nous avons rdv demain matin au temple. Je me rejouis. J’irai avec mes potes occidentaux et je crois que l’on va vivre un moment magnifique ensemble. Vous serez avec moi si vous le permettez. Il m’a egalement dit que dans 2-3 ans il esperait devenir prof de tibetain et que si il y arrivait, j’etais son invite sans devoir payer un centime. La roue continue de tourner dans le bon sens, et j’espere qu’il en sera de meme avec les Hindis. Je dois toute fois vous faire part de mes reticences face a leur comportement vis-a-vis des filles et femmes occidentales. Ils m’exasperent avec leur attitude provocante et je n’aimerais pas etre a la place d’une occidentale voyageant seule en Inde. J’y reviendrai plus tard. Je vous embrasse tous.

Tahi delek.

Philou

28 février

Happy Losar

Hello, my friends, HAPPY LOSAR

Et oui, c’est le nouvel an tibétain… sous le signe terre. Ne me demandez pas ce que cela signifie, je suis peu versé à l’astrologie. Vingt degrés, plein soleil, ciel magnifique pour le bulletin météo, un temps fantastique. Je dois vous avouer que je suis fatigué car réveillé depuis 4 heures du mat par les pétards, et oui ils ne font rien comme les autres, c’est à quatre heures que le nouvel an commence. Bon soit.

Nous nous sommes donnés rdv à 7h00 du mat, Annette, Daniel, Chris (un anglais) et votre chéri bibi. Pour aller voir la cérémonie au temple du Dalaï-lama qui a brillé… par son absence. Croyez-moi, ils étaient déçus mes potes tibétains de ne pas voir His Holliness, personne vénérée par son peuple, d’une telle manière qu’il est difficile pour moi de vous traduire les sentiments qui étaient miens à ce moment.

Et bien qu’à cette heure-là il fasse frisquet, le soleil ne déversant pas encore ses rais de chaleur, de la chaleur j’en ai ressenti comme rarement dans ma vie. Est-ce une joie contenue, les prières qui résonnaient, les chants et la musique des moines, je ne peux vous dire, peut-être tout ça, toute cette beauté et dévotion spirituelle. La fête fut d’une beauté remarquable. Nous étions arrivés bien trop tôt mais c’était déjà bondé de monde. Des moines en veux-tu en voilà, des vieux, des jeunes des enfants. Même des chiens. Beaucoup étaient habillés en costume traditionnel, merveilleux par ailleurs. Et la beauté qui émane de la plupart de ces gens est elle aussi difficilement exprimable. Une expression me vient à l’esprit « à couper le souffle », et c’est le contraire en fait qui se passe, vous respirez profondément et vous savourez l’instant, les sourires, les jeux, les mantras, les sons, les senteurs d’encens et les couleurs. Un instant de magie, de symbiose en quelque sorte, où sérénité et joie se donnent la main pour vous inviter à continuer votre chemin dans l’état de bonheur. Et comment passer sous silence la beauté naturelle de ces enfants et des femmes, des jeunes femmes en particulier (eh, oui, je reste un « mâle », ma foi). Du calme, l’ami…

Comme vous pourrez le constater, si je mets le blog à jour, c’est que la rumeur qui circulait selon laquelle tout serait fermé ce jour, n’était que du vent… Toutefois, il est vrai que la plupart des commerces « tibétains » sont fermés. Alors on se rabat par exemple sur la cuisine indienne, ou occidentale… Même la cuisine chinoise est présente, mais chinois, très peu pour moi. Que ce soit en Europe ou ici.

Nous partons demain, Annette, Daniel (vous savez, les 2 Allemands de l’ex-Est) et nous irons passer une nuit à Delhi dans le même hôtel. Ils sont eux aussi merveilleux et je serais très heureux de les recroiser sur mon chemin après que nous nous séparions. Le voyage c’est cela aussi, accepter les séparations sans savoir ce que le futur nous réserve. Sans faculté de pouvoir se détacher, les voyages sont pénibles. Les gens vont et viennent au gré du vent, des destinations, des visas, etc. Un peu comme les paysages. Un jour dans « le petit Tibet », un autre en Inde, voilà ce qui m’attend. Un jour avec des potes, un jour avec d’autres potes, un jour seul. La vie quoi. Je commence à assimiler les enseignements bouddhiques (et pas que bouddhiques!), enfin comme on dirait ici « The way of Life ».

Une rectification que je tenais à faire concerne les rapports entre tibétains et indiens, et ils semble que ceux-ci soient beaucoup plus tendus qu’il n’y paraît. Il est vrai que je ne vous ai parler que des Tibétains en situation difficile, mais il y en a qui tirent très bien leur épingle du jeu et en tirent énormément de profits. Vous vous imaginez bien que cela déplaise aux Hindis et que la tension et les divergences sont grandes. Une ombre à la lumière… Faut chaque fois aller voir derrière le rideau pour savoir ce qui s’y trouve. L’investigation est indispensable si l’on veut aller plus loin, et pas seulement celle qui concerne l’extérieur, aussi celle qui est dirigée vers l’intérieur.

Je terminerai par cet enseignement du Dalaï-lama qui dit que pour changer le monde, il nous faut commencer par nous-même. D’une simplicité ahurissante. Je vous laisse, méditer, ou dormir, ou jouer vos pièces de théâtre, ou regarder la TV, à vos lectures, ou à quoi que ce soit, à vos occupations, en fait. Puissent-elles vous enrichir. Merci pour les commentaires. Bisous et Bonne Année!

Tashi Delek.

Namaste.

Philou

1 mars

A plus Mc Llo

Namaste les amis,

Départ de Mac Leod Ganj avec un pincement au coeur, quoi de plus normal, n’est-il pas. Je profite de cette dernière journée magnifique, après avoir fait mes bagages et libérer ma chambre. Je vous écris en bronzant et en contemplant les « 6000 » recouverts de neige. Impressionnantes montagnes, qu’est ce que ça doit être plus au nord… Mais ce voyage-là, c’est pas pour maintenant, de plus le trekking s’impose. Dès lors, voyez-vous, peut-être reviendrais-je dans ce but-là. Le présent m’importe et dans deux jours, après un long voyage en bus, d’ici à Delhi et en train, de Delhi jusqu’à Jaisalmer, où j’ai la confirmation d’être accueilli par Vicky, que je me réjouis de retrouver. Pour ce voyage, les billets sont dans la poche et j’ai fait le choix du confort pour le bus, super « deluxe » qu’ils disent ici, et 2nd AC pour le train. Comme c’est mon premier voyage en train en Inde, la 2AirConditionned est plus sûr et comme j’ai quelque appréhension et me trouve dans le flou total face à un trajet pareil, je me suis permis la sécurité et le confort, cela coûte plus cher, soit; une fois cette expérience réalisée, avec une appréhension moindre, je choisirai probablement ce que l’on appelle le « Second Sleeper » comme Martial m’a conseillé et qui est moins chère, naturellement. Comme j’ai le (beau) temps aujourd’hui, et que vous n’aurez peut-être plus de mes nouvelles pendant quelques jours, laissez-moi vous entretenir de l’endroit où je vais (pour les cartes, n’oubliez pas le site du Routard, à votre droite sur le blog).

Jaisalmer (cfr. guide du routard) est une ville du Rajasthan de 80000 habitants, située au fond du désert du Thar, époustouflante forteresse de couleur jaune émergeant d’un désert plat (ça va me changer!) et semi-aride (en revanche, Chris m’a dit que c’était très verdoyant pour une région « désertique»). On dirait un grand château de sable sorti de l’imagination d’un enfant sur une plage en été. Un rempart de 5km l’entoure. Cette « Carcassonne du désert » se fond majestueusement dans son décor, le raffinement des maisons qu’on découvre petit à petit, et ce silence, rythmé par le cri des enfants qui sont ici comme dans un grand terrain de jeux, procurent un véritable bonheur au voyageur, dont tous les sens sont sollicités, ici plus qu’ailleurs. (je ne manquerai pas de vous donner mon opinion à ce sujet lorsque je serai sur place). La faible présence de véhicules à moteur (par rapport aux autres villes), la taille réduite de la cité, la gentillesse de la population font que vous vous sentez rapidement comme chez vous. On vous reconnaît très vite dans la rue, et vous vous familiarisez rapidement avec les visages qui vous entourent. Jaisalmer, c’est aussi la découverte du désert à dos de chameau. Un désert plat et sauvage, rythmé par quelques minuscules villages et surtout, de-ci, de-là, quelques très belles dunes où il fait bon dormir devant un feu. (C’est ce que dit le guide…) Au fond, je devrais peut-être envisager de travailler dans ce domaine, puisque j’aime les voyages et l’écriture… Sourire…

Je passe par Delhi, mais d’elle je ne vous parlerai, tellement j’ai peu d’affinités pour cette mégapole.

Un dernier mot sur mes sentiments concernant la cité que je suis en passe de quitter. Comme annoncé par Martial, à « Mc Lo », on est pas en Inde. J’ai eu l’impression de me trouver dans un refuge tibétain, balancé entre des considérations politiques ou philosophiques , découvrant ce que le terme exil signifie réellement, tout en prenant conscience de ce que la foi « vraie » peut apporter comme réconfort. Aussi, j’ai constaté les liens très étroits qui existent entre un peuple et sa religion « d’Etat ». Tout à fait neuf pour le petit être que je suis. Et mal à l’aise j’ai pu me sentir quelque fois par rapport à cette situation. Heureusement, j’ai beaucoup d’affinités avec cette religion, car c’est bien de religion qu’il s’agit et non d’une philosophie seulement, comme il est si souvent dit en Occident. A mon sens, le terme religion n’implique pas seulement un ou plusieurs Dieu(x). Et l’imploration de Bouddha, ou des Bouddhas, m’apparaît comme étrangement similaire à ce qui se pratique dans nos contrées . La différence essentielle étant l’absence de « Créateur » par rapport aux religions monothéistes. Qu’importe qu’on mette le bouddhisme dans le tiroir religion ou philosophie, ce qui est impressionnant est la place que prend le bouddhisme dans la vie des Tibétains, voire des Hindis.

Pour ceux qui ont envie de voir des photos, j’en ai reçu de Daniel (elles sont sur l’ordi) mais l’espoir de les voir sur le blog ou ailleurs, vous pouvez oublier, les connections en Inde sont telles que cela prendrait des heures. De Suisse, peut-être que ce sera possible. Pour des photos de lieux, vous avez la possibilité de consulter Google, choisir photo comme option, indiquer la ville et vous trouvez de nombreuses photos de l‘endroit choisi. Si ça vous dit…

Merci de votre attention, de vos commentaires et de votre présence. Il s’agit là d’un réconfort pour l’apprenti-voyageur que je suis. Bizzzzzzzz du « petit Lhasa ». A plus pour de nouvelles aventures.

N’hésitez pas à me donner de vos nouvelles. Parait qu’il y a la grippe aviaire a Geneve! Philou

2 mars

Retour à Delhi

Le trajet en bus entre Mac Leod Ganj et New Delhi s’est bien passé. Le bus que nous avions choisi (le Volvo) s’est avéré nettement plus confortable que celui de l’aller. Il n’en reste pas moins qu’avec des arrêts incessants, et notamment des arrêts « pipis », une fois dans un hôtel 4*, la fois suivante sur le bord de la route où tous les camions s’arrêtent, sans toilette aucune, il va s’en dire et des gens qui pissent et chient (sorry pour les âmes sensibles) là où ils peuvent (et des camions, bus, car, il y en a une masse impressionnante en Inde, même de nuit), des coups de klaxon qui bercent les visites de Morphée, tout cela ne concourre pas à une nuit « paisible ». El l’arrivée à Delhi à la gare routière. L’enfer qui vous tombe dessus. Après avoir récupéré les bagages, les « Rickshaws » (taxis à 3 roues) vous tombent dessus, se bagarrent entre eux, pour une poignée de roupies. Ensuite, se mettre d’accord sur le prix de la course, et éviter l’arnaque ambulante. Je ne vous dit pas tout, c’est un roman qu’il faudrait vous écrire pour vous décrire les scènes et le sentiment de violence ressenti par nous 3 après la sérénité des montagnes. La merde quoi! Après trouver une chambre d’hôtel à peu près convenable qui s’apparente à un parcours de combattant. Le retour à Pahar Ganj, ce quartier de Delhi où tout est choquant, le bruit, la saleté, le stress, le bruit continu, la poussière, la chaleur étouffante, l’air pollué, la belle vie, quoi! Vive les vacances. En tous cas, une expérience qui ne vous laisse pas de marbre. Et la nouvelle qui tombe, l’homme que j’aime le plus parmi les puissants de cette terre, George W. Bush, est en visite à Delhi, la cerise sur le gâteau. Car ce type de visite à une incidence sur les gens et il règne une tension palpable. Fini les plaintes, Delhi, ce n’est que pour une nuit, et mon esprit peut vagabonder dans le désert du Thar et Jaisalmer. Ce sera l’au revoir à mes potes, vraiment supers, ces deux-là, et un lien véritable et une complicité se sont installés entre nous. J’ai de la chance et j’en suis conscient. Nous avons trouvé l’office de tourisme officiel, et reçu les indications que nous cherchions. Pour bibi, il s’agissait de savoir de quelle gare je pars demain; et comme attendu, les renseignements reçus à l’origine se sont avérés inexacts. C’est de la gare de Old Delhi que je pars et non New Delhi. Ces expériences successives vous laissent pantois, mais elles vous invitent à rester dans un état d’attention et de vigilance de tous les instants. La vie défile devant vos yeux et vous prenez conscience d’un tas de choses qui ne vous auraient pas effleurer l’esprit dans le « cocon occidental ». Je crois bien qu’à mon retour, ma perspective face à quelque problème qui soit sera changée. Est-ce cela grandir? Est-ce l’apprentissage de la sagesse? Est-ce le détachement? Est-ce ce que Krishnamurti appelle l’état de méditation? Qu’importe… C’est, et je sais qu’après cette expérience que je vis, plus rien ne sera comme avant. En fait, j’ai la curieuse impression qu’en Occident je somnolais et qu’ici je vis à une vitesse « VV prime ». Pas d’inquiétude à avoir pour moi, tant d’énergie j’ai accumulé à McLo. Aussi il me tarde de rencontrer les enfants, et voir si je peux leur apporter quelque chose. C’est pour plus tard. Maintenant c’est le brouhaha de la capitale, demain ma première expérience en train hindi, après-demain Jaisalmer et le désert et l’inauguration de la nouvelle école. Ce que j’essaye de faire est d’embrasser la vie telle qu’elle se propose et ne pas rendre inutiles ces expériences, belles et moins belles. Je vous laisse en vous remerciant pour … tout. A plus les amis. Sourires de Delhi. Philou

Départ

Hello les amis, m’en vais prendre le train pour le désert. Ras le bol de cette ville. Je suis content de vivre une nouvelle expérience et en ce moment je vais dire au revoir à Annette et Daniel. Vous n’aurez plus de nouvelles de ma part avant 2 jours. Je vous embrasse tous. A+. Philou qui va (re)faire ses bagages. SMACK

3 mars

L’au revoir

Nous venons de nous dire au revoir et Annette a versé une larme. Une de ces belles larmes qui vous troublent au plus profond de votre coeur. Le voyage est beau et difficile à la fois. Ils me manqueront ces 2 beaux êtres.

5 mars

Jaisalmer

Départ de Delhi – Train – Arrivée à Jaisalmer (Rajasthan – Désert du Thar)

Ouf, sorti de cette ville de folie. La gare, c’était Old Delhi, et m’étant pris à temps, je n’ai pas manqué le train. Trajet sans problème, le 2AC (voir 3AC) est probablement la meilleure solution pour voyager en train, n’étant pas encore habitué à la foule indienne, avec ses qualités bien sûr mais surtout ses défauts, manque de silence, mouvements incessants, manque d’intimité, etc. Je ne suis pas encore prêt pour cela. Arrivée à Jaisalmer et dépaysement total. Comme indiqué dans le guide. Accueil formidable de Marina, Fifu et Vicky. La guesthouse est vraiment luxueuse par rapport à ce que j’ai eu comme hôtel. C’est plus cher, soit, mais 10 jours de confort, ça … réconforte (ah, ah). La ville est vraiment superbe et c’est un endroit idéal pour le ressourcement. Je vous parlerai plus longuement des Rajastis ces prochains jours. En revanche, au niveau des connections internet, c’est galère avec un G. Bref, si le blog n’est pas mis à jour régulièrement, ne m’en veuillez pas. Je prends en tous cas grand plaisir à vous faire participer à ce périple, mes états d’âmes, mes expériences et mes … études. Je vais bien, il fait très chaud 30 à 35°, mais je m’adapte assez facilement. Heureusement et pourvu que ça dure. Pour les photos n’oubliez pas de consulter le site des écoles. Je vous envoie chaleur, sable, soleil, sans les moustiques, rien que du bon pour vous. Pour les quelques inconforts que je vis, je m’en occupe. Bisous. A plus.

Pour les contacts avec bibi, le mail direct (phvekens@hotmail.com) ou les sms (00 91 98 188 34 857) s’imposent ici.

Namaste. Philou

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8 mars

Jaisalmer2

Coucou à vous, mes fidèles « lecteurs »,

Je vous délaisse et j’ai des circonstances atténuantes, ici dans le Rajasthan. A Jaisalmer, les connections sont particulièrement mauvaises et de surcroît, les coupures d’électricité sont fréquentes. Dès lors, les mises à jour de blog se font rares, c’est la vie… Ce n’est pas faute de penser à vous pourtant.

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L’école n’est pas encore terminée, le toit n’est pas terminé, mais cela ne saurait tarder. L’endroit est particulièrement paisible et cette cité, construite par la Maharadjah Jaisal est resplendissante. La forteresse en particulier. La guest house est située en dehors de la ville, à 10-15 min à pied de la porte de la forteresse. La seule (porte, j’entends). Les gens sont nettement moins agressifs que ceux des grandes cités. Et fiers qu’ils sont les « Rajastanis » (c’est comme ça qu’on dit, je crois). Mais comme partout, les touristes et les « babas » en sont pour leurs frais lorsqu’ils sont repris par « l’achetite aiguë » (ça c’est de moi, de moi je!).

Je passe des moments très agréables, bien accompagné que je suis par Marina, Fifu, Jitu et Vicky. Nous irons voir l’école avant mon départ, située à 50 kil d’ici, dans le désert. Je vous expliquerai la problématique spécifique à cette école ainsi que pour une autre dont le projet vient de voir le jour. Un projet prend fin, un autre est à l’ordre du jour. Ca bouge, les Ecoles de la Terre! Pour les enfants, je ne crois que je ne les verrai la première fois qu’à Kolkotta (départ de Jaisalmer: le 14 mars, durée du trajet: 3 jours, pour la traversée du nord de l’Inde; prix du billet de train en 2AC: 2100 roupies, soit 70 FS, soit moins que Geneve-Sion!). On comprend que les trains soient bondés en Inde et que ce soit le moyen de transport le plus populaire.

Pour la nourriture et la boisson, ici, c’est hindi végétarien et thé au citron vert; délicieux, et bon pour la santé. A ce propos, toujours rien à signaler, je vais bien. Quelques piqûres de moustique, c’est pas la mer à boire. Pour le reste, je lis énormément, au soleil et à l’ombre, parce que ça tape! Je viens de terminer le Da Vinci Code, plaisant, bien foutu, pas spécialement rigoureux au niveau spirituel, soit, ça se laisse lire et c’est bien ficelé; pas étonnant que ce soit le Best-seller de ces dernières années. J’ai vu la suite en anglais et peut-être vais-je l’acheter et faire d’une pierre deux coups, me délasser et travailler mon « English ». J’aurais le temps dans le train, n’est-ce pas.

J’ai préparé un colis pour l’Europe, car j’étais vraiment trop chargé, alors via les vêtements chauds, le sac de couchage, les livres déjà lus. Il se fait tard, mes tis yeux commencent à ciller devant mon écran tout clair qui attire les mosquitos. Je ne vous promets rien quant au moment où je reviendrai vers vous pour vous conter la suite de mes aventures.

Namaste, mes amis, et n’oubliez pas que vous lire reste un plaisir pour le TGV que je suis. (sourire, lol)

Jaisalmer3

Âmes sensibles, prenez garde à la suite…

C’est marrant, je me rends compte que je ne vous ai pas parlé de ce qui me faisait le plus peur en Inde: la pauvreté, la mendicité et les lépreux. Je me demandais en fait si j’étais prêt à supporter ce choc. Ben oui, pour l’instant du moins, en ayant conscience que Calcutta et Varanasi risquent d’être des chocs bien plus violents, s’apparentant plus à des secousses sismiques dans le fond de ce qu’il me reste de mon coeur. Soit, je crois qu’en ayant établi mon itinéraire, cet élément de préparation à faire face à la souffrance et à la mort a été prépondérant, primordial même. Je ne suis pas insensible, loin de là, et voir un lépreux, qui a perdu des parties de membres, voire des membres entiers, voir des gens ramper sur le rue et faire la manche (parfois, ils vous accrochent même), si cela vous laisse de marbre, c’est que votre coeur est plus proche de la pierre et que vous êtes une tombe en mouvement. Un mort vivant, quoi… Prêt à participer à un clip de Michael Jackson. Sans rire, l’insensibilité, c’est pas ma tasse de thé. Toutefois, vous êtes face à un dilemne: à qui je donne et sur base de quel critère? N’ayant pu répondre à la question, je me suis abstenu de donner quoi que ce soit, à qui que ce soit. Sans justification, sans remords, sans pensée négative. Je ne crois pas à la compassion qui se monnaye. Pas plus que je ne veuille rester emprisonné dans des notions de bonne ou mauvaise conscience, qui ne sont que d’autres pièges qui nous sont tendus pour mieux nous contrôler. Ce qui est surprenant, c’est que lorsqu’un « baba » donne quelque chose, il m’est arrivé souvent de penser que la personne qui recevait ce don ne manifestait guère de satisfaction, plutôt de la déception de n’avoir obtenu qu’une si maigre aumône. En règle générale, le rapport à l’argent est ici quelque peu déstabilisant. En tant qu’étranger, vous payez le double, le triple (ou plus) du prix pratiqué entre autochtone. Lorsque vous payez, on dirait qu’ils s’arrachent le coeur lorsqu’ils vous rendent la monnaie (quand ils la rendent… « No change, Sir »). A la longue, on s’habitue, et on se rend compte qu’il y a autre chose, d’enfoui, d’enraciné, une forme de conditionnement et en quelque sorte une manière de se protéger dans leur attitude face à $$$. Je peux me tromper, c’est sûr, tout comme je peux exprimer simplement les ressentis que j’ai actuellement et qui évolueront sans aucun doute. Mais voir la tête d’un hindi lorsqu’il vous rend la monnaie, c’est toute une pièce de théâtre en quelques secondes (au moins on n’a pas le temps de s‘ennuyer!), le voir compter, et jeter sur le comptoir cet argent qui n’est plus à lui, sans un regard à votre égard, sans un sourire, sans un merci, bref, l’affaire est conclue, passons à autre chose. Je suis sur terre (encore) mais j’ai la furieuse impression de vivre des moments qui se situent à des années-lumière de ce que je connais (ou crois connaître), de ce que j’ai vécu, c’est plus approprié.

A plus tard, pas des années-lumière j’espère.

Namaste, les amis.

Changement d’adresse e-mail

Coucou les ti loups,

Hotmail etant loin d’etre convaincant en Inde, j’ai ouvert une nouvelle adresse de messagerie:

phil211060@yahoo.fr

En Inde, c’est elle que j’utiliserai desormais, car Yahoo est bien plus efficace et rapide ici.

J’ai tente maintes fois d’ajouter des photos au blog… Desole, les connections sont vraiment trop lentes, sorry. Vous pouvez acceder au site : ecolesdelaterre.ch et consulter le blog de Martial, il y a quelques photos de Jaisalmer et un billet de Marina. A plus.

Je vous envoie beaucoup de soleil et de chaleur – 35 degres ici, ayant entendu que l’hiver europeen se prolongeait a n’en plus finir.

Bisous. Namaste. Tashi Delek.

PS Merci pour vos commentaires

27 mars

Liberté – solitude – mort

Le titre vous choque peut-être. C’est que j’ai décidé de prendre de la liberté de vous entretenir de ce qui m’anime (étymologiquement anima signifie âme) en ce moment, des valeurs qui sont revenues à la surface suite à mes expériences de vie récentes qui, comme je vous l’ai dit, m’ont quelque peu bouleversé. Le titre choisi vous invite à un voyage intérieur allant de la liberté à la mort et dont l’essence est tirée du livre de Krishnamurti « Se libérer du connu ». Il est possible que ma démarche vous paraisse curieuse, osée, présomptueuse, voire déplacée. Pourtant les sourires, la joie, la vie, l’amour que j’ai vus, entendus, perçus, ressentis, vécus, accueillis m’ont renvoyé à des questions essentielles dont je me propose de vous parler maintenant.

Krishnamurti est un être qui, de par sa philosophie, m’aide à regarder plus au fond de ce qui m’anime, ce qui me donne de la vie, en d’autres mots, l’essence, la source, la lumière intérieure que tous, autant que nous sommes, avons en nous. Autant vous prévenir tout de suite: c’est un exercice des plus délicats que d’inviter des amis à entrer dans son intimité en partageant une réflexion et une introspection on ne peut plus personnelles, et ce faisant, les risques d’incompréhension et de non communication sont réels. Toutefois, c’est en toute conscience, en toute confiance et sans prétention aucune que je prends cette liberté. Si vous acceptez l’invitation, sachez qu’il est fort probable que ce voyage peut présenter quelques désagréments de tous ordres et que le choix est vôtre de me suivre ou non. Il est bon de se rappeler, je crois, cette magnifique phrase de Guy Corneau « Prenez ce qui fait écho en vous et délaissez le reste ». Cette phrase est, à mon sens, un trésor de sagesse.

Pour le principe, sachez que je me baserai sur le chapitre 8 du livre de Krishnamurti, qui traite d’un sujet qui peut déranger et qu’humblement je relierai à mes ressentis et ma compréhension actuels, en ayant accepté la possibilité de me tromper en tout ou en partie. Les citations du livre sont écrites en bleu nuit et les liens que je fais le sont en noir.

#8. La liberté. La révolte. La solitude. L’innocence. Vivre avec soi-même tel que l’on est.

Aucun tourment des refoulements, aucune brutale discipline des conformismes n’ont conduit à la vérité. Pour la rencontrer on doit avoir l’esprit complètement libre, sans l’ombre d’une déviation. Mais demandons-nous d’abord si nous voulons réellement être libres. Lorsque nous en parlons, pensonsnous à une liberté totale où à nous débarrasser d’une gêne ou d’un ennui? Nous aimerions ne plus avoir de pénibles souvenirs de nos malheurs et ne conserver que ceux de nos jours heureux, des idéologies, des formules, des contacts qui nous ont le plus agréablement satisfaits. Mais rejeter les uns et retenir les autres est impossible car la douleur est inséparable du plaisir.

Un mot d’explication à ce sujet car cette notion « douleur-plaisir » est pour le moins ardue et tellement simple à la fois: lorsqu’un plaisir (petit ou grand) nous est refusé, une guerre s’installe en nous et les conflits surgissent qui ne sont autres que des peurs. La peur de ne pas obtenir ce que l’on désire ou la peur de perdre ce que l’on a (ou que l’on croit avoir).

Il appartient donc à chacun de nous de savoir s’il veut être absolument libre. Si nous le voulons, nous devons commencer par comprendre la structure de la liberté. Est-ce de « quelque chose » que nous voulons nous libérer? De la douleur? De l’angoisse? Cela ne serait pas vouloir la liberté, qui est un état d’esprit tout à fait différent. Supposons que vous vous libériez de la jalousie. Avez-vous atteint la liberté ou n’avez-vous fait que réagir, ce qui n’a en rien modifié votre état? On peut très aisément s’affranchir d’un dogme en l’analysant, en le rejetant, mais le mobile de cette délivrance provient toujours d’une réaction particulière due, par exemple, au fait que ce dogme n’est plus à la mode ou qu’il ne convient plus. On peut se libérer du nationalisme parce que l’on croit à l’internationalisme ou parce que l’on pense que ce dogme stupide, avec ses drapeaux et ses valeurs de rebut, ne correspond pas aux nécessités économiques. S’en débarrasser devient facile. On peut aussi réagir contre le chef spirituel ou politique qui aurait promis la liberté moyennant une discipline ou une révolte. Mais de telles conclusions logiques, de tels raisonnements ont-ils un rapport quelconque avec la liberté? Si l’on se déclare libéré de « quelque chose », cela n’est qu’une réaction, laquelle donnera lieu à un autre conformisme, à une nouvelle forme de domination. De cette façon, on déclenche des réactions en chaîne et l’on imagine que chacune d’elles est une libération. Mais il ne s’agit là que d’une continuité modifiée du passé, à laquelle l’esprit s’accroche.

La jeunesse, aujourd’hui, comme toutes les jeunesses, est en révolte contre la société, et c’est une bonne chose en soi. Mais la révolte n’est pas la liberté parce qu’elle n’est qu’une réaction qui engendre ses propres valeurs, lesquelles, à leur tour enchaînent. On les imagine neuves, mais elles ne le sont pas: ce monde nouveau n’est autre que l’ancien, dans un moule différent. Toute révolte sociale ou politique fera inévitablement retour à la bonne vieille mentalité bourgeoise.

Brel et Krishnamurti sont d’accord sur ce point.

La liberté ne survient que lorsque l’action est celle d’une vision claire; elle n’est jamais déclenchée par une révolte.

Le parallèle avec le bouddhisme est frappant, pour les tibétains la vision claire est traduite par le mot « Rigpa », vision sans préconçu, non polluée, neuve, libre et sans attachement.

Voir clairement, c’est agir, et cette action est aussi instantanée que lorsqu’on fait face à un danger. Il n’y a, alors, aucune élaboration cérébrale, aucune controverse, aucune hésitation; c’est le danger lui-même qui provoque l’acte. Ainsi, voir c’est à la fois agir et être libre.

Ça me rappelle mon examen oral de psycho lors de ma dernière année d’études (en psycho-pédagogie) lorsque j’avais tiré la question bateau: « Définissez l’intelligence » (probablement formulée de manière plus académique mais en substance, telle était la question). Une demi-heure de réflexion et de préparation de réponse. Philou, dans ses petits souliers, atteint du « syndrome de la feuille blanche ». La demi-heure écoulée, la feuille immaculée, Philou s’en va vers le tribunal, le prof donc, et se jette à la mer en proposant le postulat de départ suivant: nous ne pourrons parler ensemble d’intelligence que si vous acceptez de m’accompagner sur une île déserte où toutes nos connaissances n’auront pas cours et dans cette situation nouvelle et vierge comme ma feuille de papier, nous pourrons nous approcher le plus prêt possible d’une définition de l’intelligence. C’était un coup de poker et bingo, mon prof, pratiquant de kendo, a souri et m’a invité à poursuivre. Quand j’ai lu Krishnamurti et que je me suis souvenu de ma réponse à cet examen et me suis dit que nous parlons de la même chose, en fait. Intelligence est synonyme de liberté, elle-même synonyme d’action. Agir pourquoi? Pour vivre, de bleu!

La liberté est un état d’esprit, non le fait d’être affranchi de « quelque chose »; c’est un sens de liberté; c’est la liberté de douter, de remettre tout en question; c’est une liberté si intense, active, vigoureuse, qu’elle rejette toute forme de sujétion, d’esclavage, de conformisme, d’acceptation. C’est un état où l’on est absolument seul, mais peut-il se produire lorsqu’on a été formé par une culture de façon à être toujours tributaire, aussi bien d’un milieu que de ses propres tendances? Peut-on, étant ainsi constitué, trouver cette liberté qui est la solitude totale, en laquelle n’ont de place ni chefs spirituels, ni traditions, ni autorités? Cette solitude est un état d’esprit qui ne dépend d’aucun stimulant, d’aucune connaissance. Elle n’est pas non plus, non plus, le résultat de l’expérience et des conclusions que l’on peut en tirer. La plupart d’entre nous ne sont jamais seuls, intérieurement. Il y a une différence entre l’isolement, la réclusion, et l’état de celui qui se sait seul. Nous savons tous en quoi consiste l’isolement: on construit des murs autour de soi afin de n’être atteint par rien, de n’être pas vulnérable; ou on cultive le détachement, qui est une autre forme d’agonie; ou on vit dans la tour d’ivoire onirique de quelque idéologie. Se savoir seul, c’est tout autre chose.

Sur un point, et je me réfère à Dhiravamsa, il est important de souligner le fossé qui existe entre la notion de « Détachement » et la notion de « Non attachement », cette dernière étant étroitement liée à la notion de « Plénitude ».

On n’est jamais seul tant qu’on est rempli des souvenirs, des conditionnements, des soliloques du passé: les déchets accumulés du passé encombrent les esprits. Pour être seul, on doit mourir au passé. Lorsqu’on est seul, totalement seul, on n’appartient ni à une famille, ni à une nation, ni à une culture, ni à tel continent: on se sent un étranger. L’homme (à faire précéder de la femme, ou je préfère l’être) qui, de la sorte, est complètement seul, est innocent et c’est cette innocence qui le délivre de la douleur. Nous traînons avec nous le fardeau de ce que des milliers de personnes ont dit, et la mémoire de toutes nos infortunes. Abandonner définitivement tout cela, c’est être seul et non seulement innocent, mais jeune aussi – non en nombre d’années, mais innocent, jeune, vivant à tout âge – et l’on peut alors pénétrer la vérité; pénétrer ce qui n’est pas mesurable en paroles.

En cette solitude, on commence à comprendre la nécessité de vivre avec soi-même tel que l’on est, et non tel que qu’on devrait être ou tel que l’on a été. Voyez si vous pouvez vous voir sans émotion, ni fausse modestie, ni crainte, ni justifications ou condamnations, si vous pouvez vivre avec vous-mêmes tels que vraiment, vous êtes.

Dire que l’on est pas prêt, que l’on est pas capable ne sont que mensonges à soi-même et preuves d’un manque de courage à assumer les choix qui sont nôtres et que rien ni personne ne peut vous enlever. La liberté, c’est aussi cela, de ne plus se mentir en dépréciant volontairement ou involontairement qui nous sommes, l’ignorance toujours bien ancrée et qui est si confortable. La liberté de choix est et nul ne peut en juger, il suffit de simplement reconnaître l’essence même de ce choix et de ne pas se cacher derrière un quelconque mensonge qui, de facto, ne fait que postposer le moment inéluctable où il nous faudra faire face à la réalité de qui nous sommes, assumer ses choix, dans la liberté la plus totale, en toute simplicité, en toute confiance et sans culpabilité aucune. Ne dit-on pas que si un « Maître » existe, il ne peut être que miroir. A ce stade, la confesse, la consultation chez le psy, la discipline imposée pour atteindre tel niveau d’éveil vous paraîtront tels qu’ils sont, des artifices qui ne font qu’entretenir les feux, alors que ces feux, vous avez librement fait le choix de les éteindre. Et que de compassion vous éprouverez alors pour le curé, le psy ou le guru…

On ne comprend une chose qu’en vivant intimement avec elle. Mais dès qu’on s’y habitue – dès qu’on s’habitue, par exemple, à l’angoisse ou la jalousie – on ne vit plus avec elle. Si l’on vit près d’un torrent, au bout de quelques jours on ne l’entend plus; un tableau dans votre chambre, après quelque temps, disparaît à votre regard. Il en est de même des montagnes, (aux Diablerets, j’en ai fait l’expérience, les autochtones se demandaient à quel martien ils avaient à faire, lui qui s’était assis sur une pierre pendant un si long moment à contempler la montagne. Ils ont dû se demander ce que je pouvais bien regarder. S’ils savaient que je ne regardais que ce qu’ils ne voyaient plus… et qui, pourtant étaient devant leurs yeux.) des vallées, des arbres; il en est de même de votre famille, de votre mari, de votre femme. Mais pour vivre avec la jalousie, l’envie, l’inquiétude, il ne faut jamais s’y habituer, jamais les accepter. Il faut en prendre soin tout comme on soigne un arbre nouvellement planté, l’abritant du soleil et des orages; en prendre soin sans condamnation, ni justification. Alors on commence à l’aimer. En prendre soin, c’est l’aimer. Ce n’est pas que l’on aime être envieux ou anxieux, ainsi que cela arrive à tant de personnes, mais plutôt que l’on éprouve un penchant naturel à l’observer.

Pouvez-vous donc – pouvons-nous vous et moi – vivre avec ce que nous sommes réellement, nous sachant ternes, envieux, craintifs, incapables d’affection alors que nous nous croyons pleins d’amour, vite blessés dans notre amour-propre, facilement flattés, blasés… pouvons-nous vivre avec tout cela, sans l’accepter ni le nier, mais dans un état d’observation qui ne serait ni morbide, ni déprimé, ni exalté? Posons-nous une autre question: pourrions-nous atteindre cette liberté, cette solitude, ce contact avec la structure entière de ce que nous sommes, en y mettant du temps? En d’autres termes: la liberté peut-elle être conquise par un processus graduel? Évidemment pas, car la durée, aussi tôt qu’on l’introduit, nous rend de plus en plus esclaves. On ne peut pas devenir libre graduellement. Cela n’est pas une affaire de temps. Et maintenant posons-nous la question qui résulte des précédentes: peut-on devenir conscient de cette liberté? Si vous dites « Je suis libre », c’est que vous ne l’êtes pas, de même que l’homme qui se dit heureux ne l’est pas, car s’il le dit, c’est qu’il revit la mémoire d’un certain passé. La liberté ne peut se produire que d’une façon naturelle, non en la souhaitant, en la voulant, en aspirant à elle. Elle ne se laisse pas atteindre, non plus, à travers l’image que l’on s’en fait. Pour la rencontrer, on doit apprendre à considérer la vie – qui est un vaste mouvement – sans la servitude du temps, car la liberté demeure au-delà du champ de la conscience.

Voilà ce que dit Krishnamurti, auteur et philosophe indien (et qui faut-il le préciser n’a rien à voir avec Krishna, divinité indienne). Un principe de Bouddha me vient à l’esprit: il a clairement invité ses auditeurs à ne pas accepter ses paroles comme vérités absolues, il leur a demandé de vérifier de par eux-mêmes. Nous sommes loin des notions d’infidélité ou de péché.

Ce qui est dit par Krishnamurti, inutile de vous le dire, a fait, dans sa grande majorité, écho en moi. J’eusse espéré un peu plus d’humour, peut-être n’a-t-il pas pris la liberté d’en rire. Ce rire vrai qui, indubitablement, signifie que la chose a été comprise. Un rire d’enfant, d’une innocence, d’une naïveté, d’une simplicité, d’une fraîcheur qui font bouger les montagnes, c’est la foi en la vie. Que vous dire de plus, si ce n’est que ce voyage en Inde, en moi, accompagné de cet amour des enfants qui s’offre sans une quelconque attente, ainsi que de tous les êtres que je porte dans mon coeur

« La vita e bella ». N’est-il pas? Namaste, my friends.

13 mars

Depart de Jaisalmer

Ca y est, une nouvelle fois sur le depart. Je quitte ce lieu assez magique pour d’autres contrees qui me reservent d’autres conditions de vie, ou je ferai d’autres rencontres et qui feront ou pas echo en moi. On verra bien, toutes les experiences sont bonnes, me dis-je, si tant est qu’elles nous apprennent quelque chose et cela ne depend que de nous, je pense. Alors, demain matin, depart. Je dirai au revoir aux potes que je me suis fait ici, en particulier Marina, Fifu, Jitu et Vicky. Je crois qu’une larme viendra me rendre visite, je l’appelerai bonheur tellement les moments que je viens de vivre m’ont touche, ce desert, ces gens, cette beaute du coeur, et bien d’autres choses encore. Cette foi aussi. L’ecole, elle n’est pas finie, mais ce n’est plus qu’une question d’heures. Super endroit en plein desert, je pourrais vous envoyer des photos par mail (quelques unes, pas toutes!) a ceux qui le desirent. Faites-moi signe. La, vous n’aurez plus de nouvelles de ma part pendant 4 jours minimum. Je profiterai de ce long trajet pour faire le point sur ce beau et enrichissant voyage. Pour la suite, je crois que je vais reprendre le collier de l’enseignement, soit dans les Sunderbands, soit et plus probablement a Bodhgaya. Je redeviendrai un »maitre’ comme ils disent ici. Pour autant que je sois mon propre maitre. Je me sens bien, je me vide de plus en plus, l’energie m’anime, j’ai tant envie d’etre en amour avec elle, la vie… (..de lui faire l’amour, aurais-je pu ecrire). Ce pays, ou certaines contrees de celui-ci, m’interpellent au plus profond de mon etre. Martial avait raison de ne pas se faire de mourron a ce sujet. Coucou l’ami, bon voyage a Madagascar, je te dedie un mantra pour que tout aille pour le mieux our Marie et toi. Donc, vous aurez droit a un long billet de ma part a mon arrivee a Kolkotta et si quelqu’un d’entre vous desire prendre contact avec mon petit etre, le sms est le seul moyen, pour autant que je trouve du reseau. Je vous laisse avec vos doudounes (j’en ai presque honte, 35 today et un soleil de plomb). Je vous raconterai aussi le desert, les animaux, le coucher de soleil, la pleine lune, et tout et tout, un moment magique). Avec amour. Namaste. Biz a vous tous. Tashi delek. Philou

Jodhpur Express

Chose promise, chose due, je vous écris du Jodhpur Express qui m’amène à Kolkotta, « La Cité de la Joie » pour Dominique Lapierre, « La Ville de l’Épouvantable Nuit » selon Rudyard Kipling, une ville que l’on dit démesurée mêlant pauvreté et richesse nous ballottant entre fascination et répulsion. Je vous dirai quoi en ce qui me concerne lorsque je serai fixé moi-même.

Le premier bilan de ce voyage est celui-ci: je crois bien que, comme il m’avait été dit avant mon départ, l’Inde, on aime ou on déteste, je crois pouvoir vous dire dès à présent que c’est la première réponse que j’adopte, même si les mégalopoles indiennes ne me conviennent guère, les petites villes faisant beaucoup plus écho en moi. Avant de partir, une question s’imposait dans les esprits, le mien y compris: « N’est-ce pas une fuite ». Les circonstances du départ, la séparation et le divorce de ma femme, le mal-être persistant dans un contexte de vie qui ne m’apportait rien, une vie qui s’apparentait plus à une somnolence sans fin qu’à de la joie, joie de vivre, de partager, de communiquer, de créer, de faire, de construire, de rêver, d’être en fait. La réponse que je donne à cette question est sans ambiguïté: ce n’est pas une fuite, c’est un retour à l’essence même de mon être, de qui je suis. Cette Inde si différente, si spirituelle, si inattendue, si troublante, m’aide comme nul autre endroit à trouver, au tréfonds de mon être, l’énergie de vie qui m’a tant fait défaut ces derniers temps. Il me fallait faire quelque chose, bouger, me remuer quoi, et je l’ai fait en toute conscience. Je savais que mon choix n’était guère des plus faciles, à entendre certains, le plus difficile même; soit, il est là, maintenant et je l’assume entièrement.

Ce voyage me permet de conforter le chemin spirituel que j’ai adopté, fait d’ouverture et de soif d’apprendre. Et, du point de vue de la vie concrète, une évidence se fait claire dans mon esprit: je vais enseigner à nouveau, dans des circonstances favorables j’espère pour ce qui concerne la Suisse (Steiner, Montessori, ou même le réseau public, pourquoi pas?), ici en Inde, je ne peux imaginer qu’il en soit autrement. Pour ce qui est de l’aspect touristique de ce trip, désolé les amis, une autre évidence me saute aux yeux: je n’ai pas l’âme d’un touriste, plutôt celle d’un voyageur libre dans sa tête et dans ses gestes qui, au travers des rencontres, des lieux, des expériences, sent grandir en soi une humilité et un profond respect pour tous ces cadeaux qui lui sont donnés sur le chemin, cadeaux que j’aimerais tant partager avec vous. Mais je suis si maladroit que j’ai bien du mal à vous faire part de toutes les émotions qui viennent à moi. J’oublie des choses, quantité de choses, plus belles les unes que les autres, plus surprenantes ou plus écoeurantes aussi. Il est impossible d’être indifférent à ce pays et à ces gens, tant ils sont vrais, naturels, tellement que, pour un Occidental aseptisé par le confort et le luxe auquel il est habitué (voire conditionné), c’en est dérangeant. Je m’y fais, cela n’a pas été évident au début, je vous l’assure et pour prendre sur moi, j’en ai pris… Je pense aussi à quelques personnes de ma connaissance (que je ne citerai pas, bien sûr) qui n’auraient pu vivre plus de deux jours à Delhi, comme bon nombre d’occidentaux qui ne passent pas le cap de ce choc et qui repartent illico pour l’Europe ou pour des endroits plus confortables, qui plaisent à leurs besoins touristiques.

Je ne vous ai pas parlé des rencontres que j’ai faites ces derniers temps, notamment 3 jeunes suisses allemands, étudiants en Biologie, hyper sympas, ni de Ashok et de Om, chez qui nous avons été invités, Marina et moi, à partager le souper de famille, ni de Fifu, Jitu et Vicky adorables hôtes de Jaisalmer, ni de Marina qui accomplit un travail admirable pour les Ecoles à Jaisalmer, toutes ces belles personnes que j’ai l’honneur de croiser sur mon chemin et qui me font chaud au coeur, qui vivait ces derniers temps plus près de 0° que des températures clémentes auxquelles il aspire. Je ne vous ai pas parlé ou si peu du désert, de cette magie, des animaux du désert, du coucher de soleil, de la pleine lune dans le desert, de la musique, des orages de Jaisalmer, des éclairs qui zèbrent l’horizon, du sable ransporté par le vent, des coupures d’électricité et des soirées aux chandelles, de ces gens merveilleux, de ces beaux visages reflétant une fierté, positive j’entends, que l’on peut comparer aux touaregs si vous voyez, de ces couleurs, de ces senteurs, de ces ambiances, de ces lumières qui resteront gravées en moi.

A propos de couleurs, aujourd’hui, c’est HOLI day. Keksecksa??? Holi signifie en hindi la Fête des Couleurs. C’est en ordre d’importance la 2ème plus grande fête de l’année (surtout dans le Nord de l’Inde). C’est une férie, et les gens se regroupent, dansent, chantent toute la journée et la nuit, et surtout se peinturlurent de poudres colorées (le plus souvent rose, rouge ou bleu) mais aussi avec de l’eau colorée. On oublie les castes pendant 24h et tout le monde y passe. Je ne vous dis pas, il y en a partout. Même sur les animaux: chèvres, moutons, chiens, chats, etc. (pas les vaches, du moins je n’en ai pas vu). Pas de crainte, toutefois, à la longue, ça part. Mais gaffe à vos vêtements, si vous y passez, ceux-ci sont bons pour la poubelle, tant les produits utilisés sont forts. J’y échappe car je voyage ce jour et je suis donc protégé. J’ai quand même intérêt à faire attention lors des arrêts en gare, si sur le perron je vais fumer une cigarette, car ils peuvent vous tomber dessus à n’importe quel moment. Pour l’instant, je ne suis pas encore déguisé en Schtroumpf ou en Diablotin, n’ayez crainte, je reste attentif. Mon ordi ayant une durée de vie plus que momentanée lorsque non relié au secteur, je vous laisse à vos dernières giboulées, en traversant un fleuve, magnifique, dont je ne connais le nom (ce n’est ni le Gange, ni l’Indus, et puis qu’importe le nom…). Je vous adresserai mon prochain billet des bords du Gange, le fleuve mythique et mystique de l’Inde. Tout va très bien pour moi, j’espère que pour vous aussi et que pneumonies, rhumes, grippe, stress, déprime et autres inconvénients feront place à beaucoup d’énergie. Bonne santé à vous tous. A tout bientôt. Dans quelques heures, j’aurai traversé tout le nord de l’Inde et vu défiler d’innombrables paysages.

Ensuite Kolkotta, me voilà… Bisous. Namaste. Tashi delek. Avec tout mon amour, les ti loups. Philou

18 mars

Kolkotta

J’y suis dans cette ville qui fait si peur . J’y ai ete accueilli comme un prince par Sashi (responsable des Ecoles de la Terre) et je loge dans un flat en compagnie de Tanya, de Berne, et une fois encore, un etre super sympa (le Bon Dieu m’aime bien en ce moment!). J’ai ete voir deja 2 ecoles et je vous expliquerai plus en details ce que j’en pense de ce travail absolument fantastique realise ici. Je suis heureux de rencontrer des gens pareils tant ils sont beaux dans leur etre et leur action. Dans le prochain billet, je vous en parlerai plus longuement, et encore une fois (et oui, je suis belge, une…), je previens toutes les ames sensibles, ce n’est pas du gateau. Quant a moi, je pensais etre pret, et il semble que je le suis. Pret a donner, de tout mon coeur, pour ces petits etres si beaux et vrais, naturels et si attachants. Sashi m’a prete un Nikon Coolpix (des Ecoles) et je crois que je vais pouvoir realiser un album que j’espere pouvoir publier avec l’aide d’un mecene suisse (si cette espece existe encore…), des photos et des mots d’enfant, qui nous diront ce qu’ils veulent, je suis impatient de voir le resultat… Ah, j’oubliais, Kolkotta me plait bien plus que Delhi. L’ennui ici c’est le climat: chaud, humide et athmosphere hyper polluee. Toutefois, je constate avoir des facultes d’adaptation que je ne me reconnaissais pas. Peut-etre est-ce parce que je me sens si libre et heureux de vivre ces instants, peut-etre les plus beaux de mon passage sur cette planete, dans cette vie, ah, ah, voila le petit bouddhiste qui revient… Ben voila les gens du froid, vous voulez que je vous envoie quelques degres par courrier express, non sans rire, je suis en train de fondre. En plus, j’envisage serieusement de terminer mon voyage en allant enseigner dans le desert , et peut-etre etre le premier volontaire de EdlT a le faire , mais sur ce sujet egalement je reviendrai plus en details un peu plus tard si votre (im)patience me le permet. J’ai pris froid apres 3 jours d’air-co dans le train! No problem, ce n’est deja plus qu’un souvenir. Alors a bientot si vous le voulez bien. Namaste de ‘Calcut’.

Victoria_Memorial_Hall,_Kolkata Whiteways_and_Laidlaw_Building_Kolkata_by_Piyal_Kundu

Flashback and Kolkotta 2, attention ça va bouger!

Hello les amis,

Je vais tenter de revenir sur certaines choses et autres dont je n’ai pas fait mention dans le blog, du moins à ma souvenance et vous en fait part, si cela vous intéresse bien sûr, dans un désordre total, comme d’hab, en fait comme ça me vient.

A l’arrivée à l’aéroport de Delhi, (Mahatma Gandhi Airport… je me rends compte que je n’ai même pas inclus une photo de cet être si important pour l’Inde et pour l’humanité, quel sot je suis) il vous faut passer par la douane. Plusieurs sas d’entrée, vous vous mettez dans une file, et lorsque c’est votre tour, vérification de votre pass, visa, etc. par un fonctionnaire indien. J’ai choisi le fonctionnaire qui embaumait toute l’atmosphère, le seul qui faisait brûler de l’encens… Je trouvais cela assez chou comme premier contact avec l’Inde.

Ensuite, première arnaque: les pre-paids taxis; si un jour vous débarquez à Delhi, surtout ne faites pas comme moi en prenant les premiers pre-paids taxis que vous rencontrerez et qui vous hèlent en se prétendant « agents gouvernementaux ». Pour les taxis gouvernementaux, il vous faut aller plus loin, et une bonne manière de savoir si l’on a à faire à des officiels ou pas, c’est simple, les fonctionnaires ne vous accostent pas, ils sont là pour vous rendre service et n’ont, pour la plupart d’entre eux, aucun intérêt financier.

Sachez en général une chose, c’est que les étrangers ici paient de toute manière plus que les hindis, il faut se faire une raison, l’accepter et ne pas vous rendre malade pour ça; après, avec un peu d’expérience (mauvaise expérience, ah, ah, pour le portefeuille), vous vous informez, chaque fois que faire se peut, du prix approximatif qu’il vous en coûtera et n’hésitez pas soit à faire baisser les prix sans hésitation aucune (il m’est arrivé de proposer le quart du prix qui m’était annoncé et cela a été accepté, imaginez la marge…), soit à passer votre chemin et vous adresser à quelqu’un d’autre. Tout ceci ne relève pas du vol organisé (encore que les pre-paids taxis s’apparentent réellement à des réseaux mafieux, à ce que j’ai entendu dire, et que les autorités, parfaitement au courant de ces faits n’interviennent pas, ayant peur de représailles), dans la plupart des cas il s’agit comme d’un jeu à qui perd gagne, et il m’est même arrivé de faire sourire un hindi en faisant preuve d’intransigeance sur le prix, c’est tout dire. Tout compte fait (c’est le cas de le dire!), il se pourrait qu’ils se fourrent le doigt dans l’oeil, car à force de se sentir floué, on en finit par ne plus acheter que ce qui nous est indispensable, et leur commerce de perdre des couleurs… En bref (comme disait Pépin), pas de prise de tête, c’est meilleur pour la santé! (merci, ti détachement)

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A Delhi, par deux fois, je suis allé dans le quartier des routards, à savoir Pahar Ganj ou Main Bazar, je préfère la 2ème dénomination plus explicite à mon sens. Martial m’avait laissé entendre que c’était une bonne prise de contact. Ben oui, ma foi: deux possibilités, vous rentrez illico ou vous attendez que cette impression nauséabonde passe sur la pente de votre indifférence. Je suis dur avec ce quartier et ces gens qui ne font que se débrouiller pour se nourrir, se loger, se vêtir, et survivre (toutefois, pour certains, il s’agit d’un vrai business, très lucratif pour le niveau de vie indien). Mais c’est trop pour moi, trop sale, trop bruyant, trop stressant, trop mouvementé, trop puant. Et dire que, même dans cet état d’esprit, j’ai quand même fait des rencontres intéressantes, hindis et étrangers confondus, j’ai vu les conditions de vie de ces gens, leur habilité à la « débrouille », et aussi last but not least, pour certains, leur sourire, dont on se demande comment il se fait qu’il soit encore présent, celui-là. Une leçon de vie en quelque sorte, donnée par des gens qui ont un coeur gros comme ça et qui s’accommodent des circonstances de vie (de survie, oserais-je dire) qui sont les leurs. C’était, après mes lectures et mon travail préparatoire à cette aventure en terre inconnue, la première fois que je réalisais ce que signifiait le système de caste et l’acceptation de son karma. Et de vous dire que je suis nettement plus proche de la philosophie bouddhiste qu’hindouiste à cet égard. Bouddha a combattu cette notion de caste et cette interprétation du karma. Nous avons tout en nous que pour améliorer notre condition humaine, et il n’appartient qu’à nous d’enclencher la roue d’énergie pour atténuer les souffrances, physiques et psychologiques. Pourquoi s’en priver?

Se mouvoir en Inde est aussi toute une histoire. Je ne sais si c’est un héritage des colons anglais, mais comme vous le savez certainement, la conduite à gauche est de mise ici. Il faut s’y faire, et oublier au plus vite les réflexes encrés en nous, pour traverser une route, par exemple. Riez, riez, ce n’est pas si évident qu’il n’y paraît. Ce qui est plus surprenant par contre, c’est que lorsque vous êtes piéton, il vous faut oublier un autre conditionnement occidental. Je m’explique: En occident, vous marchez du côté qui vous permet de faire face aux voitures et au danger, donc en Inde, il m’apparaissait logique de marcher à droite de la route. Vous me suivez? Eh bien, pas du tout! Ils marchent presque tous à gauche, dans la file de circulation. En fait, je suppose que même un piéton est considéré comme véhicule et il y a intérêt, si l’on veut rester intact, à être très très attentif. Je ne vous dis pas l’étroitesse de la plupart des rues. Des camions, des autocars, des bus, des jeeps, des voitures, des motos, des autos-rickshaws, des vélos-rickshaws, des pédos-rickshaws, des chiens, des vaches, des chèvres, des moutons, des porcs, de la volaille, des charrettes de toutes sortes, des oiseaux, des piétons (eh oui!), vous voyez de tout sur les routes! Et d’évitez aussi de marcher dans une bouse de vache ou autre détritus jonchant le sol. On se croirait dans un film de Terry Gilliam. Et au plus ce qui bouge est gros, au plus il faut faire attention, car les plus gros engins profitent de leur statut et s’imposent en avançant leurs arguments de poids (trop parfois, à voir les carcasses de camion bordant les routes nationales). A force de se croire supérieur, voilà ce qui arrive… Ensuite, il y a le concert de klaxons. C’est ahurissant; je crois qu’en Inde, si un engin roulant ne dispose pas d’ »avertisseur », il n’est pas prêt à l’usage! Et je ne vous parle pas des avertisseurs, plus forts les uns que les autres. Ils klaxonnent tellement souvent que, pour finir, vous n’y faites plus attention. A force d’excès, cela devient totalement inopérant et de la plus grande inutilité. Le plus curieux, c’est que dans cette anarchie, le nombre d’accidents est ridiculement faible et je vous assure pourtant que plus d’une fois j’y ai cru à l’accident. Il est des villes où l’anarchie est plus grande et la folie plus extrême; vous l’aurez deviné, en tête de mon hit-parade: Delhiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii!

J’ai été pour la première fois malade en Inde, ici à Kolkotta, cette nuit même. Pas la peine de vous faire un dessin, le genre de problème qui vous fait croire que la porte des toilettes est à des kils de votre lit, un état d’urgence en quelque sorte. Soit, j’ai pris un Motilium et je me suis senti mieux. J’ai fait le choix de ne prendre de médicament qu’en dernier recours et de laisser, tant que faire se peut, le corps réagir. Je crois que si l’on est en bonne santé, les facultés d’immunisation naturelles sont bien plus grandes que ce qu’on imagine. Mais dans le cas présent, voyez-vous, un cachet de Motilium était le bienvenu. Tout est rentré dans l’ordre à présent, merci! A ce propos, à Mc Leod Ganj et à Jaisalmer, je n’ai trouvé que de rares « pharmacies » (si l’on peut les appeler ainsi); en revanche, ici à Kolkotta, vous en trouvez à tous les coins de rue. Je ne crois nullement au hasard: je suis sûr qu’à Kolkotta, la demande est plus forte et l’offre adaptée à celle-ci. Une raison à cela? Le climat, sûrement: il fait étouffant ici, une chaleur moite, une pollution nettement au-dessus de la norme, un trafic démentiel; aussi la densité de population: c’est incroyable la quantité d’individus présents au mètre carré. Agoraphobes, s’abstenir… Et encore, ici c’et un beau quartier, je ne vous dit pas les bidonvilles…

Je vous parlerai des bidonvilles plus en détails après avoir fait le tour complet des écoles, ici à Kolkotta ville (au programme ces 3 prochains jours). J’en ai déjà vu 2, l’une près d’ici, dans un quartier exclusivement musulman, l’autre dans un bidonville, près d’un ligne de chemin de fer. Dès à présent, je tiens à vous faire part d’un élément de réflexion. Il m’a été donné de compulser les fiches d’inscription des enfants; sur celle-ci est fait mention des revenus mensuels de la famille et le nombre d’enfants à charge. Je n’en ai pas cru mes yeux: pour un grand nombre, le revenu est de 500 roupies par mois avec en moyenne 2 à 3 enfants à charge. Pour la Suisse, cela fait un peu moins de 15 CHF, pour la zone Euro un peu moins de 10 Euros, par mois, pour une famille de 2 adultes et 2 enfants!!! Non, je ne me trompe pas. C’est leur réalité, pathétique comme me disait Sashi, la réalité pure et dure, la misère dans toute sa laideur, et c’est aussi ça, mon présent, que d’y être confronté et de méditer sur ce que je peux faire face à un tel état de chose. Le faire savoir à autrui, à vous, dans un premier temps. Ensuite, savoir si je peux aider d’une manière concrète, même si je n’enseigne pas ici: Sashi m’a proposé de faire l’acquisition de cahiers, indispensables à leur apprentissage, qui me reviendront à 6-7 roupies le cahier, et qu’un minimum de 200 cahiers est à pourvoir (à 7rpes), cela fait 1’400 roupies. Cela nous fait en CHF 41 et en EUR 27. Peut-on dire non à cela? Il vous faut savoir également que les Ecoles de la Terre ici à Kolkotta assurent, outre l’enseignement fondamental, le suivi médical des enfants et les nourrissent une fois par jour. Martial me disait qu’avec un don de 50 CHF par an, on pouvait assurer la prise en charge la scolarisation d’un enfant. Vous voilà informés d’une facette de la problématique. Laissez-moi vous préciser également que dans la philosophie des Ecoles de la Terre, telle que je l’ai comprise, aucun « parrainage » n’est envisageable, la collectivité de l’école étant prioritaire. Votre aide profite à la communauté, et non à un enfant en particulier. L’exemple d’une organisation d’aide à des enfants tibétains, fonctionnant sur le mode du parrainage, me vient à l’esprit: un enfant parrainé par un citoyen américain se retrouvait « nippé » tel un petit US guy, à savoir Nike, Converse, Reebok, et tutti quanti. La belle affaire. Est-ce leur rendre service? N’y a-t-il pas d’autres urgences? Et assurer le bien être d’un enfant dans une collectivité, une quasi-adoption à distance, est-elle de mise dans les circonstances dans lesquelles ils vivent. Je ne crois pas qu’il soit adéquat que de leur faire goûter à nos valeurs, tant superficielles elles sont. Et le fait de prendre en charge un être, en omettant les autres, et satisfaire sa « bonne conscience » me paraît tout aussi erroné par rapport à la perception que j’ai de ce que je vis. Ces paroles n’engagent que moi et en aucun cas l’ONG, pour laquelle j’ai tant d’affinités, mais dont je ne fais pas partie. C’est Philippe qui vous parle, en son nom, avec son coeur et sa conscience, avec son point de vue et son vécu. Rien de plus, rien de moins. Je n’ai aucune autorité en la matière et suis encore « bleu » dans le domaine (ah oui, j’oubliais, ils ne m’ont pas eu à Holi…). Si vous êtes sensibles à mon coup de coeur (et de révolte), sachez que toute action est la bienvenue, de Suisse, d’Europe et d’ailleurs. Si vous êtes partants, je vous invite à consulter le site des Ecoles ou m’envoyer un e-mail, je ferai suivre à qui de droit, et répondrai avec joie à toutes vos questions. Quant à moi, je ne peux rester les bras croisés, et sans m’engager dans une … croisade, je vais me bouger et mettre en branle toutes mes ressources que pour faire quelque chose face à un tel état de fait.

Voilà les ti lutins, ce que j’avais à vous dire. Vendredi, fort probablement, je pars dans les Sunderbands, îles situées dans le delta di Gange, pour un certain temps je pense, car je vais fort probablement enseigner un petit temps là-bas.

Namaste, mes amis. Portez-vous bien. Que les graines de bonheur parsèment votre chemin. A tout bientôt. Et je le répète, c’est avec grand plaisir que je vous lis… Kisses from Kolkotta. Philou

21 mars

Kolkata3

Errata (ça commence bien!)

1. Calcutta a été rebaptisée Kolkata en l’an 2000 et non Kolkotta, comme indiqué précédemment par votre serviteur.

2. Cette ville est située sur un bras du Gange, la rivière Hoogly et donc ce n’est pas des rives du Gange que je vous écris (de bleu, de bleu, c’est le soleil ou quoi?).

Bon, puisqu’on se « culture » , pourquoi pas y aller à fond. Invitation à ceux qui en ont envie, bien sûr, aux autres, je leur conseille de vaquer à d’autres occupations car mon côté « prof » revient au galop. Et peut-être n’auriez-vous pas apprécié avoir un prof tel que moi. Libertad disait le Che. D’accord pour la liberté. La mienne aussi, celle d’écrire, de lire, de voyager à travers les mots, dans le temps et l’espace. Pour ceux qui ont envie de me suivre, vous verrez, il y a des choses étonnantes. On y va? Oups!

Table des matières

1. L’Inde

Démographie

Le drame de l’enfance exploitée

Personnages importants

2. Les religions

3. Le rôle de la femme

4. Kolkata

PS: Ceci constitue un condensé des informations que j’ai recueillies via plusieurs sources. Le seul

point 2 est traité dans des milliers de livres tellement le domaine spirituel est étendu en Inde.

1. L’Inde

Démographie

Au début du 20è siècle: 238 millions d’habitants – En l’an 2000, plus d’1 milliard. Selon les courbes actuelles, les projections prévoient qu’en 2030, l’Inde devrait dépasser la Chine… et devenir donc le pays le plus peuplé de la planète. D’autre part, des études récentes prévoient que l’Inde occupera, dès 2050, le 3ème rang mondial au niveau des puissances économiques. Ces chiffres ne vous parlent pas? La croissance qu’a subie l’Inde entre 1991 et 2001, c’est l’ajout en 10 ans de la population du… Brésil, 5ème pays le plus peuplé au monde! Une explication à cette fulgurante hausse? Simple: avant, il y avait équilibre entre le taux de naissance et le taux de mortalité; maintenant, les progrès de la médecine font baisser l’un des deux taux sans faire baisser l’autre, avec pour conséquence que la population indienne s’envole. En cause, le taux de natalité, qui même s’il a baissé ces derniers temps, ce ralentissement est loin d’être « significatif ». Pour cela, il faudrait qu’un changement de mentalité s’opère et que la tradition perde (beaucoup) de terrain. Et, en parallèle, un autre phénomène gagne du terrain: le diagnostic prénatal, qui révèle le sexe de l’enfant avant la naissance. Vu la nette préférence des indiens pour les garçons (ça me fait penser à la Chine!)- une fille est encore très largement synonyme de dot à débourser, quand ce n’est pas de malédiction (!!!) – les avortements prolifèrent. La loi condamne en théorie les pressions des médecins (!!!) pour faire pratiquer cet examen prénatal, mais les habitudes ont la vie dure (ça, on est bien placé pour le savoir, c’est partout pareil d’ailleurs! Je parle des habitudes, pas du reste, heureusement!).

Le drame de l’enfance exploitée

Dans les campagnes, la mortalité infantile reste importante: près de 300.000 enfants y meurent chaque année de diarrhée. 65% des enfants de moins de 5 ans, nés dans des familles rurales démunies, souffrent de malnutrition. En outre, l’exploitation des enfants par le travail reste une calamité nationale: on estime à environ 55 millions le nombre d’enfants travaillant pour des employeurs autres que les parents (dixit!). Des associations se sont créées pour venir en aide à cette enfance maltraitée, car ne vous y tromper pas, le seul nom que l’on peut utiliser dans cette circonstance est « esclavagisme » et le plus triste, qu’il concerne des enfants de 6 à 14 ans.

Personnages importants

Je commencerai par un petit homme à lunettes, petit de taille mais d’une conscience et d’une grandeur d’esprit « hors du commun », un homme que l’histoire n’oubliera pas j’espère, vous aurez compris que je veux vous entretenir en tout premier lieu du Mahatma…

Mohandas Karamchand Ghandi (1869-1948)

Rien ne prédestinait Ghandi à une vie politique. Il est né dans la province du Gujarat (au sud du Rajasthan), il se marie à l’âge de 13 ans (et dire que moi j’ai attendu 43 ans avant de signer un tel papier) et part étudier en Angleterre pour devenir avocat, comme son papa. Il revient en Inde et exerce quelque temps, sans trop de succès, avant d’accepter une offre pour partir en Afrique du Sud, où il restera plus de 20 ans, séjour qui constituera la naissance d’une longue carrière politique. Pourquoi? me direz-vous. L’Afrique du Sud est une colonie britannique, les Indiens n’ont aucun droit et le racisme y est quotidien. Tous les ingrédients sont donc réunis pour « faire monter la mayonnaise ». Selon la légende, c’est dans un train (ils me poursuivent, les rails) qu’est née sa vocation s’étant fait expulser d’un compartiment de 1ère classe alors qu’il avait un billet valide, mésaventure qui le pousse à prendre la tête de la communauté indienne du pays. C’est alors qu’il élabore et met en pratique son concept de satyagraha, la résistance non-violente. Il rentre en Inde en 1915 et ne quittera plus son pays. Il s’implique d’emblée dans plusieurs conflits locaux (Bihar, Gujarat) et jouit bientôt d’une autorité nationale. Il hérite du surnom de « Mahatma », ce qui signifie « la Grande Âme ». Il lance alors le mouvement de non-coopération (avec les colons anglais), ce qui lui vaudra une condamnation à 6 ans de prison (en 1922) . En 1930, il prône à Ahmedabad (Gujarat) la fameuse « Marche du Sel », une remise en cause du monopole anglais sur la production et la vente du sel (et implicitement de la colonisation dans son ensemble). Parvenu à Dandi, sur la côte, il ramasse une poignée de sel, incitant par ce simple geste des millions d’Indiens à défier les lois anglaises. C’est le début du mouvement de désobéissance civile. Après quelques temps en prison et un voyage à Londres, Gandhi s’installe dans un minuscule village, Seagaon, auprès des plus pauvres. En 1942, il lance le mouvement « Quit India », appel clair et net à l’indépendance, qui vaut bientôt à tous les leaders du Congrès de se retrouver derrière les barreaux, et ce jusqu’à la fin de la guerre. Opposé au principe de partition, Gandhi se tient à distance des négociations relatives à l’indépendance. Au jour de l’indépendance, le 15 août 1947, il reste introuvable. Peu après, il entame une dernière fois une grève de la faim, à Delhi, toujours en protestation contre les heurts intercommunautaires. Il obtient gain de cause, mais cette dernière bataille lui coûtera la vie: le 30 janvier 1948, alors qu’il se rend aux prières du soir, un jeune fanatique hindou lui tire 3 balles dans le coeur.

Le programme de culturisme (rire!) est interrompu pour cause de fatigue, de chaleur moite et de lessive qui m’attend…

Donc, à suivre (faites-moi savoir par mail ou par commentaire interposé si cela vous intéresse car si tel n’est pas le cas, je passe à autre chose…)

Et depuis que j’ai prepare ce billet, je suis alle dans les bidonvilles de Kolkata, les celebres bidonvilles de Soeur Theresa et de la Cite de la Joie. Je suis encore sur le choc. Laissez-moi une nuit de sommeil, et je tenterai de vous raconter, car en cet instant, desole, je ne trouve pas les mots. Sachez en tout cas que c’est une experience de vie d’une intensite que je n’ai jamais connue ni pu imaginer. Ces gens qui travaillent la, en faisant ce qu’ils font sont des anges, je ne trouve pas d’autres mots. Bon, je reviens demain vers vous. Accrochez-vous, Kolkata n’a pas une reputation usurpee. Namaste, les amis. Tashi delek. Om mani padme Hum. Philou.

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Kolkata Slums

Votre attente n’aura pas été vaine, j’ai décidé de vous écrire sur le sujet qui m’a littéralement bouleversé, les « slums » de Kolkata. Il est vrai que je suis devant un problème de taille: que vous dire? Quels mots pourraient vous faire comprendre, sentir, vivre de tels instants? Comment vous faire passer ce que j’ai vu, tant c’était intense, lourd, douloureux, fort; tant ces instants étaient emplis de larmes, de révolte, de colère, de dégoût, de honte, de cris; d’amour, de beauté, de vie aussi, surtout. Des moments qui comptent dans une vie comme nul autre, des moments qui restent gravés dans la mémoire, celle de l’esprit bien sûr, mais surtout celle du coeur, celle des tripes aussi, des viscères pourrais-je dire, des moments qui vous modifient au plus profond de vous-même, des moments que nul ne peux vous enlever, des moments qui font désormais partie de mon histoire et qui prendront, je le crois, une place primordiale dans la vision que j’aurai des choses et qui m’inviteront immanquablement à RELATIVISER les événements auxquels je serai confronté, et à faire preuve d’ HUMILITE face à eux.

En résumé, j’ai visité 6 écoles ici à Kolkata-ville: je n’ai pas noté les noms des écoles, aussi vous donnerai-je un bref descriptif sans les nommer et pour l’une d’elle, je vous propose de vous prendre par la main et vous inviter à me suivre dans un bidonville, un voyage où l’enfer côtoie le paradis, je vous expliquerai plus après. Inutile de prévenir que le comité de censure m’invite à mettre en garde les âmes sensibles, car si on en croit la plupart des témoignages, l’endroit où je vous propose de faire un tour est l’un des plus innommables de cette planète. A bon entendeur…

1. Sud de Kolkata, dans un quartier musulman, Ecoles de la Terre, sur une grande artère routière, entre un temple moslim et un « égorgeur de poulets ».

2. Sud de Kolkata. Bidonville. Ecoles de la Terre. A côté d’une ligne de chemin de fer, taudis avec tôle ondulée en guise de toit. Revenus moyens de 500 à 1500 roupies par mois pour des familles de 4 à 5 membres, soit approximativement de CHF 15 à 45 et EUR 9,5 à 28,5. Non, je ne me trompe pas.

3. Sud de Kolkata. Petite école CRDS (Children’s rights development Service, organisation avec laquelle EdlT coopère et qui, dès la mi-avril, fusionnera avec EdlT, en vue de former une entité pesant plus lourd pour les autorités gouvernementales et West-Bengalis).

4. Sud de Kolkata. Ecole CRDS. Bidonville. Exclusivement des réfugiés bengalis (Bengladesh). Bord des docks, de la rivière. Huttes où il n’y a ni eau potable (à 1 km) ni électricité. Ecole composée de 4 classes aménagées et avec courant fourni par un générateur. Petite pharmacie de secours – premiers soins, petite « cuisine », les enfants, comme c’est le cas dans toutes les écoles de Kolkata sont éduqués, nourris et soignés. Ces 3 éléments sont indissociables dans de telles circonstances de vie.

5. Extrême nord de Kolkata. Ecole CRDS. Bidonville. Nous irons y faire un tour ensemble si vous le voulez bien.

6. Extrême nord de Kolkata. Ecole (nouvelle construction). Au bord d’une rivière que l’on pourrait décrire comme «flot d’immondices», dans lesquelles se déversent les eaux usées (un flot de merde, quoi!), infestée de rats, endroit facilement reconnaissable car il pue à 500 mètres de là, endroit particulièrement pestilentiel!

Alors, vous voulez bien me suivre, on arrive à l’école n°5.

Je suis accompagné de gens de CRDS qui me font visiter leurs écoles. Dans la camionnette, offerte par Ecoles de la Terre, l’équipe médicale, la coordinatrice de l’ONG et bibi. On arrive par une petite route où d’immenses constructions (style HLM) sont en train d’être construites. Par après j’apprendrai que c’est le plus grand projet immobilier de Kolkata. On tourne à droite et on s’arrête après environ 500m. Nous sommes à destination. Bibi n’en croit pas ses yeux. Nous sommes parqués à la lisière d’un dépôt dimmondices, parafait dans le domaine de la répugnance. Nous nous dirigeons vers l’école. Je suis en regardant bien où je mets les pieds car nous traversons les immondices. En fait, nous marchons dessus, là où c’est sec, car vous faites un pas de travers et vous vous trouvez dans une vase indescriptible.

Encore heureux que ce ne soit pas la saison des pluies! De jeunes enfants nus jouent dans les détritus, un peu plus loin des porcs mangent ce qu’ils trouvent, un mâle, plus gros que les autres, se roule dans cette vase abjecte. Ça pue, je ne vous dis pas. Un peu plus loin, un petit feu, ils brûlent les immondices Par chance, j’ai un mouchoir à portée de main que je m’empresse de me mettre sous le nez et je ne vous dit pas le bonheur de sentir la poudre à lessiver… Nous avons parcouru 200m qui m’ont paru des kils. On arrive à la fin de cette déchetterie et paf, première classe, juste à côté des immondices, la classe d’apprentissage, où les jeunes filles apprennent à coudre. En vue d’obtenir après un, voire deux ans, un certificat qui leur facilitera l’obtention d’un emploi. Seconde (là a lieu la visite médicale) et troisième classe, plus grande. Des enfants en grand nombre. Je fais connaissance des « anges » qui enseignent, je tombe presque amoureux d’une coordinatrice, mais les amours entre hindis et occidentaux sont particulièrement difficiles, dû à leurs coutumes. C’est un lieu où s’opère une certaine magie. Un lieu sorti d’un conte. Un lieu où les enfants, avec leurs regards, leurs gestes, leur ouverture de coeur, leur naïveté, leur pureté vous rappellent que, même dans les pires circonstances, la vie est belle et que le sourire est de mise. Je suis subjugué par tant de beauté dans un endroit aussi immonde.

C’est ça un bidonville. Un lieu où l’enfer côtoie le paradis. Rien n’est comparable à cela. Et les moments de vie en sont d’autant plus intenses. Tout compte, le regard, la parole, les poignées de main.

Ah c’est vrai, j’allais oublié de vous parler de mon comité d’accueil: à 50m de la première classe, un enfant est venu vers moi, m’a salué et m’a pris la main, bien vite accompagné par un second qui m’a pris la seconde et dernière main de libre. J’avais pour entrer dans le lieu mes gardes, mes accompagnateurs, mes anges étaient présents. Après avoir assisté à quelques moments d’instruction, Ouma m’invita à l’accompagner et faire un tour dans les taudis pour voir dans quelles conditions vivent ces enfants, tous bengalis (Bengladesh). Ahurissant, détestable, honteux, immonde, abject, en fait je ne cherche pas, aucun mot de la langue ne peut traduire de telles conditions. Vous croyez cauchemarder. Ouma, belle comme un ange, garde le sourire. Le rêve côtoie le cauchemar. On est dans un film ou quoi? A ce propos, vous regardez « La Cité de la Joie », vous multipliez par 2 (soyons raisonnable! ) et vous avez une petite idée de ce que cela peut être. Honte à moi, honte à l’humanité de laisser nos soeurs et frères nés sur la même terre dans de telles circonstances. Je disais hier à Tanya que les animaux étaient mieux logés dans nos zoos que ces humains déchus, par je ne sais quelle autorité de merde ou quel pouvoir plus puant que la pire des odeurs à laquelle j’ai été confrontée.

Désolé Bouddha, là, j’ai envie d’aller au combat. Oui, je resterai non violent, mais si je suis juste, pour moi et ceux qui m’ont donné tant d’amour, je ne peux laisser faire un tel état de chose. Merde!

Ensuite est arrivé un moment particulièrement prenant: revenus à l’école avec ma belle accompagnatrice, j’ai assisté aux visites médicales. Vous décrire les maux subis par ces petits êtres prendraient trop de temps, essentiellement des problèmes de peau, des blessures, des morsures ( de chien, et surtout de serpents venimeux car les cocos vont se baigner et jouer dans la rivière qui est infestée de serpents dont les morsures peuvent être mortelles) et, imaginez la concentration de microbes qui existe dans un endroit pareil, vous ne souhaiteriez pas cela à votre pire ennemi. Et puis il y a eu ce Papa, venu avec son fils, qui était malade; ce Papa ne m’a pas parlé au départ, nos regards se sont croisés et les Namaste également. Après que son fils soit passé à la visite, il s’est dirigé vers moi et m’a embrassé. Il m’a demandé en Bengali une piécette pour la faim et, la mort dans l’âme, je lui ai refusée. Un véritable déchirement. Comme je vous l’ai déjà dit, si pour lui je le fais, pourquoi pas à ces milliers de pauvres de ce bidonville et quid des autres bidonvilles… De tels moments remettent toutes les choses en perspective et vous vous sentez bien petit.

Le départ fut sans histoire, j’ai envie de revenir dans ce lieu, je ne peux vous expliquer. Je suis rentré au flat et je me suis lavé comme si ma vie en dépendait. J’avais envie de me gratter de partout (bien sûr c’est psychologique, mais…) et cette douche m’a fait un effet autant intérieur qu’extérieur. Là encore, difficile de vous expliquer. Sachez en tous cas, que si vous m’avez suivi, l’indifférence ne fait pas partie de mon vocabulaire et que je vis ici une véritable transformation. Je ne dis pas que je reviendrai totalement différent, à mon sens, il serait plus exact de vous dire que je reviendrai plus déterminé que jamais, que mes valeurs je reconnais, celles qui m’ont été inculquées par ma Maman et mon Papa, celles qui seront miennes, que je respecte, que je défends si nécessaire, celles que j’essaie de mettre en pratique.

L’action, en méditation, dans le respect de soi et d’autrui, voilà mon projet.

Merci de votre longue attention; a plus les amis. Je m’en vais à Gangasagar, un lieu mythique où le Gange se jette dans l’Océan. Les Sunderbands, c’est pour mercredi prochain.

Bisous. Namaste. Tashi delek. Portez-vous bien. Philou 9, neuf, je voulais dire.

23 mars

Heureux

Je suis.

26 mars

GangaSagar

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GangaSagar

Littéralement: Gange Océan. Et oui, j’ai été mettre mes petons dans le fleuve sacré, le Gange. L’endroit, vous l’aurez deviné au nom est le point de jonction (si l’on peut faire un petit clin d’oeil aux « Gueules Elastiques » de Genève, rires…) entre le Gange et l’Océan, le Golfe du Bengale. Inutile de vous dire également que c’est un endroit éminemment sacré pour les hindouistes. Début janvier, des milliers de pèlerins se plongent dans l’embouchure du Gange lors de la spectaculaire «mela de Kapil Muni», fête traditionnelle et religieuse. Le Gange est surnommé «Le grand fleuve» et a, selon la religion hindouiste, des pouvoirs purificateurs et le pouvoir de donner la vie éternelle! Il est aussi celui qui mène le défunt vers d’autres horizons, d’autres niveaux de conscience pour les «New Age» (souries!). Lorsque j’ai mis mes pieds dans ce fleuve mythique, j’ai pu voir les fleurs et les pétales qui lui sont offertes. C’est en quelque sorte un grand cimetière, dans le beau sens du terme. Il représente le cycle de la vie et de la mort. Le grand fleuve comme ils disent était, à cet endroit large de 4 km, on ne pouvait voir l’autre rive!!! Si vous voulez une idée plus précise, je vous renvoie vers le site du guide du routard et ses cartes (vous pouvez aussi voir le trajet que j’ai effectué jusqu’ici: Delhi – Dharamsala Mc Leod Ganj – Delhi – Jaisalmer – Calcutta). En fait c’est une île et nous avons dû prendre le bateau pour traverser le Gange à un endroit, faire ensuite 30 km sur l’île pour atteindre GangaSagar. Nous étions avec la camionnette des Ecoles, et le niveau d’eau particulièrement bas du fleuve ne permettait pas la traversée en Ferry et notre véhicule n’a pu nous rejoindre que des heures plus tard. Au retour, même topo, la camionnette était bloquée et nous avons traversé le Gange et pris un taxi au crépuscule. Cet instant à cet endroit est tout simplement magique: les lumières sont d’une beauté à couper le souffle: bleu foncé, orange, ocre, bleu ciel, rouge, toutes sur le ton pastel, une carte postale lumineuse, pourrait-on dire.

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C’est un bel endroit, verdoyant, avec beaucoup d’eau (mais impropre à la consommation),des bambouseraies et des palmeraies. GangaSagar est un village dans lequel Ecoles de la Terre est active, une école comportant deux bâtiments et accueillant plus de 300 enfants. En cours de construction, un troisième bâtiment car l’espace est trop exigu pour tous ces élèves. Quand j’utilise le terme école, et bâtiment, il est difficile pour un Occidental d’imaginer ce dont il s’agit: dans la plupart des cas, ce sont de petites classes (± 30 m2) dans lesquelles sont entassés les enfants (de 30 à 40) qui s’assoient à même le sol, qui écrivent par terre dans leur cahier. Je ferai mon possible pour créer un site photos (ou plusieurs si ça marche) mais je ne vous garantis rien car MSN, c’est vraiment du rail ici. Si cela ne peut se faire, je vous invite à aller voir sur le site des Ecoles de la Terre, vous aurez ainsi une idée des conditions et des lieux que je visite. Même si les conditions d’apprentissage sont très particulières (et difficilement imaginables pour les privilégiés que nous sommes en Europe), les enfants font preuve, dans la très grande majorité, d’une discipline et d’un intérêt nettement supérieur à ceux que nous connaissons en Suisse ou en Belgique (ou en Europe, je ne cite que mes pays de naissance et d’adoption, car de ceux-là je peux parler en con(ah,ah)naissance de cause, mais je crois pouvoir étendre à l’Europe voire l’Occident). A mon sens, ils savent que l’accès au savoir et à l’apprentissage sont essentiels pour leur devenir, et ils font d’énormes efforts pour apprendre les langues (ici à Kolkata, les enfants, dans les EdlT, apprennent le Bengali et l’Anglais, à l’école officielle, ils auront en plus à apprendre l’Hindi) et les mathématiques.

J’ai compris désormais que dans les villages, la situation n’était guère plus enviable que dans les communautés urbaines; certes ce ne sont pas des « slums » mais les régions rurales indiennes sont extrêmement pauvres et l’avenir des enfants très problématique. La différence est nette entre les castes et le taux d’alphabétisation est encore très bas à l’heure actuelle, surtout pour ce qui concerne les hindis plus âgés. Si l’on prend la connaissance de l’Anglais comme point de repère, d’après le guide, seulement 5% de la population le maîtrise (d’après mon ami Sashi c’est plutôt 20%), et une grande disparité existe entre le Nord et le Sud: le Nord est plus pauvre et moins instruit. Dans ces régions rurales, vous rencontrez tous les problèmes: que faire pour nourrir sa famille, avoir un toit et vivre avec le minimum vital? L’électricité et l’eau sont également deux problèmes cruciaux. Par exemple, pour l’électricité, à GangaSagar, il n’y en a que de 18 à 22 heures. Les plus nantis (ils sont rares croyez-moi) sont équipés de générateurs, et les autres attendent que l’électricité vienne ou se débrouillent sans! Pour l’eau, vous assistez au cortège d’enfants et de femmes qui, avec leur jarre sur l’épaule ou sur la tête, déambulent d’un point d’eau (pompes) à leur lieu de vie, le plus souvent construit en bois (bambous, roseaux). Je ne vous l’ai pas encore dit, mais l’Inde me fait énormément penser à l’Afrique, où l’idée que je m’en suis faite par le biais des images, lectures et autres documentaires. Tant par la topographie que par la manière de vivre. Et quand j’en viens à repenser au peu d’écho qu’a eu le « Forum Mondial de l’Eau » à Genève, je ne suis guère optimiste et très peu confiant en nos gouvernements, multinationales, trusts et autres pouvoirs et leur volonté réelle d’aborder ce problème fondamental qu’est l’eau. Évidemment, en Occident on est peu concerné par cette problématique mais sachez que l’eau, son absence ou sa rareté dans certaines régions du globe, le caractère impropre à son utilisation, le propagateur inimaginable de germes et de maladies qu’il constitue, en fait le plus grand facteur de mortalité à l’heure actuelle et pour les années à venir. Sans une prise de conscience urgente de cette problématique, on court à la catastrophe. Il s’agira ni plus ni moins que de la plus grande ignominie historique et (in)humaine qui soit (les guerres ne sont rien à côté de cela) face à des responsables politiques et économiques qui n’ont pour toute conscience que celle de leur avoir et de leur portefeuille $$$. Il suffit de tergiverser, il faut arrêter ce génocide, car c’est bien d’un génocide dont il faut parler (définition du mot: destruction délibérée et systématique d’un groupe humain – celui dont je parle est le groupe humain qui n’a pas accès à l’eau potable vitale pour sa survie – tout comme l’exploitation disproportionnée de la forêt amazonienne a entraîné le génocide des tribus indiennes) et dont, bien sûr personne n’assumera une quelconque responsabilité. Vous savez, à mon sens, l’histoire ne fait que se répéter et l’humanité, malgré tous les progrès techniques et économiques qu’elle a accomplis, n’a pas avancé d’un chouia en terme de responsabilité globale et planétaire face à des problèmes d’une ampleur dépassant l’entendement. Je fais une crise d’ « écologite aiguë »? Peut-être, je crois plutôt prendre conscience qu’il est vain de se préoccuper de l’avenir de certains si on ne prend pas à bras le corps ce problème crucial, géantissime et urgentissime qu’est l’eau auquel les générations futures sera confronté et en particulier les plus défavorisés qui, eux, luttent pour survivre. C’est bien sûr la pollution atmosphérique que je montre du doigt et qui est un problème planétaire et indien, bien sûr, cette Inde dont les grandes métropoles sont en tête dans les classements établis par la Banque Mondiale (tiens, tiens, n’est-ce pas encore une organisation mondiale chapeautée par l’administration Bush et un de ses faucons, Woljowicz pour ne pas le nommer, qui en a pris la direction il y a quelques mois, sauf erreur de ma part). Ce n’est pas un hasard, car ce sont bien les Américains qui se montrent le plus réticents à prendre des mesures drastiques en vue d’atténuer les effets catastrophiques, et probablement irréversibles, de la pollution à grande échelle (cfr. sommet de Kyoto). Notre petit Bush (ne lit-il pas trop l’ancien testament et ne fait-il pas partie d’une de ces sectes apocalyptiques?) se prenant pour la main de Dieu est peut-être en train de nous préparer l’Apocalypse que certains Chrétiens (pas tous, j’espère, j’ai à l’esprit les pauliniens, enfin une chose est sûre, pas moi, je vous assure et je vous rassure) attendent depuis la mort du Messie. (c’est marrant, car en vous écrivant ces mots, je constate que c’est en Orient que je lis un écrit sur Jésus – « Le Message, de Baigent, Leigh et Lincoln) alors qu’en Occident, j’étais plus enclin à lire des livres sur les religions, philosophies et sagesses orientales, et ça non plus n’est dû au hasard). Bon, comme chante Gainsbourg dans « Requiem pour un Con » je pense que ça suffit comme ça. La suite au prochain coup de gueule (à croire que Genève m’a marqué, je l’ai élastique)…

Une école est en construction, j’en ai pris des photos, que Sashi et bibi vont s’empresser d’envoyer à Martial (pour le site internet des EdlT). Vous pourrez le constater, c’est une ONG qui bouge (et fait bouger…???) et qui tente de répondre aux besoins des communautés qu’elle rencontre. J’oubliais de vous parler d’un autre projet en cours: Madagascar. Marie et Martial y sont en ce moment, et EdlT a un projet d’école dans le brousse (ou forêt?) de Mada. D’après les premiers échos que j’ai reçus, ils ont rencontré une population encore plus pauvre et plus dans le besoin qu’ici en Inde. Je ne peux imaginer le tableau tant ce que j’ai vu ici est pathétique. Si face à mes propos (qui je le répète n’engagent que moi et en aucun cas l’ONG « Ecoles de la Terre) il vous vient l’envie d’apporter votre soutien, tout est bon à donner, un geste, un peu de temps, informer les gens autour de soi, collecter des dons en nature, crayons, stylos à bille, crayons, craie, …) mais cela est plus délicat car le transport d’Europe en Inde est onéreux et très problématique, enfin quoi que ce soit me semble « non superflu ». Le mieux étant encore les donations en espèce qui permettent aux responsables sur place de pourvoir au plus urgent, qu’il s’agisse de cahiers, de médicaments, de nourriture.

Et moi, et moi, et moi (Je ne commence pas la chanson comme Dutronc, ce n’est donc pas 700 millions de chinois mais 700 millions d’Indiens, mais non c’est juste une blague, EdlT est une organisation qui reste raisonnablement petite, à visage humain pourrait-on dire, alors on pourrait dire 7000 enfants indiens, et moi, et moi, et moi et

ce serait encore mieux si l’on chantait
7000 enfants dans le besoin, et toi, et lui, et moi,

vous ne trouvez pas?

Oui quoi… moi? Que fais-je? Je continue la visite des écoles, mercredi je passerai 2 jours dans les Sunderbands (visite de 3 écoles), retour à Kolkata et départ pour Boddhgaya où je compte reprendre le flambeau. Ça me manque, l’enseignement. Au retour en Europe, je proposerai à Martial de prendre en charge le site Internet, je pourrai alors le faire, car je saurai de quoi je cause (vaut mieux, n’est-ce pas!) et pourquoi pas ouvrir une antenne belge EdlT (une fois!); j’ai eu un contact avec un compatriote qui était à Boddhgaya et qui est néerlandophone, et s’il veut quelque peu s’investir, on pourrait lui et moi couvrir les deux communautés linguistiques, ce qui serait génial pour EdlT, car je pense que le vivier est là et bien là dans notre « Plat pays ». En Suisse aussi, je peux faire des choses, entamer des démarches auprès de fondations, de sponsors éventuels, enfin la liste des initiatives est grande et je ne manquerai pas d’être à l’écoute des besoins de cette magnifique organisation et de son projet, et en fonction de mes compétences, y apporter un soutien actif, en temps, en travail, etc. Pour le côté pro, les portes vont également s’ouvrir, je le sens et cette énergie vitale qui m’habite, cette foi, après cette expérience indienne, me semble décuplée.

J’avais oublié de vous parler dans mon billet « Slums » de « La piécette de monnaie ». Un détail me direz-vous, un signe peut-être vous répondrai-je… Imaginez, je reviens du slum où je vous ai invité et ne pensant qu’à me laver, je me déshabille, bien évidemment; je retire mes baskets, et que vois-je??? Une piécette de monnaie, 50 paisas (une demi-roupie). Je vous sens venir: « Ça fait combien en Suisse ou en Euro, Philippe? » » Ben, juste pour rire alors: Si 1FS vaut 34 roupies (le calcul est le suivant 1:34 :100 x50), ça nous donne CHF 1 centime 47; 1 euro valant 53 roupies, ça nous donne EUR 0,9 cent. Enfin, c’est juste pour vous dire que je suis revenu plus riche après avoir effectué cette visite, comprendo? C’est le genre de signe qui me parle, et je trouve ça marrant. Vous pas?

Je vous avais promis dans un précédent billet de vous parler de la situation contextuelle des écoles de Jaisalmer, je me propose de le faire dans un prochain billet, car la fatigue des yeux se fait sentir et encore une lessive qui m’attend. Je vais devenir blanchisseur, pour finir.

A plus les amis, et ne m’en veuillez pas si les billets sont plus épars, ce ne sont que pour des raisons techniques (pas d’internet à GangaSagar ni dans les Sanderbands, coupures d’électricité, etc.). Les conditions de vie ici en Inde sont « romanesques ». Mais lorsque je vous écris, c’est mon ti coeur qui s’exprime.

Bisouxxx. Namaste; Tashi delek. Et surtout n’oubliez pas de semer les petites graines qui s’appellent bonheur. Au besoin, venez faire un tour en Inde, vous verrez comme c’est simple.

Un « Tour Operator » nommé Philou

PS. Merci Mamy, merci Mati pour vos commentaires qui me vont droit au coeur.

27 mars

Liberté – solitude – mort

Le titre vous choque peut-être. C’est que j’ai décidé de prendre de la liberté de vous entretenir de ce qui m’anime (étymologiquement anima signifie âme) en ce moment, des valeurs qui sont revenues à la surface suite à mes expériences de vie récentes qui, comme je vous l’ai dit, m’ont quelque peu bouleversé. Le titre choisi vous invite à un voyage intérieur allant de la liberté à la mort et dont l’essence est tirée du livre de Krishnamurti « Se libérer du connu ». Il est possible que ma démarche vous paraisse curieuse, osée, présomptueuse, voire déplacée. Pourtant les sourires, la joie, la vie, l’amour que j’ai vus, entendus, perçus, ressentis, vécus, accueillis m’ont renvoyé à des questions essentielles dont je me propose de vous parler maintenant.

Krishnamurti est un être qui, de par sa philosophie, m’aide à regarder plus au fond de ce qui m’anime, ce qui me donne de la vie, en d’autres mots, l’essence, la source, la lumière intérieure que tous, autant que nous sommes, avons en nous. Autant vous prévenir tout de suite: c’est un exercice des plus délicats que d’inviter des amis à entrer dans son intimité en partageant une réflexion et une introspection on ne peut plus personnelles, et ce faisant, les risques d’incompréhension et de non communication sont réels. Toutefois, c’est en toute conscience, en toute confiance et sans prétention aucune que je prends cette liberté. Si vous acceptez l’invitation, sachez qu’il est fort probable que ce voyage peut présenter quelques désagréments de tous ordres et que le choix est vôtre de me suivre ou non. Il est bon de se rappeler, je crois, cette magnifique phrase de Guy Corneau « Prenez ce qui fait écho en vous et délaissez le reste ». Cette phrase est, à mon sens, un trésor de sagesse.

Pour le principe, sachez que je me baserai sur le chapitre 8 du livre de Krishnamurti, qui traite d’un sujet qui peut déranger et qu’humblement je relierai à mes ressentis et ma compréhension actuels, en ayant accepté la possibilité de me tromper en tout ou en partie. Les citations du livre sont écrites en bleu nuit et les liens que je fais le sont en noir.

#8. La liberté. La révolte. La solitude. L’innocence. Vivre avec soi-même tel que l’on est.

Aucun tourment des refoulements, aucune brutale discipline des conformismes n’ont conduit à la vérité. Pour la rencontrer on doit avoir l’esprit complètement libre, sans l’ombre d’une déviation. Mais demandons-nous d’abord si nous voulons réellement être libres. Lorsque nous en parlons, pensonsnous à une liberté totale où à nous débarrasser d’une gêne ou d’un ennui? Nous aimerions ne plus avoir de pénibles souvenirs de nos malheurs et ne conserver que ceux de nos jours heureux, des idéologies, des formules, des contacts qui nous ont le plus agréablement satisfaits. Mais rejeter les uns et retenir les autres est impossible car la douleur est inséparable du plaisir.

Un mot d’explication à ce sujet car cette notion « douleur-plaisir » est pour le moins ardue et tellement simple à la fois: lorsqu’un plaisir (petit ou grand) nous est refusé, une guerre s’installe en nous et les conflits surgissent qui ne sont autres que des peurs. La peur de ne pas obtenir ce que l’on désire ou la peur de perdre ce que l’on a (ou que l’on croit avoir).

Il appartient donc à chacun de nous de savoir s’il veut être absolument libre. Si nous le voulons, nous devons commencer par comprendre la structure de la liberté. Est-ce de « quelque chose » que nous voulons nous libérer? De la douleur? De l’angoisse? Cela ne serait pas vouloir la liberté, qui est un état d’esprit tout à fait différent. Supposons que vous vous libériez de la jalousie. Avez-vous atteint la liberté ou n’avez-vous fait que réagir, ce qui n’a en rien modifié votre état? On peut très aisément s’affranchir d’un dogme en l’analysant, en le rejetant, mais le mobile de cette délivrance provient toujours d’une réaction particulière due, par exemple, au fait que ce dogme n’est plus à la mode ou qu’il ne convient plus. On peut se libérer du nationalisme parce que l’on croit à l’internationalisme ou parce que l’on pense que ce dogme stupide, avec ses drapeaux et ses valeurs de rebut, ne correspond pas aux nécessités économiques. S’en débarrasser devient facile. On peut aussi réagir contre le chef spirituel ou politique qui aurait promis la liberté moyennant une discipline ou une révolte. Mais de telles conclusions logiques, de tels raisonnements ont-ils un rapport quelconque avec la liberté? Si l’on se déclare libéré de « quelque chose », cela n’est qu’une réaction, laquelle donnera lieu à un autre conformisme, à une nouvelle forme de domination. De cette façon, on déclenche des réactions en chaîne et l’on imagine que chacune d’elles est une libération. Mais il ne s’agit là que d’une continuité modifiée du passé, à laquelle l’esprit s’accroche.

La jeunesse, aujourd’hui, comme toutes les jeunesses, est en révolte contre la société, et c’est une bonne chose en soi. Mais la révolte n’est pas la liberté parce qu’elle n’est qu’une réaction qui engendre ses propres valeurs, lesquelles, à leur tour enchaînent. On les imagine neuves, mais elles ne le sont pas: ce monde nouveau n’est autre que l’ancien, dans un moule différent. Toute révolte sociale ou politique fera inévitablement retour à la bonne vieille mentalité bourgeoise.

Brel et Krishnamurti sont d’accord sur ce point.

La liberté ne survient que lorsque l’action est celle d’une vision claire; elle n’est jamais déclenchée par une révolte.

Le parallèle avec le bouddhisme est frappant, pour les tibétains la vision claire est traduite par le mot «Rigpa», vision sans préconçu, non polluée, neuve, libre et sans attachement.

Voir clairement, c’est agir, et cette action est aussi instantanée que lorsqu’on fait face à un danger. Il n’y a, alors, aucune élaboration cérébrale, aucune controverse, aucune hésitation; c’est le danger lui-même qui provoque l’acte. Ainsi, voir c’est à la fois agir et être libre.

Ça me rappelle mon examen oral de psycho lors de ma dernière année d’études (en psycho-pédagogie) lorsque j’avais tiré la question bateau: «Définissez l’intelligence» (probablement formulée de manière plus académique mais en substance, telle était la question). Une demi-heure de réflexion et de préparation de réponse. Philou, dans ses petits souliers, atteint du «syndrome de la feuille blanche». La demi-heure écoulée, la feuille immaculée, Philou s’en va vers le tribunal, le prof donc, et se jette à la mer en proposant le postulat de départ suivant: nous ne pourrons parler ensemble d’intelligence que si vous acceptez de m’accompagner sur une île déserte où toutes nos connaissances n’auront pas cours et dans cette situation nouvelle et vierge comme ma feuille de papier, nous pourrons nous approcher le plus prêt possible d’une définition de l’intelligence. C’était un coup de poker et bingo, mon prof, pratiquant de kendo, a souri et m’a invité à poursuivre. Quand j’ai lu Krishnamurti et que je me suis souvenu de ma réponse à cet examen et me suis dit que nous parlons de la même chose, en fait. Intelligence est synonyme de liberté, elle-même synonyme d’action. Agir pourquoi? Pour vivre, de bleu!

La liberté est un état d’esprit, non le fait d’être affranchi de «quelque chose»; c’est un sens de liberté; c’est la liberté de douter, de remettre tout en question; c’est une liberté si intense, active, vigoureuse, qu’elle rejette toute forme de sujétion, d’esclavage, de conformisme, d’acceptation. C’est un état où l’on est absolument seul, mais peut-il se produire lorsqu’on a été formé par une culture de façon à être toujours tributaire, aussi bien d’un milieu que de ses propres tendances? Peut-on, étant ainsi constitué, trouver cette liberté qui est la solitude totale, en laquelle n’ont de place ni chefs spirituels, ni traditions, ni autorités? Cette solitude est un état d’esprit qui ne dépend d’aucun stimulant, d’aucune connaissance. Elle n’est pas non plus, non plus, le résultat de l’expérience et des conclusions que l’on peut en tirer. La plupart d’entre nous ne sont jamais seuls, intérieurement. Il y a une différence entre l’isolement, la réclusion, et l’état de celui qui se sait seul. Nous savons tous en quoi consiste l’isolement: on construit des murs autour de soi afin de n’être atteint par rien, de n’être pas vulnérable; ou on cultive le détachement, qui est une autre forme d’agonie; ou on vit dans la tour d’ivoire onirique de quelque idéologie. Se savoir seul, c’est tout autre chose.

Sur un point, et je me réfère à Dhiravamsa, il est important de souligner le fossé qui existe entre la notion de «Détachement» et la notion de «Non attachement», cette dernière étant étroitement liée à la notion de «Plénitude».

On n’est jamais seul tant qu’on est rempli des souvenirs, des conditionnements, des soliloques du passé: les déchets accumulés du passé encombrent les esprits. Pour être seul, on doit mourir au passé. Lorsqu’on est seul, totalement seul, on n’appartient ni à une famille, ni à une nation, ni à une culture, ni à tel continent: on se sent un étranger. L’homme (à faire précéder de la femme, ou je préfère l’être) qui, de la sorte, est complètement seul, est innocent et c’est cette innocence qui le délivre de la douleur. Nous traînons avec nous le fardeau de ce que des milliers de personnes ont dit, et la mémoire de toutes nos infortunes. Abandonner définitivement tout cela, c’est être seul et non seulement innocent, mais jeune aussi – non en nombre d’années, mais innocent, jeune, vivant à tout âge – et l’on peut alors pénétrer la vérité; pénétrer ce qui n’est pas mesurable en paroles.

En cette solitude, on commence à comprendre la nécessité de vivre avec soi-même tel que l’on est, et non tel que qu’on devrait être ou tel que l’on a été. Voyez si vous pouvez vous voir sans émotion, ni fausse modestie, ni crainte, ni justifications ou condamnations, si vous pouvez vivre avec vous-mêmes tels que vraiment, vous êtes.

Dire que l’on est pas prêt, que l’on est pas capable ne sont que mensonges à soi-même et preuves d’un manque de courage à assumer les choix qui sont nôtres et que rien ni personne ne peut vous enlever. La liberté, c’est aussi cela, de ne plus se mentir en dépréciant volontairement ou involontairement qui nous sommes, l’ignorance toujours bien ancrée et qui est si confortable. La liberté de choix est et nul ne peut en juger, il suffit de simplement reconnaître l’essence même de ce choix et de ne pas se cacher derrière un quelconque mensonge qui, de facto, ne fait que postposer le moment inéluctable où il nous faudra faire face à la réalité de qui nous sommes, assumer ses choix, dans la liberté la plus totale, en toute simplicité, en toute confiance et sans culpabilité aucune. Ne dit-on pas que si un «Maître» existe, il ne peut être que miroir. A ce stade, la confesse, la consultation chez le psy, la discipline imposée pour atteindre tel niveau d’éveil vous paraîtront tels qu’ils sont, des artifices qui ne font qu’entretenir les feux, alors que ces feux, vous avez librement fait le choix de les éteindre. Et que de compassion vous éprouverez alors pour le curé, le psy ou le guru…

On ne comprend une chose qu’en vivant intimement avec elle. Mais dès qu’on s’y habitue – dès qu’on s’habitue, par exemple, à l’angoisse ou la jalousie – on ne vit plus avec elle. Si l’on vit près d’un torrent, au bout de quelques jours on ne l’entend plus; un tableau dans votre chambre, après quelque temps, disparaît à votre regard. Il en est de même des montagnes, (aux Diablerets, j’en ai fait l’expérience, les autochtones se demandaient à quel martien ils avaient à faire, lui qui s’était assis sur une pierre pendant un si long moment à contempler la montagne. Ils ont dû se demander ce que je pouvais bien regarder. S’ils savaient que je ne regardais que ce qu’ils ne voyaient plus… et qui, pourtant étaient devant leurs yeux.) des vallées, des arbres; il en est de même de votre famille, de votre mari, de votre femme. Mais pour vivre avec la jalousie, l’envie, l’inquiétude, il ne faut jamais s’y habituer, jamais les accepter. Il faut en prendre soin tout comme on soigne un arbre nouvellement planté, l’abritant du soleil et des orages; en prendre soin sans condamnation, ni justification. Alors on commence à l’aimer. En prendre soin, c’est l’aimer. Ce n’est pas que l’on aime être envieux ou anxieux, ainsi que cela arrive à tant de personnes, mais plutôt que l’on éprouve un penchant naturel à l’observer.

Pouvez-vous donc – pouvons-nous vous et moi – vivre avec ce que nous sommes réellement, nous sachant ternes, envieux, craintifs, incapables d’affection alors que nous nous croyons pleins d’amour, vite blessés dans notre amour-propre, facilement flattés, blasés… pouvons-nous vivre avec tout cela, sans l’accepter ni le nier, mais dans un état d’observation qui ne serait ni morbide, ni déprimé, ni exalté? Posons-nous une autre question: pourrions-nous atteindre cette liberté, cette solitude, ce contact avec la structure entière de ce que nous sommes, en y mettant du temps? En d’autres termes: la liberté peutelle être conquise par un processus graduel? Évidemment pas, car la durée, aussi tôt qu’on l’introduit, nous rend de plus en plus esclaves. On ne peut pas devenir libre graduellement. Cela n’est pas une affaire de temps. Et maintenant posons-nous la question qui résulte des précédentes: peut-on devenir conscient de cette liberté? Si vous dites «Je suis libre», c’est que vous ne l’êtes pas, de même que l’homme qui se dit heureux ne l’est pas, car s’il le dit, c’est qu’il revit la mémoire d’un certain passé. La liberté ne peut se produire que d’une façon naturelle, non en la souhaitant, en la voulant, en aspirant à elle. Elle ne se laisse pas atteindre, non plus, à travers l’image que l’on s’en fait. Pour la rencontrer, on doit apprendre à considérer la vie – qui est un vaste mouvement – sans la servitude du temps, car la liberté demeure au-delà du champ de la conscience.

Voilà ce que dit Krishnamurti, auteur et philosophe indien (et qui faut-il le préciser n’a rien à voir avec Krishna, divinité indienne). Un principe de Bouddha me vient à l’esprit: il a clairement invité ses auditeurs à ne pas accepter ses paroles comme vérités absolues, il leur a demandé de vérifier de par eux-mêmes. Nous sommes loin des notions d’infidélité ou de péché.

Ce qui est dit par Krishnamurti, inutile de vous le dire, a fait, dans sa grande majorité, écho en moi. J’eusse espéré un peu plus d’humour, peut-être n’a-t-il pas pris la liberté d’en rire. Ce rire vrai qui, indubitablement, signifie que la chose a été comprise. Un rire d’enfant, d’une innocence, d’une naïveté, d’une simplicité, d’une fraîcheur qui font bouger les montagnes, c’est la foi en la vie. Que vous dire de plus, si ce n’est que ce voyage en Inde, en moi, accompagné de cet amour des enfants qui s’offre sans une quelconque attente, ainsi que de tous les êtres que je porte dans mon coeur

«La vita e bella». N’est-il pas? Namaste, my friends.

2 avril

Sundarbands0

Hello les ti loups,

Je reviens des Sunderbands, endroit indescriptible et incroyablement beau, entre jungle, eau, riziere et bonheur simple de la vie. Un moment inoubliable que je me propose de vous conter demain dans un billet qui, je vous le promets, ne sera pas pique des vers.

Je suis heureux, litteralement et humainement, de constater que ma tite famille et toi, mon epouse, Maria Sol, appreciez a ce point mes humbles ecrits. Et ma foi, que de fois me suis-je pose la question si l’ecriture n’etait pas la voie que j’allais choisir. Vous m’encouragez a le faire et sachez que je suis tres pres, tellement pret (ah cette merde de clavier qui m’empeche de taper les accents… Veuillez me pardonner ces fotes!). Oui, je vais m’y mettre. Oui je vais creer, crier, parler, communiquer, aimer, donner et transmettre tout ce que mon ame me souffle, telle une muse intemporelle qui est venue me rappeler qu’elle n’etait pas en visite elle est ici, la, maintenant, entre-autre lors de mon passage sur cette terre et actuellement en Orient, en Inde, pays qui resonne de mille clochettes, telles celles que l’on utilise lorsque la meditation commence, pays qui scintille de mille feux tel le plus beau feu d’artifice, pas celui de Geneve qui coute la peau des fesses et dont le budget mirobolant pourrait nourrir des enfants pendant des annees, non le feu d’artifice de la nature, des couleurs et des sourires, le feu d’artifice de la vie, des flammes interieures que vous croisez et ne cesse de vous irradier de bonheur, pays si vivant et bruyant qui vous transporte pourtant dans une paix et un silence que vous aimeriez ne pas quitter, tant ils sont vivifiants, simples et tellement pres de nous, en nous, que souvent nous ne les voyons.

Regardez mes amis comme vous etes beaux, simplement beaux.

Je reviens vers vous demain donc.

Je vous envoie toute la tendresse et l’amour qui m’habitent. Je vous aime.

Namaste. Tashi Delek.

Philou

Sundarbands1

Doucement vient la sagesse

Au plus profond de l’âme, sous la douleur, sous tout ce qui étourdit la vie, existe un vaste et majestueux silence, un océan infini de calme, que rien ne peut déranger, une réserve de sérénité propre à la nature et qui dépasse l’entendement. Cette sérénité que nous recherchons ardemment, ici et là, à l’extérieur, nous la trouvons finalement en nous.

Coucou les tis amis

Paraît que ça s’est réchauffé dans vos contrées, tant mieux l’hiver se faisait si long. Les météorologues ont annoncé un très bel été, cela compense, non? Chouette on va pouvoir faire bronzette. Je vous souhaite beaucoup de chaleur, surtout dans vos coeurs. Ici, la bronzette, on s’en passe volontiers: 40 degrés ces derniers jours et un taux d’humidité qui vous fait comprendre par la transpiration continue que votre corps est en grande partie composé d’eau (plus de 70% sauf erreur). Le taux d’humidité lui est de 100%, sauf erreur. Je fonds mes amis, comme un iceberg détaché de la banquise faisant route vers des mers plus chaudes. Aujourd’hui, Philou a décidé de vous parler de quelques inconvénients encourus lors de ce premier tiers de voyage. Le tableau que je vous ai dressé comportait souvent les beaux côtés et omettait, délibérément je l’avoue, les désagréments. La solitude, les conditions difficiles, les rencontres désagréables avec quelques bébêtes, le manque de confort, et bla bla bla…

Il est difficile de vous expliquer tout ce qui peut déranger en Inde tant cela dépend de votre état d’esprit et de votre motivation à aller plus loin dans le voyage, à l’extérieur comme à l’intérieur. La peur vous assaille de temps à autre. C’est une compagne de vie et son contraire, la confiance prend le relais si la patience est vôtre, à chacune son tour de manège.

Les désagréments? Les animaux notamment… Je reviens de Ganga Sagar et la chambre, vraiment sommaire, était habitée; je ne l’avais constaté au départ car trop crevé à l’arrivée (chaleur, trajet, manque de sommeil le jour précédent). Le matelas était infesté de puces et autres insectes rampants. Sous les oreillers, des cafards (je ne vous dis pas la taille, d’ailleurs tous les insectes ici sont grands) et Philou de se taper un coup de chaud sous forme de colère (comme s’il ne faisait pas assez chaud comme ça!) et de jouer au foot avec les cafards (non, je n’en ai tué aucun!) et de prendre le matelas pour un punching-ball. Et oui, ça m’arrive, vous croyez quoi? Et je vous jure que la nuit, je l’ai passée avec un oeil ouvert, tant j’étais dégoûté. C’est toutefois curieux d’avoir une telle réaction face à un cafard qui jamais de la vie ne m’a fait de mal alors que les moustiques, que je supporte, ont failli m’envoyer dans une autre dimension alors que j’étais en Laponie. Conditionnement chéri, tu es encore avec moi, en moi. Pas plus que je ne vous ai parlé de l’araignée rencontrée à Kolkata dans l’appart dans lequel j’ai établi le camp (on dirait que je suis parti en guerre), plus grosse qu’une main, impressionnante bébête que celle-là, mais je crois qu’elle a eu plus peur que moi à l’avoir vu décamper (ah, ah) à la vitesse grand V (de bleu que ça va vite)… Et les mouches qui tournent autour de vous comme si vous étiez une merde sur pattes. Et les chiens, couverts de puces, galeux pour la plupart, tous portant les cicatrices de combat se déroulant à la tombée de la nuit quand les meutes décident de se frotter les unes aux autres. Un boucan du tonnerre, et certains chiens peuvent même se montrer vachement (terme à éviter ici, mais soit, je suis libre!) agressifs. En fait, tous les animaux sont à la recherche de nourriture, comme la plupart des Indiens, ma foi. Aussi curieux que cela puisse paraître, ils nourrissent même les animaux, et je parle des crève-la-faim. On se pose des questions avec notre esprit occidental. Les raisons sont fort probablement spirituelles, pour le moins en ce qui concerne les vaches. Et le soin apporté aux animaux par les Tibétains est encore plus évident. Là, la spiritualité a aussi un rôle mais ce peuple qui vivait auparavant sur les hauts plateaux tibétains dépendait de la nature et des animaux en particulier. Rien d’étonnant à les voir donc perpétuer cette tradition ancestrale, respect qui leur a permis de survivre. Les serpents et autres rats, je n’en ai pas encore vus. Une anecdote que je ne vous ai pas contée, me semble-t-il, est celle des détritus en plastique, vous savez dans le slum que l’on a visité ensemble… Voyant les enfants et adultes ramasser tous les détritus en plastique et les empaqueter dans des sacs de jute, Philou s’est posé des questions et a été surpris de la réponse qui lui a été donnée. La raison était peut-être économique et y trouvaient-ils quelques revenus. En partie, j’avais raison mais la raison essentielle est la suivante: c’est pour éviter la prolifération de rats. Comment cela? Ben, ces saloperies de bébêtes, qui s’adaptent de manière ahurissante aux conditions qu’ils rencontrent, se nourrissent des déchets plastiques, oui, oui! Dire que je suis rat dans l’horoscope chinois…

Les castes aussi dérangent et pas un peu, croyez-moi. Les castes moyennes et supérieures sont infâmes avec leurs compagnons de rang moins élevé, et au plus le rang est bas, au plus l’irrespect est grand. A vous donner la nausée. Ça aussi c’est l’Inde, l’Inde des traditions et des castes, système ancestral qui entretient les différences de statut (et n’essayez surtout pas d’améliorer votre condition, vous renaîtriez sous une forme moins enviable, démon ou animal rampant, que sais-je?), les Dieux vous ont réservé ce sort, vous devez le subir cette vie durant. Et vogue la galère! Je comprends mieux Bouddha et sa lutte face à un tel système. Et ce n’est pas tout, les membres de caste supérieure sont tellement habitués à agir de la sorte qu’ils font la même chose avec vous, hautains et irrespectueux. A vous de leur faire comprendre que ce système n’est pas (plus) le vôtre et surtout que vous avez la liberté de ne pas accepter pour vous-même ce que vous ne feriez pas à autrui. Je n’y ai pas manqué et il ne me faut pas parler hindi ou bengali, l’attitude et le regard suffisent à eux-mêmes.

C’est curieux, j’avais commencé à écrire ce billet quand les Sunderbands m’appelaient. Je savais que cette complainte finirait inéluctablement par la conclusion suivante: je n’ai plus envie de dépenser mon énergie à me plaindre, je trouve ça triste, tellement déplacé au vu des circonstances, d’une faiblesse insigne, bref inutile et o combien égocentrique. Je passe donc à autre chose même si je n’ai pas fait le tour de tous les maux et inconvénients (inconfort, voyage, moyens de transport, exiguïté, et bla et bla et bla), que j’ai rencontrés et qui me paraissent si futiles, si insignifiants et d’une suffisance que je n’aime pas (plus?). Assez de ce mur de lamentations.

Les Sunderbands, voilà un sujet qui m’interpelle beaucoup plus. Vous voulez venir avec moi? Accrochez vos ceintures, on part dans des contrées qui semblent être vierges de toute pollution, encore que… Vous vous souvenez peut-être que dans mon billet sur les slums de Kolkata, je n’avais pas cité les noms des écoles, par choix délibéré lui aussi, persuadé alors que ces endroits sont sans nom, et pourtant… Pour les gens qui y travaillent, pour les gens qui y vivent, pour ceux à qui viendrait l’idée d’aller voir par eux-mêmes ce qui s’y passe, ces lieux ont un nom. Martial a rectifié le tir au niveau des noms et je vous invite vivement à lire son commentaire: vous y trouverez les noms des bidonvilles et des écoles, et surtout vous y lirez ce qu’un coeur gros comme ça a à nous dire, à nous donner, à partager. En toute humilité et toute conscience. Merci Martial, en partie grâce à toi, grâce à ta confiance qui n’a pas fait défaut à mon égard (et elle eût pu à maintes reprises disparaître en même temps que l’eau du bain), grâce aux belles choses que tu as mises sur pied, je peux vivre une expérience de vie comme jamais je n’ai vécue et que je souhaite à tous, je dis bien à tous, pour que la compréhension prenne la place de l’ignorance, une place où l’amour est roi, comme l’a chanté un de mes beaux compatriotes. En quatre lettres, vous savez de qui je parle. Tout cela pour en arriver à vous dire que les noms je mentionnerai désormais.

Les Sunderbands donc, nous voilà partis. En compagnie de l’équipe de CRDS, le docteur, Obay, la coordinatrice, Vashuvi, l’infirmière, Tshampa et le chauffeur, Ganesh. La route, environ 100 kils de Kolkata, en direction du Golfe du Bengale, mais pas dans le même axe que GangaSagar. Des péripéties du trajet, je vous épargne. Je vous ai déjà assez entretenu de ce que j’en pense, de cette folie. Première étape, CHHATUA FREE PRIMARY SCHOOL, école entre eau et champs de riz, à quelques pas de la maison du docteur. Au programme, visite des classes et visite médicale, comme ce sera le cas pour les 3 écoles que nous verrons. Une nouvelle construction est en cours et en voie d’achèvement, si je ne me trompe. Quand je vous dis que EdlT et CRDS sont 2 ONG qui bougent, je ne vous dis que la réalité et transcris simplement ce que mes yeux voient. Et ils en voient des choses, de très belles et de très laides. Tous ces enfants qui vivent dans des circonstances de vie si difficiles, et qui malgré tout gardent cette joie, celle qui vient du coeur, de la petite lumière intérieure, vous savez, celle qui vient d’un endroit où le mot mensonge n’a pas voix à la parole. Un lieu où innocence, simplicité et naïveté sont des valeurs fondamentales, des contrées où il fait bon se balader et se souvenir de qui on est au tréfonds de notre être. De très laides aussi, en voyant ces mômes si beaux venir se faire soigner de maux qui vous retournent l’estomac, que les mots ne peuvent traduire, tant la douleur, la peine et l’injustice qu’ils portent en eux sont grandes. Des situations inacceptables qui pour ma part ont activé ma compassion, si j’ose, du moins je l’espère. Compassion dis-je et non pitié: j’entends ces mots différemment, l’un étant basé sur l’amour, l’autre sur la peur. C’est bien d’amour qu’il s’agissait. J’aurai des photos à vous montrer a mon retour. Je compte même retourner dans le slum que nous avons visité ensemble et y prendre des photos qui je l’espère vous feront sentir l’odeur nauséabonde qui y est omniprésente et qui pourrait s’appeler « Ignoble voyage au bout de la puanteur, émanation de notre sacro-sainte société », en compagnie d’anges, qui vous sourient et vous protègent, de vous et de vos peurs, et des conditionnements que vous subissez (auxquels vous pouvez dire halte, ne l’oubliez pas).

Première étape, première nuit que je passe en compagnie d’un ange (je suis béni ce moment!) nommé Obay, oui le médecin. Voir cet être accueillir ces gamins, les mettre à l’aise, en confiance totale, leur sourire, les soigner, les toucher, les réconforter, se donner entièrement à eux, pour ce qu’il est, pour la tâche qui est sienne, tant médicale que sociale, qu’humaine dans ce que l’humanité a de beau. C’est un plaisir, un bonheur, un honneur d’avoir eu à partager des moments de vie en compagnie d’un tel être. Il m’a reçu comme un petit prince, a eu à mon égard un souci de tous les instants, comme seul un ange peut avoir, au point de vous mettre mal à l’aise tant vous considérez ce traitement de faveur non mérité, mais abstenez-vous de refuser ces attentions car le risque des les blesser est grand. Je pourrais vous dire tant de choses, de sa famille toute à son image et toutes ces petites choses qui toutes vont dans le même sens, lorsqu’un être d’une telle bonté croise votre chemin, un seul mot vous vient aux lèvres: merci. Comme les Indiens ne disent pas merci (le mot existe pourtant: dhanyavad en hindi), un geste suffit. Un regard aussi. Sans hypocrisie. Voilà mon sac à dos avec un nouveau compagnon, mais il ne s’agit pas d’une pierre qui alourdit le sac, que du contraire, il le rend plus léger, tant d’énergie positive qu’une telle rencontre vous apporte. Merci, Namaste, Tashi Delek, Obay. Et mes 3 autres compagnons de route, alors? Ben, ils sont de la même trempe, mais le fait de prendre conscience qu’Obay ait fait plus écho en moi ne me trouble pas: il est logique que ce que l’on appelle affinité existe et prenne place. Dhanyavad (puisque le mot existe, autant l’utiliser, non?) à vous aussi, Vashubi, Tshampa, Ganesh.

On reprend la route pour aller plus profondément dans cette région si belle: SUNDARBAN SIKSHA NIKETAN, école sur le bord d’une petite route, petite école par la taille, grande par la qualité, tant des enseignants que des élèves. N’est-ce pas le cas de toutes les écoles que j’ai vues? Oui. Sans hésitation. Mais encore une fois, la notion d’affinité vient jouer son rôle dans la pièce, voilà, en toute simplicité. Le lieu est plus sauvage et ces maisons des Sunderbands dont je ne vous ai encore parlées sont magnifiques, faites d’argile et d’un épais toit de plants de riz séchés. Jusque là, la camionnette était notre véhicule mais là où nous allons, elle ne peut nous y mener. Nous devons prendre ce que l’on appelle ici « Van ». A ne pas confondre avec un Van occidental, bien sûr. Le Van indien est une moto munie d’une planche de bois à l’arrière servant à transporter humains ou marchandises. Je ne vous dis pas les engins et ce qu’ils transportent la-dessus, surprenant! Eux seuls peuvent nous emmener à destination, la dernière, la plus reculée, la plus proche de la jungle, et nous emmener sur ces chemins étroits et chaotiques (merci pour le dos!).

On arrive: PURBA BHUBANESHWARI FREE PRIMARY SCHOOL. Je crois bien que Martial a une affinité particulière pour cette école, et j’ose avancer que l’implanter dans pareil endroit n’aura pas été facile. Pourquoi? Se faire accepter dans un village rural et ancestral indien relève de la gageure, tant de réticence et de méfiance vous pouvez rencontrer en tant qu‘occidental(mais je peux me tromper, naturellement). Petite parenthèse: il vous faut comprendre que les Indiens sont fiers et que les gens qui gouvernent le pays, les régions, administrent les villages, sont quelque peu méfiants face à ces occidentaux qui viennent proposer une aide. Pourquoi? Ce pays a maintes fois subi des assauts coloniaux et également été missionarisé (mot de ma propre invention) par les chrétiens qui venaient (enfin!) apporter la bonne parole (sourire!). Quoi de plus normal que d’être perplexe face à une ONG qui vient apporter son aide sans arrière-pensée, sans préjugés, sans volonté d’inculquer une quelconque idéologie, dogme ou croyance. (pour rappel, c’est bibi qui dit, et non EdlT)

Et là aussi, à PURBA BHUBANESHWARI FREE PRIMARY SCHOOL, ça bouge, une extension de l’école est en voie d’achèvement. Cet endroit est tellement reculé que très peu d’occidentaux s’y sont aventurés. L’endroit est superbe, magique, dépourvu d’électricité (sauf celle produite par les générateurs ou les capteurs solaires), lieu où l’on croit être revenu cent ans en arrière tant les gens vivent de la nature, et si retirée du monde qu’il est difficile de se procurer de l’eau minérale, par exemple, ou des batteries fonctionnelles (et oui, je suis tombé dans le panneau, mes batteries pour l’appareil photo m’ont lâché, mais ouf, j’ai quand même des photos de l’école…). De bleu, de bleu!!! Je passerais la nuit à vous décrire cet endroit. Mais de sommeil j’ai besoin car je suis revenu malade de ce bel endroit. Pendant 3 jours donc, j’ai vécu à l’indienne, mangé à l’indienne, je me suis lavé à l’indienne; une chose que je n’ai pas faite, c’est aller à la toilette comme eux. Vous savez peut-être pourquoi en Inde, on mange avec la main droite et pas avec la main gauche. Au départ, j’étais encore quelque peu indisposé et par précaution j’ai pris un immodium, bloquant ainsi mon système pendant 3 jours. Je crois avoir bien fait et je ne peux imaginer tous les désagréments encourus par ces dames occidentales sur les terres reculées d’Inde. Pas fastoche d’aller aux toilettes comme eux. Autre chose que j’ai ressentie, c’est une certaine peur voire une certaine animosité de certains autochtones à l’égard du martien aux yeux bleus que je suis. La pollution de cette peur de la différence a-t-elle atteint cette contrée, par la voie de je ne sais quel dogme? Peut-être ne veulent-ils pas commettre la même erreur faite par les Mayas en accueillant comme un Dieu un certain Cortès, mais moi, moi je (il est encore là, l’ami ego) ne suis pas un conquistador!). Une minorité toutefois car la plupart font preuve d’étonnement et de curiosité, sans plus. Et il y a ceux aussi qui ont cette faculté d’accueil tout bonnement exceptionnelle, des gens qui semblent ne rien avoir et qui se coupent en 4 pour satisfaire vos besoins, des gens qui ont naturellement ce que d’autres recherchent toute la vie durant, l’amour, la capacité de donner.

Mes yeux clignent les amis. Je vous parlerai de notre ballade en bateau et d’autres choses, du ciel, des étoiles, des chants, des bruits de la jungle, de la magie de se laver à l’indienne à la lumière de la bougie… Je reviendrai sur ces 3 jours magnifiques, mais là, j’ai de la peine. J’ai été malade toute la nuit précédente, probablement est-ce dû à la chaleur, aux piqûres de moustique, à la nourriture, ou que sais-je? Je pencherais pour la chaleur car dans les Sunderbands, même mes amis hindis en ont été incommodés, c’est vous dire! Je vais déjà mieux que ce matin (médoc aidant) et demain, tout devrait être rentré dans l’ordre. Alors m’en vais retrouver la douce Morphée, et le réconfort des songes d’une belle nuit indienne. Faites de beaux rêves, vous aussi, endormis ou réveillés, peu importe, choyez vos rêves. Ceux d’enfants, vous savez, vous vous souvenez, ceux qui sont purs et d’une naïveté qui vous laisse sans voix. Peu importe le « qu’en dira-t-on ». Libre à vous, moi je les chéris ces contrées inexplorées et vierges, explorateur dans l’âme je me suis retrouvé.

Bien à vous, amis si chers à mon coeur. Namaste. Tashi delek. Om Mani Padme Hum.

Philou qui vous fait plein de bisous.

PS. J’avais oublie qu’hier on etait lundi. Et lundi Internet est CLOSED. Aussi avec un jour de retard, voila le billet promis. A propos, je vais beaucoup mieux, les tis soucis de sante se sont envoles. Smack. A tout bientot. Plein de chaleur pour vous. Demain, vais visiter une manufacture de vetements, vais peut-etre devenir homme d’affaire! (beurk). Jeudi, je retourne probablement dans le slum, prendre des photos. Lundi, je pars a Bodhgaya. Voila pour les nouvelles fraiches, sous 40 degres, il faut bien!

Blog photos

Eh oui, il a cherche le ti philou une solution pour transmettre les photos… J’ai fait une tentative avec 3 photos a l’adresse suivante

http://www.smartpunters.com/philou2110

Dites-moi ce que vous en pensez. Biz a vous a qui je pense souvent. Philou

Blog Photos 2

Voila mes amis , je me suis concentre sur le blog photo et j’ai insere les photos de Mc Leod Ganj.

La suite arrive, je la prepare ce soir (decalage actuel entre l’Inde et l’Europe: 3h30, donc a midi chez vous, il est 15h30 ici). Je preparerai des photos de Jaisalmer, de GangaSagar, des Sundarbands, des ecoles et last but not least, des portraits d’enfants. A ma tite famille, comme c’est bibi qui prend les photos, il n’est pas dessus, normal, non? Et puis, je ne suis pas un sujet photogenique, point. Je vous ecrirai aussi un billet mais la, j’ai fort a faire, avec les photos, qu’il faut redimensionner pour le web et pour les contacts commerciaux, j’ai visite une fabrique de manufacture et je crois que je vais pouvoir monter une affaire avec Mimi. Super contact en tout cas et des tissus 100% coton et de la soie, bref ce que j’aime quoi…

M’en vais sur le blog photo, je supprime les 3 photos de test et publie les photos de McLlo.

Un gros bisou a vous tous. Portez-vous bien les ti lutins. Philou

5 avril

Blog Photos 3

Bon, pour le blog photo, ce n’est pas du tout au point, je tenterai autre chose ce soir que je publierai demain mais sachez desormais que cela prend un temps considerable et que je ne peux publier plus de 5 photos par sujet. Desole. Les connections sont beaucoup trop lentes. Biz

6 avril

Kolkata 5

Coucou les tis lutins,

Puree qu’est-ce qu’il fait chaud ici…

Pour le blog photos, vous pouvez oublier, car ca prend trop de temps, ca coute cher donc, et le resultat n’est pas satisfaisant a mon gout. Sorry mais il vous faudra attendre mon retour.

Positif j’ai comme une grosse bièce oublié ma clé USB au café internet. Euréka, je l’ai retrouvé. Un petit mot me vient à l’esprit: ceux qui véhiculent le bruit qu’en Inde, ce sont des voleurs vous mentent. Délibérément ou par ignorance, les hindis dans l’énorme majorité sont honnêtes, et si vous évitez les pièges des bandes organisées (trains, gares), si vous êtes attentifs, vous avez bien moins à craindre ici que dans certaines villes européennes, Genève et Bruxelles y compris. Pas la peine de citer les banlieues françaises. Si vous voulez vous faire du mouron, libre à vous, mais cela me paraît bien inutile. Je me suis senti plus en sécurité dans un Slum à Kolkata qu’à la gare de Lyon, à Paris!

Positif je vais bien et suis complètement remis au niveau de mon ti ventre. Je pète la forme et pourtant il fait une chaleur absolument étouffante dans cette ville. Qu’est-ce que ça doit être en été, en juin, juillet et août, je ne peux imaginer. Déjà que maintenant, la plupart des gens se traînent… Ce qui est curieux, c’est que votre serviteur semble moins incommodé par ces conditions que la plupart des autochtones (à croire que j’ai été hindi dans une autre vie…).

Négatif et oui, mon incapacité à gérer un budget est réelle et il est possible que je doive par conséquent avancer ma date de retour dans le vieux continent. Néanmoins, ayant déposé mon dossier pour devenir indépendant, par l’entremise de Maria, que je remercie vivement, il est fort probable que je puisse libérer mon 2ème pilier très bientôt et donc sauvé je serai. Cela dépendra du talent de persuasion de mon épouse (si elle trouve le temps) et surtout du bon vouloir de l’administration cantonale. Je fais le voeu que l’issue soit positive et rapide (pourvu que ce ne soit pas un vaudois qui traite le dossier! rires…). Le péril n’est pas imminent, je peux encore tenir 15 jours avant de préparer le retour, ce qui me chagrinerait fortement, non que je n’ai pas envie de vous revoir, mais je crois avoir encore tant de choses à voir, à faire, à apprendre ici.

Positif et oui, les amis, il y a des affaires à faire en Inde. J’ai vu hier la qualité des tissus (100% coton et soie, satin) que je pouvais me procurer et faire confectionner des vêtements par des ateliers pros que je visiterai samedi ainsi que par des mamans d’enfants des Ecoles, qui inutile de vous préciser, sont dans le besoin (que le mot est faible!). Cela correspondrait en tous cas à mon envie d’aider de manière concrète le projet EdlT. A voir avec Martial (qui me repete que Mada c’est encore plus pauvre que l’Inde, j’en suis pantois!), bien entendu. Mais je vous disais que bleu comme j’étais il était quasi impossible d’initier des relations d’affaire avec l’Inde. Oui mais… Mimi, responsable avec Sashi d’EdlT à Kolkata, m’a proposé de s’associer au projet et donc, avec les connections qu’elle a ici en Inde, le problème qui me semblait insurmontable au départ s’évanouit, simplement. Il va nous falloir investir un minimum pour commencer et s’investir un maximum pour enclencher tous les rouages de la machine, mais si cela marche comme je pense, tout le monde y trouvera son compte. Et le projet peut prendre une dimension considérable et concerner plusieurs continents, mais pas de plans sur la comète, nous ne sommes qu’au point de départ, ne pensons pas au développement futur sans nous concentrer sur ce qui est à faire dès à présent. Si Christine me lit, si Thierry me lit, et si des personnes ont quelques idées ou projets et manifestent un intérêt pour cette affaire, faites-le moi savoir par mail, je vous répondrai avec plaisir (phil211060@yahoo.fr).

Positif je me suis fait à la nourriture indienne. Le Dal (préparation à base de lentilles et de légumes), le Curry (pas comme en Occident, ici c’est un plat en sauce, préparé avec toute sorte d’aliments: poulet, poisson, pousses de bambou, légumes), les tandoori (morceaux de viande macérés dans un yaourt épicé et pimenté et cuits au four) et le Masala Dosa (succulent… Coucou Martial! crêpes de farine de lentilles et de riz farcies avec des légumes, pimentés et épicés, plat du Sud de l’Inde) et les Pakora, boulettes de viande ou de legumes. Je mange beaucoup de pain grillé (à la poêle), beaucoup de fruits (ma maman et mes ex ne me croiront pas!) et… du chocolat (pas mauvais, mais c’est quand même un comble pour un belge vivant en Suisse, vous trouvez pas?). Mais je vous mentirais en omettant de dire que j’ai déjà rêvé d’un repas occidental que je verrais bien ainsi… Une bonne bière belge en apéro (la bière hindi est pire que la suisse, c’est tout dire (c’est pas dit méchamment, mes tis amis helvètes)), des gambas à l’ail (à la portugaise), une entrecôte à l’os poêlée (viande irlandaise ou argentine), des frites (devinez d’où…), une salade mixte bien rafraîchissante, un plateau de fromage (ah du roquefort… et bien d’autres bien sûr) accompagnés d’un bon cru de rouge, français (Hospice de Beaune, par exemple). Arrête de rêver à ça, de bleu!

Errata oui encore, le Gange, je l’ai traversé hier, sur le fameux pont suspendu, et donc Kolkata est bien traversée par le Gange, j’ai difficile avec le nom de la ville et ce fleuve indien et ses innombrables affluents.

Positif j’ai le temps de vous faire un billet du tonnerre, humilite tu me tiens (rien que pour vous… Hep, c‘est pas vrai, pour moi aussi), alors si vos petits yeux ne sont pas trop fatigués, que vous êtes disponibles et si vous en avez envie, en voiture Simone!

Histoire

Vous vous souvenez? (je trouve que c’est une bonne introduction après un titre pareil)
cfr. billet «Kolkata 3». J’avais commencé (et terminé…) par le plus grand personnage indien, le Mahatma. Il en est d’autres et si vous voulez me suivre… Une tite remarque: je ne prétends pas être exhaustif!

Politique

La dynastie Nehru-Ghandi

La lignée politique la plus célèbre du pays., dont plusieurs Premiers Ministres mais dont les liens familiaux ne sont pas ceux qu’on croit souvent. D’ailleurs, le plus célèbre, le légendaire Mahatma, n’a rien à voir dans l’histoire.

Fondateur de cette lignée, Motilal Nehru (1861-1931) présida 2 fois le Congrès National Indien. Son fils, Jawaharial Nehru (1889-1964), disciple du Mahatma (mais avec lequel il a de profondes divergences politiques, notamment sur la partition et les conditions de l‘indépendance), lui succède en 1929 et entre dans l’histoire en devenant le premier Premier Ministre de l’Inde indépendante. Sa fille, Indira Ghandi (1917-1984), 2 fois Premier Ministre, n’est donc pas celle du Mahatma Ghandi mais l’épouse d’un certain Feroze Ghandi, avocat n’ayant aucun lien de parenté avec le Mahatma. (Vous suivez?) Un nom qui l’aura sûrement aidé à son ascension politique. Elle accède au pouvoir en 1966 et y revient en 1980. En juin 84, elle lance l’armée indienne à l’assaut du Temple d’Or d’Amritsar, saint des saints du sikhisme et bastion des séparatistes armés. Cette opération, nommée Blue Star, fait des centaines de morts et provoque une répression terrible, y compris dans la capitale Delhi. En représailles, Indira Gandhi est assassinée par des extrémistes sikhs présents parmi ses gardes du corps (!). La même année, son fils Rajiv Gandhi (et donc petit-fils de Nehru (vous suivez toujours, cela donne le tournis, non?) devient Premier Ministre. Il commence son mandat par le tragédie de Bhopal et sera assassiné en 1991 par des Tamouls. Dernière de la lignée: Sonia Gandhi, veuve de Rajiv, originaire de Turin! Ses origines italiennes l’ont invitée à refuser le poste de Premier Ministre en Mai 2004, pour qu’elle se sente en sécurité (!). Ça rigole pas, le milieu politique indien…

Sri Aurobindo (1872-1950)

Fils d’un médecin de campagne. Envoyé à l’âge de 7 ans en Angleterre pour ses études. Revient à Calcutta, diplômé de Cambridge, et enseigne le français et l’anglais. Ne pouvant tolérer la colonisation anglaise, entre en politique. Leader du parti extrémiste, il passe 1 an en prison et se réfugie en France en 1910 (plus précisément Pondichéry, comptoir français du sud de l’Inde, dans le Tamil Nadu) où il restera jusqu’à sa mort et où il connaîtra une 2de vie spirituelle. Ayant beaucoup cogité en prison, il est convaincu que l’occupation de son pays n’est qu’une facette d’un problème beaucoup plus vaste, la transformation de l’être humain: « L’homme est un être transitionnel » dit-il en prêchant la « nouvelle évolution », celle d’un monde qui serait régi par l’esprit. En 1920, il est rejoint par « Mère », une Française qui sera sa plus fidèle disciple et construira l’Ashram qui porte son nom à Pondichéry.

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Lord Mountbatten (1900-1979)

Membre de la famille royale d’Angleterre et dernier vice-roi des Indes. Il est resté dans l’histoire comme l’architecte du partage de l’Empire des Indes (partition à laquelle le Mahatma était vivement opposé), entre Inde et Pakistan (sujet polémique puisqu’il a donné naissance au conflit cachemiri, toujours actuel. Il est arrivé en plein mouvement de libération, dans la bataille entre les traditionalistes (pour une Inde anglaise) et les progressistes (pour l’Indépendance). Il se range du côté des seconds. Ce qui lui vaudra des ennemis mais ce qui permet à l’Angleterre de se retirer avec élégance (!). Il fut assassiné par l’IRA en 1979, au large des côtes irlandaises.

Le Maharadjah Sir Hari Singh (règne 1925-1947)

Réputé cruel, il était au pouvoir dans l’État du Cachemire au moment de la partition en 1947. Il doit faire le choix de rattacher son État, très majoritairement musulman, à l’Inde ou au Pakistan. Il opte en dernière minute pour l’Inde en obtenant une promesse de referendum pour déterminer plus tard à qui irait le Cachemire. Préconisée par l’ONU en 1948, cette consultation n’a jamais eu lieu, l’Inde jugeant que la signature du Maharadjah était largement suffisante pour légitimer son autorité. Deux guerres et plus de 30000 morts plus tard, la question du Cachemire est toujours dans l’impasse.

Phoolan Devi (1963-2001)

Connue comme ‘La Reine des bandits’ elle est pour le moins controversée. Héroïne ou opportuniste, c’est selon. Née dans un petit village de l’Uttar Pradesh (voir carte), elle est mariée à l’âge de 11 ans (les filles sont mariées très jeunes en Inde! Ce n’est pas ici que je trouverai ma future compagne…A propos, il n’y a pas une lectrice interesse? …rires…Ah, ce filou) et est enlevée par des bandits avec lesquels elle vit quelques années. Kidnappée à nouveau en 1980, par des truands de hautes castes, elle est battue et violée par un groupe pendant des jours. L’année d’après, elle forme sa propre bande et massacre une vingtaine de propriétaires terriens de la caste Thakur, à titre de vengeance. Sa cavale durera 2 ans. Accusée de 50 meurtres, elle passe 11 ans en prison, sans jamais avoir été déclarée coupable (!). En 1994, elle se remarie et un an plus tard est élue Député de sa région! En 2001, elle est assassinée à Delhi… Encore un assassinat!

Arts

Rabindranath Tagore (1861-1941) Poète – Écrivain – Philosophe

Né à Calcutta dans une famille aisée (Calcut est la ville la plus culturelle de l’Inde). Il publie un 1er recueil de poèmes à 17 ans et deviendra le plus grand écrivain de l’époque coloniale, accumulant poèmes, nouvelles, romans et pièces de théâtre. Il écrivait en bengali mais traduisait lui-même ses oeuvres en anglais. En 1913, il reçoit le prix Nobel de la littérature et sacré chevalier par le roi GeorgeV en 1915. Il renonce en 1919 à ce titre pour protester contre le massacre d’Amritsar où 400 manifestants indiens sont abattus par l’armée anglaise.

Ravi Shankar (1920) Musicien

Ambassadeur de la musique indienne, mondialement reconnu comme musicien et compositeur hors pair. Musique traditionnelle de son pays avec d’autres genres venus de l’Occident. Il a initié de nombreux artistes dans le monde et en inspire bien d’autres. On l’a vu à Woodstock et avec les Beatles notamment. Son instrument? Le sitar. A 86 ans, il parcoure encore et toujours le monde entier. Dernièrement, son sitar a été volé lors d’un voyage, drame national…

Satyajit Ray (1921-1992) Cinéaste

Né à Calcutta. Compte parmi les 12 cinéastes considérés comme les plus grands maîtres du 7ème Art. Tourne exclusivement en bengali. Il est reconnu pour son humanisme, sa finesse à dépeindre les relations humaines, les émotions, les conflits… En 1955, fait un tabac avec ‘Pather Panchali’ en Inde et dans le monde entier. Grand ami de Tagore.

Arundhati Roy (1961) Écrivaine

Figure de proue des écrivains anglo-indiens, càd. des indiens écrivant en anglais. Best seller mondial en 1997 avec le roman ’Le Dieu des petits riens’. Femme qui suscite de nombreuses polémiques de par son caractère ‘engagé’. (J’en connais d’autres…sourires)

Economie

La dynastie Tata

Groupe Tata qui dure depuis 5 générations et qui touche quasiment tous les secteurs de l’économie. Tout, auto, camion, avion, savon, thé, pharmacie, chimie, radio, électronique, textile, chaîne d’hôtel, partout vous voyez du Tata, ça vous laisse baba!

Bon je m’arrête ici. Je ne sais plus ce dont je vous ai parlé pour finir, j’écris tellement! A vous, car je n’ai pas encore commencé mon roman, fainéant que je suis! Vous ai-je parlé des vaches sacrées? Vous ai-je mentionné la citation de Michaux sur la mendicité? Enfin, ce que je sais c’est qu’il me reste à vous parler des religions (une tartine, j’vous dis pas!), du rôle de la femme (il y en a qui vont être surprises) et de Kolkata. Des langues aussi.

Mais un peu de répit, là ça fatigue, et vous? Merci, grand merci de votre attention et de vos commentaires. A ma tite famille, on arrive pas à lire l’entièreté des commentaires. Il faut aller à la ligne, je crois, sinon le texte continue sur la droite et on ne peut le voir. Enfin, pas grave, je fais des copier-coller.

Je vous embrasse, ne prenez pas froid, j’ai entendu que le bonhomme hiver n’avait pas décidé de s’en aller…

Namaste. Tashi Delek. Bisous les lutins. Philou

8 avril

Kolkata 6

Hello les ti loups,

Je vous publie un ti billet pour vous dire que je fais un ti break. J’ai le blues, tout a fait normal m’a-t-on dit, du voyageur de longue duree. Mal du pays, de la solitude, enfin le blues quoi, mais ca va passer. Et il y a ces circonstances meteo qui frisent le delire pour debut avril. Bon lundi j’ai mon ticket et pars a Bodhgaya. Devinez, il fait encore plus chaud la-bas, 5 degres de plus, soit entre 40 et 45. Mais au moins la-bas, il n’y a pas ce taux d’humidite de folie de Kolkata. Voila je vais me reposer, je reve d’une brise printaniere de nos pays, voire d’une bise vivifiante. Le monde a l’envers, quoi! Bisous, je reviens vers vous avant mon depart, frais et dispos (comment vais-je faire pour « frais »?). A plus.

10 avril

Kolkata 7

Bonjour toi,

Je me prépare à un nouveau départ, m’en vais prendre la route de Bodhgaya. A nouveau un au revoir à des amis, à nouveau l’adaptation à de nouvelles circonstances de vie, à nouveau de nouvelles rencontres. J’ai l’impression que cela devient mon lot quotidien. Et en ce moment, j’ai un peu le blues, tu sais, le blues du voyageur solitaire, ‘On the road again’ chante Lavilliers. Mais après cet état d’âme, un autre, c’est la vie. En perpétuel mouvement. Bon, et si je t’invitais cette fois au marché, ça te dit?

Des marchés indiens, il y en a à tous les coins de rue, non j’exagère, mais on en voit tellement ici, dans toutes les villes, tous les villages, ils font partie du décor. L’Inde ne serait pas l’Inde sans ses marchés. Qu’ont-ils de particulier? A nouveau, mon ami(e), je t’invite à oublier tes repères occidentaux et à faire place à ton imagination. Des légumes, des fruits, des épices, des poissons, des poulets, des fleurs, des vêtements, des matelas, des piles, bien de choses tu trouveras dans un marché indien. Là où ça se complique, c’est quand tu es attentif aux conditions. Nonante pourcents des produits sont présentés à même le sol. Si tu peux imaginer une voie de circulation indienne, la poussière, les eaux stagnantes, les bouses de vache, les chiens, les chats, les mouches, les moustiques, etc. tu auras une partie du tableau. A cela, tu ajoutes les poulets et les poissons. Pour les poulets, ce qui dérange, c’est qu’ils sont vivants et qu’on les égorge devant toi, et de les découper, enfin il faut avoir le coeur bien accroché. Et des taches de sang partout sur la route. Pour les poissons, c’est l’odeur mon ami(e), nous comprenons mieux la BD Astérix maintenant et pourquoi ils n’aiment pas le poissonnier (je me souviens plus de son nom…). Même tes godasses en sont imprégnées de cette si suave odeur. Et la chaîne du froid, c’est, disons, aussi loin que « l’Étoile du Nord » ici.

Ce qui est le plus curieux, c’est qu’après la répulsion, le dégoût, le constat, t’arrives à un état de curiosité, et si attention tu fais, une multitude de choses viennent à toi, la vie quotidienne indienne, faite de tant de choses inédites pour nous et qui, lorsque l’on accepte de se laisser transporter par cette vague, ce sont les côtés positifs qui prennent le pas, et de sentir ces épices, de voir ces gens discuter, marchander, travailler, casser la glace avec des maillets en bois (on est pas dans « Basic Instinct »!, faire de leur mieux afin de préserver leurs produits, à la lumière d’ampoules ou de lampes à huile, certains faisant même brûler de l’encens pour embaumer l’atmosphère… Un marché indien, c’est un morceau de vie empli de chaleur, d’odeurs, de lumière, de sourires, de disputes (il est rare que cela dépasse certaines limites, on se prend le bec, on pousse la gueulante, et voilà tout).

J’ai repris ce billet à ce stade ce lundi, jour de mon départ à Bodhgaya. Comme le lundi, le café internet est fermé, c’est probablement de Bodhgaya que je le publierai. Ben non, il est ouvert ce lundi… Petit(e) veinard(e)! (hum, hum, hum…ilité). Pourquoi ai-je attendu si longtemps? Ben, j’ai été vraiment malade ces deux derniers jours. Un état grippal si je puis dire, maux de ventre et de tête, et une seule envie, dormir, dormir et encore dormir. Ça va mieux, quelques médicaments et même si je ne suis pas à 100%, je vais bien mieux. Encore heureux, parce que si j’avais été dans cet état pour le trajet, je me demande comment j’aurais fait tant je me sentais vide d’énergie. Kolkata me convient, j’aime cette cité, mais c’est son climat qui ne m’aime pas. Il y a réelle incompatibilité entre ce climat chaud et très humide et mon corps qui, même s’il a tenu le coup la plupart du temps, sera content de se trouver dans des contrées plus sèches. La seule chaleur ne me pose pas trop de problèmes, et je crois que je m’y adapte avec facilité, mais cette humidité qui vous prend aux bronches (un de mes points faibles…), la transpiration ininterrompue, sauf lorsque tu fais fonctionner le ventilateur, mais lorsque tu choisis cette option, le risque que tu prends est de… prendre froid! Et ce courant d’air peut également créer quelques maux tels que courbatures, rhumatismes, maux de tête, de dos… Et les maux de ventres qui te tenaillent l’estomac, le foie et les intestins, tu ne sais plus où tu as mal, un peu partout dira-t-on. On ne sort pas facilement indemne de telles conditions climatiques ou alors faut-il un temps d’adaptation plus long (je parle pour moi, bien sûr). Mais même, ce climat tropical, c’est pas pour moi. Bref, salut Kolkata!

Bonjour Bodhgaya! On va aller voir l’arbre, tu sais l’arbre où, dit-on, Shakyamuni a reçu l’illumination et est devenu le Bouddha, « l’Éveillé ».

Je t’en parlerai plus tard, je termine mon sac à dos, et m’en vais prendre le train à Howrah Station, la plus grande gare d’Asie. Heureusement, Sashi, un ange d’EdlT (un parmi tant d’autres), qui m’a reçu comme un Petit Prince, m’accompagne et je suis en de bonnes mains, crois-moi. Merci, Sashi, merci Mimi, merci à tous ces gens des Écoles qui m’ont tant donné, tant appris, merci Tanya, ma coloc hyper sympa et avec laquelle je me suis entendu sans problème aucun, merci enfin aux enfants, à leurs sourires et leur joie de vivre, qui m’ont aidé à traverser des lieux abominables, que l’on croirait tirés de films d’horreur. Merci la vie.

Je te le dis, à toi, la vie, je tenterai d’être (j’aimerais écrire je serai, mais n’est-ce pas présomptueux et prétentieux?) digne de ce que tu viens de m’apporter.

Merci et bisous à toi qui me lis. Puisses-tu sourire à cette vie comme ces enfants des slums, en toute innocence.

Namaste. Tashi delek. Philou

Bodhgaya 1

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Hello les tis lutins, J’y suis au pied de l’arbre du Bouddha. Je termine un billet que j’ai commence dans le train. Je vais mieux, et meme si 45 degres il fait ici vers 13-14 h, le climat me convient nettement mieux que celui de Kolkata. Je vous embrasse bien fort. Merci a vous qui m’ecrivez de si belles choses, je prendrai le temps de vous repondre. Au programme outre les visites des temples, les ecoles bien sur ! Je vous en dirai plus apres les avoir vues. Namaste. Tashi delek. Philou

12 avril

Bodhgaya 2

Namaste toi,

Je suis dans le train entre Kolkata et Bodhgaya, il est 1h55 (oui du mat!) et je pense à toi qui me lis, à qui je dis tellement de chose, celles qui me passent par la tête.

Je te parlais dans un billet de liberté, tu te souviens, celle dont Krishnamurti nous entretient dans ce livre tout à fait surprenant de vérité et de simplicité qu’est «Se libérer du connu» («Freedom from the known» en anglais, je préfère la version anglaise car la traduction aurait pu être « Libéré du connu », à mon sens). Se libérer et libéré sonnent différemment, dans le premier cas, on dirait presque une injonction!

La liberté, quel beau sujet de dissertation, tu ne trouves pas? En essayant de trouver le sommeil, eh oui j’ai raté le train (du sommeil… t’inquiète à 5h du mat, c’est pas Paris qui s’éveille comme le chante Dutronc, c’est toi et moi qui nous rendons sur le lieu de l’éveil, et oui, du tronc de l’arbre de la bodhi…). Je me suis dit dans ma tite tièce: Eh Philou, après ces belles paroles et cette belle dissert sur la liberté,, si on te posait la question de savoir quelles sont les limites de cette liberté. Question piège, car elle recèle en elle-même le contraire de la définition de liberté donnée par Krishnamurti. Il vaut mieux, avant de répondre, prendre conscience de la question, et surtout des contrées et des terres sur lesquelles elle vous invite à aller. Il se pourrait que ce soit des marécages, ou pire des sables mouvants (c’est marrant, cette expression qui, dans l’usage en fait est synonyme de mort, lente et atroce, un calvaire quoi… mais des sables immobiles, on ne parle pas, ben oui, il n’y en a pas, de bleu!).

Alors, tu reviens à la question tendancieuse que tu as imaginée dans ton tit esprit. En fait, dans mon enfance, épris de liberté que j’étais, je m’étais déjà laissé aller à poser la question des limites de ma liberté et la réponse qui m’avait alors été donnée alors est la suivante: « Ta liberté s’arrête là où la liberté d’autrui commence ». Et voilà, aussi simple que ça, mon pote. Radical, en fait Sous les meilleurs auspices, c’est très bien n’est-ce pas de respecter la liberté d’autrui. Il ne s’agit ni plus ni moins que la meilleure façon, espiègle et manipulatrice à souhait, de te dire que la liberté, mon pôvre, elle n’existe pas! Pourquoi dis-je cela? Parce que dans cette réponse, toute la manipulation potentielle est présente et le conditionnement qui y est induit est d’une puissance insoupçonnée. La preuve? La personne qui m’a donné cette réponse n’était sûrement pas mal intentionnée, elle n’avait probablement que répété la réponse qu’elle avait reçue d’une personne à laquelle cette réponse avait été transmise par une personne bien intentionnée qui… Le tour est joué! La manip est réelle, on pourrait même dire que le principe de tradition aussi.

C’est étrange comme les sociétés peuvent mélanger les genres et pire, prétendre définir un mot, une notion en y incluant rien de plus que sa négation. Comment peut-on parler de limites alors que l’on parle de liberté? Comment peut-on en définissant le terme liberté asseoir la notion de frontière, frontières qui ne sont autres que des barreaux, ceux qu’on utilise pour les prisons. Tu veux passer telle frontière, te faut un visa mon ami, ou un laissez-passer (un visa de transit qu’on appelle ça ici et maintenant). Ben mon pote, si tu acceptes cette réponse pour argent comptant, te voilà enfermé dans une prison, une belle prison dorée peut-être, mais une prison quand même.

La liberté, celle décrite par Krishnamurti, n’a pas de limite car elle ne se détermine pas par un regard orienté vers l’extérieur mais vers l’intérieur. Lorsque cette expérience de liberté intérieure a été réalisée, il est plus que clair que la question posée vous fera sourire et la réponse qui lui est donnée, vous faire éclater de rire. Les choses sont simples, il nous faut s’exprimer correctement et utiliser les mots à bon escient. Liberté contrôlée? Liberté restreinte? Liberté limitée? Mais de bleu, c’est pas de liberté qu’il s’agit, C’est de contrôle, de restriction, de limitation qu’il s’agit. Nul besoin de faire mention d’un terme qui n’a pas sa place associé qu’il est souvent à des mots qui sous-tendent sa non réalité. Cessez de nous manipuler et de nous prendre pour des moutons ignares, juste bons à suivre le troupeau, qui lentement va sûrement droit dans le mur, érigé au nom de notre sacro-sainte humanité. Je laissais un mot de commentaire dans le blog EdlT en posant la question de savoir quand l’humanité prendra conscience de l’inhumanité qu’elle génère? Parler vrai, vous pourriez nous parler vrai, s’il vous plaît? La liberté n’est pas un gâteau qui se coupe en tranche! Galvaudé est le mot liberté, comme le sont les mots amour, compassion, humanité, solidarité, amitié, bonheur. Le sens du mot, l’essence du mot, étymologique certes mais aussi spirituel, philosophique et psychologique. La manip nous guette, mais nous avons la liberté de comprendre, et déjà à ce stade on est dans le domaine de l’être, de l’état, qui inclut l’action car être c’est agir, être n’a rien à voir avec l’inertie. Dans l’état d’être, l’action est. Sans forme, à un moment, prenant telle forme à un autre moment et une autre forme après. Mais action il y a, même lorsqu’elle n’est qu’au stade intérieur, qui est loin d’être le moins intéressant mais comme il n’est que difficilement palpable, et que de concret il nous faut à notre stade d’évolution, cet état d’être, cet état d’énergie prendra une forme.

Les batteries sont vides.

Reprise du billet…

Me voilà à Bodhgaya, dans le « Main Temple », dans le parc, face au stupa érigé juste à côté de l’arbre de la bodhi (bodhi signifie éveil en sanskrit). L’arbre en question, juste pour info, est un figuier pippal, ou « Ficus religiosa » ou encore figuier des pagodes.

L’endroit où Siddharta Gautama ou Çakyamuni est devenu le Bouddha, l’Éveillé. Vous expliquer ce que ça me fait est bien difficile et délicat. Je ne peux, faute de mots, ni ne veux entrer dans le détail, ce chemin ne concerne que moi et mon miroir. De surcroît, j’aurais peur de vous ennuyer avec cela. Si quiconque s’y intéresse, il peut toujours m’envoyer un mail et nous pourrons voir si, en ce domaine, la communication est possible. Je peux néanmoins vous dire que, sans présomption, je me sens serein, paisible et silencieux.

Rajesh n’est pas là, il revient demain, étant dans le Rajasthan, à Jaisalmer, pour l’inauguration de la nouvelle école. Alors, je visite les temples en évitant les marchands du temple (pas facile tellement il y en a!). Rien de comparable avec Mc Leod Ganj, ici ce sont tous les bouddhistes qui se croisent, c’est un lieu de pèlerinage. Ils viennent de tous horizons, d’Occident bien sûr, d’Europe, des Amériques et d’Asie surtout. Du Tibet, du Laos, de Thaïlande, du Japon, d’Indonésie, des 4 coins de l’Inde, de Birmanie, du Cambodge, enfin je ne vais pas tous les citer. C’est en tout cas haut en couleurs et toutes les écoles et traditions bouddhistes sont représentées. Je ne m’attarderai pas sur le sujet, non que je n’ai pas étudié la chose, mais que je la trouve vraiment rébarbative et ne tarderait pas à nous prendre la tête, je crois et c’est vraiment pas le but. Je reviendrai vers toi selon mes états d’esprit, d’âme, de coeur et de corps aussi. En partant de Kolkata, à nouveau je me suis rappelé que si le corps ne va pas, l’esprit n’a plus à sa disposition son outil, triste comme un orphelin.

J’ai récupéré et je vais bien présentement (pourvu que ça dure). De chaleur je t’envoie et le bonheur je te souhaite. Namaste. Tashi delek. Philou

17 avril

Bodhgaya 3

Hello et Joyeuses Paques a vous tous,
Ici Internet c’est pas la joie, je vous prepare un billet mais les coupures d’electricite, les communications lamentables et la chaleur ambiante n’invitent pas a l’effort aussi dois-je vous avouer ma faineantise que j’espere passagere.
Je vous embrasse humidement (43 degres) et pense a vous bien souvent. Le coup de blues est toujours la mais ca va changer. Je ne sais toujours pas si je vais enseigner car je ne vois vraiment pas ce que je peux apporter de plus a l’institution mise en place. Namaste et Tashi Delek. A plus et vos comments sont les bienvenus. Merci. Philou

18 avril

Bodhgaya 4

Hello les tis loups d’Occident,

Enfin d’un grand village nommé terre.

Je vous oublie un peu, j’avoue. Entre temples, monastères et écoles, bien sûr, entre les visites et les méditations, je tente de m’adapter aux circonstances du Bihar, région dans laquelle se trouve Bodhgaya. Entre deux orages, une tempête et de multiples coupures d’électricité. Sur cette région, il y a pas mal de choses sont à dire, tant cet Etat de l’Inde est déroutant. En premier lieu vous préciser qu’il s’agit de l’état le plus dangereux de l’Inde actuellement, avec le Cachemire. A Bodhgaya, pas de problème, car la cité du Bodhi est un haut lieu touristique et est donc protégée par les autorités hindies. Mais lorsque l’on sort de Bodh, vaux mieux faire attention. Les maoïstes sont très actifs dans la région et dernièrement ces terroristes, bandits ou appelez-les comme vous voulez, se sont mis en tête de plastiquer les gares (une bombe explosait entre Gaya et Patna un jour avant mon départ de Kolkata) et de s’en prendre aux trains, de nuit surtout parce que la police bihari n’intervient pas dans le noir (ha, ah, la belle affaire). Les trains importants sont épargnés mais s’aventurer dans le nord de la province à l’heure actuelle est hautement déconseillé. J’ai toutefois envie, si l’argent de cette chère Helvétie arrive, d’aller à Nalanda et à Rajgir, sur les traces du Bouddha. Il n’y a pas de danger si l’on voyage de jour et pour moi, c’est l’occasion où jamais, comme on dit. J’évite ce mot, comme toujours par ailleurs.

Le blues du voyageur, à la mi-voyage, est toujours présent et va probablement s’estomper. Ceci est dû également à des états de santé qui comme le moral vont et viennent, tantôt bons, tantôt bas, très bas. Je fais attention et j’ai choisi de me soigner par l’Ayurveda, médecine traditionnelle indienne. Les troubles digestifs, des intestins au foie en passant par l’estomac, je suis en train d’en faire l’expérience et, de bleu de bleu, c’est pas rigolo. Je fais avec et redouble d’attention sur ce que je mange et je bois. Il faut vous dire que, d’après cette expérience, j’ai l’impression qu’en Inde tout est multiplié par 2, 3 ou … enfin, c’est trop, de temps en temps et il y en a marre de tous les inconvénients. L’attention nous souffle alors qu’il est risible de voir tout en noir alors qu’en d’autres temps, l’accommodation se faisait beaucoup plus facilement, naturellement même. Oui, tout à fait ma tite attention mais quand je me sens mal dans mon corps, mon esprit s’en donne à coeur joie (encore une expression curieuse) et part dans tous les sens, surtout le négatif. La saleté, le bruit, les mendiants, les incessantes demandes de ces gens qui ne vous foutent pas la paix un moment, les générateurs préhistoriques qui font un potin de tous les diables, les cuisines des restaurants plus sales les unes que les autres, les mecs qui manquent de respect aux jeunes occidentales, les petites frappes qui tentent de vous arnaquer, je peux continuer si vous voulez, la liste est longue vous savez, mais je crois que vous avez compris, tout vous met hors de vous (ah, cette expression-là, je l’aime bien, en fait elle vous fait sortir de vous, vous n’êtes plus en phase avec votre conscience en quelque sorte) et alors, que faire? Attendre que la tempête passe, en se serrant les dents, pourquoi pas… J’ai trouvé autre chose, à Bodhgaya. Tellement d’affinités j’ai avec le bouddhisme, je me suis souvenu qu’il y avait l’arbre et il m’est facile de me rendre dans le Maha Bodhi Temple (le main temple) et cet arbre me fait un bien surprenant. Je suis sans attente, je m’assois, m’apaise, me vide de cette négativité, c’est comme si je déposais ce sac de pierres qu’un souffle venant du plus profond intérieur vient éloigner, et te rappeler que l’esprit est un sacré garnement quand on le laisse faire. Bon, passons à autre chose sans quoi je vous emmène sue le chemin de la contemplation…

Oui, les écoles et les enfants. Enseigner… Quand vais-je enseigner? Que vais-je enseigner? Que puis-je leur apprendre de plus que ce qu’ils ont déjà, car assurément l’organisation des écoles est solide, tous les enseignants pratiquent leur(s) matière(s) de prédilection et les enfants sont préparés et formés de telle manière à pouvoir accéder à l’enseignement secondaire, le collège, le lycée ou je ne sais plus comment on dit en Suisse, bref le cycle supérieur. Le système est différent, on compte 10 niveaux de base et ensuite 10+1, 10+2, 10+3 etc. enfin quoi qu’il en soit, cela revient au même partout à mon sens. Philou, dans tout ça, il fait quoi? Peut-être enseigner l’anglais, aux petits sur la base de jeux et de mouvements, croiser les apprentissages , par exemple répéter l’alphabet en y incluant des notions de connaissance générale (géographique par exemple), enfin les idées ne manquent pas. Combien de temps? La réponse est en partie dans les mains de l’administration suisse et si elle est gentille avec moi, après un mois je crois que je vais faire un tour dans le sud de l’Inde. Oui, oui, je change d’avis et Pondichéry et le Kérala me tentent. Je ne peux toutefois pas manquer Varanasi (ex Bénares) et revenir en Helvétie chérie. Retourner à Jaisalmer? Je crois bien qu’en juillet cela relève de l’inconscience pour un homme du nord comme moi. Jaisalmer et Kolkata sont des endroits, si je reviens en Inde, où j’irai bien volontiers à des époques plus propices (en hiver, quoi). Si j’ai l’occasion de faire ce tour en Inde du Sud, j’accompagnerai un être dont je ne vous ai pas encore parlé et je me demande comment cela se fait? Il s’agit d’un voyageur, un de ces gars qui trimbalent leur carcasse avec tout un vécu et qui vous content leurs aventures qui pourraient faire l’objet de dizaine de romans. Son nom? Valentino. Mi-Italien, mi-Français. Ancien légionnaire, ayant dégommé lors de la guerre d’Algérie et depuis, avec un handicap de 50% dû à ses blessures de guerre, et la pension qui en résulte, a fait 3 fois le tour du monde, vient en Inde depuis plus de 30 ans, y a travaillé et habité, a suivi des Samadhis, a vécu sans un rond dans des monastères, bouddhistes et Jaïns, je vous en parlerai dans un autre billet de ces expériences hors du commun. Il connaît très bien le Japon, est un bon vivant, originaire d’Italie du Nord, enfin un personnage haut, très haut en couleurs, et que j’ai vraiment de la chance d’avoir rencontré sur le chemin de la vie. Je vous en parlerai croyez-moi de cet être, j’ai l’impression de vivre un livre que j’ai toujours cherché, jamais trouvé, écrit uniquement en anglais de Brooke, Peter: «Meetings with remarkable mans» (or people, I don’t know). Je vous parlais d’un voyage initiatique, c’est prétentieux, je trouve. Un voyage qui m’ouvre, ce serait plus exact, un voyage qui me libère, un voyage qui me fait voyager tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, un voyage duquel je ressortirai différent, sans nul doute, et ce sur de multiples plans. La vie, je ne la verrai plus avec les oeillères du très présent ego, ce très cher compagnon de route qui nous attache tellement et fait de nous des prisonniers émotionnels, tant limité qu’est notre champ de vision lorsque l’on est sous son emprise. Je crois que ces oeillères sont en train d’éclater et qu’un coup de lumière (on dit bien coup de soleil…) est en train de me tomber dessus. Puisse-t-elle m’éclairer sans m’aveugler. Trop nuit (eh oui, ça va bien là!).

Voici ce que j’avais à vous dire today, demain peut-être aurais-je tout autre chose à vous dire; en aucun cas vous ne devriez vous inquiéter pour moi, la confiance est là, et je vis probablement les moments les plus intenses et les plus beaux de ma vie, même si cela ne transparaît pas dans ce que j’écris. Je fais de mon mieux, et il me faut vous dire que les circonstances actuelles que je trouve ici ne sont guère aisées pour la communication, que la chaleur est accablante, que l’énergie n’est pas toujours présente, mais que l’arbre est là, encore pour un moment, comme moi j’espère.

Je vous envoie tous mes voeux de bonheur et de paix pour ce temps du renouveau qu’est Pâques.

Bises du Bihar. Namaste. Tashi Delek.

Philou

Bodhgaya 5

Salut toi, petit Bouddha,

Parait qu’on est tous des bouddhas, mais la plupart d’entre nous ne le savent pas . La vie continue ici, chaudement , entre les orages et bla bla bla . Je vous prepare un billet, j’ai enfin trouve un cafe internet qui correspond a mes besoins, mais je reste dependant des coupures d’electricite et des connections tres peu rapides . Fini de se plaindre, je reviens vers vous tout bientot. Ne m’en veuillez pas, je suis moins en verve ces derniers temps, ma muse comme moi se repose . M’en vais tenter de la reveiller avec beaucoup de douceur . Je vous embrasse. Namaste. Tashi delek. Philou

22 avril

Bodhgaya 6

Alors le ti bouddha, tu t’éveilles?

Moi je (ça commence bien!) suis au stade du réveil; faut te dire qu’avec les températures de l’endroit, l’après-midi, c’est sieste. Je crois que ma muse a accepté elle aussi de sortir de sa torpeur. J’y ai mis beaucoup de tendresse, je l’ai réveillée comme je la couche, en lui chantant un air plein de douceur, telle une vague qui caresse la peau et laisse une impression de fraîcheur, et la fraîcheur rime avec bonheur. Ici tu n’en doutes pas un instant. Une goutte de sueur sur le front, je continue, c’est inutile de gaspiller de l’énergie pour ça, pas la peine d’essuyer, ça tombe tout seul, il suffit de vérifier que ta tête n’est pas trop penchée en avant (eh! le clavier de l’ordi, de bleu). Le rythme est totalement différent: tu te réveilles tôt, tu bois le chai car les endroits où tu peux trouver du « strong black coffee », ils dorment encore, seules les tites échoppes sur le bord des routes servent du thé à ces heures (6-7h), le plus souvent milk chai, du thé au lait quoi, mais rien à voir avec le thé au lait que l’on trouve en Europe, la manière dont un indien prépare le chai, c’est toute une histoire, et chacun a son secret, quasi rituel ici.

Et comment je vais, moi? Moi et mon ti je? Ben, on se porte, on vit. On sourit, beaucoup, dans cette cité touristique qu’est Bodhgaya, bouddhistico-touristique, oserais-je dire. Des temples, des monastères, des bouddhas à te faire tourner la tête. Il n’y a pas que ça, toutefois; des mosquées et des temples hindouistes aussi. Tous vont voir l’arbre, dans le Maha Boddhi Temple. C’est pas l’arbre de la Bodhi, c’est une pousse de l’arbre, l’arbre est au Sri Lanka (Ceylan pour ceux qui ont raté le train). Et bien évidemment, vous croisez de multiples marchands du temple qui vous proposent d’acheter un morceau de l’arbre. Incroyable, on nous prend vraiment pour des cons, non? C’est pas grave…

Je souris beaucoup car je vois des gens, nombre de gens qui vont et viennent en quête d’une quelconque révélation, déguisés avec le costume de fonction, courant après je ne sais quel secret, s’abîmant dans une méditation que vous ne sentez pas, que vous ne percevez pas dans leur regard, en perpétuel conflit tel des êtres à la recherche du nirvana (Où es-tu dis-moi…). Des toupies qui tournent, et tournent, et pourquoi pas faire encore un tour? C’est chouette, ça fait tourner la tête, et qui sait, le secret, je le trouverai peut-être au prochain tournant, et enfin rencontrer le graal, l’alchimie sera accomplie. Pourvu qu je ne rate pas le tournant. Bon il suffit. Je peux te le dire, sans peur aucune, sans retenue, sans regret, sans amertume, sans violence: j’aime tous les prophètes, quels que soient leurs noms. Je n’aime pas ce que les marchands en ont fait. Si la foi m’anime, elle ne l’est que par l’amour. Le Dieu qui punit, la croix et la souffrance qui m’ont été inculqués, merci, c’est pas pour moi. Le prêtre, le guru, le shaman ont-ils des choses à m’apprendre, un autre mystère à me dévoiler, eux qui détiennent le savoir, qui possèdent le trousseau de clés qui ouvrent les portes (la neuvième? pq pas la dixième?) et qui de secret en secret vous baladent, tel un berger ses moutons. Je reste ouvert, en essayant de rester attentif, mais il me paraît de plus en plus évident qu’électron libre je suis, et cette liberté, j’espère pouvoir la mettre à profit pour des causes justes. Énormément de questions me viennent à l’esprit, sur le sens de la vie, les chemins proposés, les choix adoptés, les buts recherchés. Le silence, et pourquoi pas le silence? Un indien prénommé Raju est venu vers moi aujourd’hui et m’a parlé, du fond de son coeur, ai-je eu le sentiment. J’ai réalisé à ce moment que si dans un état de silence je n’étais, je ne pouvais écouter ce qu’il avait à me dire. A mes yeux, le silence signifie méditation; pas besoin de se mettre dans une position inconfortable, telle la position du lotus, pour être. Méditer, c’est être réceptif, ouvert, vide. Pas besoin de silence pour trouver le silence, être, s’ouvrir à ce vide qui est en nous et qui permet à tout d’y entrer et d’en sortir en toute liberté. Pourquoi? Est-ce si compliqué? J’oubliais que l’on recherche très souvent à être plein…, de bonnes intentions, d’amour, de bienfaits, de… un peu de tout ce qui est blanc, pas noir, bien, pas mal, beau, pas laid, on se remplit et à force de se remplir, on frise l’indigestion.

Je me comprends, c’est déjà pas mal, c’est bien bordel! J’ai avancé… Vers? Qu’importe. Les gens qui ont peur pour moi ou pour autrui ne font que projeter leur peur (erreur probable, car en général, c’est au pluriel puisqu’une peur en crée une autre et samsara me voilà, je suis tout à toi, tout en toi).

L’Inde, tu me parles, tu fais écho en moi, et je comprends mieux désormais pourquoi j’ai attendu si longtemps pour te dire Namaste. Pendant que je vous écris, ils sont en train de creuser un puits pour trouver de l’eau, c’est un problème celui-là, le défi de l’humanité. L’eau. Beau sujet de méditation.

Ma muse et moi avons décidé que nous t’avons assez accaparé et te laissons, toi, à tes occupations. Puisses-tu être en bonne santé, puisses-tu aimer, puisses-tu vivre en paix. Ma muse et moi te souhaitons le silence.

Namaste.

Tashi delek.

Philou

26 avril

Bodhgaya 7

He toi, SALUT!!!

Ça va chez toi, en toi, autour de toi? A nouveau tu viens me visiter. C’est gentil et j’apprécie énormément, c’est un cadeau que tu me fais. Philou a repris sa muse et t’invite sur le chemin (ou est-ce ma muse qui me (nous) promène…?). J’ai repensé à ce que je t’écrivais au sujet de la liberté, versus Krishnamurti, et me suis souvenu que Dhiravamsa en parlait aussi, bien sûr (qui n’en parle pas?); alors on va se balader? Attention, la forêt des émotions est pleine de pièges, et pour les éviter, il me semble qu’il y a simplement lieu de faire comme on fait en Inde, ouvrir grand les yeux et le coeur et se laisser porter par la vague, sans avoir peur. Le truc je crois pour ne pas boire la tasse, c’est laisser aller, se laisser aller. Partant(e)?

« L’attention, source de plénitude » – Dhiravamsa …

Les émotions relèvent de la conscience. Selon le Bouddha-Dharma, les émotions sont des états de conscience, des états mentaux. Un autre mot qui désigne les émotions est celui de contenu mental: colère, paresse, somnolence, anxiété, agressivité, nervosité, inquiétude – tout cela sont des contenus mentaux, des états mentaux. Cela explique pourquoi l’on ne trouve aucun terme particulier dans le Dharma qui désigne les émotions. Il y a un terme pour le sentiment, mais le sentiment n’est pas une émotion. Le sentiment est très faible comparé à l’émotion. Le sentiment est sensation, une forme atténuée de l’émotion.

L’amour est en général une émotion. C’est un état mental. C’est l’un des 52 états mentionnés dans le Dharma. Parmi les 52 états l’on trouve le mot émotion. Même l’équanimité y figure en tant qu’état mental. Beaucoup de gens voient dans l’équanimité une attitude, alors qu’en fait il s’agit d’un état mental. C’est un état d’équilibre dans l’émotion.

Ces 52 états, ici, j’en rencontre de multiples, si pas tous, nombre d’entre eux, tellement émotif je suis, attentif aussi.

Dans son sermon sur cittanupassana le Bouddha parle également de voir le mental une fois qu’il est libéré – la liberté mentale. Sariputta (si des termes ou des noms bouddhiques représentent un quelconque obstacle, oublie-les, cela n’a aucune espèce d’importance, le bouddhisme n’invite pas à faire de nous des singes savants, au contraire, il nous invite à nous libérer de notre condition, de la souffrance). Sariputta, donc, dit que la liberté a 4 attributs: le premier est qu’elle est non mesurable, le second est qu’elle est non descriptible, la troisième est qu’elle est vide. Elle est sans contenu, sans substance. Rien n’y manque. Elle est pleine, au sens strict de l’être, non pas pleine d’objets. En elle, nous sommes dans la plénitude d’être. La dernière caractéristique est qu’en elle il n’y a plus aucun signe. Nous avançons sans indicateurs. Plus de conseils, plus d’étiquettes, plus de mots ni de symboles.

Ah oui, j’oubliais, ce terme si galvaudé qu’est la liberté, elle peut paraître dangereuse, n’est-ce pas, si on la voit sous cet angle, mais en l’état de liberté, on est ou pas!

Peu après son illumination, le Bouddha dit: « Mon esprit a atteint l’état d’inconditionné. » Quand cet état existe, il y a libération. Si le Bouddha a pu faire l’expérience de cet état, chacun de nous peut très certainement y arriver aussi. Dans l’état inconditionné, nous sommes débordant d’amour; nous pouvons vraiment aimer, et sans conditions. Alors que dans l’état conditionné, nous aimons seulement sous certaines conditions.

Krishnamurti ne disait rien d’autre dans «Se libérer du connu».

Le Siddharta d’Hermann Hesse ne dit rien d’autre: « … Il avait entendu une voix, une voix dans son propre coeur, qui lui ordonnait d’aller se reposer là, sous cet arbre, et il n’avait point recouru aux mortifications, ni aux sacrifices, ni aux bains, ni à la prière, ni aux jeûnes, ni au sommeil, ni au rêve; il avait obéi à la voix. Obéir ainsi non à un ordre extérieur, mais seulement à une voix, être prêt, voilà ce qui importait, le reste n’était rien. »

Obéissance à soi donc, à sa liberté.

Alors, alors… Simple, non, se déconditionner, se libérer, c’est aussi se libérer de tout conditionnement, y compris celui du Bouddha. Pourquoi? Son histoire, son éveil, et les enseignements qu’il en a tirés font partie de son expérience. Il nous a fait part de son expérience, nous a expliqué la voie du milieu et surtout, nous a invité à vérifier de nous-même. Cela ne signifie pas revivre sa vie, je pense exactement le contraire, c’est de vivre notre vie de manière à libérer le bouddha qui est en chacun de nous. Si l’histoire du Bouddha ne te convient, prends celle de Jésus, de Mahomet, de Krishna, Vishnu, Brahma, des Shamans, de quelque histoire que ce soit, en fait, c’est en venir au même point, mon ami(e), tout est en toi, tu n’as besoin de rien, tu es, cela suffit. De surcroît, protégé(e), pas extérieurement, intérieurement, donc plus de peur(s), un sourire, une joie, une confiance, une naïveté retrouvée, ce qu’ils m’ont montré ces enfants magnifiques que j’ai croisés sur ce chemin que j’ai pris et toi qui me suis, dans mes états d’âme, dans tous mes états de conscience…

Je vais bien, mon ami(e). L’Inde est une symphonie à mon coeur. Cette musique, je la repasserai, la caresserai, l’arroserai, et ferai silence afin d’entendre chaque note, graver chaque image, ressentir chaque émotion.

Un autre pays peut-être aurait eu le même effet, je ne sais. C’est l’Inde, maintenant, demain est un autre jour, un autre pays. Qu’importe? Ni le temps, ni l’espace. Le silence.

A toi, l’ami(e)

Tashi delek.

Namaste.

27 avril

Bodhgaya 8

Salut toi,

Je prepare un ti ou gros billet pour demain, faut voir comment ma muse est lunee. On va, Valentino et moi, quitter Bodhgaya car la region devient de plus en plus chaude. Je te parle pas que de meteo, les maoistes et l’armee indienne vont en decoudre et l’endroit devient de plus en plus tendu. Je te laisse a tes preoccupations occidentales. Sourires… Je t’embrasse bien fort. Namaskar ti lutin du nord. Philou

28 avril

Bodhgaya 9

Namaskar toi, bel etre!

Bientôt je serai dans le sud et te saluerai différemment. Donc, le plan de voyage est le suivant: probablement vendredi prochain, bus de Bodhgaya à Patna et de Patna, train direct pour Chennai (anciennement Madras). Là, descente vers Pondicherry. Ensuite descente vers Kanyakumari, « The Land’s End », où vous rencontrez l’Océan Indien, le Golfe du Bengale et le Golfe Arabique, un regard vers la gauche le matin pour voir le soleil se lever, à droite le soir pour le voir se coucher. Avec chance, à la pleine lune, les astres jouent ensemble. De là, le Kerala, ses 900 km de rivière, de canaux et de lagons (les backwaters), les plantations de thé et d’épices, les jus de cocos, les éléphants, et le berceau de l’Ayurveda. Ensuite le Karnataka, Bangalore et ses magnifiques tissus, et puis, on verra, retour probable par Pondicherry. Plus de Varanasi dans le programme. Pourquoi? Par mesure de précaution. Je vais devoir compter avec la mousson et les températures et Varanasi, fin juin ou début juillet, ce serait pour le moins risqué, voire irréfléchi. Je n’en suis pas là.

Là, à l’instant je dégouline, et ce n’est guère aisé de t’écrire et te dire tout ce que j’ai à dire. Sur le Bihar, la condition féminine, l’Inde, Naxal, les bandits, la politique, la corruption, les enfants; le beau et le très beau côtoyant le laid et le très laid, l’Inde du Nord me laissant sans voix devant tant de contradictions. Qu’en sera-t-il en Inde du Sud? Une chose est sûre, elle est très différente. A commencer par les Indiens. Je vous en parlerai bien volontiers plus tard car, mes cellules cérébrales fonctionnent au ralenti, ma muse somnole et bibi tente de t’écrire dans le grand sauna qu’est Bodhgaya en ce moment, sauna question climat, grand sana(torium) spirituel oserais-je. J’arrête, sorry! Je pense à toi. Je reviens plus tard lorsque les conditions seront meilleures et que j’aurai recouvré mes facultés intellectuelles, spirituelles et littéraires, si faibles soient-elles. Bisous. A tout soudain, comme on dit au pays de la croix (blanche). Tashi delek. Philou

1 mai

Bodhgaya 10

Kikou ti lutinou,

On parle de quoi aujourd’hui?… d’enseignement, d’animaux, de condition féminine, des indiens, de spiritualité et de religions, du Bihar, de Naxal, des bandits. Multiple choice…Sourire… c’est moi qui «choise»… Et mon moi je de se délecter une nouvelle fois, coquin qu’il est celui-là!

Enseigner dans les écoles? Pour parler de cela, il me faut te rappeler que je ne suis pas membre de l’ONG Écoles de la Terre et que ce que je pense, écris, transmets, dis n’engage que moi. J’ai vu toutes les écoles, sauf la tite dernière de Jaisalmer. Les lieux et conditions sont différentes d’Etat par Etat, et il n’est pas raison de comparer donc. Même si… La structure est la même, Jaisalmer et le Rajasthan n’étant pas encore fonctionnels au moment où j’y étais, je ne peux me prononcer mais je doute fort que ce soit fort différent des autres structures. Un directeur-enseignant, des enseignants (la plupart d’entre eux donnant leur matière de prédilection), un coordinateur, une équipe médicale ou un médecin.

Au moment où je t’écris, la tempête se lève et je dois arrêter, ce n’est plus possible, du sable vole, des branches tombent, des chaises se font la malle, et nous rentrons nous protéger de cette nature qui ne daigne nous donner une goutte de pluie, qui fait tant défaut ici.

La mousson s’annonce tardive et cela posera de gros problèmes, en particulier aux Biharis. Imagine que c’est un des (ou l’) Etat les plus pauvres de l’Inde, que de mousson il n’y a eu ces deux dernières années et que par conséquent les récoltes sont aussi rares que la pluie, et les roupies qui font vivre la famille et le riz qui la nourrit (souris!) également. Des plans d’urgence sont mis en place par les autorités mais ce ne sont que rustines sur une chambre à air prête à exploser. Ca ne roule plus dans le Bihar, la plupart des gens sont dans des situations désastreuses et comment peut-on s’étonner qu’une situation pareille engendre suicide sur suicide, délinquance organisée (les bandits), Naxal, organisation ayant distribué des terres et viennent chercher la dîme (oui c’est le Moyen-âge!), sous peine d’exécutions sommaires, de villages entiers brûlés, et j’en passe. Ajoutez-y un fleuve de corruption à tous niveaux (politique, police, etc.) – les fleuves sont asséchés alors que la famille de corrompus déborde de son lit – et, cerise sur le gâteau, un groupe d’activistes maoïstes qui plastiquent ce qu’ils peuvent, les gares et les lignes de chemin de fer surtout. Sache aussi que si 50000 enfants disparaissent , par an en Inde, 25000 petits Biharis en font partie, enfants servant à la quête d’argent, souvent battus et molestés, nombre d’entre eux voient leurs membres inférieurs brisés et passent le reste de leur vie à ramper, pour rapporter quelques roupies de plus. C’est plus touchant et le touriste plus enclin à laisser quelques piécettes. Abject… Le tableau est sombre n’est-ce pas, je pense toutefois ne pas l’avoir noirci. Et les coeurs, les sourires et l’amour font toujours partie intégrante du tableau, oui oui, sans aucun doute, il n’y a qu’à passer quelques temps dans les Écoles… où je t’avais laissé avant la tempête.

Je n’enseignerai pas, je ne pense pas que cela soit nécessaire, voire adéquat. La seule matière que je pourrais enseigner est l’anglais mais force est de constater que l’anglais de l’occidental que je suis n’est pas le même que l’anglais pratiqué ici par les hindis. C’est surtout la prononciation qui est différente et il n’est nul besoin de leur compliquer la tâche qui est la leur. Ce sentiment n’est pas partagé par tous puisque des volontaires enseignent l’anglais ou organisent des activités créatives ou récréatives. J’ai compris avec un simple mot de Valentino, qui ému aux larmes lorsque je lui ai montré les photos des enfants, m’a dit: « Je me suis trompé (il a adopté 3 enfants hindis, sans les avoir vu une seule fois), m’a-t-il dit, il faut voir les enfants et ils savent alors que l’on s’intéresse à eux et qu’on s’en occupe, qu’on en prend soin. » Il a ensuite émis le voeu de rencontrer ces 3 enfants qu’il a aidés financièrement. Si simple que cela, faire acte de présence, pas comme un simple visiteur, être présent de tout son être et la mise en place de l’action se fait naturellement, du temps et de l’énergie je consacrerai à ce projet. Les modalités, je les trouverai dans les mots de mon ami Martial, qui ne sont que caresses, la motivation dans l’énergie de l’amour que m’ont transmis les enfants et enseignants et membres de l’organisation, et quoi qu’il en découle au niveau de la forme, mon coeur est prêt, il a trouvé un accord avec mon corps et mon esprit.

Que de fois me suis-je posé la question de la justesse de l’action humanitaire et des limites qu’elle se doit de respecter, faute de quoi elle risque de faire plus de mal que de bien. Déterminer le(s) besoin(s) qu’ont ces êtres, jeunes et moins jeunes. Pas avec les valeurs et les besoins occidentaux. J’y reviendrai à ce sujet avec ma muse. On a déjà imaginé tous les 2 une tite histoire, qui faute d’être déjà concrétisée sur papier, verra le jour lorsque le fruit sera mûr, avec toute sa saveur, sa fraîcheur, ses vitamines, cadeau de vie qu’il est et qui mérite que l’on en prenne soin.

Je m’en vais samedi prochain, je t’emmène dans le sud… si tu veux bien. Je t’invite à voir le soleil jouer avec la lune, tu sais à la pointe sud, la pleine lune, c’est le 13! Je ne suis pas américain et pas superstitieux (mais non, ils ne sont pas tous comme ça!). Après douze et avant quatorze. Il est à sa place, comme toutes les feuilles sont à leur place.

Petit sujet de méditation?

Ce que la chrysalide appelle la fin du monde,
le reste du monde l’appelle papillon.

de Lao Tseu, je crois.

Je te laisse. Je reviendrai vers toi avec d’autres sujets, des choses gaies, d’autres moins, faut voir ce que ma muse prépare. Au menu de nos souhaits pour toi: c’est toi qui choisis, aujourd’hui. Profites-en! Ah ah… Sourires.

Namaste – Namaskar Babaji.

Tashi delek.

Philou

3 mai

Bodhagaya 11

Hello les amis de la-haut,

Je vous delaisse quelque peu, faut vous dire qu’ici ca devient in(sou)tenable. Les corps se trainent, les boissons coulent a flot mais se desalterer n’est qu’illusion, les douches ne se comptent plus, les efforts oui, sur les doigts d’une main, ciquante degres mes amis. Compatissez, s’il vous plait. Une goutte de sueur coule sur le ventre, une autre dans le dos. Le cerveau est au repos, la muse en lethargie, et Philou vous salue car il va preparer le depart vers d’autres contrees, le sud. Trajet de 3 jours. Ce ne sera pas de la tarte. Patna, ensuite Chennai et Pondicherry, je vous l’ai deja dit, non? Bon, a plus. Vous envoie de l’amous et une pluie (j sais plus ce que c’est ca!) de Namaskar. Ti mot a Martial… Tes mots me vont droit au coeur, merci a toi et a Marie.

Bizzzzzzzzzzzzzzzzz

5 mai

Bodhgaya der

Kikou les tis lutinous,

C’est la fin de mon sejour a Bodhgaya. Je me prepare au depart et cela n’est pas jojo de quitter l’equipe biharie des ecoles de la terre. Mais je fais avec et pense au trajet qui nous mene dans le sud. J’espere que vous allez bien. J’ai pu constater que les temperatures etaient de plus en plus clementes dans vos contrees. Ici, toujours la folie. Ca oscille entre 46 et 52 degres, tempetes de sable, coupures d’electricite incessantes, pas ou peu d’acces internet, bref les vacances pour Philou. N’attendez pas de mes nouvelles avant 3 jours minimum mais si cela vous dit, laissez vos comments ou envoyez-moi un mail, ca me fait toujours plaisir. Si communication urgente, comme d’hab, le tel ou un sms, pour autant que j’ai du reseau… India… Je vous laisse et m’en vais verser une larme sur mes bagages . Prenez bien soin de vous. Je vous embrasse. A plus pour le billet 1 de Pondicherry (ceux qui le desirent peuvent consulter la carte de l’Inde sur le site du routard). Namaskar. Tashi Delek. Philou

9 mai

Pondicherry 1

Coucou toi,

Je suis bien arrive a Pondicherry et te prepare un billet aujourd’hui ou demain. Beaucoup d’intendance ce jour. Je t’embrasse et t’envoie l’air de la mer, du golfe du Bengale en particulier. Philou

10 mai

Pondicherry 2

Salut toi, Babaji

Je te prepare un ti billet pas pique des ver(re)s. Poetique? Pas vraiment, mais il se pond, le cheri, lentement, comme la vie ici, entre le lever et le coucher, du soleil t’as devine… C’est vraiment marrant d’ecrire sans accent! L’Inde, quoi…

Je fais lentement donc, mais sache que je vais bien et que les tracas et les aleas sont moindres que les emmerveillements et les arrets sur image, belles, tellement belles, a en pleurer (de bonheur, va sans dire). Je te souhaite a toi, le bonheur. Va pas trop loin, il est au creux de ta main… Namaskar, j’ai pas encore integre la traduction du sud, je te dirai plus tard. Par trente cinq degres et avec l’air de l’ocean, le bonheur quoi… je te remets mes amities, lecteur des contrees froides. Et les lectrices, on en fait quoi, merde! A toi aussi, lectrice de mon coeur. Bisous chal heureux et prends bien soin de toi. Philou

Pondicherry 3

Salut toi, tu es encore là? Moi aussi tu vois… Ailleurs, en Inde du Sud, au bord de la mer, ah oui je te l’ai déjà dit, hier et avant-hier. Le temps (tic-tac) pour moi, ici, maintenant ne me prend plus la tête… En revanche le temps vs météo, là j’en ai bavé (sué est plus approprié). Je me suis payé une vague de chaleur dans le nord de l’Inde, assez rare à cette époque. Résultat: des dizaines de morts et la capitale indienne qui doit imposer la fermeture de tous les lieux publics à 19h30 en vue d’économiser l‘électricité, oui oui… J’aurais pas aimé être à Delhi en ce moment, mais même sans ça (tu vois quoi!). Le problème de l’électricité est réel en Inde à un point tel que les Etats se volent le jus les uns les autres. C’est vraiment un pays surprenant, non?

On commence par quoi today? Va pour les derniers temps de Bodhgaya. Philou s’en est allé et a dit au revoir (?) à ses amis, un au revoir comme les autres, dans la douleur mais aussi avec le sourire, et pour tout vous dire il y en avait un peu marre de cet endroit religio-touristique. Les dernières écoles, je les ai vues et grandement appréciées, les gens aussi, enseignants et équipes accomplissant un travail exceptionnel, bien que je n’aime guère les superlatifs. Mais ils existent eux aussi et sont à leur place lorsqu’on les utilise à bon escient. Et dans le cas d’espèce, je ne crois pas que le terme exceptionnel soit déplacé. Philou s’en est allé aussi en offrant 6 kg de riz à un enfant et sa famille en n’omettant pas de dire à ce môme que s’il persistait dans la voie qu’il a choisie (ou celle qui lui a été imposée), celle de ne pas aller à l’école et de continuer à séduire les touristes, il ne pourrait retourner en arrière et de l’inviter à prendre conscience que c’était important à un point tel que le reste de sa vie en dépendait; je crois qu’il a compris, lui qui a baissé les yeux, mais lui aussi qui participe à la survie de sa famille: dans ce cas, pas d’échéance, le maintenant, l’assiette est pleine ou pas, that’s the question. Il est facile d’Occident de condamner la mise au travail d’enfants et je la condamne également, il est toutefois souhaitable de venir voir sur place pour pouvoir se faire une idée du tableau, ça aide à la relativisation chère à Sir Einstein. Dans le même temps, le ti filou se faisait délester de quelque argent par l’indien le plus faux et le plus vicieux qu’il ait rencontré sur sa route, le tenancier de la guesthouse Ram’s. Puisse cette triste expérience et cette erreur de ma part éviter à autrui d’en vivre de pareille. Si vous allez à Bodh, les amis, l’endroit à éviter est celui où j’ai logé. La vie est faite de choix, bons et mauvais, il en est ainsi. Puisse cet être réfléchir aux conséquences de ses actes. Une chose est sûre, c’est que pour lui, il n’y a pas de place dans mon coeur. Je pense pouvoir uniquement compatir à son énorme souffrance, qu’il se délecte à entretenir, mais là n’est pas mon problème.

Considérations touristiques ensuite… Le trajet pour Pondicherry. Je ne te dis pas… Faut du courage pour voyager en Inde: le bus entre Bodh et Patna à lui seul mérite un roman. Et Gaya, bon Dieu, que c’est … pas de mot pour un lieu pareil. Je ne m’appelle pas Martial (coucou Mati!) et n’ai pas son expérience de l’Inde, et ce lieu là, c’est trop, too much pour moi. Patna-Chennai, deux nuits de train, trois jours de voyage, pas jojo mais le jeu en vaut la chandelle: traversée de l’Inde par le centre (Madya Pradesh, Andhra Pradesh), des paysages magnifiques, inoubliables. Chennai (ex Madras) et nous voilà quasi dans un autre pays. L’Inde du Sud n’a pas grand chose à voir avec l’Inde du Nord: plus organisée, moins stressée, parce que plus riche aussi. Et le bus de Chennai à Pondicherry, des endroits beaux à couper le souffle, surtout vers Mamallapuram, vous vous croyez dans une carte postale: la mer, les palmiers, les lagons, le soleil rouge, les huttes et les cocotiers.

Là je reprends la suite de mon récit face à la mer, au Seagulls, sur un roof. A l’ombre du soleil, vue sur la mer à travers une flopée de cocotiers. Je ne peux pas te parler de tout, vois-tu. De surcroît, ces derniers temps, nous n’étions pas très en verve, ma muse et moi. Je crois que cela ne se commande pas et perçois l’énorme difficulté d’écrire ce que l’on a envie, de la meilleure manière possible et sans souffrance. Pas si simple, le projet. A Pondi, j’ai trouvé un endroit où je pourrais m’y mettre et même remettre tout le reste du voyage en question. Il me faut attendre les tunes de la Suisse, ensuite j’aviserai. Le lieu dont je vous parle est merveilleux, chambre double, balcon avec vue sur la mer (l’océan), une annexe à l’ashram de Sri Aurobindo… Là, c’est sûr, je pourrai commencer à écrire le roman que j’ai tellement envie d’écrire, en regardant la mer et les cocotiers, en écoutant le chant des vagues, et tutti quanti. Cela coûterait 300 roupies par jour, soit 9 FS ou 6 Euros, c’est pas la mer à boire non? Mais pour l’Inde, c’est pas mal d’argent… Nous sommes le 11 mai et pour des raisons de sousous je ne pourrai me rendre à KanniYakumari (la fille à marier ça veut dire…Je ne suis quand meme pas fou?) le 13. Ben voilà, plus tard peut-être, pour une prochaine pleine lune; le Kerala, si j’y vais, ce sera non par le sud que j’y rentrerai mais par le nord, après avoir traversé les ghats (marches). Je vous parle chinois, ben non hindi, ça me parle plus. Vous avez entendu parlé de leur dernière connerie, aux chinois, des ChinuusenStuuts, dit-on en Bruxellois: la construction d’un barrage entraînant la formation d’un lac de retenue dont la surface dépasse la superficie de l’Italie, avec pour conséquence probable le déséquilibre de toutes les régions environnantes, Tibet et nord de l’Inde compris. C’est un anglais qui m’en a parlé, il fait le tour du monde à vélo…

Voilà ti lutin, m’en vais te saluer à la manière indienne du sud… C’est comme Namaskar, ici ça se dit

Vanakam

A plus et encore merci à toi qui me lis avec tant de fidélité. Et si par serendipity tu fais partie de ceux qui me laissent des commentaires, sache que chacun me va droit au coeur.

13 mai

Pondicherry 4

Kikou les tis lutins,

J’ai fais un saut sur internet et n’ai aucune nouvelles de votre part…

On fait avec ou sans. M’en vais ecrire au Seagull. Il parait qu’il y a des dauphins ici. Je n’en ai pas encore vu mais je vais chercher… Je souhaite un bonne fete a toutes les mamans… et la mienne en particulier. Gros bisous Mamy cherie.

19 mai

Pondicherry 5

Kikou les tis lutinous, les babajis si vous faites partie des brahmanes, baboujis si pas…

Vous êtes là? Moi aussi, sous les cocotiers et un toit de bambou. Sourires… rien que pour vous faire envie… Suis un ti coquin, non?

Le plan de voyage est fait, il ne reste qu’à attendre que mon banquier suisse se réveille. Rires. Donc, dès que ce bouddha là s’éveille, ce sera le Kerala. De Pondicherry à Chennai, en bus, ensuite le train express vers Ernakulam, voyage d’une nuit. Là je descends vers Alappuzha, dans une guesthouse que m’a vivement recommandée mon ange du moment, Valentino, membre de l’Ecole soudaine, actif aussi dans des organisations caritatives italiennes. Je me dis que j’ai quand même de la chance quand je regarde ma vie. Depuis ma naissance, des parents magnifiques, une petite soeur sortie d’un conte de fées, toute une famille gentille et attentionnée, aimante, des femmes encore et encore des femmes, plus belles les unes que les autres, des amis chers (j’te parle pas d’argent, la, le suisse, rires…) et tutti quanti. Mon ami Valentino, dans ses si chers (…) koans me dit que quand les cochons sont repus, ils choisissent. Faut croire que j’ai choisi depuis la naissance, suis né repu, une fois (Belgique, tu me manques toi!!!). Si loin de vous, je constate combien vous me manquez. La mer me parle, cet endroit est magnifique et je ne vous l’ai pas encore dit, Pondicherry est une ancienne colonie française, et cela se voit. J’allais oublier de vous dire la température d’ici: 37° en moyenne. Parfait, surtout lorsque l’on est en bord de mer, de l’air, de l’écume, de l’iode, du sel… De là où je vous écris en ce moment. A oui, je vous parlais du projet de voyage, me revoilà! Le tenancier de cette guesthouse s’occupe également de la location de bateaux et je compte bien visiter les backwaters, les îles et les villages, paraît que c’est magnifique, enfin c’est pas tout à fait le mot qui convient à l’Inde, ce pays est mystérieux, surprenant, chargé de tout un tas de choses qui vous laissent pantois, et aussi qui vous émerveillent. J’imagine le Kerala: jungle et nature, traditions ancestrales, nourriture exceptionnelle (langoustes, homards, et épices, pures, vraies, un régal pour le palais… Kikou Véro!). Après, la suite… Pas triste. Munnar: dormir dans les plantations de thé et d’épices; vous voyez le lieu en photo et vous avez compris, un rêve, lieu idéal pour méditer ou écrire, ce que je fais rarement ces derniers temps, sorry. Vert, plein de senteurs, d’odeurs (purée, je voudrais relire « Le parfum »). Ensuite le Karnataka, les plages et les ghats, les marches de l’Inde. Mysore et Bangalore, lieux où je trouverai avec certitude les vêtements et autres choses que j‘importerai. Je vous en reparlerai; promis. Mais là, pour l’instant, quelques ennuis de santé, je croyais au premier abord à une allergie mais il est plus vraisemblable que ce soient des bêbêtes que j’ai embarquées dans mes bagages et qui vous empoisonnent la vie… Alors, les remèdes? Ben, faut passer à la désinfection, au remède et à la protection. Désinfection? Eau bouillante (vous parlez d’un supplice par ces températures!) et même si j’ai opté pour la non violence, l’insecticide est de mise. Protection et traitement? Ce qu’on fait de mieux, je crois: l’Ayurveda. Je suis bientôt dans la région et on n’imagine mal tout ce que ces hindous (et oui, bien sûr pas hindis, hindi c’est la langue, mais le terme me plaisait plus, voyez-vous?) ont pu récupérer de la nature et de ses bienfaits. Alors, je me soigne avec une poudre à passer sur tout le corps (tout , après être passé sous l’eau, 10 mn d’attente, redouche et je vous jure (pq jurer? vous me croyez, non?) que cela fait un bien fou. Et puis, doucement mais sûrement s’installe une certitude en moi: ce pays me plaît plus que tout autre, j’en avais déjà l’intuition à 15 ans. Je ferai peut-être la seconde partie de ma vie ici. A voir, avec Valentino notamment. Les possibilités vous donnent le tournis, mais cela mérite réflexion. J’y reviendrai donc… Et puis, question projets, garder à l’esprit que mon prochain souffle pourrait ne pas avoir lieu, et qu’il est préférable d’être bien dans cette situation. Je le suis. Philou, malade (pas encore mort… Sourires… Je dois encore vous embêter un ti temps) et heureux (si mon banquier, bla, bla, bla…) te salue. Vanakam. Portes-toi bien. Be kind for yourself. Bizzzzzzzz

Pour toi.

Vanakam les tis loups (ca se prononce ouanakam).

Philou

22 mai

Pondicherry 6

Kikou les tis lutins du Nord, des contrees froides,

Un ti bisou du Sud empli de chaleur, ca vous fait du bien? Alors SMACK. Si pas, ben voila… Je reviendrai vers vous plus tard avec un billet plus bavard… Probleme de transfert de fichier. Incredible India!

Je vais mieux, bien mieux pour tous ceux qui s’inquietent, pas de raison. Be kind for yourself. A plus.

Vanakam. Philou

23 mai

Pondicherry 7

Nous revoilà, ma muse et moi, pour te conter ce qui nous vient à l’esprit, ce que l’air du moment nous inspire, ce qui fait notre vie en ce moment. Et toi babaji tu es encore là?

Ça rigole pas tous les jours tu sais même lorsque l’on est en vacances. J’aime pas cette expression, je ne suis pas venu en visite touristique en Inde. Je n’aime guère ce genre de chose mais si ça plaît à d’autres, pourquoi pas? Comme ce Français, je ne suis pas xénophobe mais faut te dire que ceux-là, ils ont quand même quelque chose de particulier qui va droit à côté de mon coeur, du moins ceux que je rencontre sur ce chemin. Ce mec, notamment, qui vient dans une guesthouse, qui s’accapare la terrasse, qui croit parler au soleil parce qu’il s’expose des heures sur le roof, qui est incommodé par tout ce qui ne lui convient pas, j’avais envie de lui dire « Mais inscris-toi dans une secte ». En lieu et place, le triste sire s’est pointé un soir à la terrasse et a gueulé « Mais qu’est-ce qui se passe ici? »; Valentino et moi occupions le lieu en écoutant une douce musique et en regardant les photos des écoles sur le labtop, une cigarette et une bière à la main. Ma réaction eut été de l’envoyer paître mais Valentino a répondu le premier en lui expliquant ce que nous regardions, sans animosité aucune. Ce beau Français bien bronzé, bien baraqué et bien ignorant s’en est retiré. Nous ne l’avons plus vu depuis. C’est vraiment dommage de faire autant de kilomètres pour ne faire que du brun sur du blanc qui refera du blanc avant que le brun ne reprenne place, vive les vacances! Bref, péripétie, mais quand même, cela vous montre combien le voyage peut être différent… La porte d’entrée, sans penser à la porte de sortie, et toutes les portes s’ouvrent… Surtout celle du coeur. Ces hindous, je les aime particulièrement. Ils se prennent pas la tête, pour la plupart j’entends, vivent et adorent…. dormir, oui oui, dormir, n’importe où, quand l’occase se présente, et paf: bonjour Morphée. Ils sont adorables, sourient pour un rien (voir mon jeans troué, c’est sujet à blabla et à sourires…). Peut-être passerais-je le reste de ma vie ici, pour y mourir, pour y vivre surtout. Il est dit ici que le lieu où l’on meurt est le lieu où l’on renaîtra… Va pour l’Inde. Je ne tiens pas à mourir déjà (n’aies pas peur Mamy, ni toi Moumousse, ni vous mes amis), je veux prendre la vie comme elle est ici, ça me paraît beaucoup plus simple. A quoi sert de faire compliqué? Ils ont une lumière de vie qu’en d’autres endroits je n’ai pas reconnue, mais pour voir cette lumière, il faut en passer des étapes (tu te souviens du Philou plaintif décrivant tous les inconvénients, les aléas et blablabla) mais cela n’est rien, rien de rien (non je ne regrette rien, ni le mal qu’on m’a fait …) face à la beauté de cette civilisation (maintenant que je suis dans le sud, j’ose dire ces civilisations) qui ont gardé quelque chose qui n’est guère définissable, guère exprimable et qui ne prend sa dimension que dans le ressenti. Si l’Inde me parle? Oui, tu le sais déjà… Comme les vagues, l’océan, les slums, les enfants, les écoles, les trains, tout, pratiquement tout fait écho en moi. Te dire pourquoi ici et pas en Belgique ou en Suisse, ou en France, en Espagne ou ailleurs, m’est difficile. Faut-il une raison?

Je suis las d’une société européenne qui ne fait que vieillir sur des principes économico-libéraux et qui ne tient compte que du faire, de l’avoir et non de l’être. La liberté et l’économie ne vont pas de pair à mon avis et si l’Inde n’est pas le paradis, au moins ici, il est possible d’évoluer en harmonie avec ce qui t’entoure, nature, gens, institutions, et prendre des libertés qu’ailleurs tu ne trouves plus. Je ne suis pas utopiste, je te dis ce que je vois, ce que j’apprends, et vérifie… Tu sais, j’ai honte quelques fois de ne t’écrire que ces quelques lignes car tant de choses m’interpellent ici; je devrais t’écrire jour et nuit. Et de cette araignée, petite, toute petite qui pendant le temps que j’urinais se faisait une fourmi quatre fois plus grosse qu’elle, la nature… tu aurais dû le voir pour le croire. Là mon ami(e), je vais te laisser, il est tard et je dois me soigner. Tu sais, douche, et redouche, avant d’aller me coucher.

Merci de ton attention. Elle m’est chère. Vanakam (n’oublies pas, se prononce Ouanakam).

Philou

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Je ne t’ai pas publié ce billet en temps utile, pourtant il était prêt, mais les circonstances électroniques, les disponibilités d’ordinateurs, les connections ont fait que…, tu vois, l’Inde est tellement différente… Il faut lire à l’endroit et à l’envers, tourner comme un derviche et accepter la roue de la vie, la swastika, qu’un ignoble personnage occidental a utilisé à mauvais escient; tel est son karma, dit-on ici et fort probablement renaîtra-t-il sous une forme bien moins enviable… Pas de prob pour moi, je te publie le billet néanmoins, par ce temps, ma muse et moi avons décidé de prendre quelque vacance… Fainéant que nous sommes… J’te dis merci et Vanakam; Prends bien soin de toi. Philou

25 mai

Pondicherry 8

Vanakam

Special bisou a Vero, tu perds rien pour attendre, toi…

10 juin

Pondicherry 9

Kikou les lutinous,

Cela fait longtemps que je ne vous ai donne de nouvelles. Sachez que je ne suis plus connecte internet mais que je continue a penser a vous.

Des choses tres intimes se sont passees ces derniers temps et les seules choses que je puis vous dire relevent de l’amour. Mon coeur chante, ma spiritualite s’enracine et mon etre est en paix. Je vous souhaite a tous pareil bonheur.

Desormais, l’adage «Pas de nouvelles, bonnes nouvelles» est de mise. Je continue mon chemin, je compte fermement m’etablir en Inde et vous en dirai plus lorsque tout cela aura pris forme.

Je vous embrasse bien fort. Si vous desirez me contacter, le plus simple desormais est de m’envoyer un sms sur mon mobile.

Vanakam, les amis. Bonheur et paix. Philou