Annick de Souzennelle – L’Égypte Intérieure – Les 10 plaies de l’âme livre que je vous recommande tout particulièrement (Ed. Albin Michel, collection Espaces libres)

Annick de Souzennelle – L’Égypte Intérieure – Les 10 plaies de l’âme

livre que je vous recommande tout particulièrement (Ed. Albin Michel, collection Espaces libres)

 

La huitième plaie – La Sauterelle

Avant-propos utile, je crois, à la compréhension du texte qui suit:

Le « Nom » est l’ « Épée », l’être intérieur que nous sommes invités à construire (chacun de nous est ensemencé du « Saint-Nom »)
L « Épée » est le « Saint-Nom »
La « Loi ontologique » est le Logos
La « Adamah » est la terre intérieure de l’Homme

L’ « Hébreu » symbolise en nous celui qui s’ouvre un espace de conscience allant en s’agrandissant par mutations successives (par extension, personnellement, j’y vois tout être qui se libère de ses entraves, l’esclave qui se libère de Pharaon, l’Homme qui éteint ses feux comme disent les bouddhistes et en Occident, l’Alchimiste qui reconnaît qu’à son niveau rien ne se crée mais tout se transforme).

L’ « Egyptien » symbolise celui qui reste bloqué par ses forces d’asservissement intérieur et qui s’oppose à toute montée de conscience (par extension, j’y vois celui ou celle qui se fourvoie et qui fourvoie autrui, celui qui prend et qui comptabilise, celui qui use et abuse du pouvoir).

Dans cette huitième plaie, Arebeh peut être lu comme « le principe de l’amour » mais aussi comme la « ruse » ou la « malice »…

Extrait (je cite Mme de Souzenelle)

« Ah! Si les enfants de lumière étaient aussi rusés que les enfants des ténèbres! » s’écrie Jésus.

Arebeh devient complot, piège, calculs… La sauterelle joue dans ce cas en démon dévoreur, et ici, « dévoreur de ce que la grêle a laissé » (la « grêle » étant la septième plaie).

Or la grêle avait détruit toutes les récoltes « à l’exception du blé et du blé noir » nous disait le texte, « parce qu’ils sont tardifs »; ils n’avaient pas encore poussé au moment où avait agi cette première dévastatrice.

Si ces différentes herbes des champs symbolisent les énergies divines qui ont leur correspondance en l’Homme, dans une multitude de richesses, le blé au milieu d’elles correspond, lui, au germe du « Fils » qu’il est appelé à faire grandir jusqu’à sa dimension du Verbe. La grêle avait dénoncé la destruction de bien des richesses intérieures chez l’ « Égyptien », mais le noyau de son être, « l’oeil de sa terre », l’image de Dieu qu’il est dans le symbole du blé était encore vivante.

Et voici que la sauterelle vient dévorer le germe! Celle qui porte en elle les éléments de fenêtre, ouverture, lumière, ruse, astuce même, est le démon le plus rusé qui soit.

Il est tout d’abord celui de la « bonne conscience ». La bonne conscience qui prend la place de la conscience est une trompeuse banale, mais d’autant plus tenace et répandue qu’elle est banale; elle auréole toute personne atteinte de cette vérole d’un poudroiement de lumière qui l’installe dans une autosatisfaction stérilisante. Le courage, voire l’héroïsme, les bonnes œuvres, etc., sont ses alliés.

« Tu as fait ton devoir, dit Jésus, tu es un serviteur inutile. »

Mais la sauterelle est beaucoup plus subtile lorsqu’elle prend l’habit du moine, la robe du sannyasi, ou celle du swami, celle toute colorée des exotiques sagesses que nombre d’hommes ou de femmes revêtent pour répondre à la faim et à la soif spirituelles des Occidentaux. Je veux parler, parmi ces derniers, des faux prophètes qui s’élèvent de toute parts aujourd’hui et qui ressemblent fort à ceux dont le Christ parle dans l’Évangile que l’on appelle celui « de la fin des temps »:

« Ceux-là se présenteront sous mon nom, disant: JE SUIS; ils égareront bien des gens. »

et plus loin:

« Il s’élèvera de faux Christ et de faux prophètes qui produiront des miracles et des prodiges pour égarer, s’il était possible, les élus eux-mêmes. »

La « fin des temps » sera l’accomplissement total des espaces intérieurs à l’Homme. Mais il s’agit aussi de la fin des temps pour « les élus » d’une étape, ceux que représente le peuple hébreu dans notre récit. Le schéma d’accomplissement, que nous avions déjà décrypté dans l’histoire de Noé où l’élu était un homme, Noé, s’applique maintenant à un peuple, les Hébreux, et dans nos temps historiques actuels, à chacun de nous dans sa personne, mais il est aussi le modèle vécu par toute l’humanité en laquelle l’élection saisit ceux qui ouvrent leur coeur. Mais au milieu d’eux les faux prophètes pullulent; ils viennent manger ce que la folle ouverture à la sexualité n’avait pas détruit. (cfr septième plaie). Car il faut bien dire que le pansexualisme freudien a créé un substitut de religion; l’émergence de la force érotique en l’Homme dessert comme nous l’avons vu tous les étages de l’être, depuis l’instinct animal le plus archaïque jusqu’aux noces secrètes et évolutives qui ouvrent l’union aux archétypes. Rabattre cette fulgurante force montante aux tous premiers investissements présentés comme les plus sublimes, c’est déjà faire prendre des vessies pour des lanternes. Mais les faux prophètes font plus: ils exaltent des sommets et y font accéder artificiellement en donnant au flux de cette colonne montante un dynamisme ascensionnel inducteur d’extases, de lévitations, de sorties du corps, etc., en ayant recours à des techniques extérieures seules. Ils introduisent leurs disciples dans les mondes invisibles qu’ils n’ont pour autant pas conquis; ils les manipulent et leur donnent l’illusion de « modification de champ de conscience » en évacuant le chemin des morts et renaissances intérieures qui seules opèrent l’intégration réelle de la lumière.

Les sciences psychologiques sont aujourd’hui en partie piégées par ce démon; non pas celles qui se sclérosent derrière les murs conformistes de nos universités qui, elles, se sont laissé séduire par la septième plaie. Je veux parler des sciences qui se sont émancipées de leur tutelle et qui ont éclaté dans le « New Age ». Celles-là ont retrouvé à tâtons la vocation ontologique de l’Homme, mais, saisies dans l’universalité des cultures auxquelles nos générations s’ouvre enfin, dans leurs admirables richesses alliées à celles de tant de découvertes tous azimuts de cette fin de siècle, leurs bras ne peuvent en étreindre la totalité, leur coeur éclate avant d’être circoncis, et elles n’ont pas encore trouvé le fil conducteur d’une logique interne, capable de conduire l’Homme jusqu’au bout de lui-même, au Logos, au VERBE!

Elles proposent des expériences de globalité d’autant plus recherchées que l’Occident n’offrait jusqu’ici que des philosophies desséchantes ne concernant que la pensée et n’ouvrant que sur du parcellaire. Cependant les techniques employées, privées des milieux religieux ou culturels normatifs, desquels elles ont été extraites, peuvent conduire à des illuminations dont les sujets sont incapables de discerner s’il s’agit d’illusion ou de réalité. Les maîtres spirituels connaissent bien l’immense danger de ces pratiques scindées de leur humus traditionnel, qui peuvent conduire à la folie. Dans le meilleur des cas, il peut s’agir d’une expérience numineuse qui, selon les lois ontologiques, précède nécessairement le chemin des morts-renaissances intérieures, mais dans ce cas, l’expérience exige aussi nécessairement de prendre ce chemin, et, le sujet ne le sachant pas, non seulement ne le prend pas, mais se croit arrivé!

Le germe du « Fils » est alors stérilisé.

Les faiseurs de miracle affluent.

Les nombreuses techniques qui se pratiquent aujourd’hui à partir de danses, chants, sons, lumières, etc., pour faire monter le taux énergétique concerné et créer une brèche dans l’état de conscience ordinaire des participants, y introduisent ces derniers dans une ouverture étonnante qui peut produire de spectaculaires guérisons. Mais les malades ainsi guéris n’ont pas pour autant acquis par l’intérieur cette qualité vibratoire de conscience, ni la qualité d’amour qui en est le corollaire inséparable et qui seule permet l’intégration globale de cet état de conscience; ils ne peuvent alors gérer leur guérison et récidivent d’une façon ou d’une autre ou connaissent une inflation psychique qui les fait souvent sombrer dans des désordres de cette catégorie. Ces techniques sans le savoir – mais ceci est d’ordre diabolique – violent la grâce divine qui seule opère toute guérison. Elles sont une reconduction de la tentation du Christ au désert et celle du « premier Adam », celui de la Genèse – le Christ étant appelé « deuxième Adam » – en particulier dans l’aspect convoité du fruit « précieux pour réussir ».

Enfin, la sauterelle ruse pour séduire non seulement les sciences, mais les psychothérapeutes et analystes eux-mêmes. La vie professionnelle de ces derniers suppose que ceux-ci aient réellement intégré la lumière et que de leurs cieux intérieurs ils aient constitué des « terres nouvelles », des champs de conscience plus élevés. Ils ne sont pas nombreux! Les critères quantitatifs de diplômes en faculté ou d’heures d’analyse nécessaires aux étiquettes sociales sont loin d’être ceux d’un réel thérapeute. Il est vrai que ce travail d’ordre psycho-spirituel doit être distingué du religieux – au sens des catégories extérieures, c’est à dire des religions – car le vrai thérapeute est là pour « relier » l’Homme à son NOM et l’aider à faire ancrage en Lui avant de commencer le chemin. Bon nombre de patients sont prêts alors à faire cette démarche, voire à l’appeler « spirituelle », mais la plupart sont encore dans le rejet de toute religion, blessés qu’ils ont été par les formes infantilisantes de ces dernières. Dans cette perspective, il est certainement juste que le thérapeute aujourd’hui ne soit pas un « religieux ». Mais c’est avec lui que le patient devra débloquer toutes les entraves constituées par son passé historique et, avec lui encore, qu’il aura à dépasser cette tranche d’être sans complaisance pour elle, même si elle n’est pas encore totalement clarifiée, pour aller vers son « passé » ontologique, vers l’orient de son être, le noyau de son NOM, là où l’acquisition d’une nouvelle conscience achèvera de résoudre ce qui était en souffrance et s’appuiera même sur cette souffrance pour aller vers la lumière. Avec lui, il apprendra à discerner cette vraie lumière de celle totalement illusoire qu’une régression confusionnelle quasi fœtale rend cependant délectable!

Confondre ces deux plans dans un sens ou dans l’autre est meurtrier. Ce travail intérieur correspond à ce qu’il serait juste d’appeler, selon le langage biblique, « les épousailles avec la Adamah, avec la mère des profondeurs ».

L’accès à la lumière, selon ce même langage, serait « les épousailles du Père avec celui ou celle – féminins tous deux par rapport à Dieu – qui chemine ».

Ce que le « New Age » ne discerne peut-être pas encore parce que la sauterelle l’éblouit, c’est que nul ne peut être épousé du Père, s’il n’a d’abord épousé la Mère.

A dire vrai, je crois que le « New Age » reste aveugle à la présence du « Père » et de la « Mère » et qu’il ne voit Dieu que dans l’Homme devenu dieu sous le choc de ces nouvelles « liturgies » sauvages que l’Homme assoiffé s’est construites.

La confusion est totale, et la sauterelle continue ses ravages.

Elle décime l’âme de l’ « Égyptien », tandis que par l’ouverture de nouvelles « fenêtres », l’ « Hébreu » conquiert une nouvelle conscience.

Si la sauterelle, fausse lumière, dévore l’Égypte, Jean le Baptiste, précurseur du Messie, mangera, lui, des sauterelles; celui qui, dans le ventre de sa mère, sera visité du « Saint-Nom », se nourrira de Sa splendeur; la « fenêtre » s’ouvrira sur la vraie Lumière.

 

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Publié par

phil211060

Free-lance Ecrivain – Poète – Romancier – Récits de Vie – Création de Marques – Consultant en Propriété Intellectuelle - Rédacteur – Enseignant (instituteur primaire). Mon profil et mon parcours peuvent être qualifiés d'atypique.  Franchise, honnêteté, créativité, inventivité, esprit d'initiative, telles sont les qualités que je me reconnais. Et j'ai les défauts de mes qualités... Trilingue, français, néerlandais, anglais, j'ai une très grande aisance dans le domaine informatique. J'aime ma langue maternelle, le français. J'aime les mots, j'aime rédiger, j'aime écrire.  Et j'aime enseigner également... Le parcours a commencé par une scolarisation aisée, des études et un diplôme (secondaire supérieur) en sciences économiques, ensuite un diplôme en psycho-pédagogie (instituteur primaire). Ma vie professionnelle a débuté par l'enseignement. J'ai enseigné pendant 7 ans, en tant qu'instituteur dans la région bruxelloise. Ayant quelque peine à trouver une synergie avec l'enseignement officiel, je me suis dirigé vers le secteur privé. Plus exactement en propriété intellectuelle, en tant qu'assistant juridique ("paralegal"), avec une spécialisation dans le domaine des marques, gestion de porte-feuilles de marques et en informatique (intranet, internet, communication, publication...), expérience qui a duré plus de 15 ans, en Belgique et en Suisse. J'ai également touché au journalisme, pendant 3 ans, en tant que « free-lance ». J'ai ensuite quitté l'Europe et me suis installé en Inde pendant 3 ans où j'ai collaboré avec une ONG, les Écoles de la Terre, et ensuite une Unité commerciale à Auroville qui s'occupait de la problématique de l'eau. J'étais en charge de la communication. Je suis revenu en Europe, et j'ai eu quelques difficultés à retrouver un emploi, vu mon âge et mon parcours « original »... J'ai travaillé brièvement en tant que « Guide pour la diversité », dans le secteur social. Je suis actuellement libre et disponible.

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