Tolle … mentalisme ? !

Avec l’autorisation de l’auteur, Clidre que je remercie

http://clidre.skyrock.com/3057696667-Mentalisme-d-E-Tolle.html

L’esprit est incassable.

Regards critiques sur la mythologie, la psychologie et le mentalisme dit « spiritualité » d’Eckhart Tolle :

« L’illusion du pouvoir dans le processus spirituel. Un cas : l’illusion du pouvoir du moment présent »

I) Introduction :

Féru de Tolle il y a presque 5 ans, j’ai fait le choix de renoncer à suivre ses « enseignements » étant donné les conséquences dans ma vie de cette application et celles que je voyais autour de moi sur d’autres personnes. J’ai eu le besoin de comprendre pourquoi j’en suis arrivé à appliquer sans réfléchir, sans faire œuvre d’esprit critique. Comprendre ce qui m’a séduit. Comprendre la démarche de Tolle. Dégager ses responsabilités des miennes. Comprendre ce qui a fait que je me suis mis à critiquer, à nuancer et à rejeter radicalement la recette qu’il pose comme étant celle qui va me rendre heureux. Ceci est le fruit de cette compréhension. Ces regards et ces questions vous sont proposés pour réfléchir. C’est un acte de conscience et éthique que je pose. Il m’est, en effet ,essentiel, d’informer et de proposer d’autres regards sur cette approche. Cette critique respecte l’homme qu’est Tolle, son chemin ainsi que le chemin de tous ceux et celles qui appliquent les protocoles de Tolle. En même temps, cette critique est lucide et sérieuse sur le fond. Les critiques vont faire appel à des métaphores et dans certaines d’entre elles, une « masse de personnes est visée. Chacun s’y reconnaîtra suivant sa conscience ou pas. Il n’est pas question ici de viser quiconque pratique Tolle. Des digressions périphériques seront posées sur divers sujets.

II) L’art de rectifier

Approchant les lectures mythologiques de par la psychologie archétypique et analytique de C.G Jung et ayant eu conscience des mythèmes nocifs, il est bon de prendre un exemple dans la métaphore de l’usine, du supermarché du développement personnel.
Axé dans une approche critique rejoignant ma démarche, Pinterovic’ Antoine traduit Guggenbühl Adolf-Craig dans 2 ouvrages amenant à de profondes réflexions « Pouvoir et relation d’aide » ainsi que « les vieux sots ». C’est dans ce dernier qu’il met en avant 3 caractéristiques de mythes nocifs et dangereux : les mythes unilatéraux, les mythes pris à la lettre et les mythes qui confondent ce qui appartient aux homme de ce qui appartient aux Dieux et à Dieu. C’est dans les vieux sots que Guggenbühl proposent d’étudier plus en profondeur les mythes modernes. L’un d’entre eux m’est apparu à la fois simple à approcher (étant donné son logos simpliste et réducteur) et regroupant les 3 caractéristiques : celui d’Eckhart Tolle.
Guggenbühl montre les conséquences psychologiques et concrètes de l’action de tels mythes au sein d’une psyché et d’un groupe. Nous en dégagerons ici quelques unes de par notre exemple.
Je m’excuse d’avance de manifester une pensée critique (certains diront que ces écrits sont le fruit du mental, de mon égo malade) d’être un citoyen qui a une conscience, une éthique, un discernement et qui avertit autrui des risques encourus liés des pratiques et une mythologie unilatérale. Moi j’informe et constate. Je vous invite à penser, à vous relier à ce que j’écris. Il peut, en effet, très facile de formuler ma psychopathologie pour décrédibiliser mes dires. Cette pratique est bien connue. Libre à vous. Chacun sa conscience de Soi à soi.

– Tolle, on l’aime ou pas, à chacun son opinion.

L’opinion, le « j’aime/j’aime pas » n’est pas encore de la science et de la critique qui invite à penser, à se questionner et discerner. On peut aimer ou pas et en même temps être critique. Ici, on est au-delà de l’opinion, de ce qui me convient ou pas, au-delà de moi-même. On est dans l’étude et la critique d’une approche, de sa mythologie, de son logos, de ses pratiques, de sa morale, de sa finalité et on cherche à voir si elle donne un soin. On est dans une recherche de vrai et d’exact. On regarde s’il nuit.

– Le mythe

Le mythe aide à expliquer le monde, d’où l’on vient, où l’on va, quels sont les problèmes et les obstacles, les aides, les alliés et les ennemis. Il aide la collectivité et un individu à donner du sens à sa vie, à sa mort, à la vie, à la mort au monde et à lui-même.

– L’unilatéralité

Le mythe unilatéral pose les choses dualement : soit il délie tout, soit il relie tout. Les alliés ne peuvent qu’être que les alliés, ils n’ont pas d’ombres. Les ennemis ne peuvent être que des ennemis, ils n’ont rien à nous apporter. Dans le mythe unilatéral, le logos est totalisant et annihilant à la fois. Il se caractérise par des absolutismes « tout, toujours, tout le temps, jamais, rien ». Il ‘n’y a qu’un seul moyen pour arriver à une fin (chez Tolle, ça sera le sacro-saint moment présent) ; un archétype est nécessairement mauvais (l’égo) ; une essence, un état est nécessairement bon (le moment présent) et il est le seul à l’être (le passé et l’avenir sont écartés).

– La littéralité :

La lecture littérale invite à prendre les choses telles quelle et non comme une métaphore d’un phénomène existant en l’âme de l’individu. Littéralement, les gens vont croire et lire à la lettre le contenu et l’appliquer. En lire, certains eux seuls seront les véritables pèlerins. Ils sont engloutis dans le mythe, s’identifient littéralement à un pôle « on est pas dans l’égo » et l’autre pôle est l’ennemi « l’incarnation de l’égo »

– La confusion entre l’humain et le divin

En appliquant quelques comportements, en agissant de telle manière, les individus vont, alors, ensemble construire un paradis sur Terre (Nouvelle Terre chez Tolle). Ils sont capables d’aimer comme les dieux : totalement. Ils aiment tout le monde donc personne. Ce sont les archétypes, dans leurs essences, qui incarnent une totalité, la leur.
C’est le discours « l’amour pour tous ». Cela est bien évidemment humainement impossible. Nous, humains, on est limité, c’est notre nature. J’aime mon entourage, mes relations, les gens que j’apprivoise. Cela est un réel bien réel qui occupe toute ma vie. C’est comme un jardin dont je prends soin. Et cela me suffit amplement, c’est à ma mesure et ma portée. Je ne suis pas un dieu ni un ange. Je suis un homme dans cette vie et je vis une vie d’homme comme elle m’a été donnée. Je l’honore. J’accepte les limites qui sont inhérentes à ma nature humaine.

– Les mythes modernes

Les mythes actuels ont été résumés par Pinterovic’ Antoine dans ce court extrait :

« Lorsque j’étais représentant honoraire de la République de Croatie à Bruxelles, au début des années nonante, en pleine guerre serbo-croate (qu’on désigne en Croatie sous un vocable euphémique de «guerre patriotique»), j’entendais souvent mes compatriotes belges comparer le conflit serbo-croate au conflit communautaire belge. À tort, leur disais-je, car les prémices historiques ne sont pas du tout les mêmes.
Il est vrai qu’à l’époque où nous vivons, l’histoire a mauvaise presse. Je me souviens d’une anecdote. Lorsque je conduisais une délégation ministérielle croate au Parlement européen, lors de la visite chez le président du Parlement à l’époque; le socialiste espagnol Baron Crespo, ce monsieur m’avait demandé comment on pouvait expliquer ce conflit serbo-croate. Je lui ai répondu que je devrais faire un peu d’histoire. Là-dessus, il a répondu, se croyant très spirituel et très cultivé: «Vous savez ce qu’a dit le philosophe marrane Maïmonide? «Si Dieu avait voulu que les gens regardent en arrière, il leur aurait mis des yeux dans le cou.» Je lui ai répondu: «Monsieur le Président, un philosophe français a dit: «Les peuples qui ignorent leur histoire sont condamnés à la revivre.» Il s’est levé alors et m’a dit simplement: «Au revoir, Monsieur!»
Oui, l’histoire a mauvaise presse! Le grand psychologue jungien James Hillman l’a déjà constaté en écrivant : «Je chevaucherai ce cheval de l’histoire jusqu’à ce qu’il s’effondre, car je soutiens que l’histoire est devenue le Grand Refoulé. Si, à l’époque de Freud, c’était la sexualité qui était le Grand Refoulé et l’instigatrice du ferment interne des psychonévroses, aujourd’hui, la seule chose que nous ne voulons tolérer est l’histoire. Non: nous sommes tous des prométhéens avec une foule de possibilités, d’espoirs pandoréens, ouverts, désencombrés, avec l’avenir devant nous, si divers, si beaux, si neufs – hommes et femmes neufs et libérés vivant en avant vers une science fiction. Alors l’histoire gronde en dessous; poursuivant son œuvre dans nos complexes psychiques.»

Nous sommes, en présence au XXI, de mythes tant spiritualistes que matérialistes qui centrent les choses uniquement sur le présent et l’avenir.

– Tolle, l’homme et son expérience spirituelle
Tolle est un homme qui vit une expérience spirituelle profonde dans le quotidien comme n’importe qui pourrait la vivre. Tout à fait belle, louable et à partager.

– De l’expérience découle un mythe qui est mu par un logos

Puis, ce qui est plus critiquable : il pond, suite à cette expérience, une théorie, avec des concepts, des mots sans se référencer à une tradition ni citer des sources alors que certains de ses propos y sont liés. Est-ce délibéré de les taire ? Pourquoi ne pas citer ses sources ? Une théorie comme la sienne peut-elle sortir ainsi de nul part ? Première question que je ne nous pose.
Que va nous donner le pouvoir du moment présent ? Un bien-être, un bonheur, un mieux-être instantané où tout s’évanouit. La mythologie de Tolle dit, sublime illusion, car alléchante qu’en appliquant sa technique mécaniquement, on va atteindre automatiquement un état proche du nirvana. Suffit d’être présent. Alors que bien évidemment on ne contrôle ni ne crée d’expérience spirituelle avec quoi que ce soit. Comme le vent et les oiseaux, elle est autonome et libre. L’esprit est ainsi libre. Le bonheur ne naît pas d’une technique, d’un décret ou d’une auto-suggestion montre Thomas D’Ansembourg dans une critique. On ne peut qu’ouvrir l’espace. Quant au présent, il est bien une illusion qu’on ne contrôle pas et qu’on ne crée pas non plus. C.G montre que la tâche du moi, de l’égo est de secréter de la conscience. L’avenir, on ne sait pas ce de quoi il sera fait, le présent est déjà parti quand je l’évoque et quand je cherche à le cerner, il s’échappe. L’esprit est un petit oiseau timide qui ne se laisse pas avoir aussi facilement. Le passé, lui, est sources et une matière bien présente. Tolle s’inscrit donc bien dans les mythes modernes : on doit être présent, ça va nous guérir et va nous conduire vers un futur unilatéralement neuf (Nouvelle Terre). On n’entendra jamais plus parler du passé et de ses horreurs.

– De son mythe découle une psychologie:

– L’unilatéralité, la littéralité et la confusion « divin/humain » chez Tolle :

Unilatéralement, le passé, l’égo, le corps de souffrance sont ainsi les nouveaux péchés, les nouveaux démons à neutraliser par un pouvoir salvateur, le pouvoir du moment présent qui va nous conduire vers un paradis terrestre où on va être sauvé de nos angoisses et de nous-mêmes. Les bouquins de Tolle apparaissent alors comme des codex d’obéissance, des protocoles, des recettes pour atteindre ce paradis et le construire ici sur Terre. Pour être sauvé, il faut appliquer sa psychologie qui découle de son mythe. A l’instar de l’Eglise catholique de Rome, Tolle fait ainsi de la psychologie à partir de sa spiritualité. Il en produit une à partir de son unique expérience et crée une technique généraliste, systématique, valable pour tous et toutes. Il en revient là à reproduire les erreurs épistémologiques de l’Église quand elle disait que la Terre était plate (elle fait donc là de la géologie et de la science alors que ce ne sont pas ses affaires : elle s’occupe de spiritualité – Elle doit accepter un regard critique, autre qu’elle-même, sur elle-même – et la psychologie critique les mythes, les étudie et dit « attention, il y a des risques et du danger ici – l’inverse est aussi exacte : la science comme le philosophe ne peut tenter de démontrer que Dieu, les esprits, l’esprit n’existe pas ou les expliquer de manière grotesque comme une illusion cérébrale) et conduisait devant l’Inquisition ceux et celles qui affirmaient scientifiquement le contraire. A oublier le passé, voilà une des conséquences : on le reproduit et on se croit évolué, contribuant à une évolution alors qu’on est exactement en train de commettre un délit psychologique. C.G montre que l’oubli et l’inconscience sont des délits psychologiques au sens plein du mot.
Sur certains forums et autres espaces d’échange s’élève alors comme une inquisition qui s’accroche à cette vision des choses, à ce mythe et à cette psychologie qui alors lit littéralement Tolle et l’applique unilatéralement sur elle-même, ses détracteurs notamment et sur tout le monde. Tolle a ainsi ses « fans » et ses « égéries » qui appliquent bien souvent une lecture psychologique systématique (naïve et unilatérale donc objectivement nocive pour le lecteur et le lu) sans prendre un recul nécessaire et une critique.
Ainsi, alléchante est l’illusion vendue, inefficace est l’application de technique pour rencontrer l’esprit, inexacts sont les propos de Tolle sur la psyché d’un point de vue psychologique (C.G Jung). Incorrects sont ses propos sur le moi (égo) qui est tout à fait nécessaire pour rencontrer le Soi et l’altérité.

« Peu savent penser alors beaucoup se font juges » C.G Jung

Dans les forums et espaces sur Internet parlant de Tolle, il est alors nécessaire de le louer sinon on n’échange pas. La question est alors : quel est le souci ? Tout le monde doit être positif à son égard ? On peut pas le critiquer ? Exprimer qu’il ne nous a rien apporté du tout, que du contraire : il a nui à notre vie et à notre chemin, faut-il dès lors le taire ? Ma conscience ne le peut. Les groupes avec cette ambiance d’adulation, ce n’est pas alors un groupe d’échange sur le sujet, c’est un temple pour un saint. Il faut appeler les choses simplement, n’est-ce pas ?

« Même les saints ont une ombre » C.G Jung

Tolle apparaît alors comme un intouchable, un maître ascensionné. La critique devient alors un blasphème. Le critique devient alors un blasphémateur hérétique, dérangeant, profanant et énonçant quelques sacrilèges. De plus, s’il dit tout cela, c’est qu’il est nécessairement malheureux : Tolle sera utilisé comme théorie défensive (on le verra plus tard) : celui qui critique Tolle est unilatéralement dans l’égo. Ainsi donc toute critique est issu d’un égo gonflé, mal contrôlé, malade, la personne est accrochée dans son corps de souffrance. Cela permet quoi ? De décrédibiliser tout simplement la critique. Elle vient d’un malade mental, d’un fou, d’un pas net. Donc elle n’est pas recevable. Pauvres détracteurs des dictatures, pauvres indignés, pauvre Gandhi, Martin Luther King, pauvres compatissants courroucés, les voilà vus dans la mythologie unilatérale de Tolle comme étant des malades mentaux pas très présents et ayant un grave problème psychologique. De plus leurs critiques sont irrecevables, non-avenues et ne seront donc pas écoutées.
Les catholiques diront que je pèche parce que je suis visité par un démon : celui de la colère. Je pèche et c’est un péché capital. Et ensuite ils me vendent leur solution : la confesse pour les cathos. Tolle, lui, ça sera le refoulement par un pouvoir.

III)
Les pratiques de la démarche :
1° Conditionnement, récompense, punition, culpabilisation et auto-suggestion :

A répéter encore et encore la même chose, je me suis et il m’a conditionné à un tel point que j’en suis venu à croire que ce que Tolle dit vient de ma propre intériorité. Dans un espèce de moment de lucidité, je me suis dit alors « mais qu’es-tu en train de vivre et de faire ? Est-ce toi ? ». Le bien-être donné par Tolle marchait. Mais ensuite venait les retours de refoulé et là j’en ai bavé. Le pouvoir du moment présent était neutralisé. En fin de compte, cette technique ne m’a rien donné. Je me suis rendu compte que c’est la méthode de Tolle, la sienne et qu’elle ne vient pas de mon intériorité profonde. Il ne m’invite pas à cheminer de moi-même, avec moi-même et à trouver ma voie dans la Voie et la Vie. A trouver ma voie. Ce n’était pas un bon guide. Il me dit « voici la Voie » tout en s’y défendant. Il fait croire qu’elle est universelle alors qu’elle fonctionne sur lui mais pas sur moi. Sa psychologie veut me faire croire que ça marche aussi sur moi. Ça marche pas ? C’est mon égo le problème. Je suis pas encore assez présent, j’applique pas encore assez bien. Alors qu’il n’émet même pas l’idée que ce n’est tout simplement pas ma voie. On continue la culpabilisation ? On ne parle plus de péché mais d’égo qui est le grand mal. Bien des gens foncent sur le spiritualisme et le développement personnel parce qu’ils sont en mal de mythes et de nourriture spirituel étant donné le néant dans notre contexte occidental. Mais ils font tout simplement la même chose très souvent inconsciemment : on ne chasse pas 3000 ans de mythes gréco-romains/chrétiens par la simple volonté. La psyché ne fonctionne pas ainsi. Ils sont contents, on parle plus d’Église, de pape, de péché, de culpabilité mais ils foncent une approche qui fait la même chose différemment. Tolle s’avère alors être un pape, qui a ses dogmes et qui vous vend ses clés pour le paradis.
L’approche universelle, c’est l’Alchimie qu’on retrouve objectivement sur tous les continents sous des formes différentes et absolues.

2° La supposée originalité de Tolle

La mythologie de Tolle ré-interprète des traditions à sa sauce. Avec ses mots. D’autres le font avec le pervers narcissique qui n’est autre que le psychopathe : même concept, mots différents. On copie alors tout et on crée séminaires, bouquins vulgarisés et des stages sont proposés. Il a tout simplement enlevé les mots de la tradition bouddhiste pour l’occidentaliser (ça passe mieux?). Le remède chez Tolle vient du bouddhisme. Les maux sont catholiques. Sa mythologie fait un syncrétisme entre les deux mythes tout en niant appartenir à eux, s’en référer à eux.

3° Un conditionnement mental crée un espace mental

La plénitude ne s’obtient pas par des protocoles et des techniques. Tolle redit avec ses mots ce que le bouddhisme dit notamment et le formule dans sa mythologie. Cependant, elle est dénaturée, simplifiée à outrance, fade et illusoire. Rien que vouloir le moment présent, vouloir que la pensée cesse et s’évertuer à ce qu’elle cesse par une technique est justement l’inverse du but recherché : il suggère qu’elle est arrêtée alors que les études sur les pratiques de conditionnement qu’on retrouve à la fois chez les comportementalistes, certaines sectes comme la scientologie montrent qu’elles invitent à refouler et que « ça » continue à agir dans un espace non-conscient, dans les complexes dont parle Hillman. Tolle n’est évidemment pas scientologue. Ce n’est pas cela que je dis. Je dis que la démarche a des analogies avec les pratiques et protocoles scientologiques (comme comportementalistes) visant ce qu’ils appellent « l’éradication du mental ». Je les trouve là honnêtes et congruents dans les termes employés. Ayant lu et appliqué Tolle pendant des années, je me suis senti hypnotisé par les répétitions formulées. Sa mythologie me suggère qu’être présent va m’apaiser. Cela a contribué à un refoulement et donc le retour du refoulé s’est un jour fait sentir et je me suis pris la réalité en pleine figure. Elle a détricoté les illusions que je me suis construites avec le soutien et les suggestions de la psychologie de Tolle. Sa promesse n’a pas été tenue. Pendant ce temps-là, alléché par les 4ème de couverture, les propos sur les forums, les publicités et tout le marketing présent, j’ai acheté les livres et les cartes. Le pouvoir du moment présent n’a pas été plus fort que le pouvoir de la vie et de ce qui est vivant en moi et que je ne peux refouler. Les promesses de Tolle « Essayez et vous verrez » me sont apparus être comme un shoot d’anesthésiques marchant dans le court terme mais profondément inefficaces, obsolètes à moyen et long terme. Le sentiment de colère se réveille alors. Mais j’entends déjà autour les discours des pratiquants et autres adeptes : « c’est ton égo qui se réveille, recommence à être présent, écoute Tolle ». En bref, ils m’ont incité à poursuivre le refoulement. J’ai fui, j’ai renoncé, j’ai pris de la distance. Cela été salvateur. Intérieurement, il était temps que j’arrête de me raconter des histoires, de me dire que tout va bien alors que ça ne va plus du tout.
La technique donnée par Tolle apparaît alors comme un conditionnement mental pour créer un état mental qui suggère que l’anesthésie, le non-ressenti est en fait une vacuité. Cela se produit bien sûr toujours après l’avoir lu, après l’avoir pratiqué alors que c’est posé comme un état naturel. Tolle ici construit un état et suggère est naturel : c’est notre égo qui nous en coupe. L’anesthésie apparaît alors comme une confirmation des propos de Tolle : il a raison. Alors que sa mythologie a préparé le cerveau à dire cela, il met les germes. Cette quiétude est donc en elle-même mentale et cognitivement construite. L’art est de faire croire que c’est la vraie quiétude en suggérant qu’elle l’est.

4° La confusion « humain/divin » suite

Tolle invite à s’identifier à son mythe et de regarder le monde entier uniquement avec ses lunettes.
La Nouvelle Terre est l’ouvrage où cette confusion transpire le plus. On va tous être présents et on va tout changer. Proposons un regard sur cette attitude d’unifier le monde à l’extérieur, de le changer, de le re-créer tel un Dieu : Relisez Babel et la chute de la tour (New-York!). La chute est une solution à l’ambition démesurée de l’unitariste anthropocentrique. Que ça soit par Tolle, l’argent (N-Y!), la langue unique, la vision, unique, un système politique unique, une science unique, une médecine unique, un art unique, la volonté d’unifier à l’extérieur est une erreur profonde. Car là derrière, il y a une conquête : celle du ciel. Les hommes s’unissent pour prendre la place du divin et l’être à sa place. Bienheureuse chute, bienheureuse et nécessaire division ! Comme le montre l’alchimie, la pensée dit « non », délie là où le coeur et l’esprit relie. J’ai besoin des deux dans une unité qui les transcende et les ressemble. Parce que, désolé mais, ce monde n’est pas réconciliable à l’extérieur. Mais bien à l’intérieur de soi. C’est là qu’est l’oeuvre de réconciliation. Si le diable se convertit, la création est résolue et le monde disparaît. L’unification se fait donc de l’intérieur avec la division à l’extérieur. Nous verrons plus bas qu’il confond le moi et le Soi.

Le pouvoir du moment présent va ainsi apaiser l’individu puis la société où Tolle propose de construire avec sa nouvelle Terre qui est en fait une nouvelle Babel. Une société contrôlée par une espèce d’institution qui ferait l’inquisition et serait en chasse de tout être dans l’égo ou possédée par le corps de souffrance pourrait voir le jour éventuellement. On est là dans le mythe chrétien avec un nom tout simplement différent pour le péché et le démon et un sauveur, appelé « pouvoir du moment présent » qui va nous faire vivre le paradis sur Terre.

Ils bâtissent une tour, de manière impérialiste et vont aller conquérir le monde avec leur « pouvoir du moment présent » pour créer non pas un supermarché géant comme le font les capitalistes matérialistes, leurs frères ennemis de toujours (mais frère quand même, seul le moyen diffère), mais un superpays bisounours land, un paradis où il n’y a plus de souffrance, manque, perte, trahison, .. un pays de clones où toute souffrance est enlevée, un pays anémié où tout le monde est unilatéralement positif, où y a plus de nuit et d’ombres … quelle horreur que de prendre pour des dieux, créateurs mégalomaniaque de Terre … qu’ils s’occupent d’eux-mêmes et du réel devant eux d’abord, c’est déjà bien suffisant et l’oeuvre d’une vie !

5° Le mythe unilatéral : « le bonheur, c’est tout de suite et toujours dans le présent »

Thomas D’Ansembourg montre qu’exiger le bonheur comme un décret comme le fait Tolle dans sa psychologie est exactement ce qui peut empêcher d’être durablement heureux. Cela peut aller encore plus loin : vivre des échecs cuisants, des accidents, des drames voire de mourir.

Dans son ouvrage « Être heureux, ce n’est pas nécessairement confortable, éd. de l’Homme, p44 à 55″, il fait remarquer qu’il y a certaines injonctions qui exigent de positiver : »Faut être heureux, faut positiver ».
Il exprime que derrière ces injonctions se cachent une morale et une logique toute particulière. Dans cette dernière, il n’est pas question de bonheur en tant qu’état d’être mais bien en tant que devoir : « le devoir d’être joyeux quoi qu’il advienne, comme si quelque chose d’aussi subtil et intime qu’un sentiment – et a fortiori un état intérieur (le bonheur)- pouvait se commander par décret ». Parce que son état intérieur ne suit pas cette exigence, la personne se sent coupable de ne pas être heureuse.
Ensuite, il montre que cette culpabilité empêche les gens de faire leur grand nettoyage intérieur, alors que, pourtant, ce serait précisément le moment de toucher à une paix intérieure. Ils se mentent souvent à eux-mêmes en s’auto-suggérant que « C’est le bonheur » alors que leur être entier hurle « Rien ne va plus! ». Il donne l’exemple concret et vécu d’une mère qui trouve que sa fille devrait être positive. Il montre qu’approcher les choses de cette manière implique à négliger la souffrance de son enfant d’autant plus qu’elle ne peut l’exprimer de par l’injonction. Il a contribué à ce que les choses se démêlent. Il évoque « c’est précisément la conscience et l’expression de la douleur qui ont permis à l’enfant de redevenir plus heureuse, malgré l’inconfort de la situation ».
Ainsi l’obligation du bonheur, de ne pas se plaindre ou souffrir, en bref de positiver sans cesse constitue en lui-même l’obstacle pour le devenir.
Ensuite, il montre une certaine interprétation réductrice qui se cache derrière une vision unilatérale et positive de la vie. Celle-ci prend le relais de la bonne morale : « La vie est toujours belle et tout va bien ; il n’y a jamais de problèmes, que des solutions, … ». Autrement dit, ce qu’il faut bien appeler cette « méthode Coué »instaure semblablement une sorte d’obligation culpabilisante (« je ne suis pas à la hauteur, les autres y arrivent, pas moi, faut encore se battre et faire des efforts »).
Le risque de la pensée positive prise au 1er degré est l’angélisme. En effet, la vie n’est pas toujours confortable, tout ne va pas toujours bien, et nous mettons souvent bien du temps et vivons beaucoup de douleur à rester dans le problème avant de voir une solution émerger.
Dernier point mais pas des moindres, il expose que certains courants actuels en psychologie et en développement personnel et spirituel brassent des notions tirées des différentes voies et traditions spirituelles de notre planète, du bouddhisme à la connaissance aborigène, du soufisme, à la sagesse hindoue, et semblent proposer un raccourci pour la quiétude intérieure. Ces courants présentent en effet le bien-être comme une évidence dont l’accès est instantané, sans rendre du tout compte des étapes successives que ces mêmes traditions rappellent et dont sont faits le chemin vers le nirvana, nonobstant la tradition. Cette vision donne une impression de contrainte mondaine, le dernier cri à la mode qu’il ne faut pas manquer.
Il a rencontré bien des gens faisant partie de ces mouvements. Il comprend leur élan, leur désir et en même temps a pu vérifier de nombreuses fois qu’elles espèrent pouvoir sauter les échelons et arriver à un stade de quiétude digne du Bouddha sans faire tout le processus de transformation et d’alchimie personnelle qu’une telle démarche demande. Il a constaté que, généralement, elles se sentent déchirées, un peu gênées ou même coupables de ne pas atteindre ce but.
Il explique que, souvent, c’est la vie, dans sa vigoureuse sagesse, qui les confronte : elles ne feront pas l’économie du cheminement et de l’intégration des étapes. Il a reçu ces personnes en psychothérapie. Il témoigne qu’elles sont chamboulées d’avoir pris la réalité en pleine figure. Couple qui se sépare, divorce, perte d’emploi, deuil ou maladie se sont mobilisés pour leur enseigner que le bonheur n’est pas un concept mais une conscience, et que « celle-ci s’ancre et croît non pas par la pensée mais bien par la connaissance née de l’expérience ». Il montre que les beaux concepts ne sont pas encore des fondements stables, posés pierre par pierre de leur propre sueur, et sur lesquels elles peuvent construire solidement un état intérieur pour y installer leurs habitudes et y allumer un foyer lumineux et durable. Il donne une métaphore : « ces notions ont été un feu d’artifice qui les a fascinées et réjouies un moment dans la nuit, pour les y laisser aussitôt perdues ». Il termine positivement en disant « qu’il est toujours temps de recommencer avec autant de rêves … et plus de réalisme, de concret ».

6° « Tolle ne cherche à convaincre personne et laisse libre » :

Dans le contenu des écrits, Tolle cherche à convaincre personne et n’oblige personne à le suivre. Qu’en est-il de la forme ? Quelles sont les pratiques ? On observe, statistiques à l’appui, que les redondances sont nombreuses. Statistiquement parlant, la répétition est telle qu’il est improbable qu’elle soit involontaire. Appliquer sa technique donnera une récompense spirituelle et qu’une mauvaise présence donnera une punition : on est tombé dans l’égo. Pourquoi répéter aussi souvent? Pour conditionner ? Pourquoi conditionner ? Est-ce cela la spiritualité ? Être conditionné ? Se conditionner à créer un état mental tout en se disant qu’il n’est pas mental ? Se suggérer ? Dès lors, s’il y a conditionnement, y a-t-il liberté ? Ai-je vraiment choisi ? Est-ce vraiment ma démarche individuelle ? Que suis-je en train de suivre ? Que suis-je en train de programmer en moi en suivant à la lettre de telles protocoles qui me font dire « ces protocoles, c’est librement que tu choisis de les suivre » ? Est-ce mon choix si on m’a conditionné à penser que je suis libre ?

7° Les défenses narcissiques du mythe de Tolle par la psychologie qui en découle

Avant d’entamer la critique de Tolle, il est nécessaire de nommer la principale défense de Tolle face aux critiques. La psychanalyse la reconnaît comme une défense narcissique chez un individu. Tolle lui-même ainsi que les gens que je rencontre sur le forum se défendent de cette manière : ils analysent l’attaque et à la critique au mythe et à la psychologie par cette dernière. Ainsi ils disent que ma critique est mentale donc pathologique, ils utilisent Tolle pour m’analyser, Tolle est ainsi intouchable : ma critique est une expression de mon corps de souffrance donc pas valable, alors je dois être plus présent et donc … la cesser ! On est là dans la parade classique du narcissique : celui qui résiste prouve la théorie de ce que j’avance, il me rend un grand service, il ne m’a rien à m’apprendre, il est dans son égo et vient prendre notre énergie. Cette défense permet de préserver la fragile estime de soi-même d’une part et d’autre part d’esquiver toute critique. C’est le vieil argument sophiste de décrédibiliser la personne, démontrer sa folie ou sa corruption par tout un discours rhétorique qu’on se raconte d’abord à soi-même pour se dire « Il est fou, il raconte donc des salades, on a rien à se reprocher, y a pas de faille, la faute est chez lui ». S’ouvrir à la critique peut inviter à montrer les « failles » voire les inexactitudes chez Tolle. Cette défense est en elle-même Egotique dans le sens dont je parlerai ci-dessous. Tout cela me permet de m’aimer moi-même : je remets pas en cause mes certitudes inébranlables ainsi que ma propre posture. Ces critiques, en démontrant d’avance la défense, qui de toute façon va venir, de manière prévisible, la pare avec aisance, avec quelques coups d’avance. La vieille défense narcissique de tout centrer et analyser à partir de soi, du cadre, à partir de son propre référent pour les défendre et se justifier est obsolète. Voici un exemple de ce qu’on peut lire sur un forum où des critiques sont émises face à l’approche de Tolle :
« Ce critique (moi-même) semble être enfermé dans son mental, c’est pour cette raison qu’il tente d’étayer en long et en large ses idées pour avoir raison… Je lui souhaite d’accéder un jour à l’essence même de sa vie, la conscience universelle… »

En outre, en ne répondant pas aux critiques et s’évertuant à dresser ma psychopathologie selon Tolle, il s’avère que les gens n’ont alors aucun argument à me répondre à mon son de cor qui rappelle à la charge les souffles des âmes et des esprits qui m’inspirent alors pour affirmer avec magnanimité, candeur, humour et légèreté ces quelques flèches qui se plantent alors dans les talons d’Achille des théories de Tolle qui sont flagrants et bien plus gros qu’une maison. Aucune contre-critique n’a été émise. Quitte à me répéter : J’ai surtout lu des analyses psychologisantes sur mon cas. Analyses ayant pour base « psychologique » celle de Tolle. Certains vont même à l’insulte : « c’est un con ». Pourquoi s’en prendre à l’individu qui critique, à sa psychologie ? Pourquoi éviter de répondre sur le fond ? Pour être décrédibilisé ? Car, en effet, je suis le malade mental, le délirant, le diable, le mec avec un égo pas possible … ainsi on justifie la non-lecture de mes propos, la non-pertinence de ce que j’avance, sophisme classique et vieux comme le monde : s’en prendre à l’auteur, à sa vie, à son intériorité, à son caractère, à son chemin pour dévaluer ses dires. Chose que je ne fais pas avec Tolle et les gens qui me répondent. Je m’attriste aussi car ils loupent la rencontre et c’est cela qui me tient à coeur. En même temps, d’autres personnes, plus rares, ont été ouvertes à discuter et à échanger.

Rien de tel que la science et les traditions pour être critique et donner un tout autre point de vue. Cela n’arrive presque jamais si on reste avec certains « fans » de Tolle. Y a un relâchement possible pour une espèce d’angélisme béat et collectif et collectivement narcissique : on s’aime parce qu’on est pareil, parce qu’on se ressemble. On est loin du spirituel qui est de respecter même ses ennemis et ses adversaires.

« La lumière ne se voit pas en contemplant la lumière mais en regardant l’obscur ». C.G Jung.

Peu parlent de leurs ombres,
Masse du nombre,
Ils se trouvent normaux,
Ils bêlent comme un troupeau,
Cachant leurs déviances,
Leur haine rance,
Par un masque,
Vaniteux,
Discours flasques,
Venteux,
Sur l’amour,
Vite, les sourds !
Un bouc émissaire !
Éliminons l’adversaire !
Le cheminant solitaire

Il est de ma conscience et de mon éthique d’informer des conséquences possiblement nuisibles que peut engendrer le fait suivre les « enseignements » de Tolle à la lettre et cela sur une longue durée.

Ce que mes détracteurs ne veulent pas voir ; ce qu’ils ne savent pas voir, c’est que mes critiques sont ici au service de la conscience et de la Vie parce que la mythologie Tolle peut comporter des risques avec des conséquences possiblement tragiques. Spéculons : Quelqu’un vient à décompenser et à mettre fin à ses jours par exemple après avoir suivi ses « enseignements » parce que le retour du refoulé suggéré par Tolle remonte à la surface. Est-ce que Tolle va reconnaître en partie ses responsabilités ?
Sans faire un procès d’intention, il est possible d’agir comme l’Eglise l’a fait et le fait pour les prêtres pédophiles : elle installe un cadre de refoulement de la sexualité – Tolle propose de refouler le passé et la souffrance de l’individu – un retour de refoulé se produit tragiquement – ils s’en déchargent alors en remettant toute la responsabilité sur le prêtre. Tolle agirait-il ainsi ? La question reste sans réponse. Les critiques sont donc à voir comme des « secouages » de cocotier invitant à la conscience et au discernement. Libre à vous de vous en nourrir pour formuler votre propre critique.

« Dans le cas des troubles mentaux, par exemple, il faut commencer par renforcer le Moi. Il est parfois nécessaire de dire avec force: «Bah, ce n’est qu’un fantasme, après tout!» Ainsi, le fantasme est d’abord dévalorisé, le Moi est arraché à l’objet de sa vision, une distance est créée entre les deux. Il faut à l’occasion recourir à des moyens très énergiques pour provoquer la différenciation. Il peut être par exemple nécessaire de parler très brutalement à quelqu’un pour le réveiller quand il s’enfonce dans une espèce de sommeil collectif, ou d’empoigner et de secouer les gens pour qu’ils sachent qui ils sont. Dans de tels cas, le corps est très important. Une gifle, une bourrade peuvent faire des miracles, en amenant l’intéressé à sentir: «Ça, c’est moi.» Dans certaines circonstances, une bonne claque, physique ou morale, c’est le moyen le plus efficace de s’opposer à la fascination des images. » C.G Jung
– Mon intention :

. – de proposer un regard critique sur Tolle. Je suis consciemment en réaction avec ceux qui ne tentent même pas la rencontre et l’apprivoisement. Quand elle arrive, quand vous me posez des questions sont posées, je suis alors plus proche et m’ouvre à écouter au-delà de l’entendre. Ca me permet de discerner ceux qui sont dans la rencontre, l’échange et ceux qui sont dans des tentatives de pouvoir ou tiennent à défendre une idéologie (ici celle de Tolle) qu’être dans le vivant de la rencontre. En bref, je regarde comment sont les gens dans la relation et pas ce qu’ils disent.

– montrer que s’accrocher à une théorie extérieure (Tolle) peut exprimer objectivement que l’individu n’a pas encore d’espace en lui et prêche la théorie. Quand la critique est forte, ils vont ne faire que la défendre parce qu’elle leur est sécurisante. Pourquoi pas. Mais non, alors, ensuite à la poser comme une voie vers le bonheur.

– Enfin, comme je l’ai déjà annoncé, je respecte profondément le mystère et le chemin de chacun. Je ne critique rien à cela et fait 100 pas en arrière devant la vie des gens avec qui je suis en conflit.

Une critique honnête :

On m’écrit : « On pourrait avancer n’importe quel argument qu’il serait de toute façon un mauvais argument parce que contraire à ce que tu penses »

Je réponds : Non Madame, que ça me plaise ou non, je reste critique et honnête sur le plan de la pensée même si ça m’est inconfortable affectivement. J’ai mes propres pères de pensées, guides, mon ex-psychanalyste jungien (3 ans d’analyse) décédé, j’apprécie C.G Jung, Marshall Rosenberg et ils en prennent aussi pour leur grade. Il s’agit de se relier et de se dé-lier à la fois :

http://clidre.skyrock.com/2898513895-Fondamentalismes-et-fanatismes-jungiens.html

Une démarche vigilante, méfiante, paranoïde et non pas paranoïaque :

« Comment se fait-il que le terme de paranoïaque, frappé du sceau de la maladie mentale, vienne si
naturellement à la bouche de nos contemporains ? Y a-t-il une paranoïa ambiante qui, telle une maladie collective, finirait pour nous contaminer un jour ou l’autre ? Autant être prévenu et établir un système de défense … mais voilà le piège est posé, puisque la suspicion est le 1er signe de l’engrenage ! Face à une personne vraiment paranoïaque, on a le sentiment de ne plus exister, d’être réduit à ce qu’il en dit, pur objet de son postulat. On finit donc par voir des yeux partout, par imaginer des micros, par craindre la moindre erreur et par s’excuser de tout, de vivre même. Ainsi mon complémentaire devient-il mon ennemi, celui que je croyais mon allié, un étranger voué à une cause : me neutraliser, envahir mon jardin secret, saccager mes valeurs, dévaster mon intimité. En effet, qu’est-ce que la paranoïa, si ce n’est la conviction inébranlable de n’être qu’une victime qui, pour se défendre, recompose la réalité au gré de ses interprétations et intuitions ? C’est à la faveur d’un incident particulier (malentendu, rupture, conflit) qu’un caractère particulier , pétri de méfiance, d’orgueil, de susceptibilité, de psychorigidité, déclare un paranoïaque, comme une contre-attaque dûment ciblée. Sommes-nous, tous, dès lors, si loin du paranoïaque patenté par la psychiatrie qui décrypte, tels des hiéroglyphes et elle-même de manière paranoïaque, les
dialogues captés à la télé afin d’en décoder le sens à lui seul adressé ? Le paranoïde lui, fait comme le paranoïaque mais il est dans la métaphore. Il discerne, ne prend pas tout à la lettre, reconnaît qu’il
peut déformer et se tromper. Mais il a le mérite de poser à l’instar du paranoïaque des questions essentielles : celles de la persécution, de la trahison, de l’intégrité, de la manipulation, de la singularité, de la franchise : jusqu’à quel point suis-je concerné par une parole qui s’adresse à tous ? Comment aimer l’autre sans faire confiance totalement, sans entrer dans un paradis qui rejette la trahison ? Qu’est-ce qu’un être intègre et fiable ? Comment peut-on vivre sans peur ? Dans un monde qui traite la transparence comme un des effets sociaux de la vérité humaine, il semblerait sans doute légitime d’être paranoïde, un soupçon « paranoïaque » plutôt que de s’exposer en victime aveugle et consentante. » Gérard Tixie

Enfin, voici le message privé éloquent d’un membre qui va plus loin dans l’analyse. Mon intelligence et mes autres facultés sont issues … de ma colère … qui est malade et énergétivore. Pauvre Einstein, pauvres génies, leur égo et leur colère sont à l’origine de leur oeuvre, de leur maudite oeuvre. Ceci est un bel exemple de diagnostic sur base des théories de Tolle qui empêche toute rencontre :

« Vous êtes un jeune homme très en colère.
Je pars du principe que cette colère est très certainement justifiée et légitime, et qu’il est nécessaire que vous trouviez à l’exprimer.

Toutefois, pouvez-vous considérer le fait que les seules personnes aptes à communiquer avec vous dans ces conditions et sur ce média sont, au choix:

– des personnes elles-mêmes fort en colère, et donc à même de déceler derrière vos critiques et vos rugissements l’Alexandre qui aime l’humain et qui ne demande qu’à être considéré et aimé en retour
et/ou
– des personnes qui ont accompli suffisamment de chemin pour pouvoir vous accueillir tel que vous êtes ici et maintenant, avec votre fureur, et ils ne sont pas légion

Second point : vous êtes doté d’un intellect rapide et puissant, dopé par toute l’énergie de la colère en question, autant dire que vous engrangez de l’info à gogo, et la redéversez à la même allure. Et c’est bien le problème ! La majorité des humains n’ont pas ces caractéristiques (ou ne les ont pas développées, peu importe au final), et vous ne pouvez pas espérer qu’ils vous suivent, de la même manière que l’on n’attend pas d’une 2CV qu’elle gagne les 24h du Mans contre les bolides que l’on sait.

En bref, vous faites chier le peuple sans atteindre votre but : peu de gens souhaitent discuter avec vous et vous ne pouvez convaincre personne en vous y prenant de cette manière là. »

IV) Des critiques nécessaires
A) les « oublis, feintes et esquives » de la mythologie de Tolle

1° La physique quantique rétorque à la mythologie de Tolle :
« Ce que l’on expérimente une fois dans sa vie et dans son corps, on a l’expérimenté pour toujours en soi ». C.Singer.

Et cela se confirme scientifiquement parlant. Des scientifiques étudient, au jour actuel, à Harvard l’approche « la Trame » mise au point et en évidence par un docteur en physique quantique et alchimiste (Patrick Burensteinas). Sa vision des choses est révolutionnaire : on est constitué d’une trame d’énergie qui organise les cellules, une intelligence non-matérielle, énergétique qui est à la fois électrique, biologique, magnétique, particules et ondes comme la lumière. Les expériences vécues sont enregistrées dans la mémoire cellulaire sous forme de vibrations. L’eau qui compose notre corps les enregistre toutes. La somme de nos expériences est ainsi contenue dans notre corps, dans nos cellules. Notre océan intérieur, notre eau intérieur vibre. C’est pour cela qu’on ne peut pas nier le passé, penser qu’on va le mettre aux oubliettes, qu’on va le contrôler, le refouler avec du Tolle, de la pensée positive, … c’est de la lévitation d’individus qui foncent sur n’importe quoi pour éviter leur angoisse, leurs impuissances ? C’est une autre questions que je nous pose. Le passé vit dans nos cellules. Quand il y a un traumatisme et une non-expression des émotions (ici le lien est fait entre physique et psychologique -l’émotion s’exprime de 2 manières : thermique (chaud/froid) et dynamique), il y a une cristallisation de la vibration, elle devient dur comme du roc. Au fil des cristallisations, la personne se rigidifie et devient une vraie statue vivante qui ne ressent plus rien, qui est coupée, qui a un bunker de fonte autour de son coeur. Je vous prouve qu’on A les vibrations et les expériences en soi.
Ce qui est vrai est de l’ordre de l’indicible et marque les cellules profondément et à Vie. Cet état vibratoire complet s’arrête à un moment parce que le toucher est parti. Maintenant, au niveau quantique, au coeur des cellules, les quantas, minuscules gardent cette connexion avec le passé, avec cet état à un niveau très petit et infime. Et c’est l’effet papillon : ce petit, cet infime fait toute la différence. Quand un nouveau toucher se vit, les cellules se souviennent de tout de suite, la mémoire est ré-activée directement. Que le souvenir soit douloureux ou pas.Car je ne suis pas unilatéral : la Vérité n’est pas toute belle, ce n’est pas une entrée en terre sainte, où on est tous beaux, des anges, ce n’est pas une entrée dans le pays des bisounours. Celui qui a été à Auschwitz est marqué à VIE, ça le change à VIE, il a touché l’horreur et la vérité sur le Mal et il ne peut pas nous transmettre ce vécu. La Vérité n’est pas quelque qui est tout rose et tout blanc. Elle est paradoxale. C’est souvent une grosse claque dans la figure, désagréable, on se sent très petit et impuissant. Alors les gens préfèrent rester tranquilles dans leurs certitudes ? Le passé ne peut être évité et contrôle. Il est encore présent. Quel est donc le but de Tolle ? Le refouler ? Le nier ? Se couper de parties de soi douloureuses ? Son approche apparaît alors comme un anesthésiant, un soulageant. Est-ce un emplâtre ? Une perte de temps ? De l’argent jeté par la fenêtre ? Ces questions, je nous les pose.Quoiqu’il en soit, le passé ne peut être évité parce qu’on est incarné et que les cellules se souviennent. La technique de Tolle permet quoi ? Elle permet non pas de créer un pouvoir mais bien de se reconnecter avec une vibration qui vient … du passé.

2° Le regard de la psychologie vient du passé ? Il n’est donc pas pris en compte :

Tolle dans sa mythologie spiritualiste new-âge ne prend pas en compte ni la science psychologique ni la science physique. Elle n’est ni prudente, ni discernante, ni patiente, ni tempérante, ni nuancée. Sa théorie fait comme si ces sciences n’existaient pas et elle continue de postuler ce qu’il postule en dépit des faits et ce qui est éprouvé. La démarche est-elle alors pertinente ? Suis-je pertinent si je construit tout à partir de moi-même ? La mythologie de Tolle semble bien poser sa vision des choses comme la vision des choses étant donné qu’il ne passe pas par un autre que lui-même. Il n’est pas en relation avec le monde. Sa mythologie est philosophiquement parlant, sur l’échiquier philosophique, un solipsisme et une redéfinition complète des choses, du monde, de la vie, de la psychologie comme Onfray le fait pour l’histoire de la philosophie. Gérard Haddad témoigne de cette dynamique de « bibliocastie » dans son ouvrage :

http://www.mollat.com/livres/gerard-haddad-les-folies-millenaristes-les-biblioclastes-9782253943259.html

Ainsi donc, si je fais comme Tolle, je crée ma théorie, mes concepts et pose en certitudes mes opinons sur l’étoile. J’en fais une science qui est aveugle, sourde à toute autre regard que la sienne. On retrouvera cette coupure plus tard. Cela nous amène une question : Puis-je poser mes théories et mes concepts, mes opinions sur les étoiles comme étant crédible en faisant fi de tout et de poser mes paradigmes en certitudes voire en dogmes ?

Pourquoi écarter ces sciences ? Les oublier ? Elles font aussi partie du passé ? Elles ne collent pas avec sa théorie ? Elles dérangent donc ? Car, en effet, tout est centré sur le présent. Même la théorie et le mythe sont écrits au présent.

Je suis en colère donc je suis malade, donc je suis dans l’égo, donc j’achète le livre, les cartes, je regarde les vidéos et je vais dans les stages pour « apaiser » mon égo. Alors que ma colère est saine, m’invite à prendre mes responsabilités et à poser des limites claires pour préserver ce qui est essentiel en mon coeur voilà ce que montre la psychologie archétypique et analytique. Elle est issue d’un instinct, propre à l’humanité naturelle. La psychologie de Tolle en fait une sécrétion de l’égo, l’expression de sa maladie.

La colère est-elle dès lors pathologique ? Pourquoi unilatéralement la voir ainsi ? La théorie de Tolle est-elle une médecine au sens légal du terme ? Il donne des diagnostics (corps de souffrance), dit comment les soigner ( en étant présent). Est-il dans une prêche thérapeutique généraliste et systématique ? Une psychopathologie qui balaie la psychiatrie, la psychologie, la psychanalyse et résume tout à la sienne ? En disant à des gens ce qu’ils ont comme maux, pourquoi et donne ensuite le remède, usurpe-t-il la place et la fonction du médecin et du psychiatre ? De nouvelles questions que je nous pose.

B° Critique des unilatéralités sur l’égo, l’amour, l’attachement, le corps de souffrance : invitation au discernement – Rectifions le mythe et la psychologie de Tolle :

1) Les nouveaux démons

« Les bien portants sont des malades qui s’ignorent » Docteur Knock.

Le jugement n’est pas nécessairement un problème. Là une nuance est posée. L’unilatéralité ne veut surtout pas juger alors qu’on ne peut pas éviter de juger, c’est une fonction psychique humaine bien utile que la nature a mis devant nous. Le jugement est à ainsi à dépasser. Sinon, on risque de tomber dans la condamnation. La psychologie clinique de Rogers et Rosenberg montrent que le jugement est l’expression tragique de besoins vitaux. Le jugement peut être ainsi comme une porte au besoin. La communication non-violente nous invite alors à l’apprivoiser, à l’écouter et pas à le rejeter et le refouler.
Il s’avère ainsi que le rejet de l’égo, le fait de se pose en majesté spirituelle « moi je vaincs mon égo, je le contrôle » évite l’apprivoisement de parts de soi bien vivantes. Est-ce dès lors thérapeutique que de les léviter/l’éviter par un pouvoir du moment présent qui dit les apaiser et les dissoudre ? Le rejet de l’égo n’est-il pas une volonté de l’égo lui-même ?
Qui suis-je pour dire qu’une partie de moi-même, une part de ma psyché ne sert à rien, est nécessairement mauvaise ? Les catholiques l’ont fait avec la sexualité. D’autres se posent en majesté spirituelle en pensant qu’il ne juge pas. Le jugement, le passé, l’émotion, la pensée, l’égo, le corps de souffrance sont devenus les diables à combattre par un pouvoir salvateur. La mythologie de Tolle, de ce fait, s’inscrit pleinement dans une lecture catholique des choses. Son mythe s’ancre dans le mythe chrétien. Tentant de s’extraire de toute tradition et de tout inconscient collectif (ce qui est impossible) pour « pouvoir les améliorer toutes et tous », Tolle n’échappe pas à ce que sa théorie, son logos soient mythologiquement reliés à des mythes collectifs qui le dépasse. Tolle a ainsi inventé une nouvelle Eglise dans le sens catholique du terme. La communion se fait par le moment présent. La technique proposée devient une voie royale, un sacrement vers l’expérience spirituelle.
2) Concernant le passé :

On est exactement là dans une conspiration contre l’esprit. Le passé se prend comme une pièce de monnaie. Pile et face. L’invitation de bien des traditions spirituelles, de la science est de l’accepter et non de léviter/l’éviter avec du conditionnement mental complètement artificiel et qui vivisectionne la psyché de ses parts. En plus de faire de manière maladroite et inconsciente de la psychologie, son approche n’a rien non plus de spirituel, c’est même l’inverse: c’est une lutte contre l’esprit, une recherche de « pouvoir » ici avec le présent pour éradiquer un « corps de souffrance ». Y a qu’à tous le faire, l’appliquer à la lettre et la Terre va changer complètement en un claquement de doigt.
L’approche est donc simpliste, trop pauvre, réductrice et unilatérale donc nuisible. Rectifions la mythologie/psychologie Tolle et ses unilatéralités.

« Vous ne pouvez vous trouver en retournant dans le passé, mais c’est possible en revenant dans le présent. »

Quelles sont les bases, les preuves et les études psychologiques qui montrent cela ? Parce que c’est exactement l’inverse montrent les dernières recherches. La psychologie archétypique montre qu’une vie se construit sur l’akène. La présence, c’est 3% d’impact sur une vie. Ce n’est pas un pouvoir. La mythologie de Tolle suggère qu’un coup de cuillère dans l’océan a le pouvoir de créer des vagues.
On a alors la promesse d’un paradis toujours présent et éternel alors que cette dimension n’est pas un lieu paradisiaque.

3) La technique ne crée pas l’expérience spirituelle :
Tolle a vécu une expérience spirituelle, il en pond ensuite des concepts, écrit des livres, ouvre des magasins et me croire que suivre une technique fera vivre l’expérience que lui a vécu ou permettra de vivre le bonheur. D’un coup de présence, me voilà libéré de tout. Le nirvana consommé directement, atteignable en quelques secondes, voilà le raccourci proposé. En regard des traditions, des étapes, du cheminement, est-ce pertinent ? Est-ce vrai ? Les traditions montrent que l’expérience spirituelle ne se contrôle pas du tout et qu’elle ne se crée pas avec du pouvoir. Pourquoi donc affirmer le contraire ? Quelles sont les motivations qui sous-tendent de tels propos ?

4) Rectifications de l’unilatéralité du mythe de Tolle envers l’égo et le mental. L’approche suivante est cohérente et pertinente au regard de l’alchimie et de diverses traditions spirituelles ésotériques.

A) Introduction : l’égo :

L’égo est bien nécessaire dans ma vie et mon chemin. L’égo est un problème pour ceux qui ne le voient que comme un ennemi. Il faut donc le tenir en laisse (et prendre ce contrôle pour de la majesté spirituelle). Celui qui veut le tenir en laisse ne l’a pas encore apprivoisé, n’a pas encore sur le relier au Soi. Celui qui l’a apprivoisé peut en jouer, faire appel à lui et le faire battre en retraite. L’égo est alors comme un petit clown, un caporal, un batteur de triangle qui est au service alors du maître du cirque, du général et du chef d’orchestre qu’est le Soi. Il y a un sacrifice, un don complet de soi dans l’engagement amoureux et c’est l’égo, qui dans l’incarnation va se mettre en batterie pour le signifier. Une prise de risque dans l’amour. Sauter en élastique sans parachute alors que dans notre société, les gens veulent X garanties, X assurances sur leur avenir ou sur la prise de risques. L’égo est alors comme un accélérateur et un frein. Allié avec le mental et quand il est relié au Soi, le mental permet une discrimination très précise des valeurs et de leur hiérarchie et d’agir suivant cette échelle. Le mental est ainsi au service de soi et n’est pas unilatéralement mauvais. Je refuse de passer à une diabolisation catholique par des péchés notamment capitaux pour rentrer dans une diabolisation qui prend une autre forme et qui est plus orientalisante : égo, mental, corps de souffrance. Il y a du bon dans l’égo et le mental. Concernant la discrimination, c’est comme la vision de l’aigle qui peut voir un lapin à 1 km à la ronde et ce de manière fine et précise et c’est le seul animal à pouvoir regarder le soleil sans se brûler les yeux. Il a quelque chose de l’ordre de la lucidité et c’est la douleur la plus proche du soleil selon René Char. Il pourra ainsi discriminer et se lancer sur sa proie si cela est très haut sur l’échelle du Soi. Par ex, si on me fait une queue de poisson, je vais pas commencer à m’acharner sur le gars en face ou dans une foire à vin, me jeter sur les meilleurs bouteilles parce que je sais intimement que c’est une ivresse éphémère. Par contre, pour l’aimée, là l’égo accélère. Une vie qui rejette l’égo unilatéralement est dans une double contrainte tragique : il ne peut ni freiner ni accélérer. Il ne peut pas monter les pentes, il reste plat. Il n’incarne pas des valeurs, il se contrôle tout le temps. Quand il arrive en haut d’une colline et qu’il descend, il ne sait pas s’arrêter et il se prend un crash, un mur et un arbre.

B) Autre unilatéralité de la mythologie deTolle : amour-fusion-attachement-passion est nécessairement égotique et amour universel et mesuré pour tout le monde, c’est être dans le Soi.

Ces propos proviennent d’études métaphysiques, alchimiques et peuvent se relier imaginalement aux mythes grecs de Narcisse (égo), de Psyché (l’âme) et d’Eros

‎1/le premier paradigme philosophique est la définition du Soi. Le Soi est le point de vue , en clair, l’endroit d’où je vois le monde, depuis mon être, mais je ne peux jamais voir mon propre Soi, je ne peux voir que mon Moi qui en est un reflet partiel et fallacieux. Il est donc une métaphore, il ne faut pas s’y identifier littéralement et unilatéralement ni le prendre pour un dieu. Le Moi égo n’est donc centre de rien ou moteur de rien. Par contre il est une expression symbolique de mon Soi, il est en réaction. Une métaphore pour comprendre et simplifier sans vulgariser ? C’est comme un câble d’accélération ou de freinage à la puissance véhiculée par le Soi, le Soi comme lieu de synthèse de la pensée , de l’esprit , du discernement et donc de ce que » j’aime ». L’égo en tant que profil et projection est incapable d ‘aimer, de s’attacher et encore moins d’être en fusion et de réveiller des passions, des sentiments et de la souffrance. Elles sont de l’ordre de l’âme. La vision unilatérale de Tolle du corps de souffrance est un refoulement de l’âme qui est associée littéralement au moi qui se prend alors pour un dieu : « je suis le créateur de mes émotions ». Cela place Tolle sur l’échiquier psychologique et philosophique en humaniste anthropocentrique : le moi, l’égo est un véritable dieu, un démiurge capable de créer toutes ses émotions, il est le centre de ses souffrances, il en est le responsable, il en est la seule et unique cause. Le monde extérieur n’est alors qu’une simple projection du monde intérieur. Ce qui revient à dire que l’abusé de quelque abus l’a en fait cherché et l’a attiré avec ses pensées. Une autre perspective plus « daïmonique », « animique » est proposé par Jung et Philip Harpur :

<<Philémon lui enseigna quelque chose d’essentiel, qui donne la clé de toute sa psychologie, c’est la réalité de la psyché. Il le fit avec beaucoup d’art. Il expliqua que Jung considérait ses propres pensées comme s’il les avait créées lui-même (ce qui est, en effet, le préjugé occidental habituel). Mais Philémon lui dit que, à son avis, les pensées ressemblaient aux animaux d’une forêt, aux gens réunis dans une pièce, et il ajouta : « si tu vois des hommes dans une pièce, tu ne prétendrais pas que tu les as faits ou que tu es responsable d’eux. » C’est grâce à Philémon que Jung apprit le caractère objectif et réel de la psyché, son existence absolument indépendante. Nous pouvons l’explorer, mais nous ne pouvons agir sur elle que de manière excessivement limitée, si tant est que nous parvenions jamais à l’influencer. Je crois que c’est un point crucial, car c’est la source principale de l’incompréhension à l’égard de la psychologie jungienne.>>Barbara Hannah parlant de Jung

Notre propos ici remet l’égo à sa place sans le rejeter ni en faire un Dieu tout-puissant. Là où la mythologie de Tolle le divinise, en fait un être plein de pouvoir, un dieu créateur, Jung dit simplement qu’il peut être en contact avec son âme qui génère de l’anima-tion en lui. Le rôle du moi, de l’égo est alors d’apprivoiser cette animation, de dialectiser, de parler, d’échanger avec elle et cela consciemment. Le Renard dirait au Petit Prince d’apprivoiser sa rose, ses épines, son rayonnement, ce qu’elle est et ce pleinement dans sa fragilité et sa force (ses épines). La mythologie de Tolle invite donc à reconnaître l’égo comme un dieu et ensuite à le tuer symboliquement par un pouvoir pris sur lui. Refouler, ne pas apprivoiser, ne pas dialoguer, ne pas échanger avec les parts de Soi, est-ce thérapeutique pour l’âme ? Est-ce ainsi que se crée un espace en soi pour accueillir l’esprit ?
La mythologie deTolle invite donc à ne pas se relier à l’âme (corps de souffrance) mais à léviter par un état mental qui se met entre les deux. L’état mental est alors comme un anesthésiant. Ne ressentant plus d’émotions et d’angoisses, l’individu a reçu la suggestion que ce vide d’émotions et de pensées, ce « néant » est en fait la vacuité et le nirvana. Voilà un regard critique sur la mythologie Tolle. Reprenons sur le Soi et l’égo.

‎2/ le Soi est donc le siège de ce qui est essentiel. Quand je tombe amoureux c ‘est le Soi qui s’éveille, pas le moi. L’alchimie sexuelle avec un être précis, c’est la réunification du Soi pas du moi : je vois le monde avec l autre. L’ego, lui, réagit à cela : il va prendre des postures naturelles de bien-être et d’ affirmation puisque le Soi lui renvoie cette information capitale. Le Soi est confirmé dans l’universel
, le Soi veut garder cette confirmation pour irradier et vivre dans la plénitude. De ce fait, l’égo réagit en corrélation mais ce n’est pas lui qui pilote une bonne fois pour toute. La jalousie qui réveille alors n’est pas nécessairement une maladie de l’égo. Elle est voulue par le Soi.
L’alchimie amoureuse n’est pas que question de vouloir, il ne suffit pas d’être parfaitement « blanc » et hyper disposé : il reste la magie d’éros , le souffle , il faut une dimension épique. On ne possède pas en alchimie, on s’abandonne justement , on accepte de fondre son univers avec l’autre. La possession c’est autre chose . La jalousie et l’anxiété de la perte sont liés au processus alchimique lui-même et c’est donc naturel et non-pathologique de la vivre. Elle exprime justement un désir de l’âme de préserver le contact avec son archétype, ce qui a été vécu et de ne pas revenir au « moi » car le moi est petit et étriqué. L’alchimie libère l ‘âme de son étroitesse , on veut plus revenir dans des angoisses réductrices ou un quotidien morne. La jalousie , l’anxiété sont la sauvegarde du Soi , dans ce cas-là bien précis. Il y a ainsi plusieurs jalousies : une émanant de l’abus de pouvoir (désir de posséder, envier autrui, domination non-alchimique)et une autre, celle du Soi et de l’âme, qui visent la défense de leur parcelle d’éternité conquise. Le principe exclusif de l amour est le suivant en alchimie : je ne veux pas que celle ou celui que j’ai laissé pénétrer à ce sanctuaire, à cette hauteur du Soi descendent : ils veulent la maintenir en haut et l’égo alors agit pour défendre cela. C’est pas une exclusion discriminante et mauvaise : je rends grâce a celle ou celui qui m’a métamorphosé. De si haut, épousant l’âme, le Soi, je peux, dans l’incarnation et avec l’égo, irradié, donner, transmettre , partager, être généreux , humble. C’est là qu’on touche un grand dilemme : l’alchimie est du domaine du sacré , l’aimé est divinisé. Pour moi, c’est naturel et me rend heureux, pour d’autres, c’est pathologique. Il y a un problème quand les apôtres du pathos comme la psychologie  de Tolle vienne me dire « en fait ton bonheur est pathologique, ta jalousie est issue de ton égo ». En bref, quand on veut me faire croire que ce qui me comble est en fait un poison.

‎3/ Un exemple concret, celui du vin dont j’ai déjà parlé: je vais à une foire où l’on vend du vin. Il y a plein de jolies et bonnes bouteilles, mais qui discrimine ce que l’âme aime de mon désir égotique ? Le Soi encore une fois , mon Soi détermine que le vin, je m’en fiche : c’est une courte ivresse, donc l’égo ne réagit pas, il ne se met pas en batterie, il laisse les personnes prendre les bouteilles et se précipiter dessus. Par contre, le Soi détermine qu’en amour, cette femme est une vibration essentielle , une alchimie pour laquelle il faut se battre. Alors, l’égo se réveille si ça émeut et touche le Soi. Il se met alors en batterie, il met en acte les stratégies de l’esprit du désir et de la fusion dans le Soi.
En résumé, un individu identifié à l’égo ne sait pas discriminer. Il est incapable de permuter du Moi au Soi, donc à la foire à vin ,en amour et partout où il va passer devant les autres, il va vouloir s’affirmer. Il n’ y a donc absolument aucune mais vraiment aucune liaison même subtile entre un égo et un état fusionnel et d’attachement. Celui qui ne sait pas faire le distinguo n’a jamais aimé par Soi lui qui est une confirmation terrestre et céleste donc entre immanent et transcendant. Qu’il soit donc dans le désir permanent de tout (amour universaliste), ou bien dans le désir de rien, c’est a dire une majesté qui « aime tout le monde », il est exact de dire qu’il est un individu-égo. Ce qui suit est une métaphore : donc le prochain qui me casse les noix avec la fusion= »ego bête et méchant », je mettrai en acte ce que je viens de dire: mon égo collera « une claque » avec deux bagues antiques(le sceau authentique) , histoire que l’ivresse de la passion magique se manifeste a son Soi autrement que par les bouteilles de vin qu’il a piqué aux autres pour son ivresse d’artifice.

Je répète différemment, les mêmes images peuvent revenir :

Attention au « double ego », je ne critique pas l’amour agape , ou l’union sans passion sauf si celle ci s’érige en « bon » amour contre un « mauvais ». En effet, la dissolution de l’ego de façon permanente (note de ma part : volonté spiritualiste) , c’est une illusion. La dissolution de l’ego et l’accès au Soi se passe aussi
dans l’état fusionnel . Se placer en grand sage et se poser en majesté spirituelle dans la volonté de tenir l’ego en laisse ,c’est être aussi dans l’ego. L’égo, en effet, ne produit rien, c’est un profil. Narcisse peut le piloter ou pas. C’est une posture réactive ou d’affirmation du Soi. Donc vouloir le dissoudre a tout prix, c’est signe plutôt d’un individu-ego justement qui n’a pas rencontré son Soi. L’égo peut se manifester, pourquoi pas, tant qu’il ne se substitue pas au Soi. Il est le fond et l’essence, l’ego c’est une manifestation formelle et incarnée qui est nécessaire et voulue par le Soi. Le narcissique est fasciné par le reflet de Soi. Il est incapable d’aimer y compris dans l’état fusionnel. Pourquoi ? Parce que le Soi c est la vision du monde, c est d’où je situe le monde. L’égo ou moi, c’est une projection, un reflet, un profil. Notre narcissique ne peut pas s’aimer et aimer car tout simplement, l’état amoureux fusionnel,c est la réunification du SOI et non du moi. Je vois avec l’autre le monde. Le Soi se vit dans la reliance. D’où cet état si particulier de plénitude que l’ego seul ou un moi satisfait est incapable de vivre ou de ressentir tout seul en appliquant une technique. Le Soi passe par l’altérité dans la reliance.
C’est pareil pour l’inverse : se dire par injonction : « Je maitrise mon ego , je fusionne avec l’universel en aimant tout le monde, peace and love, etc » C’est être aussi dans l’égo, hors du Soi puisqu’il n y a pas accès au Soi. En effet, le Soi n’a pas besoin d’injonction : il vit les choses. Il est et devient moitié spirituel moitié matériel. En quelque sorte, il y a jonction entre immanent et transcendance. Comme un pont. L’ego qu’il soit narcissique, soit. Mais béatement universel n’est qu’un reflet et non une maitrise du Soi. Ainsi l’ego n a rien avoir avec l amour, l’attachement non plus. C’est pas l’égo qui attache. A la rigueur, il a la faculté de distendre ou tendre les relations. Sous forme de métaphore, l’égo est comme une pédale de frein ou un accélérateur. Ce n’est pas le moteur. Du reste les individus-ego s identifient très souvent dans la masse et la pensée dominante contrairement à ce qu’on pense. Les autres reliéd au Soi ont accès à une vision plus profonde et haute du monde. Ils se méfient moins de l’égo. En outre, ils savent en jouer et parfois le mettre en avant , pour provoquer ou inciter une alchimie ou quelque chose de plus substantiel qui les dépassent. Un individu identifié à l’égo est hermétique et ne comprend rien à la métaphysique ni même a l’intuition. Il est rationaliste, technicien souvent pour se contrôler, se domestiquer lui et son environnement. Ce n’est pas le même contrôle que celui qui a accédé au Soi. Lui, il est dans un relativisme entre « essentiel et sans importance ». L’individu-ego cherchera a défendre ses gains ou acquis dans tous les domaines. Celui du Soi cherchera a conserver la parcelle d’éternité et ils n’ont strictement rien à voir : ce n’est pas le même plan. C’est l’erreur d’un Ledru par exemple qui met l’amour sur un plan temporel et d’avenir terrestre. Par exemple, à la foire du vin ou dans un domaine annexe, je vais pas me battre ou chercher a m’imposer. Je laisse les autres prendre les meilleures bouteilles. Je m incline et mon égo ne réagit pas. Parce que mon Soi s’en fout : ce n’est pas essentiel pour lui. Par contre en amour ou sur un domaine autre, le Soi est en éveil en tension et l’égo se réveille. Pour simplifier, le Soi pour simplifier, c’est de là d’où je vois. C’est un endroit, une stase. Pour qu’il soit éveillé, il faut qu’il ait été quelque peu « confirmé » dans le réel pour éliminer les fissures « noires » du doute. Il n’y a que l’amour qui apporte cela. C’est un amour fusionnel. Pourquoi ? Parce que le principe de l’un est une réunification de l’être dans une confirmation spatio-temporel. « C’est pas je pense donc je suis », c’est « j’aime donc je suis ». Insistons sur une chose capitale, le siège de la pensée, du mental c’est le Soi. Pas l’égo. Ce dernier ne reçoit que les informations en second. L’égo subit une inspiration. De même, le Soi ne peut être trompé. Exemple, on joue aux cartes, je triche. Personne ne voit. Je peux duper. Tout le monde y compris mon « moi » va dire « oui il faut gagner » mais mon Soi sait que j ai triché et que j ai pas gagné. Au contraire de la vision anthropocentrique et mythologique de Tolle (qui confond le moi et le Soi), le moi ne peut être le moteur et le créateur de quoi que soit : il ne peut nier créer la vacuité ni le corps de souffrance par une technique, des protocoles et des recettes. Permuter le moi et le soi. Alors, oui, le moi a peut-être une puissance et une certaine maitrise sur le temporel mais rien en substance. La substance reste le Soi.

L’égo non relié au Soi est de masse, cache son arrogance, se fond dans la masse.
La mythologie de Tolle confond l’égo avec l’identification avec celui-ci. Ce n’est pas l’égo qui a explosé dans son cas, suite à son expérience spirituelle, mais l’identification qui s’est assouplie parce qu’il s’est relié au Soi. Tolle a-t-il créer ses angoisses et ses envies suicidaires ? Non. A-t-il créer par une technique son expérience spirituelle ? Que sert alors à sa technique ? Ca lui sert à se relier à son Soi.
Tolle a bien un égo bien présent pour affirmer qu’en suivant sa technique, on va construire une « Nouvelle Terre » débarrassé du démon qu’est « l’égo et le corps de souffrance », les 2 diables. Il est cependant moins identifier à ce qu’il est. L’égo est nécessaire à la rencontre avec l’esprit. Le chemin spirituel est un chemin pas nécessairement confortable de désidentification. Une fois désidentifié, l’égo n’est plus un ennemi, un monstre à abattre, c’est un petit clown qui se maquille en monstre. Il est facile de voir ceux qui sont identifiés donc absent d’esprits (les hyliques dira la gnose) : ils prennent tout contre eux et tout à la lettre. Ils s’identifient et vont vous identifier à des étiquettes, .
D’un point de vue psychologique, la mythologie de Tolle est donc fausse dans ses propos. Ca peut même être dangereux car l’explosion de l’égo, explique Jung, est le symptôme majeur du psychotique. L’absurdité peut être entendue même comme telle: faites exploser votre égo et vous vivrez l’illumination donc devenez psychotique, c’est le bonheur.

Personne ne vous en empêche d’avoir vos opinons , chacun a ses clés (métaphore pour dire chacun ses opinions) pour ouvrir ses serrures, mais bon si on arrive dans une équipe de foot et qu’on a jamais joué , on s’improvise pas entraineur. L’apprenti ne se déclare pas maître et connaisseur parce qu’il a eu une expérience spirituelle, avoir des opinions et des croyances n’est pas encore connaître. Force est de constater que l’alchimie comme je la dépeins est une voie royale , royale dans le sens ou très peu de gens la vivent , c’est bien le drame. Dans une civilisation où on a accès à tout, tout de suite, on oublie l’essentiel, pire en » radical-alchimiste », c’est limite si on se fait pas botter les fesses par des tartuffes de la séduction et du rapport amoureux , des prophètes spiritualistes et scientistes avec des modes d’emploi du « juste rapport amoureux », on se prend des leçons de négationnistes. Je pèse mes mots : des négationnistes profanes de l’alchimie, à la prose sans ailes , dépassionnés, champions de « l’éclate, de la soirée » ou du « moi j’aime tout le monde, c’est le seul amour véritable, le détaché ;(l’attaché est un malade mental dans son égo), oui je m’éclate pas moi et je lévite pas. Je me rassemble et rencontre , j’unifie. Heureusement que l’alchimie aide à être magnanime.

Atteinte à l’égo, atteinte à l’âme

Nous allons ici aborder
l’importance de l’égo en tant que conscience du Soi et rempart contre l’annihilation psychique qui menace la psyché toute entière. Le moi est alors comme une sentinelle responsable d’un empire. S’en prendre à l’égo est ni plus ni moins une tentative de meurtre sur le gardien de la psyché. Qui est alors mise bien en danger.

Dans la mythologie égyptienne, Seth est l’archétype de l’égo terre-assez par le Soi, mis en terre et mis au service du soleil. Il est condamné à pousser le soleil, l’astre apollinien. Mais il fait plus que cela : il le défend. Il défend le Soi. Mais contre qui ? contre le grand serpent qui veut le dévorer. Ce serpent est l’archétype du Néant. Il est analogue au python du mythe apollinien. Le néant est aussi la force inconsciente, l’ombre sombre du Soi qui veut annihiler toute vie, toute conscience. Le moi, l’égo, créateur de conscience est donc aussi celui qui est nécessaire pour ne pas être dévoré par les forces annihilantes présentes dans l’inconscient qui concrètement font éclater le moi, l’éthique, toute âme, tout « éthos ». Jung y insiste aussi sur cette fait et à sa façon en montrant d’une part que des applications littérales desphilosophies orientales sont nuisibles pour la très grande majorité d’occidentaux. D’autre part, il montre des cas où le moi est littéralement pulvérisé par ce qui annihile et qui est dans l’inconscient.
La fonction du moi est de sécréter de la conscience. Il s’agit de lire « les racines de la conscience » de C.G Jung. C’est Freud qui insiste sur le fait d’avoir des défenses solides et saines comme la sublimation, l’humour, la métaphore pour expier le sombre et ne pas se laisser annihiler. Harpur montre que la métaphore est ce qui est nécessaire pour éviter la pétrification qui vient de l’archétype médusien qui vit au fond de la psyché et qui pétrifie, transforme en statue de pierre. C’est la catatonie psychique, la dissociation, le moi est mis en pierre : il n’a plus de relation à l’esprit et à l’âme. Il est comme une statue. Il pétrifie l’espace et il est pétrifié. Psychiquement, il ne bouge pas. Il n’est pas n’importe quelle statue : il n’est pas une sculpture, une oeuvre d’art, une oeuvre de la nature : il est une pétrification instantanée de la conscience. Quelque chose a littéralement fait volé en éclats sa conscience, son moi. C’est une pierre de l’Hadès médusien. Le moi est annihilé. Il n’est pas mort. Il n’est plus rien. C’est ce qui vit Commode dans Gladiator quand son père lui apprend qu’il ne sera pas l’empereur. Il vit sa pétrification, il est médusé. Il va alors être possédé par le sombre et s’identifier au Soi qu’il va prendre pour le moi. Annihilé le moi ne peut que s’identifier à annihilation pour continuer à survivre. Il va devenir un annihilateur de tout âme, esprit. Le moi n’existant plus dans l’incarnation, il va se sentir exister par procuration dans quelque monde virtuel, mentalement crée où il croit avoir du pouvoir, va nourrir son besoin de reconnaissance par des bouffés mégalomaniaques de toute-puissance et de grandeur. Là, il existe et est populaire ! Il va utiliser ce qui vient de la psyché pour sa propre gloire ou reconnaissance. L’art est détourné pour la statue de lumière qu’il croit être. Comble de la pétrification, la statue de pierre annihilé se prend pour un cristal ! C’est l’archétype Prométhée/Narcisse qui devient l’archétype de Typhon. La dissociation est entamée. Louez-moi, aimez-moi dira Commode. Il forcera l’amour et la reconnaissance et terrorisera pour cela. Il éliminera tout ceux qui lui rappelleront qu’il est pétrifié et pétrifiant, qu’il  n’a pas d’âme et d’éthique.Son seul désir est d’avoir sa statue, d’être une statue.
La statue est accrochée à l’image pétrifiée de lui-même. Il a été annihilé par quelque force dans sa vie, l’impuissance peut être une annihilation et n’a pas su, n’a pas pu, n’a pas voulu faire face. Pour survie, il s’adapte pathologiquement. Son poison, c’est son remède. Annihilé, n’ayant plus rien, il s’accroche à ce qui est là : l’annihilation. Il va devenir alors annihilateur. Volonté d’être un dieu, statué et d’être éternel dans l’ici-bas ? Probablement car c’est de là que vient sa mégalomanie? Je lis un livre sur le Seigneur des Anneaux et Archané est associée à … Méduse ! Elle catatonise aussi mais en rendant tout flasque. Ce qui revient aussi à être pétrifié à l’envers. L’inconsistance de l’archétype statuesque car au fond, y a statue et statue : celle de glue comme celle de roc et si elle vient de Méduse ou d’une oeuvre d’art.

La Statue combat ceux qui lui révèlent son annihilation ou les moyens annihilateurs mis en place. Il cherche surtout à être vu, aimé, qu’on parle de lui. Il va annihiler celui ou ceux qui le montrent tel qu’il est ou qui ne l’aiment pas. Il a besoin de s’acharner pour réfuter quelques propos qui le remettent en question. Il va alors diaboliser un individu, un groupe pour qu’on le discrédite. Faut surtout pas qu’on le croit. Si on attache autant d’importance à ce pestiféré, c’est parce qu’il dit des choses qui touchent vraies, qui font mouches. Tragiquement, elle attire l’attention sur ce qu’elle veut éliminer et ça fait réfléchir. En voulant évincer Maximus, Commode le sert indirectement. On est indifférent avec ce qui est faux, on ne va pas réagir. Il peut réellement, pense-t-il, contaminer les esprits et les pensées. On en fait un pestiféré qui va soit vous contaminer soit vous attaquer.
Méduse n’est pas une mince affaire, un archétype facile.
C’est la pierre de vie, vivante en l’arbre, l’Ent qui s’oppose à la pierre flasque, molle ou la pierre médusée qui n’est qu’une statue d’effroi et effroyable. C’est simplement cet aspect effroyable qu’on cherche à dissimuler. L’effroi est alors l’autre, l’effroyable est l’autre. C’est lui le monstre. Méduse est dans le regard. Le pétrifié devient pétrifiant. Le médusé devient une Méduse et il change la focale par la suite.
Persée lui porte la tête de Méduse comme Athéna par la suite. Ils savent pétrifier ce qui a besoin de l’être cad ne pas donner de regard à cela, mettre en pierre. Méduse est utilisée ainsi contre le Kraken par Persée. On pétrifie le véritable monstre. Méduse, le poison devient le remède.
La sagesse a quelque chose de pétrifiant. Méduse, ennemi de l’esprit, est condamné elle aussi à défendre les héros, les filius, la pierre philosophale. La harpie est mise au service d’Athéna. En bref l’esprit. On la terrasse comme le dragon : on lui fait perdre ses émotions, on la vide. On lui coupe métaphoriquement la tête mais jamais de face et après réflexion. Elle est ainsi expiée. Comme Seth.
Comme les harpies sont dans le cortège d’Athéna et protègent, s’acharnent contre ceux qui défendent l’esprit. C’est un transfert/contre-transfert. Y a un harcèlement psychologique inconscient qui se fait. De psyché à psyché. L’autre vous obsède sans l’avoir voulu, il est dans vos pensées, ce qu’il a dit et fait vous obsède, vous harcèle de l’intérieur. C’est l’oeuvre des harpies. On associe ce harcèlement au moi. L’autre vous a serré par le haut avec ses serres, son esprit et ses pensées, ses paroles ont été comme un chant de sirène. La harpie est en train de charger. Métaphoriquement et psychiquement bien évidemment. On vous en voudra d’avoir parlé, d’avoir dit, d’avoir fait car ce que vous avez dit m’a pénétré malgré moi, m’a touché, je ne peux pas l’accepter, le tolérer. Je renie l’esprit, cette rencontre, l’âme. L’âme alors devient harpie, l’esprit ailé s’allie avec l’âme toute séduisante et proche des sirènes, c’est un monstre qui vous harcèle dans la psyché de l’intérieur. Mais le problème, c’est qu’il y a pétrification. C’est enfermé à l’intérieur. Alors, viens le processus alchimique où on décompose la statue, la fausse pierre, pour expie la harpie, on lui trouve âme et esprit puis on refond le métal. La lumière peut rentrer un peu à la fois. C’est ce que fait un bon psy. Un psy qui veut de l’intérêt, votre pub, votre approbation va vous donner exactement ce que vous voulez : il va confirmer vos théories et consors. Par ailleurs, pas oublier que la harpie est un fantôme , il tourne autour de vous, il est présent sans l’être, …

Revenons sur l’égo.

Bien des occidentaux, maladroits, sciemment ou parce qu’ils sont déments, ont compris, pour la plupart, les mythologies orientales littéralement. C’est tragique car ils condamnent ni plus ni moins l’égo à mort. C’est comme cela qu’ils les interprètent. La mort de l’égo est ni plus ni moins le signe d’une dissociation psychique. Donc en plus d’annihilé, le néant détruit toute vie psychique car sans égo, sans moi pas de relation du « je » avec les autres archétypes et la vie.
Les orientaux disent qu’il ne meurt pas mais qu’il s’efface. Mais la psyché occidentale n’est pas l’orientale et l’égo ne s’efface pas aussi facilement. Cet effacement a, sur beaucoup, l’effet d’une dissociation. Il est nécessaire de faire avec le « moi » et cela passe par l’alchimie qui est une transformation de la conscience (du moi) par l’esprit (Sel du sel) qui le relie au Soi, à la pierre. Ce sont les narcissiques du coeur qui font, reliés à l’esprit qui gagnent un peu à la fois de l’âme. L’esprit se psychise, s’anime. Et la vision du monde change. A l’image de Narcisse et de Seth qui sont condamnés à la transformation. Le 1er à être une fleur que Psyché va cueillir et le 2eme comme l’ombre mis au service de la lumière.
Il est donc bon et sain de s’opposer au discours ambiant nihiliste qui s’en prend à l’égo et veut son annihilation. Ces gens qui s’en prennent à lui, en fait, ont mis l’égo à la place du Soi et font de leur Ego le soi. Ils usurpent sa place. Leur véritable charge est contre le Soi auquel l’égo se relie. L’Ego, le leur, est alors projeté l’égo et combattu partout. Il n’y a que les gens dans l’Ego qui vont s’en prendre à l’égo, à l’image que le Soi, alors monstrueux, leur renvoie d’eux-mêmes. Le Soi agit comme un miroir et ils prennent le miroir pour la réalité égotique qui n’est autre que la leur. Ils inversent, font des confusions, se coupent de l’âme et de l’esprit. Ils se dévorent eux-mêmes telle Arachné. C’est l ‘auto-cannibalisme psychique. Pourquoi ? Parce que le moi, l’égo n’est pas assez solide face aux forces sombres auxquelles il est confronté.
Le narcissique pervers n’existe tout simplement pas. C’est un doux mot pour dire psychopathe et donc annihilateur, agent du néant.
Le moi, lui, est dans la dualité.
Le problème est de diviser sans relier et de relier sans discerner donc diviser. L’homme est pont quand il est dans le Soi. Il est entre. L’égo, la dualité est nécessaire à la bonne vie psychique.

Finissons par l’ennemisation de l’égo :

Ceci a été lu sur un forum où l’on parle de Tolle :

« L’égo ne peux être ton ami, il se vire contre toi et ne veux pas ton bonheur car il se nourrit de ton malheur, lire les enseignements d’Eckhart Tolle il me semble qu’on est sur cette page pour ça😉  »

Nous retrouvons ici une lecture littérale de Tolle qui confirme que l’égo est unilatéralement un ennemi.

L’ennemi va de pair avec l’allié. Celui qui trahit est l’ami. L’ennemi ne trahit pas, il est loyal et est à une juste distance, qui permet une dialectique. Respectez vos ennemis, soyez vigilant envers vos amis car il peut cacher un adversaire redoutable sous le masque de l’amitié. Il y a de vrais amis bien évidemment, intimes. Mais très peu, rares il sont. L’adversité n’est pas un problème tant que l’annihilation psychique et physique d’autrui n’est pas entamée. Le passage à l’acte est la limite « sacrée » à ne pas dépasser. Gandhi, par exemple, a respecté profondément ses ennemis et à respecter cette limite sacrée sans cesse. Ils les épousaient. Cela ne l’a pas empêché d’utiliser des moyens puissants, simples à leur égard pour arriver à ses fins. Mais sans les annihiler. C’est parce qu’il reconnaît l’ennemi en l’anglais qu’il peut voir l’ami en l’anglais. Bouddha croise bien des dragons et bien des adversités sur son chemin avant de rencontrer des amis.
La spiritualité, c’est d’entrer ouvertement dans les conflits dans le respect et la compréhension, c’est de les provoquer ; être sauvage sur le plan des idées et du discours, de l’esprit et être doux et civilisé avec le chemin d’autrui. Le conflit est une opportunité de rencontre avec l’esprit, il en est attiré.
L’ennemi est à apprivoiser comme la colère. Mais cela ne fait pas de lui un allié pour autant. L’allié lui peut cacher ses zones d’ombre, esquiver, être dans la feinte et l’enjouement. Avec l’ennemi, c’est facile, il est authentique, vous donne les clés et les portes. L’ami est probablement le défi véritable. Avoir des ennemis ne veut pas encore dire être violent avec eux. Gandhi était profondément violent intérieurement, transmutait la violence envers autrui et refusait de l’utiliser à l’extérieur tout en était mue par elle intérieurement. C’est bien l’énergie des 2 ers chakras qui s’allient : force brute de vie, respect pour rayonner, avoir un impact (3eme chakra), en lien avec le coeur et le verbe (5eme) dans le sens d’une vision (6) qui honore l’étoile, la couronne et la source (7) selon sa tradition hindoue. Un exemple en classe. Un élève ennemi de mon cours dira « il est nul ». Il est authentique, à moi de l’écouter, de pas prendre ça contre moi et de l’apprivoiser. Il me montre la porte. Il m’invite à un défi : vivre mes valeurs non-violentes et l’apprivoisement. Mes ennemis sont en fait mes plus précieux amis si j’arrive à les apprivoiser et à apprendre d’eux. Ils contribuent à ma croissance.
Un élève ami dira « c’est un bon cours ». Mais il peut être hypocrite et prétendre être ami car en secret, il peut cacher un ennemi et ira dire à ses parents « tu sais m’an le prof, son cours, il est nul ». Le violent, l’ennemi est plus proche de moi et vrai que l’apparent ami. L’illusion est bien réelle.
Avoir un ennemi, c’est reconnaître une adversité tout simplement. C’est pas encore le signe d’une colère, je peux rire avec lui, le respecter et le reconnaître comme tel. Mon adversaire à l’escrime, je vais pas le tuer, c’est mon ennemi et mon adversaire pourtant je suis en guerre. C’est un art dans le sens plein du mot martial, un art de la guerre, un art de respecter l’ennemi. Faut pas prendre les guerriers, son archétype pour des êtres assoiffés de violence, de colère et monstrueux parce qu’au sinon Gandhi en est un fameux spécimen. Je vais apprendre de lui et je vais le respecter. Je discerne l’ennemi du malveillant et de l’abusif qui passe à l’acte. L’ennemi ne passe pas à l’acte. La nuance est portée au fait qu’il y a bien des amis bienveillants.

6° Tolle est comparé à Bouddha, Krishnamurti, Dürckeim et Rumi par des gens appliquant sa méthode

La seule ressemblance est qu’il a vécu une expérience spirituelle comme eux. Pour le reste, il diffère.

A° Bouddha

Bouddha peut donner des pistes parce que son parcours est mythique et il a une crédibilité symbolique, mystique et alchimique même. Le mythe est complexe, fourni ; son histoire est nuancée, faites d’ombres et de lumières. C’est un haut initié qui suit une démarche conséquente. La mythologie de Tolle ? …euh rien de comparable, Tolle a probablement trouvé un filon commercial dans le supermarché du développement personnel, des touristes de la spiritualité qui ne demandent ni l’implication à 100% dans une tradition et qui testent pour dire de tester et d’essayer. C’est le « je consomme le spirituel donc je suis spirituel ». Cela suite à une expérience spirituelle. Il l’a eue puis il pond sa théorie. Bouddha ne tirait pas des droits d’auteur, c’est une autre différence.
Si Tolle y renonce (quitte à garder de quoi vivre) pour des associations, va vivre dans un monastère bouddhiste ou autre en bref est cohérent entre ce qu’il dit et fait, il serait plus crédible dans ses écrits. En outre, son paradigme est superficiel, sa réponse aux problèmes est immédiate … alors que ça demande du temps, des larmes, parfois du sang et énormément de sueur intérieurs comme le disait Thomas D’Ansembourg.

Bouddha n’est pas nécessairement apaisé, il peut être aussi courroucé, il a vécu une réalisation, une illumination. Il ne tente pas de supplanter sa vie passée, de l’oublier. Il s’y fonde, il en vient, il a un sens et il y retourne, il retourne à la source en passant par elle pour lui donner un autre regard. Comme tout initié des Védas, il est dans l’éternité. Où est le courroux chez Tolle et sa mythologie ? Je ne vois pas une once d’émotion chez cet homme quand je le vois sur les vidéos.

La nouvelle Terre, la description ressemble au Shambhala arraché à son mythe. La mythologie de Tolle est-elle une copie du mythe bouddhiste, enlevé à sa source, dite en d’autres mots, brodée le tout pour se démarquer ? Si c’est le cas, sa mythologie fait pire que les bouddhistes: il dit que le Shambhala va s’incarner dans cette dimension, littéralement, alors que c’est un pays d’un autre vibration relié à celle-ci. C’est un au-delà, transcendant donc. Que fait la mythologie de Tolle ? Il le met dans l’immanent comme les catholiques croient que le Christ va revenir à la lettre et faire de la Terre un paradis. Le problème est leur littéralité. La mythologie de Tolle fait la même chose que les cathos avec un autre mythe et ça marche dans le développement personnel parce que les gens en ont marre de l’Eglise ? Ils trouvent un paradis équivalent mais sans une Eglise ? C’est le même différemment ? Dans ce sens, il s’inscrirait dans les bibliocastes dont parle le psychanalyste Gérard Haddad : il réécrit les choses à sa manière comme Onfray, comme l’Eglise qui a enlevé des versets complets chez St-Luc par ex ou encore comme les nazis qui brûlent, eux, carrément les livres. Ils s’inscrivent dans la perspective de prendre un mythe à la lettre et veulent le réaliser ici bas. Cette dimension est un lieu de passage où l’éveil est possible. L’éveil n’est cependant pas un truc pour bourgeois ou touristes qui veulent l’essayer et qui sont en mal de paradis. Le New-Âge a ses fanatiques, faut pas croire. Certains ont construit des camps de concentration pour les juifs, d’autres ne seraient éventuellement pas contre l’éradication des gens dans leur égo. Une dérive d’une telle pratique pourrait donner dans l’avenir une société qui par exemple refuse toute expression émotionnelle ou issue du mentale avec une nouvelle inquisition qui enverrait au bûcher ceux ou celles qui ont osé critiquer (nécessairement une attitude du mental) et/ou verser une larme. Le film Equilibrium permet de constater ce qui pourrait se passer et invite donc à la vigilance.

B° Krishnamurti :

« Cet homme comme Krisnamurti et bien d’autres à découvert sa propre vérité sa propre flamme. »

Tout à fait sur le fait d’avoir vécu une rencontre avec l’esprit. La comparaison s’arrête là. Krishnamurti est non-confessionnel et s’inscrit d’ailleurs dans une démarche libre plus proche de la maïeutique grecque (et de l’archétype de l’enseignant : Socrate). La mythologie de Tolle est à la catholique envers l’égo qui est alors démoniaque et à tuer. L’égo ne se tue pas avec le Christ et les anges, il est mis de côté par une technique tirée d’une autre mythologie : la bouddhiste. La mythologie de Tolle mélange ainsi les mythes à sa sauce. La méditation est réduite à une technique industrieuse produisant en quelques secondes le résultat désiré. Alors que la discipline bouddhiste demande des années de pratique pour être méditant. La mythologie de Tolle s’inscrit aussi et ainsi dans un bouddhisme pris à la lettre et profondément maladroit : la vacuité se crée volontairement par un « pouvoir » celui d’être « présent » en quelques instants ainsi est évacué le « karma », ainsi se rétablit le « dharma » et ainsi on atteint le nirvana. Le tout est ensuite donné à un Occident en grand désarroi spirituel qui cherche un mythe digne de lui et les gens boivent sans savoir ce qu’il y a dans la bouteille tellement ils ont soif. Cela est une métaphore pour dire que la critique est souvent mise de côté tellement le tout apparaît comme séduisant.

Contrairement à Krishnamurti, la psychologie de Tolle ne nous invite pas à se tourner vers nous-mêmes. Il nous enseigne une technique généraliste, valable pour le monde (donc niant la spécificité de chacun) qui créera de manière certaine ce que lui a vécu dans sa propre expérience spirituelle. Cela est faux d’un poids de vue psychologique : ni un credo, ni une technique pratiquée machinalement, ni un pouvoir ne donne accès à un paradis intérieur ou un nirvana. Une technique généralistes créerait-elle un monde peuplé d’individus alors uniformisés ?

C° Durckheim

Ce dernier invite à vivre une initiation à partir de son histoire. Un membre sur un forum le met au même niveau que la mythologie de Tolle. A nouveau, je nuance et discerne. Oui, ils ont vécu une expérience. Non, leurs différences sont significatives.
Le souci n’est pas de goûter à tout, de vivre et de se confronter à une approche, de se chercher, de chercher son Soi. Le souci, c’est le « tout vaut tout » nihiliste, c’est de prendre l’assiette de pâtes pour du foie gras. Ce qui est un nivellement par le bas que vue le foie gras a la même valeur que les pâtes sur l’échelle intérieur.

D° Maître Eckhart

Ce dernier est invoqué parce qu’il porte le même prénom que Tolle. Cet argument fait sourire. Je m’appelle Alexandre donc il est certain que j’ai des accointances avec Alexandre le Grand ?

Maître Eckhart est très loin d’un mythe spiritualiste, pseudo-catholique orientalisé mal ficellé. Le Dieu du présent est celui de la Gnose chez lui, c’est une connaissance de l’antériorité, du primal et de l’essentiel et elle se vit dans la conscience. Cet essentiel est antérieur à nous, dans un passé primal et éternel qui transcende tout présent ou futur qui sont des illusions existantes : c’est une réactualisation du monde et des archétypes. Quand on rencontre cela, on rencontre le divin. Il dit que Dieu est celui qui crée et gouverne la conscience qui nous pousse à connaître à cela. On est pas dans un évitement de la souffrance, on est dans un apprivoisement conscient de celle-ci. La rencontre est mystique et dépasse le temps concret. Le passé ne se transforme pas, il est regardé différemment dans une vision qui dépasse passé-présent-futur. Le regard qui est transmuté.

E° Rumi

C’est manquer cruellement de discernement que d’associer Rumi à la mythologie de Tolle parce qu’ils sont irréconciliables sur le plan mythologique, ontologique et psychologique. Le soufisme n’est pas du tout dans un mentalisme. Le soufisme, c’est la démarche d’une vie, ce sont des épousailles avec la vie et les émotions. Pas une fuite dans un moment présent mentalement crée. Cet espace supramental ne se vend pas et ne s’apprend pas dans des techniques et sa vocation n’est pas socialiste : créer une Nouvelle Terre.
Pour dépasser des soucis dits mentaux, la psychologie de Tolle fait appel au mental. C’est comme dire que la solution à un incendie, c’est le feu.
Ma critique devient plus acerbe quand les fans de Tolle font dire à Rumi ce qu’eux souhaitent qu’ils disent. Pourquoi ? Pour qu’il colle avec la théorie de Tolle et ainsi lui donner un argument d’autorité pour le justifier et crédibiliser. Ce sont les gens qui veulent créer des théories uniques et qui mettent des égalités partout entre les sciences, entre les voies, qui aplanissent tout. Le sophiste rhétoricien va alors créer des liens qui n’existent pas et relier ce qui n’est pas reliable. Est-ce intellectuellement honnête ? Ils égalisent tout sans nuancer ni reconnaitre ni étudier leurs différences et les conséquences que cela implique. Cela ressemble à des raccourcis pris au bulldozer. En plus du sophiste argument d’autorité, il y a le sophisme du « tireur d’élite texan » : sélectionner des événements, des éléments aléatoires possédant des caractéristiques communes pour en déduire, avec certitude, une relation de causalité. Vous voyez 2 choses, 2 mots, 2 concepts identiques dans une tradition spirituelle bien précise et un livre de développement personnel moderne ? Zou ! Vous tracez un raccourci en ligne droite et au bulldozer entre les 2 en disant, avec un certain ahurissement : »c’est pareil!!! ».
7° « Les disciples de Tolle » ?

Est-ce vrai qu’il n’y a pas de disciple de Tolle ? Qu’il n’influence personne ? Que personne n’applique ses techniques et voit le monde comme lui ? Si non, pourquoi alors les livres, les séminaires, les vidéos et les conférences ? Qui sont les gens qui appliquent sa technique et qui reviennent encore et encore dans les stages ? Des touristes ? Je nous le demande.

8° La présence : le noeud – toutes les psychés se valent

La volonté de domestiquer le mental, l’égo, le corps de souffrance est une volonté mentale nous l’avons vu. Vouloir être présent est du mental. Vouloir dominer et éradiquer l’égo, le tenir en laisse et puis se poser en majesté spirituelle est une attitude d’égo non-reliée au Soi. La psychologie de Tolle entretient ainsi un système en le nourrissant elle-même tout en faisant croire qu’on en est sorti. C’est très intelligent et fin. C’est tout à son intérêt. Il n’agit pas de suivre le Bouddha. Il le dit lui-même : « Si vous me voyez, tuez-moi ». Le passé, l’égo, on ne les envoie pas aux oubliettes, on les accepte, les on les apprivoise comme dans le Petit Prince, on les alchimise ensuite. Moi, je ne rejette pas mon passé et l’égo, je développe de la conscience, j’apprends à consciemment les regarder différemment. L’alchimie est notre yoga occidental. Ce n’est pas sain de vouloir écraser et dominer l’égo. C.G Jung constate que des européens foncent, au début du 20ème et après la guerre, sur l’orientalisme et il observe une explosion des psychoses et des dissociations psychiques. Notre psyché occidentale a besoin de l’égo mais il n’est pas aux commandes, c’est le Soi le général, le chef d’orchestre. L’asiatique peut s’en passer parce que sa psyché est profondément différente. C’est une questions de voies. Nous, on est terre et feu. Ils sont airs. On passe par la matière, le corps, l’égo, le moi. Pas eux, ils le subliment, ils le volatilisent. Alors oui, il est bon conscient de critiquer la mythologie de Tolle qui unilatéralement fait fi du 1° le passé 2° la différence entre les psychés 3° le moi 4° le Soi et qui sembler donner des leçons voire des sortes de messes à des gens qui ont étudié avec rigueur, esprit scientifique comme C.G Jung ou pire feints de les confronter à sa propre approche. Il en va de l’âme et de l’esprit occidentaux qui s’américanisent sur le plan matériel et asiatiques sur le plan spirituel. Il est essentiel de respecter notre voie occidentale comme l’invite le Dalaï-Lama et la théorie de Tolle ne la respecte pas avec toutes les conséquences psychiques que cela implique. On nous raconte du bien et du beau sur la mythologie de Tolle. Où sont les critiques francophones à part la mienne ? Comment comprendre une absence (d’auto-)critique ? Je vous invite à l’accueillir comme tel plutôt que de l’écarter pour préserver quelques certitudes. Car il faut alors absolument me décrédibiliser : je suis en souffrance, dans l’égo, délirant donc je mens donc ce que je raconte n’est pas valable. Cela est du sophisme. Mais bon, qui lit encore la philosophie grecque ?!

9° La mythologie de Tolle, l’amélioratrice des traditions?

Nous sommes là en face de ce que Gaston Bachelard appelle le complexe Prométhée  » « je veux en savoir plus que les guides, mieux que mes guides, plus que mon père, mieux que mon père, j’en sais mieux qu’eux ». Pour Bachelard, il est le complexe d’Oedipe intellectualisé. Autri est en Soi. C’est si facile de se croire libre penseur. La liberté vient quand on reconnait qu’on n’est pas libre. C’est la plus dorée des cages : la liberté. Je ne suis pas libre d’elle. Alors, oui, je cite mes pères de pensée parce que j’en ai et je pense par moi-même. Écrire un jour et ne citer personne d’autre que soi-même ? Comment le comprendre ? Si je redis ce qui est déjà dit ailleurs, que je m’en réfère sans le nommer (donc en m’attribuant une originalité que je n’ai pas), suis-je en train d’usurper et de récupérer tel un pirate anarchiste ce qui sert mes intérêts ? Que fait la psychologie de Tolle ? Elle apporte quelque chose de neuf qui vient « améliorer » les traditions. Alors qu’elle puise en elles, y ajoute son expérience dans l’histoire qui est le centre de son ouvrage.Il met ensuite un copyright, un label et l’industrie est lancée.

10° L’Alchimie à l’envers

Je critique ceux qui se font passer pour des Bouddhas qui disent transmettre le nirvana. Ceux qui ont cheminé n’ont pas besoin de s’étaler. Ecrivant un livre, je parle peu de moi, je parle de l’Alchimie et de son action sur moi. De notre voie occidentale. Se recentrer sur nos racines, le passé. L’Asie et sa spiritualité nous enrichissent comme un terreau mais jamais il ne sera notre racine. L’impuissance est la voie royale vers l’esprit. Accepter l’impuissance de ne pas être asiatique mais bien européen avec toute la honte, les inconforts et les joies que cela réveille. L’égo est bien ici et consciemment en batterie chez pour défendre l’Alchimie, voie du coeur envers ceux qui la détournent pour des intérêts autres. Ceux de Faust : pouvoir (SIC!), argent, nom et renommé … L’égo en batterie dans ce sens est héroïque, il se donne pour un Autre. Et sans égo, on ne se donne pas, on n’incarne pas et on ne rencontre pas l’esprit. Le soit disant corps de souffrance que la mythologie de Tolle invite à enterrer dard n’est autre qu’un concept pour parler de l’image suivante : ce qui nous plombe. Je ne mets pas ici une égalité : je montre une analogie. La matière première. La matière première, en alchimie, on la transmute.
Vouloir être présent absolument et directement, c’est quoi ? C’est rejeter tout le processus alchimique qui demande du temps, des efforts, un dépassement, des larmes et de la sueur. C’est rejeter les arts pour choisir le contrôle machiniste et mental « Être présent ! je suis en colère ? Va au diable, non ! : Être présent, je suis triste ? pas bien d’être triste, la plénitude est là ! ah bas le corps de souffrance !! le présent ! je m’en veux, méchant égo qui me fait du mal, tais-toi : être présent ». En appliquant la technique de Tolle, mon entourage ne me reconnaissait plus, je perdais des amis, je n’étais plus humain, j’appliquais un protocole telle une pelleteuse mécanique pour enterrer la matière première pour une promesse illusoire. Bouddha n’a pas réalisé tout de suite, il a tout un chemin. C’est fallacieux de réduire la réalisation du Bouddha à une libération momentanée.

Entracte et positionnement éthique : Je respecte profondément le chemin de chacun. Je ne respecte pas les propos de ceux qui viennent me dire comment vivre le chemin, qui écrivent noir sur blanc que m’attacher à mon passé, c’est être MALADE ; qui viennent donner des leçons sur les lois de la vie, de la psyché, du monde et de l’esprit ; règles objectives, qui me dépassent et que je ne peux changer et qui se plantent et disent n’importe quoi. Je ne respecte pas la mythologie de Tolle qui me fait croire que je suis malade parce que je suis attaché à mon passé alors que l’essence de ma vie et de la vie s’y trouvent. Y a rien dans le présent. Ce n’est pas le vide, c’est rien. Le néant. Tolle confond, dans sa mythologie, dans une énorme soupe : la conscience avec le présent ; le néant avec le vide ; l’hypnose auto-suggérée avec la libération, l’art avec la technique. Sa psychologie est inexacte et se considère comme exacte sans l’éprouver et le confronter à d’autres regards que le sien.
11° L’auto-suggestion : « Ma cave n’est pas inondée ? Non ! Je me raconte des histoires » :
Les pensées ne peuvent être larguées comme la psychologie de Tolle l’avance Il est montré, comme j’en ai déjà parlé, par la science quantique que les pensées, les émotions, le passé est inscrit dans l’eau qui nous compose ainsi que dans une mémoire cellulaire chose qu’écarte la psychologie de Tolle. Écarter ce qui lui dérange lui est nécessaire ? Cette eau en nous, on peut la sublimer, la dissoudre comme l’alchimiste. La refouler ou faire comme si elle était pas là comme le propose dangereusement la psychologie de Tolle, c’est comme si on avait une cave inondée et on se conditionne pour se dire qu’elle ne l’est pas. Ce conditionnement n’enlève pas, bien sûr, l’eau présente dans la cave. On ne peut pas l’évacuer en pensant qu’il n’y en a pas.
Libre donc à chacun de se raconter une belle histoire sur sa cave alors qu’elle est en train de s’inonder, encore et encore. Libre à chacun de se dire que l’eau puante et croupissante qui remonte alors jusqu’au salon est un vent illusoire crée par l’égo.

2 ème entracte :

Je provoque ici volontairement pour m’assurer de bien savoir qui j’ai en face de moi, je cherche à voir si les gens font ce qu’ils disent, vivent le respect. Je mets ici bien cartes sur table. La critique remet bien en cause les propos de Tolle et cela sérieusement. En même temps, je cherche à voir ceux qui font de mes propos une certitude presque dogmatique. Moi je suis ouvert à échanger et discuter. Mais bon, sur les groupes où on parle de Tolle, y a des gens qui refusent qu’ils soient critiqués. Si on les critique, si on critique leurs propos, on est nécessairement fanatique et dogmatique. Pire, on est dans l’égo. En bref, il y a une branche dure à l’oritentalisme maladroit de Tolle comme Sarko, Hitler, la catholique, … ont les leurs. Ceux-là vont alors sortir leur grande inquisition, me jeter tomates, chaises, piquets, psychopathologie (il y a 7 siècles, on aurait dit « possédé »), certitudes, … après avoir été épinglé et mis au pilori. Ensuite, et quelques temps plus tard, ils vont aller comme boire un verre ensemble et échangent autour d’une belle table et se mettent à parler de l’Amour, du Respect, de la Compassion. Tout cela au sein du forum virtuel. Cela est bien sûr digne du prêtre qui prêche de ne faire l’amour que dans le mariage, avec sa femme et pour avoir des enfants qui 10 minutes plus tard tripote un enfant de choeur dans la sacristie. Je nous pose une question : n’y a-t-il pas un problème ?

12° Le devoir d’être présent, une culpabilisation subtile ?

De même : la mythologie Tolle prétend montrer la voie de la libération etc etc, si ici, il y a des fans qui l’appliquent même depuis peu de temps, ils devraient accueillir les critiques les bras ouverts. Je ne dois rencontrer que des gens libérés vue que selon lui la libération se fait dans le moment présent. Vous devez donc tous me respecter si vous appliquez stricto senso les protocoles de Tolle et immédiatement sinon vous êtes dans l’égo. Ici, je prends le discours de Tolle et l’applique pour montrer toute la culpabilisation sous-jacente qui peut amener éventuellement à des décompensations. Refouler le plomb, le « corps de souffrance » fait que très souvent, suivant la résistance des personnes remonte et l’individu vit en un coup tout ce qu’il a refoulé. Les conséquences peuvent être dramatiques. C’est ce qui se passe quand on se prend pour un bisounours, qu’on maltraite le moi sans cesse, qu’on refoule les pensées, les émotions et les douleurs : l’inconscient renvoie le retour de refoulé au galop et ça risque de faire très très mal. Libre à chacun de prendre donc le poison pour un remède pour soigner soit des maladies qui n’existent pas soit des maladies qui existent bien. Que se passe-t-il si je suis pas toujours présent ? Je me suis mis à me juger « tu es dans l’égo ». Je sentais une double culpabilité tétanisante : d’une part, le fait de ne pas être présent et d’autre part, sans trop me l’avouer, ne pas combler ce qui faisait que je n’étais pas présent. J’étais déchiré.

13° La mythologie de Tolle, un cerf-volant sans terre et sans ciel ?

La mythologie d’Eckart Tolle ne réconcilie rien, ne s’inscrit en rien et ne va vers rien. C ‘est un nihilisme spiritualiste. Le bouddhisme, l’hindouisme et le christianisme ésotérique se relient dans les Védas. Tolle propose une mythologie de supermarché, à consommer directement, sa psychologie est du kitch. Elles se croient être dans l’ère du verseau et croient initier en disant qu’on peut toucher à l’esprit après quelques pages lues, après 3 stages, 2 lectures. Les expériences et mes rencontres avec les personnes appliquant la mythologie Tolle sont, dans la très grande majorité, peu satisfaisantes. Réduit à leur théorie, la rencontre avec moi est lévitée étant donné que je suis dans l’égo et que je viens leur prendre leur énergie avec mon méchant mental. Quand il s’agit de vivre dans les conflits, dans les désaccords, la rencontre, il n’y a presque plus personne. La plupart sont devenus le masque de leur adversaire. Le succès de Tolle (comme celui d’Onfray) est vu comme nécessairement un signe de pertinence alors que tout ce qui brille n’est pas d’or.
Ils n’ont pas encore épousé leurs ombres comme Daniel a épousé les lions et St-Michel le Dragon … Oh diantre quelques rimes avec des figures de la tradition « passée », l’inquisition n’est pas loin : on parle du passé, on est malade, on est dans l’égo … chut, on va encore se faire taper sur les doigts, … !

3ème entracte :
Quant à la vérité, je détiens effectivement des vérités qui me portent et me transportent tout en étant pas le seul😉. Je suis plein d’ombres, c’est ma destinée d’être psychiquement hémophile alors plutôt que de les cacher, de m’emprisonner dans une identité, je les livre et ça délivre de quoi écrire des livres ! Alors, j’ai des jugements, je ne suis pas humble, j’ai plein de défauts, … aucun souci à le dire et à les assumer parce que je sais que même si je les ai, quelque chose de grand vit en moi et ne s’identifie pas à cela. Je suis petit, bassement humain. J’épouse mon passé, mes démons, mes monstres, mes fantômes, mes passions, mes rêves, mon égo, le monde, l’altérité, l’arbre. En appliquant la mythologie de Tolle, en voulant « être présent », je ne rencontrais pas, je m’enfermais dans une mentalisation auto-suggérée, je n’étais pas là, je n’étais plus là, dans la Vie. Je m’enfermais dans un conditionnement mental profondément dissociant de moi-même. L’accompagnent de Tolle ne me menait pas à une décompensation (ce qui est un cas extrême) mais à une profonde déconnexion avec le monde, une enfoncée dans l’autisme. Cela m’incitant à se couper du vivant qui est mouvement, au-delà de ce pouvoir qui est rigidifiant et figeant. En sachant ce qui est bon et bien pour moi, je me sentais coupable si je n’étais pas conforme aux propos du maître. Coupable parce que je n’ai pas été intègre avec des parts de moi bien vivantes et demandant de l’attention et de la bienveillance.

14° La désidentification
Le travail spirituel est celui de la désidentification. Mais ni une technique, ni un pouvoir ne la donne. C’est un processus où le « je » a une place sans avoir tous les pouvoirs.
Avec mes démons, avec toute ma vie, avec ces épousailles, ces noces, je creuse de l’espace en moi et là l’esprit vient, là le Cristos, la pierre de sagesse peut naître et apparaître en même temps.
Avec mes démons et mes ombres, je jongle, joue avec elles, je n’ai plus peur. Mon dragon, mon nounours dragon apparaît dans leur Caverne comme un énorme dragon mais qui est bien le leur. Là où ils m’insultent, voient le mal et la pathologie sur un grand mur, support de projection telle la caverne de Platon, je joue avec mes ombres et les leurs s’agitent.

15° Autre postulat psychologique de Tolle « la conscience ne meurt pas avec la forme » – rejet de l’incarnation ?

Les études de psychologie analytique de C.G Jung, la psychologie archétypique de James Hillman et l’antrophosophie de R.Steiner vont y répondre. Alors je ne suis pas dans la croyance mais bien dans des exactitudes Le moi habite le corps et il meurt bien pendant la mort : le corps comme le moi : le corps est animé, il n’y a plus personne pour dire « je ». Désolé mais le moi, l’égo est incarné, on est dans de la viande et quand elle meurt, le moi meurt avec elle. Il est profondément relié à elle. Steiner montre qu’on est minéral (os, structure minéral du sang et des cellules, …), végétal (système végétatif), animal (colonne vertébrale des reptiles, ailes des oiseaux par les omoplates, queue (coccyx) qu’on a en commun avec les singes. Notre seule différence est la conscience de dire « Je » qui est dans le moi. La mythologie de Tolle écarte ici une réalité : la mort de la conscience et confond à nouveau l’âme, l’esprit avec le moi.
On ne fait pas de la science, de la psychologie à partir de la spiritualité qu’on soit catholique ou fan de Tolle : l’épistémologie a être respectée pour que la lecture soit honnête.

4 ème entracte :

L’initié des traditions est un aveugle qui voit : il perçoit l’essentiel sans en voir l’essence mystérieuse. Il a donc un fragment de vérité, vous avez raison, et même temps, il est partiellement aveuglé. C’est pour cela que le borgne est le roi aux pays des aveugles. Il a une lucidité que le non-initié n’a pas. Lui ne discerne rien du tout. Il croit tout avoir vu et percé. C’est l’aveugle. Il confond la possibilité d’un contact avec l’esprit (on y est égaux) avec le fait d’être consciemment initié à recevoir ce toucher, à créer l’espace en soi pour accueillir l’esprit (on y est inégaux). En bref, c’est pas parce qu’on a une main qu’on a l’espace dans la main pour l’accueillir le fragment. Certains portent des seaux de certitudes ou d’autres, encore, ont leurs mains bouchant leurs oreilles et se disent « pas écouter la tristesse, la voix de la colère, le chant de la panique, c’est l’égo » et ne sont pas disponibles pour accueillir l’esprit.
Ce monde n’est en rien égalitaire mais strictement nuancé et profondément inégalitaire sur le plan de l’esprit. En même temps, sur le plan de l’âme, on est égaux : on naît tous, on a tous une mère et un père, on va tous mourir. Pas sur le plan de l’esprit. Ce n’est pas parce que je joue du Mozart et que je joue 20 ans du piano que je vais devenir Mozart. L’esprit individue et discrimine à outrance et fait naître le Soi qui s’incarne en partie dans le moi, l’égo qui est capital pour appuyer et soutenir le soi dans l’incarnation, nous l’avons vu. Ce moi a un génie bien spécifique que les grecs appelaient daimon. Il s’agit de le (re)trouver parce qu’il est le gardien d’une graine plantée dans le passé (on y retourne donc, on retourne à la source) et cette graine, l’akène contient l’arbre, la vocation, le caractère qui est le destin pour Héraclite. Ce que je suis, voilà mon devenir et il va être différent de tous les autres. Je ne peux pas y échapper. C’est pour cela qu’une technique ne donne pas accès à Soi parce qu’on l’applique de manière égalitaire et générale alors qu’il s’agit de trouver ce qui nous est spécifique et de le nourrir. La conscience va aider à le percevoir. C’est tout. Le présent, on y passe. C’est ce que le Christ gnostique dit : « Voyez vigilant, présent en passant ». Le présent est une étape. Il n’est pas un but. Ce qui compte, ce n’est donc pas strictement le présent, ce sont les 3 temps reliés qui donnent accès, si l’esprit le veut bien – parce qu’on ne le contrôle pas surtout pas avec le pouvoir d’être présent – à une sphère qui les réunit et les dépasse et qui n’est pas le présent

Ouvrir la main, la vider pour ramasser le fragment demande tout un chemin, une alchimie parce que la personne ne comprend pas que ses seaux de certitudes sont le fragment. Elle veut prendre quelque chose par terre qu’elle porte déjà. Elle va alors vouloir lâcher les seaux pour le prendre comme on veut lâcher ses pensées pour être présent. Les seaux et la merde qui s’y trouvent, on les alchimise et les transmute et cela demande d’être initié donc d’être guidé par des gens qui sont déjà passés par là. C’est un acte d’humilité parce que reconnaissant qu’il est petit et qu’il a besoin d’apprendre. Le gars qui croit qu’il a de la sagesse parce qu’il applique quelques protocoles tirés d’un bouquin et qui nous dit « je n’ai rien à apprendre de personne, j’ai mon fragment, comme tout le monde, j’y ai droit, mon opinion, c’est la vérité ». Le pire est alors que la spiritualité devient consommable. Tout le monde y a droit et l’esprit est revendiquée comme tel « j’ai mon fragment, j’ai droit à en avoir un d’ailleurs, j’en ai un, le voici, le voilà ». Alors que personne ne se donne le devoir de suivre l’esprit, d’en faire le maître de sa vie. Ce sont les gens qui vont voir Tintin au cinéma, qui regardent les héros de leurs séries qu’ils applaudissent et qui demain vont agir exactement comme Rastapopoulos alors que quelqu’un se fait agresser en rue : l’indifférence et l’intérêt personnel. Ou encore tous ces gens qui se disent spirituels, qui lisent de beaux bouquins, qui disent cheminer et qui traitent leur enfant comme le dernier des rats ou encore qui disent aimer le « monde entier, Peace and love » et ne savent pas discerner les critiques de celui qui les pose et qui refuse d’apprivoiser, rencontrer et échanger avec lui tout en se donnant bonne conscience pour bien dormir.
Sur les espaces où Tolle est le sujet central, mes critiques sont volontairement agressives et acides (tout en étant raisonnées) pour m’aider à constater qui voit au-delà, qui y voit l’essentiel, les besoins profonds et tente de me rencontrer. Je ne base pas, en effet, sur ce que disent les gens, leurs belles phrases mais ce qu’ils font et comment ils sont dans une relation. Pour cela, je dissous, avec acidité, les masques, je cherche l’âme et l’esprit. C’est une approche bien agressive et rusée, digne du renard comme dans le petit Prince pour apprivoiser autrui. Les gens qui voient avec le coeur verront l’essentiel et ne s’attarderont pas sur la forme de mes critiques, ils verront au-delà et n’écriront pas un énième remake de mes pathologies. En bref qui a un regard spirituel. Cela dans le but d’échanger avec ceux qui ne prennent pas tout ce que je dis contre eux et pour eux. Je ne suis pas ici un guide, un thérapeute dans le sens que je ne suis pas ici pour prendre soin des gens, de leurs certitudes et de les conforter dans leurs croyances en même temps, cela ne veut pas dire que je ne vous respecte pas, vous, votre chemin et son mystère. Mais je ne prétends pas aimer tout le monde dans mes discours et lyncher en actes publiquement quelqu’un parce qu’il ne se conforme pas à l’idée que j’ai de lui. Je ne suis pas ici pour être malveillant, je respecte les chemins de chacun. Je recherche simplement à discerner qui est dans l’échange vrai, authentique et réciproque. Je m’en donne les moyens. Je cherche à échanger avec des gens qui ont une qualité d’esprit. Les mecs et les nanas qui parlent « beau temps, pognon, mode, cancans, foot » m’ennuient profondément parce que ça ne me nourrit pas. Comme ceux qui, au contraire, parlent « philo, amour, esprit, etc » sans être cohérents en actes ne me nourrissent pas non plus.
Cette approche m’a fait rencontré quelques personnes de qualité sur Facebook que j’ai ensuite rencontrées en vrai. Je me fiche du succès, je suis pas dans la recherche de la quantité, ni dans une quête narcissique de plaire ou d’être aimé, je suis dans une recherche de qualité. Je suis conscient de l’humain trop humain qui excelle en médiocrité et ne m’étonne pas du manque d’esprit surtout de ceux et celles qui prétendent être sur ce chemin. Ils ne voient même pas que le conflit a quelque chose de profondément spirituel et est une opportunité pour se rencontrer. Je provoque les conflits pour amorcer une rencontre. C’est une manière agressive d’entrer en relation. Il y en a bien d’autres et je peux faire appel à elle dans d’autres circonstances. Je ne suis ici non plus en victime, j’ai mes responsabilités, je reçois les jugements, etc, pas de soucis et je suis conscient de l’impact que j’ai.

16° Intuitions sur les prophéties de Tolle

On est bien d’accord donc qu’il fait de la science psychologique à partir d’inexact. Comme on rit aujourd’hui des catholiques qui affirmaient avec la certitude que la terre est plate, on écrira des livres et rira de Tolle en montrant que ces théories psycholigisantes fondées sur un spiritualisme font la même chose : profondément se méprendre.

17° La lévitation

Tolle et son pouvoir du moment présent est-elle une stratégie pour se protéger de la rencontre de l’angoisse et de la vie, c’est une l-évit-ation ? Peut-être et pourquoi pas. Cela peut aider un psychotique par exemple. Être présent peut l’aide à être ici et maintenant. Le souci est d’ensuite poser cet évitement, ce mécanisme de défense comme la rencontre avec l’esprit et le créateur du bonheur. Au niveau des métaphores, c’est un pansement et de la morphine. Aucun problème pour reconnaître cela et qu’il peut aider à se couper de quelque chose de trop fort, désagréable. Cela je le comprends, ça peut aider momentanément. Cependant, on est dans une société de l’évitement face à l’angoisse qui s’évite soit dans un matérialisme forcené soit dans un spiritualisme forcené new-âge. Dans le 1er, on se remplit, on s’alourdit pour finir par l’enterrer. Dans le second, on s’envole, on file sur les cimes, on l’évite. D’autres encore vont se dissoudre dans des drogues. D’autres enfin s’enflamment avec des bombes, du terrorisme et du fanatisme. Mais il n’est pas juste de dire alors que la morphine, le pansement donne un soin et permettent d’épouser l’angoisse.

18° Le présent temporal :

« La croissance n’est psychologiquement possible que si on regarde vers le passé parce qu’il est le lieu où vit l’archétype de l’enfant éternel, le Puer Aeternus, l’esprit qui a la faculté de devenir à nouveau. » C.G Jung

Le présent est un état d’arrestation psychologique auquel il s’agit de s’arracher. Il permet la conscience. Le futur est un état de projection. Il permet la vision et le contact avec la vocation. On n’est pas présent et conscient ou on a pas une vision et le contact pour la vocation pour eux-mêmes. Ce sont des moyens, non une fin. Ils sont des moyens pour incarner la fin du devenir et le passé est ses racines.

Je ne comprends pas ce choix d’associer un haut initié comme Durckheim à Tolle qui a juste une expérience spirituelle. Il y a un gouffre énorme entre les 2 hommes au niveau qualité mythologique et pertinence psychologique. Là où Durkheim initie en fonction du vivant, la mythologie de Tolle donne une technique où l’individu applique un protocole. Protocole qui n’en a que faire de son individualité dont il doit renier l’essence (qui est passée) et s’attaquer à son passé pour en faire un être nouveau et neuf. Il doit dissoudre l’individu, être le plus généralisant possible. Il va cloner son état
Christiane Singer, élève de Durckheim, explique qu’il s’agit d’arracher les certitudes, le présent pour le devenir en perpétuel mouvement. Elle et il est dans le cycle du temps et de la vie donc au-delà. La mythologie de Tolle veut nous arrêter dans un présent mental. Elle suggère que ce dernier ouvre la porte de la quiétude. Durckheim invite à un mouvement dans la vie qui est celui des saisons. Singer le retranscrit dans les « âges de la vie ». Durckheim est bien dans une voie alchimique qui est la sienne. Il s’agit de fixer non pas l’esprit mais le soufre pour le perdre. On en obtient un sel qui plait et attire l’esprit (le sel des oiseaux).

5ème entracte : « Le touriste sur le chemin spirituel et dans le développement personnel »

C’est la logique du supermarché : je prends ce qui me convient, les avantages sans les inconforts de la voie. Taire le mental est une volonté mentale. Vous pouvez vous en taper, je vois pas le contentement momentané, immédiat, présent et le refus de la frustration, de l’inconfort et de l’angoisse comme étant le bonheur. C’est pour ça que Tolle marche alors que le fond, la mythologie et la psychologie ne sont pas pertinents et exact ? Le contentement momentané et immédiat est l’adage de cette société de consommation et elle existe aussi dans le développement personnel et certaines branches du new-âge qui prétendent pourtant être « alternatifs » et hors système ? la mythologie de Tolle avec d’autres (pensée positive) ont-elles trouvé là le filon pour se remplir les poches ? Le cerveau crée l’illusion d’un bien être que le corps simule ensuite. Il ne fait pas la différence entre le suggéré, le réel et l’imaginaire. La conscience le peut. La mythologie de Tolle ne lui a pas procuré un bonheur, il a été comme un anesthésiant « ahha, je suis bien, je souffre plus, c’est bon et juste cet état » alors que la douleur véritable a été tout simplement endormie. On prend alors l’endormissement pour le bonheur. La souffrance est refoulée mais elle est encore là, inconsciente et enfermée.
Je cherche personnellement le bonheur durable et éternel. Pas l’instantané, le présent. Le présent est une étape mais pas la fin. Ce chemin alchimique a été exprimé sans être simplifié et réduit à de la consommation par Thomas d’Ansembourg dans son ouvrage « être heureux, ce n’est pas nécessairement confortable ». Ça fait bien un peu de Tolle, de ceci, de cela, on est à la mode, on se conforme à la bourgeoisie du développement personnel. D’autres s’éclatent dans des beuveries, le sexe et la drogue. D’autres dans le développement personnel. Et ils vont bien sûr se snober, « nous, , nous sommes en chemin, les autres POUAH, inconscients, matérialistes et consommateurs, on est au-dessus de ça nous, on est alternatifs, on contribue à l’évolution ».

Première conclusion : Pop Corn à la Proust :

Je fais pas le procès de Tolle en tant qu’homme. Je nous pose des questions et invite à des regards critiques en plus de constater qu’avec constate avec la science, la physique quantique, l’alchimie, la psychologie de Jung, le regard de la CNV, de James Hillman, de Thomas D’Ansembourg en plus des voies traditionnelles bouddhistes, gnostiques, védiques, non-dualistes que sa théorie, son mythe et sa psychologie est 1° inexacte 2° unilatérale 3° littérale 4° une simplification d’orientalisme avec une touche catholique potentiellement risquée de par la décompensation et toutes les conséquences qui peuvent en suivre. La mythologie de Tolle s’inscrit dans les mouvances comportementalistes, béhavioristes au niveau de la psychologie. Son intention concrète de créer un Paradis sur Terre relève du mythe de Prométhée.

19° Pouvoir, argent et spiritualité

1° L’argent : profiter de la mode « je consomme donc je suis » :

Des industriels ont compris que le développement personnel est un énorme filon à exploiter, une vache à lait grasse et grosse. Il y a à discerner les voies véritables du détournement de cette dernière pour se remplir les poches ou pour avoir du pouvoir. C’est aussi un gigantesque supermarché. Vous voulez un exemple ? « Le Secret » qui a été produit par des industriels américains qui ont demandé à des personnalités d’aller dans leur sens et ils reçoivent un cachet bien gros en échant. Quid de Tolle ? Pas de procès d’intention pour ma part. Mais les faits sont là et sont à interroger.

2° Profiter du désarroi spirituel occidental pour abuser d’un pouvoir :

Les canailles et les détourneurs sont légions dans le développement personne : chamanisme, astrologie, … et ils font un tord monstrueux à l’esprit parce que les gens, bien souvent, ne discernant pas les voies illusoires et consuméristes (ou encore ceux qui abusent du pouvoir) et les traditions véritables. C’est de la poudre aux yeux, des machines à frique qui utilisent non pas les gadgets et la technologie mais le désarroi spirituel et psychologique des gens pour leur intérêt, en promettant monts et merveilles. Ils amalgament alors les 2 et se font embobiner.
Posons prudemment une question : Que vous dit que Tolle n’est pas le produit d’industriels qui ont trouvé LE mec qui a vécu une expérience spirituelle et véritable et lui propose d’écrire des bouquins, de le produire, avec un contrat écrit, droits d’auteur, parts de marché etc ? Ce n’est pas de la paranoïa, c’est une intuition, une hypothèse à vérifier. Je mets en évidence qu’il est possible que des gens peu scrupuleux, sous le couvert de la bonne intention, utilisent l’angoisse et le désarroi des gens pour se remplir les poches.
20° Les orientalismes mal compris et occidentalisés :

Elles sont nombreuses les interprétations occidentales de courants et traditions asiatiques. Cette traduction n’est pas à confondre avec l’écrit sanskrit. Être Zen, c’est une initiation d’une Vie, pas un truc qu’on applique comme une recette. La spiritualité se vit, prend la 1ère place dans la vie. Dans le supermarché du développement personnel, y a le bourgeois, narcissique, qui cherche à « évoluer » et qui cherche tous les moyens possibles chercher à fuir son angoisse et va jusqu’à piller des richesses d’autres cultures. En bref et par ex, des propos sur le zazen sont épurés, retranscrits en dehors de sa tradition et il n’est pas dans son essence. Il n’est pas à prendre à la lettre comme ils le retranscrivent.

21° Spéculons :  Je décompense suite à une application stricte des techniques de Tolle. Je tente d’intenter à ma vie. Qui est responsable ?

Réponse d’une adhérente aux pratiques proposée par Tolle : « ce n’est pas lui mais la personne qui l’a idolâtrée ».

Conformément à l’adage peu pensé mais cependant bien présent dans certains étages du manoir/supermarché du développement personnel, on est victime de ses pensées. On est tout-puissant et on crée soi-même sa réalité. L’autre n’y est pour rien. C’est le classique argument abject que la victime est son propre persécuteur qui est utilisé. Il est bien sûr fallacieux. Par exemple, l’Eglise catholique met en place le cadre pour que le sexe soit refoulé. Elle est un catalyseur parce qu’elle donne du pouvoir aux gens donc elle attire des gens dans le pouvoir et des détraqués sexuels qui vont l’utiliser pour abuser et dominer. Elle justifie le cadre par un abus de pouvoir, une mythologie et une psychologie. Cela permet et justifie l’obéissance. Elle donne alors le cadre à celui qui s’y conforme pour avoir une autorité forte. Une fois que le prêtre a abusé HOP, elle se déresponsabilise de tout, elle renvoie toute la responsabilité aux prêtres et prétend ne rien avoir avec tout cela. Alors qu’ils sont co-responsables : elle met en place u un cadre de refoulement ici de la sexualité. La mythologie de Tolle met en place un cadre où il y a bien un refoulement de la souffrance. Si on l’explose parce que la cocotte-minute du refoulé ne sait plus tenir le refoulé, on souffre, on décompense. Mais Tolle ne sera pas responsable ? Quelle position prend-il lui-même en se posant le précurseur qui va nous conduire vers une nouvelle Terre si on suit à la lettre ses « enseignements » ? Si on le reconnaît comme contribuant à soulager le bien-être, il est juste de reconnaître l’inverse : il peut contribuer à un mal-être. N’est-ce pas ?
Dégageons les responsabilités : la personne qui décompense est responsable d’avoir vue en lui le moyen pour combler son désarroi, son besoin d’exister, de se soulager et que sais-je encore et d’avoir suivi à la lettre ses dires. Et en même temps, la mythologie de Tolle est responsable d’avoir mis en place un cadre qui favorise l’éventuelle décompensation voire dissociation (de par ses écrits, sa mythologie et psychologie). Tolle est responsable de ce qu’il dit, de ses promesses, sa mythologie garantit un contentement et un bonheur ; elle est responsable des mots qu’il utilise pour vendre et faire la publicité de sa démarche. Il est responsable de dire que ceci est une maladie, ceci est un remède, ceci va vous guérir, ceci nous conduira vers une nouvelle Terre. Est-ce intègre de le déresponsabiliser complètement ? Ainsi, il est responsable en partie. Je ne suis pas unilatéral, que du contraire.

Autre réponse de « l’avocat » de Tolle :

« Ca a été lui, ça aurait pu en être un autre, le problème était en elle, dans cette fixation morbide, pas dans les bouquins de Tolle ! »

On retrouve ici le fait que la personne est toute-puissante. Le nucléaire est radioactif, savez-vous, quelque soit l’utilisation que le sujet en fait. On peut l’utiliser pour faire la guerre ou pour chauffer son chez-soi, ça n’efface pas sa dangerosité : l’intention pacifique ne rend pas le nucléaire pacifique. C’est pareil pour la mythologie de Tolle : les bonnes intention ne vont bonifier sa façon d’écrire.Objectivement parlant, la psychologie inexacte, unilatérale, le mythe littéral peuvent avoir des conséquences malheureuses peu importe si on l’utilise pour notre bien et si Tolle a toutes les meilleures intentions du monde, chose que je ne remets pas en question.

Cet argument de dire que la personne qui décompense est responsable de tout est profondément abjecte à mes yeux. Cela justifie alors tous les abus : la violée a voulu être violée inconsciemment, le violeur n’est qu’un révélateur que quelque chose ne va pas chez elle, il lui a rendu service. Il y a des victimes réelles. Ce qui ne veut pas dire qu’elle va rejeter ses responsabilités. Que du contraire, la personne décompensant reconnaît son avidité, sa gloutonnerie, sa naïveté, n’a pris aucun garde fou critique avant d’appliquer à la lettre la mythologie de Tolle. Elle reconnaît son désarroi intérieur et cherche à l’apaiser du mieux qu’elle peut. La mythologie de Tolle, de son côté, présente sur un plateau d’argent une boîte de Pandore garni d’un discours sucré, sirupeux comme vous dites, mielleux qui vont faire les gens comme elle, avec son désarroi vont accrocher et le boire jusqu’à la lie. Thomas D’Ansembourg dont vous avez lu un extrait plus haut est exact dans sa façon de parler du chemin : il est rempli d’inconforts, de deuils, de pertes, de rencontrer des émotions pas confortables … comme de joies, de conforts, de paix, de retrouvailles et que l’ensemble est à apprivoiser lentement pour co-créer consciemment et paisiblement un état de quiétude intérieur durable. C’est un fait que cela séduit moins, que c’est moins attrayant que « Essayez le moment présent, vivez-le et vous verrez, c’est ici et maintenant la plénitude ». D’Ansembourg est clair : il y aura des inconforts, des émotions pas confortables, des deuils et invite à les apprivoiser. La mythologie de Tolle est-il correcte en disant que c’est là ici et maintenant ?

J’invite à une étude scientifique pour montrer et voir les conséquences de l’application stricte de Tolle 7 jours sur 7 et 24 heures /24 .

22° La punition est dans la récompense

Dans la méthode de Tolle, la contrainte est dans la récompense qu’il donne. La psychologie de Tolle contraint par la promesse, la bonne intention « suivez ma voie et on va fonder une nouvelle terre, vous serez débarrassé de votre égo et heureux ». C’est une contrainte déguisée qui s’appuie sur la culpabilité de ne pas être heureux. Il a été promis qu’à la prochaine conférence, au prochain stage, le sujet sera approfondi pour encore plus et mieux être présent. Faut s’entraîner. Tout cela sera votre choix. C’est un choix qui vient de vous alors que sa psychologie suggère constamment. Il conditionne les gens à se dire qu’ils ont librement choisi cela. Tolle est-il un mentaliste ?

6ème entracte.

Aux gens qui prennent ces critiques contre eux, petit rappel: Je ne suis pas responsable si vous vous identifiez à ce que je raconte. Je parle d’une mode, je vise une masse, une mythologie, une psychologie, personne en particulier, si vous vous identifiez à cette masse, c’est pas de mon ressort.

23° La compassion :

L’auto-compassion, c’est de l’auto-empathie, c’est accueillir la douleur, aller à en son coeur, en son essence pour en prendre soin. La technique de Tolle ne propose pas de la compassion envers soi. Sa technique, je l’ai vécue comme une invitation à se rejeter soi (l’égo donc Soi), de ses pensées et de son mental. C’est une haine de soi, du moi qui est justifiée par la psychologie de Tolle.

7 ème entracte : s’en prendre à l’égo, c’est s’en prendre à la dignité et au Soi
Il n’y a pas de dignité sans égo. Comme nous l’avons vu, l’égo est une posture, un profil, un canal, un accélérateur et un frein. Il n’est pas le moteur. Le moteur, c’est le Soi. L’égo peut se battre pour la dignité qui est essentiel pour le Soi. Le héros nommons Martin Luther King, Gandhi, Aragorn, Maximus, Alexandre le Grand, … agissent tous pour défendre des valeurs et la dignité peut être l’une d’elle. La personne peut s’affirmer et mettre l’égo en batterie, le manifester pour défendre la dignité d’une autre personne, par exemple, qui se fait battre dans la rue alors que la majorité des gens tournent la tête.

24° Démonologie de Tolle – Autres différences avec le bouddhisme

Il y a un remplacement du démon et du péché par « l’égo » et le « corps de souffrance ». La mythologie est ainsi bien ancré dans un christianisme non-reconnu. Les mots ont changé tout simplement. Alors que changer les mots ne mènent à rien si on ne change pas l’homme. Jamais le bouddhisme ne fait de l’égo le responsable de tous les maux sur Terre, un méchant monstre cruel, il est intégré et dissout dans l’expérience spirituelle.

L’égo suit le Soi. Celui qui n’a pas rencontré le Soi, il va tente de dompter, de le contrôler voire de le détruire et de l’annihiler. Je comprends que ce n’est pas facile. Le reconnaître est digne. Cependant ,poser ce contrôle en majesté spirituelle est plus critiquable : « le contrôle de l’égo, c’est être spirituel, on a de l’esprit si on y arrive ». L’égo prend alors la posture de l’hypercompassionnel avec tout le monde, pas avec le coeur : avec la tête, l’empathie devient alors une idéologie et une mode. C’est la doxa compassionnelle spiritualiste comme il existe une doxa compassionnelle socialiste et catholique. Ceux qui arrivent à dompter l’égo, à l’écraser voire à la détruire vont avoir accès au nirvana (paradis).Si tout le monde le fait, on va créer une Nouvelle Terre. Que fait ici la psychologie de Tolle ici ? Elle nous ressort, sans le mythe, l’illumination du monde et l’ouverture au Shembala. Ceux qui le contrôlent sont donc spirituels et les autres sont tous de grands égos à soigner … avec la psychologie de Tolle bien sûr !?
Le tragique est alors qu’on ne peut plus rien affirmer, défendre, s’indigner, remercier, s’exalter, critiquer, être heureux et joyeux : tout cela est de la manifestation de l’égo, un égo magistral. Si tu analyses et est critique, t’es trop dans le mental, tu es pris dans des illusions.

Y a des obsédés de l’égo qui pensent l’avoir dompté. C’est une illusion bien réelle parce qu’ils y sont jusqu’au cou. Ils le voient partout parce qu’ils sont immergés en lui. C’est le schéma classique de défense : déni – refoulement – projection – identification à l’opposé de ce qui est dénié (je suis pas dans l’égo) – identification de l’égo à tout le monde – dissociation avec la réalité de soi et du monde et possiblement : psychose. Ces individus deviennent alors hypocondriaques, tout ressenti et pensée intérieure devient un monstre qu’on enterre par le pouvoir du moment présent
8 ème entracte : le non-violent est un yogi tout gentil qui sourit tout le temps à tout le monde et est toujours présent

Bien des gens n’ont rien compris du tout à la non-violence. Gandhi est quelqu’un de profondément violent comme un Marshall Rosenberg. On est loin des clichés « des petits agneaux qui sourient à tout le monde ». C’est parce qu’ils font face à leur violence, l’épousent et l’intègrent qu’ils peuvent cheminer avec elle. Gandhi est très loin de l’acceptation « peace and love, je suis un sage zen ». Il en est à l’opposé. « Peace and Love », c’est quoi ? C’est de la banalisation. Y a des meurtres ? Peace and love ! Y en a qui écrivent n’importe quoi pour s’enrichir les poches ? Peace and Love ! Le Peace and love est aussi une forme de majesté spirituelle où on se croit au-dessus des conflits, on croit les avoir dépasser en les fuyant, en les refoulant et en mettant le mot « amour » et « paix »à toute les sauces. Y a rien de plus guerrier qu’un non-violent. C’est un guerrier du coeur. Bouddha est représenté parfois la larme à l’oeil et parfois courroucé.

25° Un procédé technique appliqué machinalement contribue à faire de l’homme un Terminator

L’espèce de nirvana que donnerait la technique m’a coupé de toute émotion et pensée et cela a été un vécu profondément déshumanisant. Je me suis senti devenir comme une machine qui applique un programme et qui connaît à l’avance (parce que suggéré) le résultat donné. Bouddha n’est pas un dieu, c’est un être humain.
Cette fausse image du nirvana et le fait que l’archétype soit rendu bâtard et zombifié me fait penser à l’Eglise qui a complètement éclipsé l’ombre du Christ.

26° Hypothèses sur le non-verbal de Tolle dans les vidéos

En observant le non-verbal, je suis sceptique quant à ce qu’il dit et montre de lui de manière inconsciente. Tolle semble jouer un rôle et semble énergétiquement sous tension et sous contrôle. Se contrôle-t-il ?

Le double égo et la confusion en la mythologie de Tolle – les doubles messages contradictoires :

Il s’agit de discerner le Moi de la persona et de l’identification du 1er à la 2eme . Le bouddhisme discerne le Moi (moi relié au Soi) et le moi (moi identifié à la persona chez Jung). Il y a donc un double égo. Tolle, dans sa psychologie confond et mélange les 2 ce qui fait que les gens n’en sortent pas et sont prisonniers de doubles messages contradictoires, non-paradoxales donc irréconciliables. Le chemin spirituel est un chemin de désidentification avec le personnage qu’on croit être mais pas avec l’égo sinon c’est la psychose : c’est le repère de notre psyché occidentale. L’asiatique peut s’en passer parce que sa structure psychique est importante. Importer les spiritualités est peut-être meilleur mais il ne faut pas alors écarter le pire qu’il apporte avec lui dans sa boîte de Pandore : les amérindiens n’ont pas résister à la grippe que les européens portaient sans être pourtant malades parce qu’ils sont depuis longtemps immunisés. Cela peut se passer aussi psychiquement et dans l’autre sens. Il y a eu de véritables ravages. On fait comme si la psyché était universelle et unique. Il n’y a aucun discernement entre les cultures : les spiritualités deviennent des recettes généralistes, la panacée universelle qu’on achète sur le marché du développement personnel au mépris de sa propre psyché et culture. Et cela se comprend : le refus d’accepter ses racines, sa culture, son origine, d’où on vient, sa propre différence … vient du passé ! Alors on le nie, on fait de soi un être universel, pas différencié, nouveau, identique à tout le monde. Le passé est mauvais, il faut être présent. Ce présent nous donne un pouvoir de le nier et de l’éviter/léviter. La mythologie de Tolle appuie les gens qui ont de la peine à l’accepter, elle les encourage à le refouler. Eux, tout contents, trouvent de l’eau à leur moulin « ouf, le refoulé est thérapeutique, la théorie de Tolle le dit; c’est mon corps de souffrance, c’est bien et c’est bon de l’enterrer et c’est ça le bonheur ». Oui, la technique permet de survivre et de soulager. Non elle n’est pas une voie vers le bonheur où l’individu VIT. C’est ainsi que je ne suis pas unilatéral envers Tolle et sa démarche.
Il s’agit de mettre de l’air entre l’égo et ce à quoi il s’identifie. De l’espace. Là autre chose peut peut-être entrer. La mythologie de de Tolle invite à quitter un personnage pour entrer dans un autre qu’elle conditionne à jouer et à s’identifier à lui. Pour être ce personnage, on se conditionne, on applique des techniques, on crée uniquement à partir de l’extérieur, on applique les protocoles de la psychologie Tolle sans reconnaître celui qui est intérieur à Soi-même.
Ils entrent alors dans un nouveau personnage qui n’est plus identifié au passé mais au présent. Pour s’identifier à lui, on applique les protocoles de Tolle. Le tour est joué ? Non parce que léviter n’est pas le rencontrer et le soigner : le passé vit dans l’inconscient. Non parce que le ressourcement que peut donner le présent, la méditation n’est pas encore transformante et transmutante.
27° Tolle réduit les problèmes économiques actuels à une seule et unique cause : le mental

C’est inexact de tout réduire ainsi au mental. La mythologie de Tolle ne voit rien de la dimension spirituelle, mythologique et archétypique qu’est une crise. Pire, elle la pathologise. J’invite à lire C.Singer et son livre « Du bon usage des crises ». A problème simpliste, solution simpliste. La mythologie de Tolle semble prédire ce qui se passe déjà, va se passer, en donne les maux et les remèdes qui sont les siens. Tolle se pose-t-il ainsi en sauveur du monde et de l’économie ?
28° L’apocalypse selon Tolle :

« Le mode de conscience lié au temporel est profondément ancré
dans la psyché humaine. Par contre, ce que nous faisons ici fait
partie d’une profonde transformation qui est en train d’advenir
dans le conscient collectif de la planète et au-delà. La conscience
s’éveille et sort du rêve de la matière, de la forme et de la division.

C’est la fin du temps. Nous sommes en train de détruire les schèmes
mentaux qui dominent la vie humaine depuis une éternité. Des
schèmes de pensée qui ont créé une souffrance inimaginable à
grande échelle. Je n’emploierais pas le terme d’enfer, mais plutôt
celui d’inconscience ou de folie, car cela nous est plus utile. »

[Eckhart Tolle]

Cétait la 8433 ème apocalypses depuis Saint-Jean. Désolé mais non, je ne suis un pandoréen et prométhéen qui « détruit » pour construire une nouvelle Terre. Parlons directement à la mythologie de Tolle pour la rectifier : c’est une grave erreur que de mettre le transcendant dans l’immanent !Lisez C.G Jung ! Ce monde n’est pas un paradis ni un enfer et on ne va pas de l’un à l’autre. Cette folie que vous refusez, c’est le fait d’être humain et Jung montre combien il est difficile de l’accepter tellement c’est terrifiant. Il montre aussi les envolées délirantes de l’archétype du Puer pour ne pas y faire face. La véritable folie n’est pas de prendre soin de notre folie d’ici bas, c’est de cracher dessus, de la compenser par un paradis terrestre que vous ne pourrez jamais, comme un dieu, créée parce que vous êtes et nous sommes des hommes. C’est notre nature incarnée.

« Il est plus pathologique de vouloir léviter le monde que d’accepter et d’épouser le monde en soi ». Hillman.

Rohart, pédagogue écrit :

Cette réalisation de notre Âme institue une immanence, un enracinement dans cette Vallée (de larmes ?) qu’est la vie, les « exagérations spirituelles » (ce que Etty Hillesum[17] appelle donc la « gloutonnerie spirituelle ») et le primat donné à l’inconscient, un inconscient idolâtré au détriment du conscient et de la raison, nous font parfois planer (dangereusement ?) sur les cimes, au mépris de la boue humaine qui est aussi forcément un peu la nôtre !

Cette idéalisation, cette quête spirituelle effrénée, est comme l’envers d’une conception exagérément centrée sur le (petit) moi, une revanche biaisée et maladroite de l’âme (dans un mouvement de compensation) de l’âme négligée, au profit de l’esprit, et qui réclame son dû par le biais de symptômes, et de signes dont il serait préférable de tenir compte. »

Je suis reconnaissant à cet auteur de souligner et de signifier que c’est la gloutonnerie spirituelle d’un certain new-âge notamment qui est, responsable avec les matérialistes capitalistes, de cette annihilation de nos cultures et de notre nature pour un progrès présent, sans cesse en expansion bref un délire et un fantasme de toute-puissance qui nous conduira vers une science-fiction comme l’explique Pinterovic’.

29° Une métaphore pour le refoulement :

Le classique et simpliste « y a pas de problèmes » tiré de je ne sais quel bouddhisme compris à la lettre. Accumulez une fois les galets au fond d’un lac encore et encore et on va voir si le lac ne va pas déborder. Le refoulement peut être vue comme une accumulation au fond du lac d’un ensemble de déchets, de cailloux qui ne peuvent être partis par un pouvoir qui les drague. Que fait le pouvoir du moment présent sur ces galets ? Ils disent : « Tu sais, ton eau n’est pas polluée, tout va bien, reste présent, tu vas voir ». J’ai vécu, j’ai vu les conséquences néfastes sur moi-même, mes relations et ma vie. Tout est ressorti d’une traite comme un énorme vomis qui vient de loin une indigestion de plusieurs mois … beuuuuuuh … Une autre métaphore ?
C’est comme le fait de dire « qu’un problème est un flocon de neige », suffit de méditer et ça va passer. Alors qu’il ne fond pas et s’entasse. Et puis, un jour voilà l’avalanche …

30° Le manque d’esprit critique, l’angélisme et la naïveté :

J’entends des défendeurs de Tolle dire que les gens sont conscients, ne se méprennent pas et sont critiques. J’observe que c’est rarement le cas. C.G Jung montre que la conscience est un rejeton tardif, un bébé dans l’inconscient collectif humain. Le manque de critique ? C’est comme « plus belle la vie ». Ça fait des dégâts chez celui ou celle qui n’a pas une once de recul, qui avale, boit et applique sans même poser une question, à faire acte de conscience.

31° Être conditionné à croire que l’on a un pouvoir

Le pouvoir est bien relatif. 3% sur 100. Et encore, il s’agit de le discerner du conditionnement. Dans une étude de la rhétorique, la mythologie de Tolle use régulièrement de l’argument suggestif « Essayez et vous verrez ». En parallèle s’ajoute les répétitions qui ne sont pas hasardeuses. Ajoutez à cela l’invitation à être dans le contrôle du mental et du corps de souffrance. Ça nous donne 3 éléments que l’on retrouve dans les techniques et protocoles de la scientologie et comportementaliste. J’interroge cette analogie des pratiques : pourquoi en user ?

Le reste, les 97%, on en est impuissant. Alors vous savez les conquêtes prométhéennes qu’elles soient de matérialistes ou de spiritualistes pour améliorer le monde, créer des paradis sociaux, de capitaux ou de Nouvelle Terre, c’est tout simplement anti-spirituel et n’est pas en lien avec notre nature qui est l’impuissance : on se permet de prendre un pouvoir, d’être tout-puissant, de construire une Babel pour conquérir le ciel et se venger du divin : on va de ce monde ce qu’on en veut. C’est au-delà du « Dieu est mort » de Nietzsche, c’est « on a pris sa place »!.
32° Soigner le mythe et la psychologie de Tolle : propositions

Eu égard des regards, des critiques, il est bon de proposer de le rectifier. Après l’avoir déconstruit (oeuvre au noir en alchimie), reconstruisons-le en le rectifiant de l’intérieur :

Pour reprendre les mots de Tolle ce qui a été thérapeutique dans mon cas est d’avoir agi dans l’acte opposé des suggestions de Tolle : j’ai épousé et apprivoisé mon « corps de souffrance » – analogue à l’âme en alchimie – plutôt que de léviter/l’éviter – je l’écoute et l’accueille, je me remémore mes douleurs et ses joies passées (parce que quand on enterre le passé, on enterre le douloureux ET le joyeux, les souvenirs traumatisants comme les joies fondatrices), je retrouve, dans mon passé, mes fondations et mes racines.

9 ème entracte :

Réponse à un lecteur : Contrairement à vous, je crois tout à fait que Tolle s’est bien éveillé comme il le dit. La ménagère comme l’homme d’affaire peuvent vivre une expérience spirituelle alors qu’ils ne sont pas du tout en recherche et en chemin conscient. On est égaux face à l’esprit. On est pas égaux dans le fait de voir consciemment qu’on a eu une expérience spirituelle. Un sourire d’enfant au magasin, une fleur, un oiseau qui passe peuvent ouvrir l’espace à l’intérieur. L’esprit est complètement autonome et les voies culturelles sont un doigt qui pointe la lune mais qui ne sont pas la lune. Elles sont nécessaires à la vie des « moi » mais ne conditionnent pas l’esprit et ne le font pas venir. Notre homme d’affaires va dire « j’ai été bien et ailleurs mais bon, vite, les affaires recommencent » ; la ménagère, elle, aura du ménage à faire. Ce sont, bien sûr, de gros préjugés et clichés consciemment cités pour se rendre compte de cela.
Mon reproche à la mythologie de Tolle est très simple et peut être résumé : dire que son doigt va donner la lune et est la lune. Suffit d’être présent, zou, on a atteint l’état de Bouddha. Sur le chemin : pas d’ombre, pas de douleurs, pas de difficultés et d’inconforts, pas de processus : on s’envole et on a les cieux. L’initiateur alchimiste dit bien à son disciple : tu peux mourir sur le chemin, y a des bandits, des risques, de l’inconfort, y a rien de gagner et ça va te mener là où tu l’imagines même pas. La mythologie de Tolle est dans l’inverse : je vous offre la sécurité confortable de supplanter votre corps de souffrance, vous êtes à un point A.Suivez moi et vous atteindrez, à coup sûr, le point Z. Y a aucun bandit sur le chemin, aucune ombre, ça sera radieux et lumineux, tout sera bien et beau, vous serez meilleur, vous allez gagner en pouvoir. Ensemble on gagne en pouvoir : le corps de souffrance et l’égo sont dominés, on se contrôle tous, on a crée une nouvelle terre. Sauf que … la démarche de Tolle est-il l’ami véritable de mon âme ? N’est-elle pas un bandit qui me propose la lune d’un claquement de doigt ?
La mythologie de Tolle est elle-même dans un conditionnement culturel dont elle s’exclut elle-même ainsi en ne se reconnaissant pas dans une tradition mais elle fait exactement comme elle certaines d’entre elles : mon cadre culturel conditionne et crée l’expérience spirituelle. Ce qui est séduisant et appétissant. C’est la très vieille stratégie de l’Eglise : « suivez nous et vous irez au paradis ». L’approche christique est plus saine que la démarche de Tolle : épousez vos péchés, vos lions, vos démons. Il y a apprivoisement. Bouddha lui aussi nourrit les démons (distanciation par l’air, chant du cinabre). Les 2 sont dans la démarche comme cela de l’amérindienne (dissolution par le feu du tabac et les plantes de feu) et de l’africaine (dissolution aqueuse). Nous, notre yoga, c’est l’alchimie antique. Pas besoin de fuir pour prendre celle de l’oriental. La sienne va enrichir la nôtre. Non pas la remplacer.
Mon reproche à la mythologie de Tolle est dire qu’il amène, qu’il guide vers l’expérience spirituelle alors que cela est complètement faux dans mon vécu de l’application et inexact au niveau d’autres regards critiques : cela m’a rendu profondément malheureux, j’ai refoulé, j’ai vécu un retour du refoulement, j’en ai basé et la démarche a été comme un poison que j’ai à eu recracher. J’ai eu à me déconditionner.

33° La technique de Tolle est son chemin – Son chemin est-il celui qui est valable pour le monde entier ? Tolle, le nouvel Adam ?

Tolle a eu une expérience spirituelle. C’est un fait honorable. Ensuite il partage son chemin. Enfin, il trouve un moyen pour se reconnecter à cet état passé qui vibre encore au présent dans ces cellules. Sa technique sert à re-connecter à son état. Elle lui sert à lui. C’est bien de la partager, merci en temps, ce n’est pas sa technique qui a fait qu’il a vécu cet état. Il l’écrit APRÈS et appliqué l’avoir vécue. Sa technique l’aide à se reconnecter à cet état passé et à lui-même mais sa technique n’est pas la technique pour créer cette expérience et cet état. C’est complètement différent. Je l’ai cru quand sa mythologie dit que suivre sa technique va créer et mettre en condition pour vivre l’expérience spirituelle. Elle suggère à de multiples reprises « essayez et vous le vivrez ». Les gens ne vivent pas l’expérience, ils vivent son conditionnement. C’est comme le mec qui a vu une pub encore et encore. La pub lui dit : « essayez et vous serez heureux » et la personne ressent un état de bien-être en l’essayant. Elle croit que c’est le produit qui lui apporte le bien-être.

Son approche est valable pour lui parce que c’est son chemin. Lui, après, il vend sa voie. Moi, je parle de la Voie : « trouver la vôtre, elle est dans votre vie, moi, je sais pas pour vous, j’ai pas de réponses ». Et ça qui emmerde mes détracteurs : « purée, c’est pas tout cuit quoi ! »

« Fuyez ceux qui ont pour vous des réponses ». C.Singer

34° « Vivre dans le moment présent n’est en rien une technique. » écrit un fan de Tolle

Tolle le réduit à une technique et à des comportements à suivre et adopter. Ce n’est pas un art parce qu’il ne différencie pas, il n’invite pas chacun à trouver son chemin : il pond des vidéos, des bouquins, des vidéos, de manière industrieuse et, en masse, comme une usine, il uniformise une pratique qui ne prend pas en compte l’individualité.

35° Le passé-présent, l’éternité n’est pas le présent

En outre, il ne fait que parler du ressenti éternel des gnostiques/alchimistes. Il le place dans le présent et rejette le passé pour un avenir de Nouvelle Terre. Alors que ce ressenti est bien lié au passé. Tolle se reconnecte à un vécu passé par sa technique et le revit encore et encore. Ce n’est pas le présent qui lui offre cela ni sa technique, c’est parce qu’il garde un lien avec une source et une expérience passée lumineuse. Il est re-lié de façon quantique et cellulaire à un passé, à une mémoire qui existe encore dans un ailleurs transcendant et il va s’y nourrir. Son moment présent n’aide qu’à cela : se reconnecter à la Source. Ce n’est pas un moyen pour re-créer la source.La technique ne l’a pas aidée à trouver cette source, c’est elle qui est venue à lui.

36° « Tolle ne fait que montrer un chemin » écrit une fan de Tolle
Sa mythologie fait plus que montrer un chemin, elle est dans une véritable conquête du monde pour en faire une nouvelle Terre. Il est dans une forme d’évangélisation et d’annonce de bonne nouvelle. Il est très loin d’un lâcher-prise et a des projets pour le monde. Il fait plus que montrer un chemin. Les gens en désarroi ou en recherche frugal et avide peuvent alors foncer et dépenser des sommes énormes en croyant que le prochain bouquin, le prochain séminaire les emmènera toujours plus loin, toujours plus profondément pour être encore et toujours meilleur.
Cette mythologie fait plus que montrer un chemin, elle élabore une médecine et une psychologie, elle explique les pathologies et donne un remède qui est le sien bien sûr. Elle a des responsabilités comme on en a déjà parlé : elle ne prévient d’aucun risque, elle n’est pas critique envers elle-même, elle ne fait que suggérer que ça peut aller que mieux si on la suit.

37° Rectifier l’unilatéralité du progrès par une vision pessimiste : l’ancienne Terre

Etudions le mythe pervers d’une progression sans fin avec Adolf Craig Guggenbühl :

Le mythe du progrès comme exemple d’un mythe nuisible et unilatéral

Le thème central de mon livre est de dépister les mythes contemporains. Dans le chapitre sur l’égalité, j’ai cherché à entrer in medias res. Et ce, pour fournir dès le départ l’occasion au lecteur d’avoir une idée de quoi il retourne vraiment. Il me serait malaisé d’écrire sur la mythologie, d’assimiler même, pour ainsi dire, la psychologie à la mythologie, sans proposer une vision différenciée de la mythologie, sans indiquer aussi les possibilités destructrices de la mythologie. Cela fait, je voudrais aborder encore une fois les mythes qui déterminent notre vie actuelle, notre civilisation et notre politique actuelle, et qui leur nuisent aussi en partie.

L’arrière-plan mythologique de l’existence humaine reste souvent caché aux yeux des contemporains. Aussi longtemps qu’ils sont agissants, les mythes sont rarement reconnus comme tels; ils sont pris comme une vérité évidente. Les mythes sont des représentations, des images, des récits, qui nous gouvernent, qui agissent à l’arrière-plan de notre vie psychique, mais dont nous ne sommes conscients que pour une part infime. Le grand mythe des Temps Modernes est le progrès. Il agit encore toujours à l’arrière-plan en politique, en culture, en psychologie, vraiment dans tous les domaines de notre existence. Beaucoup de nos contemporains considèrent comme évident que nous fassions continuellement des progrès. Et même des gens qui repoussent le progrès matériel et technique et qui prennent une position hostile vis-à-vis de la croissance économique, sont souvent partisans de «growth movements» quasi fanatiques; ils croient ainsi, par exemple, au progrès dans le domaine psychique.

La croyance au progrès est en partie liée au christianisme. Celui-ci, il est vrai, ne comporte pas à l’origine une croyance au progrès dans ce monde-ci, mais bien dans l’au-delà. L’Homme a été expulsé du Paradis. La vie terrestre n’a pas été ou n’est pas conçue par les chrétiens comme quelque chose de progressiste, quelque chose qui ne fait que s’améliorer. La croyance régnait – ou règne – que la fin du monde apportera une rédemption au moins pour une partie de l’humanité, même si elle apporte la damnation pour l’autre partie. Au cours des trois derniers siècles, les conceptions judéo-chrétiennes d’une rédemption transcendantale se sont retirées à l’arrière-plan. Le paradis n’est plus escompté de manière transcendantale, dans l’au-delà, mais sur cette terre. La croyance séculière au progrès est devenue le mythème dominant, la possibilité d’un paradis terrestre est devenue importante pour les gens. Aujourd’hui encore, bien que cette croyance au progrès en soit arrivée à devenir vacillante, des mots comme progressiste, évolué, ont toutefois une résonance positive, alors que des notions telles que conservatisme, traditionalisme, sont utilisées souvent comme des injures.

La mythologie du progrès, la croyance au progrès, s’est introduite jusque dans les recoins de la psychologie. Toutefois, un des plus grands prophètes de la psychologie moderne, Sigmund Freud, n’était que partiellement pris dans la croyance au progrès. Ou alors sa croyance que la psychologie puisse être à l’occasion ramenée à la chimie serait-elle une mythologie du progrès? En tout cas, la conception de Freud suivant laquelle plus grande est une civilisation, plus grand aussi le malaise psychique, n’est certainement pas progressiste.

Ainsi, il est bon d’équilibrer par un pessimisme. On ne va pas nécessairement vers une nouvelle Terre.

10Ème entracte :

L’être humain est profondément médiocre, c’est l’humain trop humain dont parlait Nietzsche. On s’individualise par ses qualités, les défauts sont banals et communs. La nouvelle Terre n’est qu’une nouvelle version immanente du paradis qu’on va créer suite à une progression psycho-spiritualiste, uniforme, où on devient tous les clones des uns et des autres. Après la Rome et ses papes décadents, Marx et ses révolutions qui ne mènent nul part, voici Tolle. Un de plus.Rien de neuf sur le soleil.
38° Critique d’une vidéo de Tolle :

http://blogbug.filialise.com/relations-interpersonnelles/#comment-583

1° Psychologie mécaniste et systématisée « plus vous êtes avec des gens avec qui vous avez partagé un passé, au plus les anciens comportements passés reviennent ». En bref, il explique que son conditionnement ne fonctionne plus très bien quand le passé est là. Avec un discours si généralisant, systématique et si peu nuancé, une personne peut entendre « évitez de re-croiser les personnes de votre passé, elle réveille le corps de souffrance, fuyez ».

2° Le passé est bien « actif et opérant » dans l’action. La théorie quantique montre qu’on est composé d’eau qui enregistre l’ensemble de notre vécu et de notre vibration. Cette mémoire de l’eau est éternelle et permanente : elle se transmet à l’eau qui arrive. Y a aussi la mémoire cellulaire.Si la mythologie de Tolle avance dogmatiquement des thèses psychologiques en dépit de toute science physique et psychologique fondée, quelle place occupe-t-elle ? Est-elle modérée ? Radicale ? Extrémiste ? Je nous le demande. En termes psychanalytiques, sa mythologie invite à refouler, à dénier le passé et les ressentis. En terme cognitif, elle fait de la dissociation et du clivage cognitif. Elle nous fait croire que c’est le présent OU le passé alors qu’il est possible d’être AVEC le présent et le passé.

3° Le pouvoir de la présence n’a pas le pouvoir de dire qui je suis. Ce n’est pas une technique mentale qui crée l’identité. Il enlève le conditionnement passé et invite à en créer une nouvelle. Une identité identifiée au présent.

4° Être connecté au vivant, c’est être connecté à ce qui est et ce qui a été. Ce n’est pas libérateur que d’être dans le présent uniquement, c’est dissociant et enfermant. Là est mon ressenti intérieur honnête qui ne rencontre pas la théorie de Tolle. Être connecté au vivant n’a pas le pouvoir de me libérer de quoi que ce soit. Je suis simplement relié à autrui, ce qu’il est, ce qu’il a été et ce qui est et a été entre nous.

5° Sa mythologie enseigne donc bien un pouvoir qui contraint autrui au lieu de le rencontrer empathiquement. Le but est-il ici de désorienter l’autre ? Fait-il croire à ses lecteurs et auditeurs qu’on a le pouvoir de déstabiliser les gens en étant présent ? Moi, il ne me déstabilise pas, en tout cas, rien que sur ces vidéos, il me fait rire à se prendre autant au sérieux. Je souris en lisant une forme de retenue émotionnelle et des sourires crispés.
On pousse les gens ainsi à sortir de leur rôle, on prend le contrôle de l’autre et de la situation. Ainsi on force à autrui à ce qui est, tel que ça a est ?

6° Il est bien évidemment faux que les demandes et les attentes envers autri soient unilatéralement liées à des identifications mentales. On retrouve à nouveau une psychologie non-nuancée et donc unilatérale. Voilà que le bébé devient un monstre égotique parce qu’il a besoin et dépend de sa mère. Pire, si on le prend à la lettre, on comprend « demande rien, demande plus parce qu’au sinon, tu n’es qu’un pauvre mec identifié à ton égo qui attend quelque chose » alors … que c’est tout simplement humain de demander et d’attendre. On est en inter-relation. On retrouve ici une psychologie systématisée.

7° Bien sûr que si l’autre me comprend, il contribue à mon bonheur qui est de durablement construire dans la relation à moi-même, aux autres et la vie, ma vie pleine et entière une quiétude intérieure.
C’est en et par l’autre que j’adviens à moi-même. C’est un paradoxe. Bobin rétorquerait ainsi à Tolle :

Pour vivre, il faut avoir été regardé au moins une fois, avoir été aimé au moins une fois, avoir été porté au moins un fois. Et après, quand cette chose-là a été donnée, vous pouvez être seul.
(In La grâce de solitude de Marie de Solemne)

Si on prend la mythologie de Tolle à la lettre, chose qui est de notre responsabilité (mais qu’il impulse par des propos généralistes – le cerveau comble le vide et il en laisse un paquet) il faut couper toute relation de bonne compréhension avec autrui. On se regarde, on est béats présents à l’un à l’autre. La relation se limiterait à ça. Ses invitations à ne rien dire me font vivre un silence mortifère. Autant allez vivre comme un ermite sur l’Himalaya. En bref, la mythologie de Tolle peut aider, pourquoi pas, ceux et celles qui veulent vivre une vie d’ermite.

8° La présence me connecte justement à ce dont j’ai besoin et je n’ai pas besoin de rien. Je suis un être incarné avec des besoins physiques, relationnels, psychologiques, mentaux et spirituels. Les besoins, je les partage avec les autres. On est humain, je prends une grande joie à contribuer au bien-être de mon vieux papy quand je lui porte son panier. Je suis connecté à tous les bons souvenirs passés et partagés avec lui et connecté à ce qui se passe à l’instant et en train de combler des besoins. La mythologie de Tolle semble m’inviter à la dissociation une nouvelle fois.
C’est une machine n’a besoin de rien si ce n’est du carburant et un entretien régulier.

9° la présence ne donne pas encore l’acceptation et la compassion. On crée pas la présence par sa technique : Tolle a subi une présence forte de l’esprit qui l’a cloué et rendu présent, on est rendu présent, on ne crée pas la présence. On reproduit après cette expérience parce qu’elle est dans nos cellules, on se connecte au passé, à l’expérience passée, on relie le présent au passé et c’est là qu’est la re-ssource. Puis il nous dit que sa technique du moment présent va créer la présence, l’acceptation, la compassion comme une machine technicienne va fabriquer un produit tout fait. Les 3 se vivent dans un contact avec l’esprit qui touche, effleure. Le coeur s’ouvre. On subit l’esprit, on ne le provoque pas.

10° La présence ne crée pas l’espace intérieur et la conscience et vice-versa. Le moi a pour tâche, montre C.G Jung, d’ouvrir l’espace et la conscience pour consciemment vivre la présence qui peut alors peut-être se créer en nous. C’est comme construire le nid d’un oiseau et l’attendre. L’esprit est un oiseau tout timide qui fuit les gens qui veulent l’attirer et l’avoir avec un pouvoir. C’est subtile et complètement différent.

39° Quelle joie d’épouser la colère !

La colère ne me lâche pas, je lui fais ici l’amour !🙂. Pour reprendre vos mots et vos concepts « rien de plus extatique que d’épouser le corps de souffrance, c’est cela qui dépasse le moment présent ou tout autre conditionnement quelconque ». Cela la mythologie de Tolle se garde bien de le dire. Pourquoi ? Le processus spirituel n’est en rien un outil de plus dans les rayons du supermarché du développement personnel pour l’idéologie du bien-être ou un anesthésique pour apaiser. Il est un processus qui enlève, fait devenir petit et fait entrer dans des douleurs « non-mentales » mais pas dans le sens de Tolle dans le sens de la voie tantrique. Un processus qui ouvre et donc met en contact avec les douleurs et les crises endormies. On ne crée pas l’expérience spirituelle, on se prépare à recevoir « les vents ».
40° Lien entre techniques occidentalisés de méditation et les conditionnements skinneriens

C’est James Hillman qui montre que l’atteinte contre l’émotion, la pensée est une atteinte contre l’imagination et l’image. Il montre les analogies entre les théories de Skinner (contrôle) et les techniques de méditations asiatique occidentalisées new-âge (pas la méditation issue d’une tradition où le méditant et la méditation font partie d’un tout mythologique plus vaste qu’une simple technique de mieux-être – de même la méditation ne sert pas à mieux-être).

11Ème entracte
On n’est pas du tout créateur du contact et on n’en crée pas les conditions. Le contact avec l’esprit est au-delà de ce que l’on peut imaginer, penser et conceptualiser. Le contact se fait dans la vie quotidienne, quand on jardine, bosse, c’est quelque chose qui nous prend, c’est pas l’inverse.
On ne peut que faire une chose : ouvrir l’espace et être conscient. Les moines bouddhistes se mettent constamment dans l’impuissance, dans le vivant de la vie. Ils méditent pour ouvrir cet espace. Ils n’utilisent pas la méditation comme un truc qui est coupé de leur vie, pour vivre l’illumination et puis l’oublier. C’est plus qu’une technique, c’est un art, l’art d’une vie. Mon reproche à la mythologie de Tolle est d’identifier un état de quiétude intérieur crée mentalement et par conditionnement à une expérience spirituelle.

41° On est pas spirituels parce qu’on est un touriste spirituel – on est spirituel parce qu’on est et incarne une essence par et avec l’aide de l’égo.
C’est pour cela que ceux qui disent spirituels parce qu’ils font des stages, sont les grouppies de je ne sais qui, méditent de 18 à 20h, se disent « zen, centré, en paix, sans émotions, pensées » et puis viennent dresser ma psychopathologie à 21h ne sont pas nécessairement sur le chemin. Ça me semble être un truc « bien » pour être « bien ». Mais une fois dans leur vie, tout ça vole en éclats.

42° Le dualisme de Tolle

« L’identification à une identité ou à un état (présent) « je suis présent » n’est pas encore la « non-identification » du « non-dualisme » du tantrisme cachemirien. Le processus vital et de transformation ne peut être contrôlé ni arrêté ni figé mentalement par une hypnose méditative qui crée un état conditionné de conscience qui fige le mouvement vivant en un « présent ». L’état présent est une illusion nécessaire qui n’est pas spirituel mais création mentale contre une autre création mentale qu’elle tente de supplanter. La mythologie de Tolle invite à passer d’une identification au passé à une identification à un état présent »
Alors que le processus spirituel est un état de non-identification. Vouloir être présent, appliquer une technique, c’est s’identifier à elle mais surtout à sa production qu’on nous dit qu’elle va se produire ». C’est le classique « Essayez et vous verrez » de la psychologie de Tolle dans ses « exercices ».

Je n’ai pas besoin de réponses et de techniques. Admettre, épouser, embrasser. Le processus spirituel n’est pas quelque chose de doux, de tendre qui est là pour l’idéologie du « bien-être ». Ça vous enlève la jeunesse, la beauté, la force, …

43° Le rejet tragique du mental

Ceci est issue de la voie soufie : Pourquoi est-ce important d’exprimer avec des mots l’expérience spirituelle et de la comprendre intellectuellement (qui n’est pas réduite à eux) ? En nourrissant la compréhension normale et mentale, l’intellect, on contribue et facilite l’intégration, la compréhension et l’acceptation de ce qu’il se passe. Nourrir le mental permet d’en faire un allié. Sans cela, il peut résister parce qu’il n’est pas pris en compte. Sans le mental et la compréhension, c’est comme si l’individu marchait dans le noir.

L’expérience spirituelle ne peut être exprimée avec des concepts. En même temps, si des mots ne sont pas mis consciemment sur ce qui a été vécu, la connexion avec l’expérience peut être perdue. Le soin demande de mettre des mots pour qu’une compréhension mentale et normale se fasse. La médecine passe par là. Si on a une expérience spirituelle, mettre des mots dessus aide à intégrer l’expérience dans l’incarnation et la conscience normale. Il s’agit de profondément respecter la conscience mentale normale et l’incarnation dans laquelle nous sommes.

J’ai besoin, personnellement, de comprendre pour intégrer.
Pour le reste, je vis les réponses.
Pas de technique pour ma part parce qu’il n’y a pas de réponses à aller chercher mentalement. La technique est un protocole, une démarche mentale qu’on vous donne voire qu’on vous vend dans des séminaires, bouquins, vidéos et stages pour aller chercher « les réponses à l’intérieur » qui est le classique adage du développement personnel. Attention, je ne dis pas qu’il n’y a pas de discipline et d’art. C’est tout autre chose. La discipline et l’art s’appliquent à la vie et à sa vie. J’essaie pas de me changer parce que je suis un être humain sans solutions humaines. Je suis impuissant par rapport aux émotions, pensées, je lâche le pouvoir que je crois avoir en tentant de les léviter, de les supplanter, de les endormir ou encore de les changer. Pour les problèmes qui me dépassent, j’appelle ce qui me dépasse à l’aide. J’écoute, j’apprivoise, j’épouse.
44° On a le pouvoir de se transformer et de se réaliser ?

C’est pas encore gagné … parce qu’on a aucun contrôle sur la transformation. Je peux m’ouvrir, être zen, etc tout à fait et en même temps, c’est pas encore ça qui amène l’esprit. Tolle n’est pas du tout dans une démarche volontariste, méditative etc quand il vit son toucher de l’être. C’est tout l’inverse, il est dans sa nigredo, son oeuvre au noir : Il est dans la terreur et l’angoisse. Il les regarde et fait face et puis, ça vient de soi-même. A travers ses bouquins, et c’est tout le tragique, c’est qu’il passe comme on dit en alchimie directement à l’oeuvre au rouge : s’ouvrir à la lumière alors que la Voie demande de se confronter à l’inconfortable … chose qu’il a faite. Je ne comprends pas pourquoi ensuite il propose un raccourci comme cela qui est tout le contraire de son propre chemin. S’il était cohérent avec ce qu’il a vécu et reçu comme ce cadeau maudit et béni à la fois qu’est l’angoisse, s’il est cohérent avec le processus et le chemin qu’il a vécu (conforme à l’alchimie, la Voie), il parlerait de cela et non de « sa technique » qu’il élabore mentalement et après comme un moyen pour faire vivre ce que lui a vécu. Alors que le moyen qu’il a pris est tout autre. Il propose tout autre chose à ce qu’il a vécu comme pouvant donner le même résultat. Alors qu’il n’y a pas de résultat à obtenir, d’état à créer.

La mythologie de Tolle est à mille lieux de celle de C.Singer. Cette dernière ne donne pas de réponses, invite chacun à cheminer. Je respecte le chemin de Tolle. En même temps, je désapprouve ses stratégies. Christiane Singer, en outre, a une cohérence sur son chemin, elle nous en témoigne pour nous inviter à aller vers le nôtre qui est mystérieux. Tolle a un chemin, la mythologie de Tolle donne une recette, une technique qui n’est pas un chemin en soi-même. Elle dit « vivez ce chemin là que je vous éclaire et vous vivrez cela ». A l’opposé de Singer. Mon choix est personnellement très facilement posé.

Ce que je dis, c’est que la mythologie de Tolle n’invite pas à vivre dans sa propre vie, il dit « faites-ça et vous vivrez cela » alors que c’est pas garantie. Ainsi il ne prépare pas à rencontrer l’esprit : il conditionne à vivre quelque chose. Les gens vivent ce qu’elle a programmé pour eux. Et confirment alors ses propres propos psychologiques « j’ai vécu une expérience spirituelle » qu’elle a elle-même suggéré qu’elle en est une avant que les gens la vivent.

La psychanalyse invite à vivre la vie, à se la prendre en pleine face. La mythologie de Tolle dit l’inverse : « vivez, pratiquez ce que je vous dis dans la vie et vous la rencontrerez ainsi ». On a besoin de son pouvoir du moment présent pour être présent.

45° Tolle, inutile ?

Je ne dis pas que c’est inutile, je dis qu’une technique ne crée ni l’expérience spirituelle ni attire l’esprit. Je dis que s’accrocher à un cadre et une technique ne donnent pas cela. La méditation du moine s’inscrit dans sa vie pleinement. Elle est comme un pinceau pour le peintre. C’est une discipline de vie.

Je dis que des européens face à un désarroi psy et spi complet en Europe font du mieux qu’ils peuvent pour s’en sortir, vont prendre le pinceau et en faire une baguette magique pour changer de vie, être plus présent et moins dans l’égo et font du pinceau une panacée, une technique royale pour être heureux, s’apaiser etc. Il rajoute un truc à leur vie, qui ne fait pas partie de leur culture (et donc possiblement qu’il ne respecte pas leur propre culture et la spiritualité de leurs ancêtres) pour aller mieux et plus ressentir l’angoisse appelé par la psychologie de Tolle « corps de souffrance ». Ils se reconditionnent au sens plein du terme cad comportementaliste. La psychologie de Tolle s’apparente à celle de Pavlovqui sonne la cloche pour préparer la salivation. Ils croient que ce sont eux qui salivent d’eux-mêmes alors qu’elle les a conditionnés à ne pas ressentir et à s’auto-suggérer que le bien-être momentané ressenti est l’illumination. Les procédés de Tolle se retrouvent avec des mots simplement différents … dans les manuels de conditionnement que les étudiants en psycho reçoivent à l’université (TCC) pour amener à se suggérer une illusion plus confortable qu’une illusion inconfortable. Sauf qu’eux, le refoulement de l’angoisse se fait par l’action, la volonté de ne pas y penser et la pensée positive à la Coué. La méditation est aussi un objet qu’on va pratiquer. Alors que dans la tradition bouddhiste, la méditation a le pouvoir. On a pas le pouvoir de méditer, d’être présent. C’est pas moi qui médite, c’est la méditation qui me médite.

46° Je lis « Mon opinion sur le processus spirituel est la vérité »

Il a des lois que cela plaise ou non et le processus spirituel n’est pas justement là pour « convenir » au moi. Je n’ai pas besoin de refaire tout le travail de C.G Jung ou des physiciens pour prouver que cela est exact ou valide. C’est ce que fait la mythologie de Tolle : il redit avec ses mots ce que d’autres ont dit depuis des lustres. Maintenant, le processus de connaissance fait partie de la vie. La technique de Tolle vaut pour lui. Elle, elle dit « faites ce que je dis et vous aurez cela, c’est promis ». C’est là qu’elle est dans une logique de séduction, de consommation ? Moi, je vous dis « vivez votre vie, inspirez-vous, la clé est dans votre vie, pas dans ce que je dis, ce que je dis peut vous inspirer ».

« Il y a bien des manières de s’agenouiller et de baiser le sol » Rumi.

A moi de trouver la mienne. Quand je lâche pas les pratiques des autres qui oui peuvent aider et être inspirantes, je copie et je lâche pas pleinement. C’est un paradoxe.

47° Stabilité et Nouvelle Terre.
Se stabiliser, vouloir que ça me convienne et utiliser le pinceau baguette magique, c’est pas être dans le travail vers l’esprit. C’est un simple procédé pour se stabiliser voire contrôler. Ce n’est pas cela le chemin vers l’esprit. La stabilité, je la trouve pas personnellement dans le contrôle, je la place dans la stabilité intérieure et extérieure de danser avec la vie et « le corps de souffrance » que j’épouse alors. A l’extérieur, je me trouve un travail concret, incarné et régulier, chose qu’aime l’esprit quand on s’y donne pleinement à fond. A l’intérieur, j’apprivoise avec véritable compassion les démons.
A l’extérieur, je respecte et m’occupe des relation là-devant moi que la vie me donne. Ça suffit. Vouloir aimer le monde entier, s’efforcer de monter une nouvelle Terre peut être une façon de fuir les relations et la rencontre qui sont là devant moi, dans la vallée des larmes.

48° Le contrôle

Le christ ou tout autre aide, guide ou maître intérieur peut aider à traverser. A la différence du Christ qui est commun, l’ange individuel, le daimon chez Socrate connaît l’intime de ma vie. C’est à voir ce qui est mis aussi derrière la protection; à quoi elle me sert ? : à me préserver du risque ? à contrôler le changement et ma vie ? La conscience de soi peut être aussi protectrice : respect de soi, de ses limites, rythme, … La mythologie de Tolle est ainsi une protection pour mettre loin l’angoisse, l’inconfort et la souffrance. Cela peut être aidant et même temps cela peut être une façon de fuir, léviter/l’éviter ce qui peut être aidant. Il est aussi une protection pour préserver un contrôle sur sa vie « c’est bon, ça va, j’ai évacué la colère, la tristesse, je garde l contrôle, je suis zen, ça va dans le sens que moi que j’ai décidé » alors que le processus spirituel n’est pas cela. C’est quand je perds le contrôle et que j’accepte de le perdre que ça commence peut-être à se transformer. P’être alors que des émotions comme de la colère vont venir et sortir … le boulot est alors de ne pas s’y identifier littéralement mais de les apprivoiser.

49° S’identifier et se désidentifier :

Celui qui fuit la confrontation n’a pas trouvé son Moi à mon bon sens, il a peur de se prendre pour LA colère, pour sa colère si elle vient. C’est un double travail : rencontrer, apprivoisement (rapprochement) et dés-identification (distance). Avant de se confronter disait Jung à l’inconscient, il s’agit de renforcer le moi : se respecter, s’estimer, s’incarner. La mythologie de Tolle peut être un moyen pour ça. Mais alors, il s’agit d’être honnête et de reconnaître qu’il est une aide pour le moi et qu’il n’est pas LA voie.

50° Le chemin spirituel, une promenade au pays des Bisounours ?

Le processus spirituel est souvent présenté comme une quête zen toute tranquille sans bobos ni tracas. Alors que c’est quelque chose qui vient vraiment te chercher et qui te tient à la culotte et serré. Ça ne rigole pas même si l’humour peut être très présent🙂. La personne qui m’accompagne est très honnête et dit bien que c’est pas tout rose et violet. Y a des périodes d’extension, d’ouverture et des moments de contraction. Ce chemin est agressif et peut être violent. Il exige parfois un sacrifice. C’est pénible de se dire que l’ouverture, la préparation à recevoir l’esprit va te connecter à plus … de crises, pertes, manques, de douleurs et d’impuissances … comme de possibles joies. Mais il faut faire vendre le développement personnel, y a des intérêts financiers en jeu …alors tu penses bien … venir dire que ça sera pas nécessairement confortable … le mec qui m’accompagne n’est pas devant les spots et n’a pas d’entreprise. Je l’ai rencontré parce que j’ai suivi un fil d’Ariane … Il est à mille lieux de la séduisant mythologie de Tolle : il propose du caviar qu’on peut bouffer en 10 secondes « suffit d’être présent ».

Le truc avec ce chemin est le rejet de notre culture pour une fuite bouddhisante ou amérindienne voire encore la science-fiction. Et donc rejet du mental chez Tolle par ex. Ces voies peuvent nous apporter quelque chose mais il m ‘est essentiel de faire la paix avec la culture et la spiritualité de mes ancêtres qui est christique, gnostique et païenne. C’est comme pour le père : mon père me va pas alors je prends un papa chinois ou indien en substitution ? Le chemin spirituel s’ancre dans l’incarnation. Pour bien des touristes du développement personnel, le processus spirituel ,c’est leur expérience à eux, c’est pas extérieur à eux. Ils sont là est à mon bon sens dans leur certitudes, ne veulent pas y être chatouillés et s’y confortent et complaisent. Cela peut aussi expliquer que mes critiques font que je suis remballé: j’invite agressivement à secouer le cocotier et à être critique alors ils font tout leur possible pour me décrédibiliser comme ça ce que je raconte, c’est du délire, je suis malade, etc etc.

51° Les émotions à apprivoiser

Je pense voir ce que tu veux dire par épreuves qui se répètent. C’est le problème où je suis mis complètement dans l’impuissance. Avec les femmes par ex. Alors, je garde le contact avec les émotions. Quand la peur est là, c’est un excellent signe que le contrôle va être perdu, quelque chose le pressent. Cette perte de contrôle qui met dans l’impuissant est la porte royale vers l’esprit. Au coeur de la perte du contrôle et quand y a suffisamment de vide à l’intérieur, quelque chose peut éventuellement venir et elle est très confortable avec la perte de contrôle, une relaxation se fait. Alors ce n’est pas moi qui résout le problème, c’est le problème qui me résout, qui me change, malgré moi. Ce n’est pas un pouvoir. Si je comprends et résous consciemment un problème alors je détiens un pouvoir que l’autre n’a pas parce qu’il n’a pas fait la démarche. Avoir ce pouvoir est différent de l’abus de pouvoir. Le pouvoir est mental. Il n’est pas spirituel. Ce qui est spirituel, c’est de contacter l’impuissance. Face à un problème, je ne trouve aucune solution consciente. Quand je cesse de vouloir régler le problème avec du pouvoir et de la volonté ,c’est alors le problème qui, possiblement, me transforme. Cela n’est possible que si l’impuissance est acceptée. Pratiquer une technique pour avoir un pouvoir d’être présent, c’est ainsi être dans une logique de mentaliste et non une logique spirituelle. J’avoue ne pas avoir de pouvoir, de solution que ça soit par de l’éradication mentale scientologique, du pognon, du social, du moment présent alors j’entre dans un espace de prière spontanée, qui vient du coeur et je me mets à demander de l’aide, à appeler et je montre à l’esprit, aux esprits, ma vie, mes larmes et je demande d’accepter, d’admettre, de comprendre, que mon coeur soit ouvert … demander du mieux-être pour plus souffrir, pour plus ressentir « le corps de souffrance », c’est pas du spirituel, c’est rechercher un anesthésiant (ce qui peut aider) et se rassurer qu’on est pas comme eux là les médecins allopathiques qui font du matraquage thérapeutique … alors que … !

C’est une affaire de guerrier du coeur le processus spirituel mais pas de soldat (obéit à la baguette) ou de mercenaire (pour ses intérêts, sans « roi »). De guerrier sacré. Faut voir et vivre une danse de prières des Indiens des plaines. 4 jours sans presque boire, manger, sans se parler, sans presque manger, sans se regarder dans les yeux. Avec le soleil, la sueur, les larmes, la chaleur, le poids, les peurs, …

52° « Tolle me ressource » dit une lectrice

Ce qui ressource et aide ne transmute pas encore durablement.

12Ème entracte : Dans l’obédience qui est la mienne, c’est une belle oeuvre alchimique que cette critique étant donné que j’ai tenté d’appliquer Tolle sur moi. On a vu les dérives et le détournement de l’alchimie à des fins de pouvoir, de prestige, de gloire personnelle et il s’agit de trouver un cas qui est mu par l’archétype de Faust. La mythologie de Tolle est exactement et banalement un cas exemplaire à présenter

53° Comprendre

Pour commencer à comprendre, il s’agit d’accepter que l’incompris et le mystère existe.🙂. C’est le paradoxe. Cet état, je ne peux pas le re-créer, j’en suis impuissant. C’est exactement ce faux pouvoir de création des conditions de cet état « particulier et délicieux » que propose la mythologie de Tolle dans un pseudo-élixir sous forme de bouquin. Cela ne se crée pas. On se prépare à accueillir. La psychologie de Tolle fait son beurre avec l’avidité et la gloutonnerie spirituelle des gens qui pensent qu’ils vont créer « l’esprit » et « être spirituel » s’ils font 10 000 stages et expérimentent encore et encore ? Patrick Burensteinas parle :

La quête de l’alchimiste, c’est qu’on peut trouver ce qu’on cherche que si on ne sait pas ce que c’est. Si je sais ce que je cherche, au mieux, je trouverai ce que je cherche. Alors que je ne sais pas ce que je cherche. Au début, les gens commencent très souvent l’alchimie pour de mauvaises raisons : pour des raisons mécaniques, matérielles « je veux de l’or, je veux l’immortalité, le pouvoir, … ». Petit à petit, si on est capable de passer à travers cela alors nos mains courent plus vite que notre tête. Il se passe alors des choses qui ne sont pas explicables, exprimables mais cela nous rend juste heureux sans raisons. La difficulté comme ce n’est pas une expérience, comment la reproduire puisque je ne sais pas comment j’ai fait ? C’est l’ambiguïté de l’alchimie. Certains reproduisent l’expérience encore et encore et on se rend compte qu’on arrive sur le chemin quand on a plus d’expériences à produire. L’alchimie ne répond jamais à nos questions. Mais elle fait qu’un jour, on a plus de questions. C’est pas du tout la même chose. Sans questions, nous sommes morts ? Pour l’alchimiste, sa quête est celle de l’unité : que chaque chose soit en moi et que je sois en moi. Mais cela n’est possible qu’à une seule condition : dépasser les limites de mon propre corps. Je ne peux pas trouver l’unité en gardant mon individualité. Quand on commence la quête alchimique, la 1ère question à se poser est : « qu’est-ce que je suis prêt perdre? »

Cette question se pose dès que l’on s’engage dans une voie quelle qu’elle soit, car après tout, choisir une voie, c’est perdre toutes les autres. C’est vrai aussi pour le mariage, le métier, bref tous les engagements.
La mythologie de Tolle n’est pas une voie spirituelle étant donné qu’avec elle, y a pas cette question et qu’on va tout gagner en étant sans cesse présent.

54° La transformation :

On ne se transforme pas volontairement. Ce sont les problèmes qui me transforment. J’y consens ou non. La mort de quelqu’un de proche transforme qu’on soit consciemment ou non en chemin. Le processus spirituel ne demande pas le choix et l’avis. On est dessus. Alors l’arrogance classique des spiritualistes par ex de se prendre de hauteur parce qu’ils sont « en chemin » qui ont tout vu et tout vécu parce qu’ils font du chamanisme, du yoga, du zen, .., ils se plantent gravement parce qu’un SDF est aussi sur un chemin comme un handicapé.
55° Je crée mes expériences

Non, on ne la crée pas l’expérience, on est pas un demi-dieu spirituel qui crée du spirituel. On est des humains qui vivent des expériences spirituelles qui les dépassent. Les moines, etc se préparent à la recevoir et a peut-être la vivre.

56° Quand peut-on parler spécifiquement d’alchimie ?

On est dans l’alchimie, c’est le processus spirituel. Vous êtes venus comme moi dans un monde où vous n’avez rien choisi. Vous avez 3 % de libre-arbitre. On est contenu et possédé par ce monde.
On est pas spirituel parce qu’on consomme du new-âge, du développement personnel qui eux vont bien sûr dire qu’on l’est en le consommant, c’est leur pub.
Admettre qu’on a pas de pouvoir face l’esprit, qu’on peut pas le créer comme admettre les impuissances dans sa vie, par rapport à soi, les autres et la vie, c’est commencer à mettre un pied consciemment sur le chemin.
La descente, la lessive, c’est l’art en alchimie.

57° Le souffle et le contrôle mental

Accompagner le le souffle pour qu’il descende, c’est avoir compris une des façons d’intégrer un chemin dans son corps mais la compréhension de l’art ne fait pas encore l’artiste. C’est pas parce que j’ai compris et que je sais jouer du Mozart que je suis Mozart … c’est l’esprit de Mozart qui fait de Mozart … Il s’agit de comprendre que c’est un paradoxe : vouloir descendre absolument, c’est une volonté subtile de monter « allez je souffle vers le bas, je le descends dans le hara, je vais être zen maintenant ». Je suis impuissant à descendre, la vie va me descendre.🙂. Je m’apprête à cela. Le contrôle mental du souffle reste un contrôle mental. C’est le souffle qui descend pas moi qui le fait descendre. Je lui demande de descendre, je force pas.
Le souffle s’apprivoise, il fait entrer l’espace à l’intérieur et l’espace, c’est l’esprit. Être conscient du souffle pas forcer et diriger, lui parler, l’apprivoiser.

Le souffle est autonome, on le contrôle pas, dès que je crois et veut le contrôler, je descends pas, je prends une montgolfière. La mythologie de Tolle est à l’exact opposé : contrôlez vous, contrôlez tout : votre souffle, votre présence, vous aurez une expérience spirituelle … bin, c’est pas une expérience spirituelle, ça ressemble à un état halluciné et suggéré où l’individu plane pas parce qu’il a touché l’esprit mais par ce qu’il a tout anesthésié par le contrôle.
On ne contrôle pas la respiration, si elle est bloquée, on force pas, on la conditionne pas. C’est plus subtile et pas automatique, l’âme aime être prise dans le souffle du pneuma, le moi l’appelle mais le souffle de l’esprit n’est pas celui du vent. Je peux souffler dans les voiles et le vent n’avance pas. Par contre, relier mon souffle à celui du vent, là oui. Le moi soutient, amplifie, freine, c’est comme un frein et un accélérateur. Il contribue. Il est pas le moteur. C’est pas moi alors qui souffle en moi et c’est l’esprit qui souffle et soulève le plomb intérieur.
Je suis respiré par l’esprit. Mais les mots ne sont pas encore le vécu. L’alchimie parle du pneuma qui donne tout simplement des ailes à Psyché. La mythologie de Tolle en s’en prenant à l’égo (au lieu de s’en prendre à l’identification) s’en prend métaphoriquement ainsi à Narcisse, la fleur sur laquelle l’âme se repose, le papillon se nourrit. Métaphoriquement, il est exact de dire que la mythologie de Tolle piétine les fleurs intérieurs sur lesquelles se reposent l’âme (Psyché).

58° La volonté d’accepter

C’est un défi pour celui qui veut accepter qu’une part de lui n’acceptera jamais. Il ne l’a pas apprivoisé. Il lutte et tente d’être volontairement présent à l’autre voir à lui-même sans voir que la porte est dans le paradoxe : on commence à accepter quand on commence à accepter qu’on n’acceptera pas voire qu’on acceptera jamais certaines choses.
Le Bouddha est entouré de dragons, de démons et de monstres qu’il a apprivoisés. Un de ces monstres est la non-acceptation totale, partielle et partiale et elle n’a rien d’égotique parce que j’en vois venir et de loin « c’est l’égo qui n’accepte pas », l’éternelle rengaine d’une espèce de dogme récité encore et encore suite à je ne sais quel catéchisme orientaliste mal compris . Je dis « non », c’est dans la nature de l’esprit de se contredire lui-même. C’est pas en croyant qu’on va être présent, qu’on va l’être. C’est pas mon égo le diable : il est dans la nature et la Vie que ça me plaise ou non. La pensée ne crée pas encore l’état de présence comme un décret intérieur tout-puissant.

59° Forcer la présence parce qu’on est pas présent ?

S’il insiste tant pour « être présent », revendique « ce pouvoir » d’être en soi-même, centré, c’est parce qu’il est hors d’e lui et nous le cache ? On compense une absence en forçant une présence ?

Moi, je suis bien présent en moi et j’ai pas « besoin » d’appliquer une technique pour simuler et m’auto-suggérer que je le suis alors qu’au fond, je suis hors de moi. Je suis en moi quand je connecte à ce qui m’en sort, pas en m’évertuant par de belles histoires et de savantes techniques à me dire « je suis présent » alors je ne fais que m’anesthésier.

60° « Tolle te permet de faire des prises de conscience même si ça t’a fait du tord ! »

Pas du tout, c’est moi qui ai pris conscience. Il ne m’a rien apporté du tout. Que du contraire. Ce genre de discours fait sous-entendre, dans le cas d’un viol, que le violeur rend un grand service à la violée qui ainsi a pu prendre conscience de son prédateur intérieur … alors qu’il a bien des chemins vers le centre et la conscience …

La mythologie de Tolle enseigne-t-elle? Pas d’un point de vue l’archétype de l’enseignant qui est Socrate.Socrate posait des questions bien singulières à chaque élève pour contribuer à révéler leur vérité intérieure. La mythologie de Tolle révèle ce qui marche et fonctionne pour lui. Je ne suis pas pris en compte. Je dois appliquer une technique. Elle est dans la formation, elle formate et conditionne. On enseigne pas aux gens avec des techniques. C’est pas une pédagogie (je suis prof!), c’est une (dé)formation. L’enseignant spirituel est celui qui me met face à ma vie et m’invite à cheminer. C’est elle le maître de la vie. Il n’est qu’un guide. Pour moi, Tolle n’est pas un enseignant spirituel, c’est un mec qui a eu une expérience spirituelle qu’il n’a pas crée (et qu’on ne crée pas d’ailleurs) – merci du témoignage – mais après STOP : il écrit une mythologie pour dire comment la créer (SIC!), qui promet le nirvana en 2 temps 3 mouvements (faut que les gens ne zappent pas quand même, faut rester digeste, consommable (pas trop parler de la souffrance et la rejeter unilatéralement) et pas trop les déranger dans leurs certitudes, ça pourrait même être l’inverse : elle les renforce ?

61° Réel, Dharma, illusions, apaisement et courroux

L’esprit ne se concentre pas volontairement pour le diriger sur « un moment présent » ce n’est pas être présent : c’est être dirigé par un décret conditionné pour vivre ce décret. L’éternel est le Réel ; l’illusion est réelle. Le souci est de confondre les 2. Prendre l’état « béat » mentalement crée (une illusion donc) par éradication mentale en suivant à la lettre des protocoles de scientologie ou les exercices de Tolle n’est pas vivre le Réel, c’est se conformer à un conditionnement prescrit par un mec sur qui est projeté une aura. Bouddha lui-même dit « Si tu vois un Bouddha, tue-le ». Dire qu’il est le Réel, c’est se positionner en ennemi du Dharma. Le Bouddha est Paix et Courroux, feu et eau. Cela est terrifiant en effet d’accepter que l’apaisement le plus profond va de pair avec le courroux le plus profond. Pour cela, il doit le confondre avec la violence. Y a rien de plus violent que Bouddha, que Gandhi. Mais c’est une violence sacrée. Le processus spirituel n’est pas une affaire d’éthérés, désincarnés qui sourit à tout le monde tout le temps.:-).
62° La violence sacrée

Cette violence tranche et est à la fois la source de la compassion. Elle est mise à son service. On ne se force pas à devenir compatissant en appliquant machinalement un processus CNV, avec acharnement et volonté (la discipline requiert une discipline non un fanatisme) comme une girafe mécanique, on le devient en regardant sa violence en face, celle de l’autre et on y voit toute la beauté qui se trouve derrière. On l’apprivoise avec le coeur. La violence est une force de vie brute qui peut s’exprimer de bien des manières. Et notamment de manière non-violente. Bienvenue dans le non-dualisme de Shiva, du Cachemire et tantrique.
Se confronter à la violence honnêtement, la nourrir de ce qu’elle a besoin adoucit le coeur, fend le roc qui se trouve autour de lui. C’est un paradoxe. On ne se centre pas en lévitant la colère, en la dégageant, tabula rasa mais en accueillant ce qui met hors de soi. Nourrir, accueillir ce qui me décentre contribue possibilement à me centrer.

63° Mythologie de la faute
La mythologie de Tolle est définitivement dans une mythologie de la faute, avec un mal à abattre à tout prix. Mal qui nous empêche l ‘accès à un paradis. Il ne faut pas appliquer les dogmes de l’Eglise pour y entrer mais les dogmes de la mythologie de Tolle .Scientifiquement parlant, C.G Jung montre que la conscience, le « mental » est un rejeton tardif de l’inconscient lui-même et que la violence, la maladie (présente aussi chez les animaux), la violence (intrinsèque à la nature alors que Tolle en fait quelque chose de culturel et donc d’habituel) existaient avant même la conscience et le mental. Celui qui réfléchit un peu, qui critique un peu va discerner qu’il part dans une ré-écriture complète des choses comme un certain Onfray le fait.
Si on applique la théorie de Tolle plus loin que lui ne l’applique, on va jusqu’à annoncer que les animaux ont un égo, un moi (???) vue qu’ils sont malades et que leur égo est la cause de leur maladie. De même, mon bébé de 2 mois qui a un rhume l’est à cause de son égo.
Est-ce bien pertinent ?

A la différence de Tolle, C.Singer est dans une mythologie de l ‘amour blessé. Dans sa mythologie, il n’est pas question de stigmatiser une part de l’être pour en faire le bouc-émissaire à sacrifier pour sauver l’humanité et construire un paradis immanent.

64° « On est tous conscient quand on vit une expérience spirituelle »

Je réfute votre égalitarisme. Ne pas confondre l’égalité quant au fait de vivre des expériences spirituelles avec le fait d’avoir cheminé et d’avoir crée de l’espace et de la conscience en soi pour l’accueillir. Celui qui a vu le monde en marchant, avec tous les inconforts, les dangers et les risques comme les joies, les rencontres a l’ouverture, la connaissance que celui qui les vit sur Ushuaïa nature, dans les magazines Géo ou les chaines Tv de voyage en bref par procuration n’a pas. Les mettre à égalité est inexact. C’est niveler par le bas. Le chemin spirituel ne se vit pas en suivant les pas d’un autre, en s’identifiant à lui que ça soit Jésus, Bouddha, etc. La mythologie de Tolle, c’est un peu comme ça : c’est comme une chaine tv qui vous dit quel chemin suivre, en bon touriste du développement personnel pour certain(e)s et qui vous donne l’illusion d’avoir vécu un voyage et une expérience spirituelle. Elle est tout simplement suggérée. Il s’agit de partir sur son propre chemin de vie, seul, profondément seul et relié. La Tradition compte, elle est un repère, non la voie. Bien des gens confondent l’inégalité avec la supériorité « On est différent donc on est écrasant, on infériorise ». Alors que ce n’est pas le cas. Un chef d’orchestre n’écrase pas encore le batteur de triangle. Il l’invite à suivre son chemin tout en se défendant de lui qui veut être chef d’orchestre et lui piquer sa place, vivre ce qu’il vit. C’est un chef d’orchestre qui dit « vous pouvez vivre à la place l’expérience que j’ai pour ça, lisez mes bouquins, appliquez et vous verrez ». La mythologie de Tolle donne du pouvoir aux gens alors que le processus spirituel est l’inverse.

65° Confusion entre transmission et être spirituel :

Vous confondez le fait d’être « spirituel » avec la transmission. Transmettre n’est pas encore un signe de s’éloigner. D’ailleurs, c’est trop clivé comme raisonnement. Bouddha qui étale son savoir, transmet est donc un éloigné de la connaissance ?
La transmission est belle et certains savoirs sont transmis par transmission mais le savoir intellectuel que Bouddha, Jésus ou Tolle nous transmet ne sert à rien si ce savoir n’est pas vécu par l’expérience ! Certaines personnes confondent trop souvent philosophie et savoir intégré réellement par la pratique ! C’est en qualité d’expérimentateur que je m’exprime et non en qualité de philosophe. Le philosophe est un expérimentateur, c’est l’essence même de la gnose, de l’alchimie. C’est mon chemin.

66° La bonne intention fait-elle l’être bien intentionné ?

C’est une plaie cette vision mythique qui égalise unilatéralement tout. Y a plus d’axe, de verticalité, tout vaut tout donc rien ne vaut. Le totalitarisme qu’il soit fasciste ou bienveillant « tout le monde est beau et gentil » est encore un totalitarisme ; la bonne intention de l’usage du nucléaire n’enlève pas sa radioactivité … le délire de la toute-puissance de la pensée qui crée la réalité. Si c’était vrai, l’accident du Japon ne se serait pas produit. En effet : « parce qu’on utilise positivement le nucléaire, il va être bien avec nous, il ne va pas y avoir d’accidents ». Avec le totalitariste fasciste, on sait à quoi s’en tenir, c’est clair et c’est honnête et authentique. Le 2ème est pernicieux, farouche parce qu’il nie son totalitarisme sous le couvert de la belle et la bonne intention. Je respecte plus les arrogants, les fanatiques qui s’assument et ne mettent pas de masque que les faux bouddhas bisounours tout autant fanatiques et arrogants qui se parent d’un masque social, de la fausse compassion. Les 1ers sont authenthitques. On se défait très facilement d’un Hitler parce que c’est flagrant mais quand ce totalitarisme est intelligent, planqué, subtile, c’est d’autant plus difficile parce qu’il se mêle à la bienveillance.

13Ème entracte :

La première question que mon guide m’a posé est « Qu’es-tu prêt à perdre ? ». J’avais peur de tomber dans une secte new-âge où on vous promet « monts et merveilles, véritable famille, véritable puissance et pouvoir, etc » et donc peur de perdre ma liberté. Il m’a dit alors » mais tu vas la perdre si tu prends ce chemin,moi je suis comme un guide de montagne, je suis pas un gourou ni un maître, le maître, c’est ta vie et ce que tu peux éventuellement gagner en suivant ce chemin là, c’est des Libertés bien plus grandes. Tu peux mourir sur le chemin, souffrir, vivre des crises, des tensions et des inconforts. Y a juste une promesse qui n’a pas été brisée cela depuis la nuit des temps  » A chaque fois que quelque chose meurt, quelque chose nait ; à chaque fois que quelque chose meurt, quelque chose naît ». Le chemin parcouru depuis bientôt 3ans est bien plus conséquent. Contrairement à l’application des protocoles de Tolle où je finissais par vivre ma vie comme on remonte un escalator qui descend, cela a commencé à bouger d’une manière surprenante, inattendue. Ce chemin m’a plus parlé que le « vous allez tout gagner » claironné par les publicitaires du développement personnel.

67° Le Joker (Batman) dans le développement personnel :

Avec un Hitler, un facho d’extrême droite, un islamiste fanatique, un scientiste, un créationniste, un communiste, je suis profondément en lien et en connexion empathique, cela directement (avec l’aide de la cnv par exemple) parce qu’ils sont authentiques (ce qui ne veut pas dire que je suis d’accord avec leurs mythes et leurs psychologies). J’ai travaillé avec des mineurs d’âges qui ont incendié, tué, violé, été profondément violent et avec ceux-là, la porte est royale parce qu’ils sont vrais, authentiques et ne se cachent pas. Rien de pire qu’un bienveillant « normal » qui se pare d’un masque, d’une persona, qui cache ses ombres qui scande vouloir le bien de tous et toutes, du monde entier. C’est d’une pénibilité pas possible avec les gens qui nient leur malveillance, leur colère, leur « corps de souffrance » qui prennent une position unilatéralement bonne, bienveillante, d’illuminé, de « sans ombres ». Ils n’ont pas de consistance, se jouent un rôle et jouent alors un rôle.
Ils n’apprivoisent rien ni personne, ils sont dans leur certitude que Marshall Rosenberg appelle de gentille personne morte qui cache une méchante personne morte qui agit dans son ombre bien évidemment. Rien de pire que les forums bouddhistes sur Internet, avec tous ces européens libérés de leur « égo », de leurs « illusions » qui ont foulé leur mal et leur ombre simplement en la niant, en lévitant dans des pseudos techniques de méditation dignes du conditionnement dans les goulags … et qui viennent réciter la messe sur ce qu’est la vie et ce que doit être mon chemin. Aucune substance, aucune individualité, ils se sont évaporés dans les nuages et sont tous de parfaits gentils qui ne font de mal à personne et qui répètent un discours, une espèce de charade mystique comme un vieux disque rayé. Le dialogue est impossible tant qu’on confirme pas que leur réalité, c’est la réalité. Ils sont des as en matière d’esquive et des fantômes relationnels qui prêchent. La tribune est prise et on y sort de beaux et grands concepts « vacuité, illumination, réalisation, dharma, etc etc ». C’est de la façade bien évidemment. Pas moyen de trouver la porte, ce sont les idéologues de la bienveillance, avec un coeur sec comme pas possible car trop inondé de leurs illusions. C. G Jung en a parlé :

« Comment un homme peut-il savoir à quel point il a besoin d’être délivré de ses problèmes, s’il vit dans la certitude qu’il n’a pas de problèmes? Il voit son ombre, sa déchéance, mais il détourne son regard, fuit, refuse la confrontation avec lui-même, n’ose rien entreprendre; puis il va se pavaner – devant Dieu, devant lui-même et devant les hommes – dans son vêtement, resté blanc et immaculé, qu’il ne doit en réalité qu’à sa lâcheté, à sa régression, à son angélisme et à son perfectionnisme. Et au lieu d’avoir honte, il va se placer au premier rang de l’assistance dans le temple de Dieu, et dira: « Seigneur, je te remercie de ne pas m’avoir fait comme ceux-là… ».»

68° L’humilité c’est simplement être vrai et authentique…

Tout à fait : un fasciste l’est, un bisounours qui dit que le monde est beau et gentil est d’une arrogance pas possible parce qu’il se pose en supra-humain. Notre nature est sombre et lumineuse. Le processus spirituel n’est pas nécessairement une partie de plaisir. C’est accepter notre nature d’être simplement incarnés sur une terre et nous sommes faits de folie, de passion, de maladie, de volonté de pouvoir … et on n’est pas spirituel parce qu’on a les « transcendés » par un contrôle mental qui écrase le mal à la source : l’égo.

69° Le courroux

Je peux être très courroucé ici et en même temps très amical ailleurs, dans la rencontre, l ‘écoute des chemins de chacun. On peut m’insulter, je vais pas sur-enchérir dans l’insulte sans pour autant ne pas poser de limites. Et en même temps, je peux être très compatissant avec les gens qui sont dans l’insulte. C’est les 2 : compassion et courroux. Les bouddhas sont courroucés face aux ennemis du Dharma qui se placent eux-mêmes en Bouddha.
La mythologie de Tolle dit « suivez-moi, appliquez ce que je dis et vous verrez » ; je dis « suivez-vous, vivez votre vie en l’épousant et vous verrez … ou pas! ».
Le souci est que la colère, comme tout émotion vient d’un passé et est instinctive. On peut la refouler mais pas la contrôler. C’est une non-contradiction dans la mythologie de Tolle. L’émotion est une possession, une énergie qui vibre dans l’eau des cellules. On ne peut pas être connecté au passé et présent à la fois. C’est de l’ordre de l’ubiquité psychique. On n’en est pas capable. La colère est une énergie où un jugement est présent. On est dans le mental, on plonge dans le corps de souffrance. C’est complètement contradictoire avec la théorie de Tolle qui confond la lévitation des émotions (à la bouddhiste mal comprise et digérée : le Bouddha ne dit pas de laisser passer les émotions comme un nuage, il est très mal traduit, faut le lire en sanskrit, il dit de les épouser sans s’y identifier donc d’amplifier l’émotion et de la rencontrer complètement).

Si on est tantrique, on fait l’amour aux émotions … là, c’est une voie royale. La mythologie de Tolle en est à l’exact opposé : on les lévite de manière glaciale.
C’est l’ivresse érotique (Eros), dionysiaque (Dionysos), tantrique (Shiva), orphique (par les sons et les chants), isisienne, … la transformation n’est pas encore garantie, l’esprit n’est pas un bouton mécanique qu’on contrôle. S’accoupler, s’unir, se marier métaphoriquement est une rencontre avec une réalité. L’ébat, l’amour, la danse, le chant, l’art, la méditation non-technicienne, la prière du coeur, … ouvrent et créent l’espace à l’intérieur de soi pour accueillir l’esprit. Ils préparent. Mais lui il peut venir n’importe quand : dans le métro, dans la maladie, dans les émotions, soudain, on voit … La voie royale reste l’ accueil de l’impuissance face à l’autre, sa vie, ce qui est, sa nature humaine.

Un rare participant du forum répond et échange : « C’est vrai qu’on peut se mettre des milliers de masques pour masquer qui on est réellement en prenant bien soin de mettre de coté ses émotions, son corps en gros ce que nous sommes réellement… »

Oui, le masque du « je suis en chemin parce que je lis ceci et l’applique en stage » est le pire. C’est tout le « je fais ceci, je lis cela, je participe à tel stage ALORS je suis spirituel » etc. La mythologie de Tolle invite tout simplement à une autre identification : celle du moment présent. Elle ne fait que dire aux gens : « lâcher le corps de souffrance, on va l’endormir, pour ça, suivez ce que je raconte et il sera anesthésié, puis identifiez vous à l’état du moment présent.Soyez le présent. Devenez-le ».
C’est un autre masque, on s’identifie alors à une position haute, de domination de l’égo, on étudie ensuite la mythologie de Tolle, on l’applique à la lettre, on lit le monde avec la psychologie qui en découle et on se dit spirituel, hors de l’égo et on vient donner des leçons de spiritualité à un délirant comme moi. On a quitté un masque pas confortable, le personnage identifié à un personnage souffrant. On le tue. On justifie théoriquement le meurtre et puis on reprend une nouvelle identification. Dans cette dernière, l’angoisse est éclipsé. L’anéantissement de la souffrance et de l’angoisse est prise pour un bien-être. Sauf que dans le retour du refoulé revient … bin, ça peut faire un tord possiblement considérable.
70° La présence, un simple facteur :

La présence est un simple facteur, un garde-fou qui n’est pas un pouvoir quand on plonge dans la nigredo, les émotions. C’est comme un mât. C’est un facteur indispensable, celui de la conscience, dans le processus spirituel et la transmutation. Mais il n’est pas un pouvoir pour transformer, transmuter, changer le monde.

71° La culture ne produit pas le spirituel ; c’est le culturel qui est le bébé d’une fécondation entre l’homme et l’esprit – ne pas prendre le fils pour le père :

Les rites, les traditions, les enseignements oraux, … ne sont pas une expériences spirituelle. Ils préparent. Il s’agit de se détacher de la technique et de croire qu’on crée l’expérience 1° volontairement, avec acharnement 2° parce qu’on fait des BA comme un saint comme le Christ 3° parce qu’on a voyagé au bout du monde, qu’on a payé bien cher pour les livres et les stages, …
Milarépa est cher à mon coeur et est un exemple que la réalisation n’est pas quelque chose de mécanique et d’automatique.

14Ème entracte :

Les actes à long terme permettent de voir l’être qui est/a été visité par l’esprit et qui s’est transmuté à son contact. Les autres sont plus ou moins superficiels. Toutes mes provocations et mes stratégies, le courroux ne m’aide qu’à voir ceux qui cheminent de ceux qui prétendent cheminer, sont idéologues. Je ne rejette pas ces derniers, je passe simplement mon chemin, je désire rencontrer et je choisis qui rencontrer.
J’élis, en bref, je suis pas dans le fonctionnement de cette société du « tout vaut tout » et du hasard : « jouer à la roulette russe, on aime tout le monde et on verra bien ». Je provoque l’hostilité, met en tension et regarde qui veut ma « mort » de ceux qui veulent escrimer non-violemment, danser avec moi pour rencontrer. C’est là alors que je baisse la garde. Je suis trop conscient de l’abus du masque peace and love, de la bienveillance pour prendre et abuser du pouvoir. Les idéologues, ne désirant pas rencontrer, ont vite fait de se dévoiler et de poser leurs cartes. Ceux qui restent, échangent, gardent la tension, ne m’enferment pas dans leur théorie justificatrice pour éviter la rencontre, ceux-là sont élus. Un Gandhi agit ainsi : donner aucun compromis, provoquer l’hostilité, respecter la limite sacrée de ne pas violenter et injurier le chemin d’autrui, ne pas collaborer à la doxa, vivre sa différence.

72° L’égo au service du Soi, le dauphin, la dissolution
Dominer le moi, s’identifier en majesté spirituelle, c’est encore être identifié à une identification. Le moi est au service de l’âme et du Soi ainsi que de l’esprit. Et là, il s’incline, il fait le dos fin, le dauphin dirait l’alchimie. Le dauphin, c’est celui qui écarte d’un pas de danse son moi ou s’incline pour laisser passer leur souffle, leur lumière, il collabore, il fait partie, il se dissout. Le sucre dissout dans l’eau n’a pas disparu, il est intégré dans l’eau. Il s’agit de dissoudre dans ce souffle, cette eau pour que l’eau me dissolve et me transmute. Le problème me change alors, ce n’est pas moi qui cherche à le changer. Accepter son impuissance aide à cela. Une fois dissout dans l’eau, je ressors épuré (noir), je me reconstitue (blanc) et rayonne extérieurement (rouge) : l’eau cellulaire porte cette lumière, elle est alors lumineuse, c’est une illumination du corps intérieur et extérieur. C’est la voie du féminin, par l’eau. L’alchimie par l’eau. Tolle veut changer les problèmes par un pouvoir, ça n’a rien de spirituel, c’est même l’inverse, c’est favoriser l ‘identification à un pouvoir.

73° L’apprivoisement
L’autre est bien sur le chemin, c’est inévitable. Mais l’apprivoisement se fait pas à pas et ne se force pas. C’est comme le Petit Prince et sa rose. Personne ne l’a forcé à l’apprivoiser. La rose en serait écrasée. Il chemine et se rend compte de l’importance de la relation et du cheminement après coup.
Le renard est au bout d’un chemin initiatique dont le maître est la vie, le voyage et l’aventure. Le petit prince n’a pas besoin du pouvoir du moment présent pour apprivoiser et rencontrer. Le pouvoir du moment présent, c’est quoi ? « Chemine pas petit prince, écoute ce que je te dis, applique ma technique, reste en face de ta rose et tu verras, tu vivras une plénitude ».

74° « La mort est un levier » – Eckhart Tolle
« Dans cet extrait puissant, Eckhart Tolle nous explique comment La mort est un levier, elle est juste la fin d’une structure mentale et potentiellement une technique d’éveil spirituel à notre véritable nature qui dépasse l’entendement et la compréhension. »
La mort une technique ? Ici, c’est vraiment le clou du spectacle ! C’est le summum ! Tolle croit avoir trouvé le fil à trouver le fil à couper le beurre. Un cas d’école .

Un participant joue sur les mots : « Il faut juste remplacer technique par opportunité et ça va mieux…!! »
Non, désolé, c’est quoi ce traficotage ?! On remplace comme ceci, comme cela, on fait dire cela. Désolé ça ne fonctionne pas ainsi : il dit ce qu’il dit.
Changez les propos du Bouddha tant que vous y êtes ?!

75° Tolle et Redfield

La mythologie de Tolle a une vision duale qui nie l’ombre et le Mal ontologique (comme les catholiques d’ailleurs). Redfield l’inclut et montre qu’il est sur le chemin. La mythologie catholique l’écartent du pied, d’une pirouette (la confession et la déresponsabilisation), La mythologie de Tolle l’écarte par une lévitation et une orientalisation rationaliste (il n’est qu’une illusion, faut être présent et tout ira bien). L’alchimie, la gnose et voies ésotériques (quelque soit la tradition : kabbale, gnose, soufisme, bouddhisme ésotérique, tantras, …)donc artistiques et initiatiques l’épousent. Les voies exotériques (Tolle, catholique de Rome, pensée positive) pensent le contrôler d’une manière ou d’une autre par de l’obéissance (catholique – felix culpa), une technique (Tolle) et se suggèrent qu’il n’existe pas.
Les voies exotériques (Tolle, catholique de Rome, pensée positive) pensent le contrôler/un pouvoir d’une manière ou d’une autre par de l’obéissance (catholique – felix culpa), une technique (Tolle) et se suggèrent qu’il n’existe pas.
Dans le cas de l’Eglise, le contrôle de soi, de l’autre et du monde entier (évangélisation et inquisition).
76° L’ombre montre la lumière

La mythologie de Tolle me montre le doigt vers le chemin que je n’ai pas à prendre : le sien.
La conscience ne dit pas « oui », elle dit « non » qui est un « oui » conscient. Elle nait du discernement, de la frustration. Quelqu’un qui est toujours comblé est comme dans le paradis, tout est bien et beau, bisounours land. Pas besoin de la conscience. A ce sujet, la volonté de la mythologie de Tolle de toujours créer le « mieux-être » empêche la conscience. Il faut lire « La trahison et autres essais » de James Hillman à ce sujet. Le but, c’est pas de retourner dans un paradis (moment présent) ou de le créer sur Terre (Nouvelle Terre), c’est de secréter de la conscience. C’est le travail spirituel avec l’acceptation de ses impuissances. Le bonheur se jardine par et avec la conscience. Dire « tout va bien » alors que ça hurle « rien ne va plus » à l’intérieur, c’est pas le bonheur.
77° Apprivoiser les peurs, respecter sa culture

La science ne fait pas de la peur une illusion. C.G Jung montre que les orientalismes se dissocient de la réalité : leur spiritualité est schizoïde. Cela va pour un asiatique, c’est son inconscient collectif. Pas pour un européen. Notre voie collective passe le moi, l ‘égo et l’incarnation.
La spiritualité, c’est respecter et admettre. Notamment sa culture, son incarnation là où on est né. Ni la fuite en avant (science-fiction « Nouvelle Terre etc ») ni la fuite amérindianiste, ni la fuite orientaliste ne sont des voies pour des européens pertinentes. On peut se raconter toutes les histoires que l’on veut « je viens d’une autre vie, j’ai été un chaman dans une autre vie, etc », cela est potentiellement une fuite à l’incarnation.

78° « La peur de la mort est une illusion »
Venir dire « tu sais ta peur de la mort est une illusion » à un individu qui est aux soins intensifs parce qu’il a un cancer généralisé et qu’il est angoissé de mourir est à la limite de l’insulte. Singer répond à Tolle et à ce jour de propos (c’est à 20 min).

http://www.rtbf.be/video/v_noms-de-dieux?id=429352&category=viepratique

La retranscription sans ses regards, son ardeur, son non-verbal :

« La femme que je suis a enterré sa petite fille, son adolescente, la jeune femme, la femme féconde, la jeune mère, la femme adulte puis j’enterrerai la femme murissante que je suis en devenant la vieille femme qui est en moi. Puis la très vieille femme. Puis j’enterrerai la morte. Tous ce que nous dirons sur la mort ne sont que des bavardages de vivant. Chaque naissance symbolique est-elle une mort ? C’est une arrogance de dire « j’ai une nouvelle vie, je vais vers une nouvelle vie » avec une simplicité évidente comme pour s’épargner ce qui est de l’ordre d’un passage. Faut pas badiner ! La mort est grande, elle est immense, on peut pas la regarder sans se brûler les yeux, elle est comme le soleil. On veut toujours s’épargner même dans une certaine scène où on aime bien prendre contact avec une forme de spiritualité. Ce qu’on aimerait s’épargner, à tout prix, c’est le passage par l’effroi sacré. Notre société ne le veut en aucun cas. Elle ne veut pas être confrontée à cet Autre qui fait froid dans le dos dans un sens et qui fait frémir dans une impatience de reconnaissance. On reconnait aussi une partie de l ‘autre monde à travers elle. La manifestation de cette éradication, c’est le kitch et son invention. Il n’existe que dans la nôtre. C’est quand un esprit refuse d’être touché, d’être saisi. Quand on transforme la « Madone à la chaise » en calendrier des postes, il y a quelque chose de cet ordre « non,non ». Si je regardais vraiment cette femme avec son enfant, je risque d’être très profondément touché, ébranlé, je peux pas m’offrir ce luxe et de me rendre compte que la petite vie insignifiante que je mène ne me convienne pas du tout. C’est ce refus de se laisser ébranler, toucher dans ses fondements ou encore ce désir de se mettre en sécurité, de se sauver – celui qui veut sauver sa vie la perdra. Ce système d’assurance, de sécurité qui nous enferme il y a la pire conspiration contre la Vie qu’il n’ait jamais eu lieu. Un détournement radical des forces de vies. Il y a un moment où regarder la mort est important et notre société écarte l’enfant du vieillard qui se meurt. Alors que C.Singer, enfant, reste et voit cette lumière dans cette caresse de la grande-mère sur le front de son mari. Caresse qui la touchera à vie. Derrière les charniers de l’histoire, ce geste sauve le monde de l’inanité ».
En évitant l’effroi et la peur, c’est la vie que vous lévitez. C’est votre problème, moi je n’ai aucun intérêt, aucun égo à vous dire cela, ce sont vos choix. Mais svp, gardez-les pour vous et n’enseignez pas aux gens de s’en occuper, de léviter la vie.

79° Éradication/refoulement des émotions, éradication de l’affect

Ne plus être affecté, c’est inhumain. Affect est aussi lié à l’affectif. L’éradication de l’affect, c’est l’éradication de l’Éros, c’est préparer les conditions intérieures pour créer un néant intérieur. Quelle tragédie cette traduction maladroite du bouddhisme ! Il s’agit de ne pas confondre le néant avec la vacuité.
La vacuité vient de l’intégration des émotions par une non-identification. On les évite pas, on les épouse, on se laisse affecter tout en se prenant pas pour l’affect.
Pratiquer et appliquer à la lettre la mythologie de Tolle, c’est métaphoriquement comme construire l’univers des machines en soi, c’est le règne de Terminator qui vient éradiquer l’affect. La nouvelle Terre, quant à elle, c’est comme la construction d’une étoile noire (Star Wars) où vivraient des clones.

80° L’unilatéralité universaliste :

L’universalisme a une tendance fâcheuse : oublier les différences en mettant tout à égalité en voyant des égalités partout. Y a des analogies (alchimie présente partout) et des différences (voies et traditions) L’orient, les amérindiens peuvent enrichir notre propre spiritualité occidentale. Non usurper sa place et la remplacer. Mais bon dans la logique du supermarché dans le développement personnel, il faut donner aux touristes à manger, se graisser le compte en banque alors on fait un holisme universaliste et intégratiste : on rafle tout le monde, on vise large, on racole en empruntant à toutes les voies et traditions. D’autres, comme la mythologie de Tolle les supplante : on améliore les traditions, on devient l’universalisme, on est au centre de toutes les traditions, pas besoin de s’en rattacher dans une bien précise, on est la clé qui rentre dans toutes les portes, suffit d’être présent, suffit de …
Le « je suis présent et je décide que ceci ou cela, c’est moi et c’est pas moi », c’est ça la névrose explique la psychanalyse. L’alchimie dit que rajouter peut écraser, enlever et supplanter ; l’alchimie, c’est ajouter en retirant. Les autres voies, je les regarde pour en apprendre. Personnellement, j’en suis un disciple tout en étant fidèle à mes racines.

L’Orient est cousine, habite une autre maison. Ce n’est pas la mienne ni la nôtre ici en Europe. On peut l’étudier, en apprendre, non la faire nôtre.
Que ça plaise ou non : Le gréco-romain, le judéo-chrétien, le druidisme, l’alchimie sont nos spiritualités. Le Dalaï-Lama le dit avec tact, je vais le dire avec verve : restez-vous, dans votre spiritualité, sur vos terres.
Le choix conscient et des rationalisations des gens importent très peu, le conscient n’a pas le pouvoir d’éliminer l’inconscient collectif et individuel. Y 10 000 ans de spiritualité derrière nous et c’est pas un « moi, je … », » moi je les nie ou je me dis asiatique d’esprit » que ça les efface. C’est cela le processus spirituel : accepter où on est, sa culture, son incarnation, ses ancêtres.

Les chemins sont en parallèle mais ne s’usurpent pas et ne se remplacent pas. Y a des différences et des analogies. Ce que je dis, c’est qu’il y a des racines incarnées que la mise à plat égalitariste arrache « je fais fi d’où je suis né, ma culture, la spiritualité de mes ancêtres, je vais au supermarché du développement personnel et je remplace le tout par une pincée de ceci, de cela, ça va, j’angoisse plus, je vais bien ». Bref, je consomme donc je suis. Certains étages du supermarché du développement personnel sont des usines et s’opposent à une approche artisanale et traditionnelle. Elles conquièrent les marchés, elles font des pubs, elles enrobent le tout …
Le christianisme de l’Eglise ferait bien de développer la conscience d’elle-même comme le propose le bouddhisme, de prendre du recul et de la hauteur ; le bouddhisme ferait bien d’apprendre de l’Occident à être plus affecté et passionné. Gandhi n’a rien d’un zen éthéré, animé d’affect, se posant en majesté spirituelle parce qu’il a tout zénifié, c’est un exemple d’homme d’Orient qui a intégré « l’épée » bien occidentale dans son action non-violente. Il cite et s’inspire du Christ tout en restant hindou. Il est pour moi un exemple de respect et d’intégrité. Y en a plein des apprentissages réciproques et mutuelles. Quelle joie j’ai eu à me reconnecter avec la spiritualité de mes ancêtres par l’alchimie juste après avoir rejeté la mythologie de Tolle. En me disant de me couper de mon passé, de ce qui n’est plus, elle me demande de couper de mes ancêtres. Le mieux qu’elle « propose » a un pire qu’il n’avoue pas et dont elle ne parle même pas : le passé n’est pas que souffrance, douleur, etc, il est aussi sources de joie énorme. Oui, à un dialogue entre les voies et les traditions mais, non de grâce, à une uniformisation œcuménique sous prétexte d’être unis et de rassembler tout le monde. Pas besoin d’écraser les différences et les spécificités pour s’unir. D’ailleurs on est pas unis sur terre, c’est une dimension duale. L’unité, c’est en âme et esprit. Pas dans ce monde, pas de Nouvelle Terre en vue donc.

Rien de pire qu’un occidental pas réconcilié avec sa voie et qui va se zénifier, ça en fait des Frankstein qui font méditer dans leur stage, jouer à imiter Bouddha et puis qui reviennent sur Internet pour jouer au gourou sur Internet en s’en prenant aux chemins d’autrui qui assument leurs voies, leur culture, leurs émotions et leur vécu. Tout le zen a été explosé … pourquoi ? parce qu’il n’opère pas probablement en tant qu’art alchimique sur la psyché occidentale qui ne s’est pas intégrée. Faire du zen n’engendre pas l’être « zen ». L’inconscient a le choix et a son mot à dire et il est aux commandes. Je peux faire tous les stages que je veux, ça ne peut avoir aucune opération transformante réelle. C’est pas aussi mécanique et simple.

81° « Par le pouvoir de ma pensée donc de mon esprit, je suis capable d’avoir du pouvoir sur les autres »

Cette pensée positive issue de la Loi de l’Attraction, c’est le commun et le majoritaire. On est loin de la spiritualité. On est dans du mentalisme. On attend des résultats et que ça marche. On veut de la rentabilité, on veut éveiller l’autre malgré lui à l’amour et à la compassion. Forcer. Imposer. Parce que l’intention est bonne alors tout est bon comme moyens. Mais c’est brasser du vent. On n’a aucun pouvoir pour faire partir les personnes « négatives » et la spiritualité ne donne aucun pouvoir. A tout paradis, il y a un enfer et vue que certains veulent un paradis ici bas, ils croient envoyer ces personnes négatives dans je ne sais quel enfer abyssal.
Le pouvoir étant la capacité de faire changer autri en agissant sur lui. Le changement n’aura pas eu lieu sans la personne qui le fait. On est pas dans l’apprivoisement, le coeur, on est à l’opposé : faire conformer autri à ses projets. Il n’existe pas, il est là pour coller à un concept que l’individu a pour lui. Livre à lire « Pouvoir et relation d’aide » dont voici un extrait : http://books.google.be/books?id=Su9VT8EqXXgC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

82° Les Bisounour’s Land, Peace and Love : Parce qu’on dit qu’on s’aime, on s’aime – les masques tombent dans les conflits

Souvent les « peace and love » où tout le monde dit s’aimer, ne pas avoir de tensions et de conflits, c’est de l’esquive, de la feinte et de l’enjouement. C’est très délicieux. Mais c’est potentiellement du masque. On voit le coeur des gens, leurs qualités, leurs sourires dans les conflits et les difficultés. Là, les masques tombent. C’est là qu’on voit si l’esprit les a visités et si ils sont ouverts à lui. Au coeur de l’obscur. Mais bon, libre à chacun de prendre seséclairages et sourires lumineux, ses ampoules 10 watts pour le soleil.

83° « La vie, c’est toujours dans le présent » écrit Tolle

Une nouvelle unilatéralité de sa mythologie.
Le vivant, ce sont les souvenirs partagés avec l’aimée que jamais l’instant ne peut effacer.
Le vivant, ce sont les sourires de C.Singer qui voit sa grand-mère qui embrasse son grand-père sur son lit de mort, souvenir qui la marque à vie, la structure. Ce baiser, ce toucher, cet air, cette eau, ce feu qui réveille. Dire que la vie, c’est toujours maintenant, c’est faire de ses souvenirs et du passé dans ses ombres et lumières, dans ses joies et peines quelque chose de banal voire de mort et d’anéanti. C’est là que nait la dépression. La mythologie de Tolle invite à effondrer ainsi des fondements joyeux. Qu’en pensez-vous ?
La vie, c’est épouser la Vie et ma vie. C’est pas s’en couper dans l’instant. Je réfute la tyrannie du présent. Le présent permet la conscience. C’est un simple facteur, ce n’est pas là que se trouve la vie. La vie se trouve dans le coeur et le coeur est au-delà du temps, d’un instantané.
J’aimerais qu’on m’explique en quoi ma vision, celle de Singer est pathologique. Car en effet, selon Tolle, m’attacher à mes souvenirs comme Singer, à l’éternité, à l’essentiel, c’est être dans l’égo et le corps de souffrance. Merci de m’expliquer où est ma pathologie. Cela me rend heureux. Le pouvoir de l’instant présent a contribué à ce que je m’en coupe et cela m’a rendu profondément malheureux et dissocié, il m’a fallu 2 ans de psychanalyse pour me déconditionner de la mythologie de Tolle et d’apprendre à épouser ma vie, la vie. Je ne peux reconnaître, pour cela, Tolle comme un individu qui a contribuer à mon bonheur. Que du contraire.

La vie, c’est aussi dans l’éternité là où le maintenant est dé-passé. C’est le lieu du vivant, du vibrant, du jamais oublié. Le maintenant peut être mortifère fait tout oublier pour un instantané éphémère. L’annihilation n’est pas la vacuité.

84° La souffrance

C’est quoi la souffrance ? Selon l’alchimie, c’est le vivant, c’est le soufre, c’est le mouvement. Elle est à perdre donc à transmuter. Pas à éviter. La souffrance n’est pas encore trimer dans un champ 12 h par jour. Ça, ça peut faire mal, ce sont des douleurs mais ça ne fait pas encore nécessairement du tord. La souffrance,en alchimie, c’est se sentir impuissant de ne pas savoir incarner son archétype, son Soi profond.
C’est bien l’identification au présent qui fait souffrir étant donné que le Soi est au-delà du temps. Le passé, lui, est fait de joies et de peines.

Le ressentiment, la vengeance, l’apitoiement, l’inquiétude, ce n’est pas de la souffrance au sens alchimique : ce sont des forces de vie qui se présentent devant moi. C’est justement la matière brute, sombre, le plomb, le poison que l’on épouse, que l’on apprivoise. La mythologie de Tolle invite à s’en distancier et à les endormir. L’alchimie invite à s’y fondre au sens chimique du terme et de les transmuter de l’intérieur. C’est cela que je récuse en la mythologie de Tolle qui en fait des démons, élabore une pathologie, met le tout dans un bocal et met l’étiquette ultra-simplifiante « Corps de souffrance venant de l’égo ». Puis il propose le diagnostic, le remède : le pouvoir du moment présent. C’est pas aussi blanc ou noir donc unilatéralité, c’est pas aussi simple. Le souci,c’est le fait de dire et suggérer que ma mélancolie, cette joie tristesse, cette souffrance est en fait une pathologie et je dois m’en soigner suivant sa méthode, pour ça faut acheter les livres, fréquenter les stages. Il me fait croire que je suis malade alors que je suis juste … VIVANT.

Le souci dans la psychologie de Tolle, c’est est de faire d’un problème ce qui est simplement humain. Pour qui mes obsessions sont un problème si je sais vivre avec ? Rilke ne voulait pas de soins … est-il pour autant malade, un fieffé égo qui se complait dans son corps de souffrance? Car c’est ainsi que la psychologie de Tolle parlerait de lui.

Le souci, c’est que la mythologie de Tolle invite à une forme de pouvoir et de puissance sur le passé. On pourrait y aller faire son supermarché et prendre uniquement ce qui convient, le douloureux est ainsi évité, la vie et ma vie en a été anémiée, on consomme son passé comme la vie et je me suis senti coupé en deux. C’est comme si je disais « bon j’achète un pain mais vous ne prenez que le côté pile ou face de mon billet, l’autre, je le garde ».

85° Le faux pouvoir de la pensée

Dans la mythologie de Tolle, la pensée est un pouvoir tout-puissant qui permet à la fois de la nier, la refouler totalement d’une part et d’autre part, créer un espace mental qu’elle appelle « vacuité ». Alors qu’il n’y a pas que la pensée et le mental. A l’instar d’un bouddhisme très mal compris, tout n’est pas mental. C’est une nouvelle unilatéralité. Pourquoi tout réduire à la pensée ? Ainsi, on met de côté les sentiments, les intuitions, les souvenirs, les sens, le corps, l’âme, l’esprit, etc.

86° Ce sourire est-il vrai ?

On voit une photo avec une petite fille qui force le sourire d’un chien. Voici ce que j’en dis :

Le chien est d’une laideur sur la photo d’ailleurs, quelle grimace de bouffon, on dirait un chien de l’enfer … ^^’ Les hormones ne créent pas le plaisir ni l’amour, ça c’est du matérialisme. Je peux rire sans plaisir. Les gens qui simulent l’orgasme n’ont pas de plaisir et y a pas d’hormones. C’est pas le sourire qui compte, c’est de (se) mentir, de (se) simuler et pire, c’est de (se) suggérer que ce sourire faux est un vrai sourire.

87° « C’est pas parce quelques personnes minoritaires n’ont pas apprécié Tolle ou en ont souffrent qu’ils ont raison » écrit une dame.

« Une erreur ne devient pas une vérité parce qu’elle est collectivisée et répétée par une majorité » Gandhi

Réponse à cette dame : Non, c’est vous qui l’isolez Madame. 1% ne compte pas ? Bien évidemment que si. Le vécu même minoritaire témoigne de quelque chose. Faut le taire parce que ça gêne les certitudes des gens sur la technique, le mythe et la psychologie de Tolle ? Ça a des conséquences malvenues ? J’ai lu tous les bouquins de Tolle, j’ai appliqué, j’ai les cartes, j’ai regardé les vidéos. J’étais un fan jusqu’à me rendre compte que … je me coupais de l’essentiel et devenait profondément dépressif parce que Tolle invite à refouler tout simplement. Une psychanalyse de 2 ans m’a aidé à me déconditionner et à vivre. Le chemin spirituel s’est entamé ailleurs, sur une voie qui ne refoule pas le passé et le vivant. C’est là que je suis entré en contact avec des gens dont je porte la parole ici. Je connais l’argument du « c’est personnel ». La minorité d’un vécu n’est pas à négliger parce qu’elle est minoritaire. Au contraire, il s’agit d’additionner tous les « Tolle c’est bien » en 1 voix. Si on a qu’une voix alors, il y a le risque d’être dans une pensée unique. J’appose ici une 2eme voix qui vit et voit autrement et qui est passé par la 1ere. Le subjectif est important, l’objectif tout autant : les 2 comptent.

88° Dangers ?

La mythologie de Tolle marche sur une bourgeoise, les touristes du développement personnel et du chemin spirituel qui sont en en quête de plénitude, d’un mieux être à consommer d’urgence donc qui se trouve tout de suite. Ou encore pour ceux qui ont besoin de mettre des pansements pour survivre et souffler un temps. Là, ça peut être utile. Pour la 1ère raison, il leur offre sur un plateau. La mythologie de Tolle devient possiblement dangereuse si on applique à long terme d’un point de vue strictement psychanalytique (refoulement => retour du refoulé => décompensation plus ou moins intense). Souvent les gens appliquent et ne vont pas au fond comme dans une pratique régulière et une discipline : ils testent, pendant ce temps là, la démarche est consommée.

89° Le détournement

La Bible est un ensemble d’images, de récits qui sont des métaphores de l’expérience humaine dans sa complétude. Après c’est détourné par un pouvoir.Y a la Bible et ce qu’on en fait. Maintenant, ce qu’on en fait n’est pas tout.

90° Pouvoir et prière

Le pouvoir du moment présent est une conspiration contre l’esprit parce qu’il prétend avoir solution à tous les problèmes. « Suffit d’être présent, appliquez et vous verrez ». C’est un refus de se laisser transformer par le problème lui-même. Pour cela, il s’agit d’accepter l’impuissance. Or la mythologie de Tolle est clairement dans un pouvoir qui est vendu. Elle n’est pas donc spirituelle, elle est mentaliste. En effet, comme cela a été montré, c’est le mental qui a le pouvoir dans la mythologie de Tolle. Il propose une démarche qu’il théorise APRÈS avoir vécu une réelle expérience spirituelle et non avant. Elle marche pour lui parce qu’il a eu cette expérience. Il se reconnecte cellulairement à ce passé/à cette éternité. La technique ne crée pas l’expérience spirituelle, il nous dit le contraire. C’est là qu’est le fallacieux.

Pas de superman et de deus ex machina, la prière ne m’aide pas dans mon chemin spirituel à être mieux ou bien. C’est elle qui prie en moi d’ailleurs. Elle m’aide à accepter ma vie, la vie dans ce qu’elle est. Elle m’aide à m’ouvrir le coeur. C’est pas une ogive nucléaire la prière ou une clé pour les portes d’un paradis terrestre.

91° Spiritualisme et matérialisme

La lutte des classes et la dictature du prolétariat ne peut pas encore acheter le bonheur, c’est comme la technique de Tolle. On peut acheter son livre, le droit de pratiquer ainsi sa technique en l’achetant, on peut conquérir le monde entier à la trotskyste, ce n’est pas encore ça qui crée la plénitude du coeur et résout les contradictions et les angoisses Matérialisme et spiritualisme sont 2 versants de la même montagne. Chacune se moque de l’autre mais c’est la paille et la poutre, lol !
Eux pensent acheter le bonheur mais achètent un bien-être mentalement crée donc pas incarné et durable ; le matérialisme part changer le monde mais en loupant le but parce que ne passant par l’intériorité et la quiétude durable du coeur.
Dieu n’est pas un objet, une technique, un machin truc, un concept que je manipule, à qui j’obéis pour avoir ceci ou cela. C’est pas ça la spiritualité, ça, c’est de la manipulation spirituelle par l’Eglise catholique, ajoute y des intérêts et du pouvoir.

92° Les magies et les pouvoirs face à la Vie

La magie blanche (Tolle, Eglise, etc), et noire (…) sont bien impuissantes face à la Magie de la Vie. C’est la Magie de la Vie qui m’a mis une « bonne claque » pour sortir de ce conditionnement. P’être … parfois elle a l’art de faire chuter bien bas de sa main droite et en même temps de donner des éléments, des opportunités pour sortir la tête hors de l’eau de sa main gauche …
La crise a été salvatrice et a été là pour la préserver du pire comme le dit C.Singer.

93° La technique glace ; l’art réveille et réchauffe

Apaiser le passé et la souffrance passe par une reconnaissance de ces derniers et une re-visite en vue de les épouser ? C’est mon expérience et celles d’autres. Le rabbin aurait-il pu l’apaiser en profondeur en appliquant le pouvoir du moment présent ? Aurait-il pu prendre cet enfant par la main dans sa lévitation transcendentaliste ? J’en doute très sérieusement … De l’âme que dis-je, du coeur, là est une des portes royales vers l’esprit … la technique de Tolle apparaît glacée et glaçante en face de :
« Et le sens de cette aventure ?
J’ai rencontré , il y a plus d’un an à Vienne, un vieux rabbin new-yorkais venu parler de la Tradition.
A la question qui lui posée : pourquoi avoir attendu plus de cinquante ans pour revenir dans sa vile natale , voilà ce qu’il répondit :
– je suis vieux et je vais mourir. Alors je me suis demandé : que puis-je encore faire pour cette terre avant de la quitter ? Et la réponse a fusée nette, claire : Ôte de cette terre toute trace de ta souffrance! Je me suis alors souvenu qu’il restait à Vienne une trace oubliée. Enfant, j’ai été agressé sur le chemin de l’école par une bande de jeunes nazis, blessé de jets de pierres et laissé dans mon sang sur le pont de S. Ce matin,très tôt, avant que la ville ne s’éveille, je suis retourné sur ce lieu. J’ai retrouvé le pont. J’ai retrouvé l’enfant. Il paraissait se protéger encore les yeux de ses mains et pleurait. Je l’ai aidé à se relever, je l’ai serré contre moi, je lui ai dit : « Viens, petit, viens, je t’emmène. Désormais tout est accompli. Nous sommes libres toi et moi. » Et nous sommes partis ensemble la main dans la main. Aussi, voyez vous, il ne reste plus de moi aucune souffrance qui pourrait hanter la ville. Aucune vitre n’est plus ternie par mon souffle anxieux ! Voilà pourquoi je suis revenu et voilà pourquoi je repars.
Qu’ajouter encore ?
Avant de se laisser consumer dans le brasier de l’amour, toute souffrance veut encore une fois être apaisée et vue. De même toute merveille créée veut aussi un regard.
Et d’autres yeux s’ouvrent dans mes yeux ouverts mieux capables de voir.

C.Singer »

94° Le chemin spirituel

La représentation théorique, conceptuelle, avec un système de croyances, de concepts, de mots servant à se représenter soi, l’autre et la vie est psychiquement et spirituellement indispensable. Notre conscience fonctionne ainsi. C’est celle du moi et du verbe. C’est une petite boîte. Dans notre société, y a trop de petites boîtes, trop de théories, trop de concepts, trop … ce qui fait que les gens peuvent être perdus et jouent au saute-mouton. Y a une autre conscience qui est celle de l’espace. Notre petite boîte est née d’une grande boîte. Le chemin spirituel, c’est de créer de l’espace en soi et à l’extérieur de soi, être « dans sa petite boîte, ouverte, flexible et aéré à la fois » pour faciliter la connexion et la communication entre les 2 boîtes. Dans cet espace vide, l’esprit peut venir et l’individu en reçoit le toucher qui est alors un état non-émotionnel, des larmes sont arrachées, des souvenirs immortalisés reviennent, une fixité se fait vivre, la main tremble. Ce qui est perçu est à ce moment, c’est une expérience spirituelle. Cette expérience ne peut être transmise. C’est ce que Tolle a vécu. On ne la crée pas volontairement comme on ne sait pas attirer l’esprit avec des trucs ou des techniques. C’est là que son bât blesse : sa technique créerait cette expérience spirituelle par un pouvoir alors qu’il a été dans une impuissance complète quand il l’a vécue, il n’a jamais utilisé cette technique (d’ailleurs il ne l’avait pas théorise) pour TOUCHER sa 1ère expérience, il l’a écrite ensuite. Sa technique l’aide à se reconnecter à ce vécu passé qui est encore vivant en ces cellules qui sont alors une porte entre le passé et le présent. Elle « fonctionne » pour et sur lui non pour re-créer l’expérience mais pour la revivre. On est responsable de 2 choses 1° ouvrir l’espace et 2° être conscient. C’est l’esprit qui contribue à s’identifier différemment et à relaxer le personnage qui s’identifie pleinement à sa petite boîte. Bien qu’elle soit incommunicable, l’expérience spirituelle peut être exprimée avec des mots pour l’intégrer dans la petite boîte. La représentation ne se casse pas volontairement à coups de masse, elle se dépasse, elle se transmute au contact de l’esprit. La spiritualité, c’est pas tout changer, changer de vie, de caractère, de partenaire, se changer, devenir meilleur, avec avoir du pouvoir c’est ouvrir l’espace pour y demander à l’esprit de venir dans sa vie avec toutes ses imperfections et difficultés. Dans ma vie, tu peux venir. Et là, possiblement, ça PEUT commencer à changer mais ce n’est pas moi qui mène la barque.

95° La peur est instinctuelle, un élément que la vie met devant moi

Un animal est bien dans l’instinct, a des peurs, se protège, développe des stratégies de protection et de prédation. Parce qu’il pense à manger demain et se souvient de la faim d’hier. Y a que l’homme qui s’invente l’instant présent pour ne plus se souvenir et oublier d’avoir une vision.

96° « Je prends ce que je veux chez Tolle »

Si une approche demande de marchander avec elle, d’aller faire son supermarché, on en sort. Le bouddhiste suit le bouddhisme et le Bouddha et n’a pas besoin de s’en protéger parce qu’il est équilibré dans son essence. Si le disciple doit se protéger du guide et de ses enseignements parce qu’il est un danger réel pour sa vie et son psychisme, ce n’est pas un guide spirituel.

Faible d’esprit ou désarroi spirituel énorme qui fait que « vite, vite, faut combler l’élan » et la mythologie de Tolle a la particularité de jouer là dessus « essayez, appliquez et en 30 secondes vous vivrez la vacuité et la plénitude ». C’est très séducteur et alléchant … mais foncer peut éviter de penser, critiquer, de discerner et donc de prendre à la lettre tellement c’est prétendument beau. Mais il doit s’allier avec les traditions, pas s’en exclure sinon, sinon ça peut faire sectaire, il se dit alors « leur améliorateur » et s’affiche avec le Dalaï-Lama, j’émets l’hypothèse que c’est une belle pub gratuite et du marketing.

Quant aux disciplines et traditions comme pour Tolle, c’est pas un supermarché où je prends ceci ou cela. La spiritualité, c’est pas un salon de voitures avec les options, je prends ça, pas ça, je fais ma soupe. Si j’enlève ceci ou cela du catholicisme, ça n’en est plus un … ça devient un protestantisme … si j’enlève ceci ou cela, ce n’est plus la mythologie Tolle. Moi j’ai pas besoin de me protéger de mon guide et de son approche, de sa vision des choses, je suis vigilant et discernant et en même temps j’ai rien à rejeter et à refouler parce qu’il y a une justesse objective au mythe et à la psychologie proposée.

« Moi je prends pas la notion de karma dans le bouddhisme parce que bon, c’est fataliste et moi je le suis pas ». Enlève un élément et tout s’effondre. Ce n’est plus du bouddhisme. Pire le « contre » enlevé tue le « pour » : plus de karma ? plus de réalisation, de dharma … non plus … la vision est équilibrée quand elle est juste. y a rien de pour ou de contre, elle est. Et la personne continuera à se dire « je suis fidèle au Bouddha » …
97° La technique

« Dans l’art, l’expérimentateur, l’artiste a une place dans l’expérience.
La technique suppose une application stricte d’un protocole. La technique donnerait de toute façon le même résultat quelque soit la personne. Si on applique la même recette, dans les mêmes plats, dans la même cuisine, ayant reçu la même formation, avec les mêmes ingrédients, notre gâteau au chocolat sera pourtant différent. Quelque chose en le cuisinier y est passé. Si la cuisine, l’art martial, l’alchimie, les arts en général étaient des techniques, tout le monde serait Mozart, Nicolas Flamel, un chef, un maître d’orchestre, un Victor Hugo, … » Burensteinas

Qu’en est-il de la démarche de Tolle par extrapolation ? Elle est bien dans une technique généraliste et généraliste. Il faut appliquer le protocole, ça donnera de toute façon le même résultat pour tout le monde. C’est une panacée. On ne peut pas échouer avec la mythologie de Tolle. On va vivre la plénitude quoiqu’il en soit. L’esprit naît irrémédiablement de cette technique. Si on applique la mythologie Tolle à la lettre, vue que c’est une technique, on pourrait mesurer dans des graphiques et des statistiques qui « réussit » comme ici pour la poésie :

L’alchimie est un contre-exemple. Y a pas de recette générale : y a cette réalité, d’autres réalités, des reliances, des lois, soi-même. A moi de trouver ma rime !

98° Le présent n’est pas …

… un souci tant que le passé n’est pas nié. Les Romains ont fait ça, les Grecs, les Egyptiens ont fait : les mythes bougent et évoluent en intégrant des éléments culturels et mythologiques d’autres cultures, ils sont vivants. Jung parle de mythes vivants et de mythes morts-vivants. Le mythe mort-vivant,c’est celui de l’Eglise par ex. Il est dans un éternel présent, ne subit aucune transformation (la dernière a été la reconnaissance de l’Assomption de Marie, reconnaissance capitale du féminin en le divin … ENFIN ! reste le Diable et le Mal … mais ça c’est pas gagné). Ils sont dans un »pouvoir du moment présent ». Ils ne sont pas fixes, ils sont pétrifiés dans une hypnose collective socialement programmée. Ca bougera pas tant QUE il y aura une reconnaissance de infaillibilité de l’Eglise et du pape : en bref, elle a toujours raison et n’a rien à rectifier et il justifie comme Tolle les attaques contre elle par elle-même uniquement : ils sont dans le péché, etc.
Reconnaître qu’un pape ou l’Eglise s’est trompée, c’est être contraire aux dogmes. Mais le monde lui doit se rectifier entièrement et à son image pense-t-elle …
Moi j’ai aucun souci à imaginer qu’un mythe ancien et neuf à la fois apparaisse où Bouddha et Jésus se rencontrent, vivent des expériences ensemble, boivent un coup ensemble, se marrent, s’engueulent, partagent le riz et le pain, discute de dragons lol ^^ oui à une co-création et transmutation, non à une uniformisation mondiale des mythes.

99° L’Église

L’Église n’a pas été voulue par le Christ, c’est une déduction des intellos (exégètes) du gang qu’elle est suite à l’interprétation de ses paroles. ll faut justifier absolument et théologiquement que la structure qui vient et va vous contrôler est désiré par Dieu lui-même. Il faut justifier la prise de pouvoir, la domination et il faut justifier le sens de l’Église : intermédiaire entre le chrétien, dès lors infantilisé parce que tout est centré à l’extérieur (plus d’éthique, codex de moeurs, de dogmes, … auxquels il faut obéir, à qui on achète des indulgences) et le divin. Sur la toge des papes associe numérologiquement les lettres qui se trouvent dans le dos et tu obtiens 666. La métaphore de Babylone, la Bête, c’est l’Église elle-même et le pape est un dévot de Satan, le diviseur, la main gauche, l’obstacle entre l’individu et le divin, c’est elle. L’Église coupe sans relier. Tragique.

Et le dieu catholique est bien mort au sens symbolique et psychologique du terme : le Mal est partout. A ne pas reconnaître l’ombre en Dieu, Satan en Dieu (monothéisme = reconnaitre la dualité en l’unité), il est possédé par son Ombre qui veut se faire voir et elle se fait voir ! Les églises sont vidées, le pape (il n’a pas droit à la majuscule) est ridicule et ridiculisé, l’Église (idem) est une entreprise (sic!), le mythe est figé, l’église fonctionne comme des réseaux de mafia organisée (on cache et protège les prêtres pédophiles – on offre aux pervers le couvert, le pouvoir sur les gens, les enfants et en même temps un mythe et des rites pour expier ces horreurs et une porte de de sortie (dans un monastère à l’autre bout du monde, avec un faux nom?) pour échapper à la sortie. Les chrétiens ont été persécutés mais on n’est plus sous Néron !

Le mythe chrétien est un mythe où le fils sauve le père. Il ne parle nullement de l’humanité, c’est Dieu qui a besoin de l’homme d’abord. Et parce qu’il est sauvé, la création qui se fait à chaque instant (islam) l’est. Parce qu’elle l’est alors l’homme l’est. Pour cela, il faut que l’homme s’allie au divin qui est en lui (gnose), qu’il lui fasse de l’espace pour qu’il puisse venir. Ainsi la venue n’est pas dans un avenir chronologique et littérale, elle est perpétuellement possible. Le Christ ne s’est pas fait homme, il vient en l’homme qui le laisse naitre en son Graal, en son corps. Un corps rectifié, vide (métaphore de Marie). Idiot et fanatique est celui qui prend l’immaculée conception comme étant une affaire humaine et littérale. L’immaculée conception est une métaphore pour dire : le fils vient dans la matrice qu’est le corps (homme ou femme) si et uniquement s’il est rectifié et désiré. Le divin ensemence l’espace vide, « la vacuité » est visitée par l’esprit et la jouissance, la réalisation est alors tantrique, orgasmique et mystique Et donc, le désir de l’enfant littéral et symbolique est nécessaire.

L’Église nie le passé et tous ses apports pour réduire et anéantir tout au « PRÉSENT » et son nihilisme. Le Crist, c’est la pierre philosophale, c’est plus de 6000 ans de rencontres et de mouvement entre les mythes. Que fait l’Église ? Elle fait tabula rasa de tout le passé, de ses sources et racines.
Le mythe de Tolle est comme le mythe chrétien de l’Eglise : bâtard, niant le passé et ses sources.
On écrit « Tolle est bien un mystique pourtant… »
Je réponds : Non parce qu’il nie un dialogue, une rencontre avec une entité d’un autre monde qui le dépasse. Symboliquement, il tue Dieu et prend sa place. C’est lui le créateur de son moment présent. Il se défend d’être un nihiliste dans une de ces vidéos. Mais il l’est sur le plan philosophique. La Vacuité n’est pas néant, elle est créatrice des formes.🙂. La mythologie de Tolle est antropocentriste, le mystique est dans la rencontre. C’est par l’homme et la domination de l’Ego sur l’égo et le corps de souffrance qu’on va construire une nouvelle Terre.
Tolle a vécu une expérience spirituelle, c’est pas encore ça l’état mystique. Tolle n’est pas un Bouddha, loin de là. L’état mystique, on le quitte pas, on a pas besoin d’un moment présent, d’un pouvoir, d’une technique pour le recontacter ou pire croit qu’on va le créer. On s’y relie.

100° L’Éveil

L’Éveil, c’est par et avec un Autre. Pas une auto-création conditionnée de moi à moi en niant le monde. La mythologie de Tolle suggère une création mentale pour le mental pour se dire mentalement qu’il vit la réalisation.

V) Conclusion

C’est en vivant une autre approche thérapeutique respectueuse de toutes les parts de nous-mêmes, un autre chemin qui ne fait pas de l’égo le nouveau démon, le corps de souffrance, le nouveau péché qu’on envoie dans un enfer intérieur, un goulag intérieur pour ensuite prendre le Spoutnik du moment présent qui a contribué à ce que je sois ici, vivant. On a relevé, dans cet exposé, la littéralité, l’unilatéralité et la confusion des plans dans les propositions d’E. Tolle. La critique s’est effectuée par le biais de la psychanalyse et d’autres regards comme la physique quantique, les autres traditions, les mythes et des chemins plus ésotériques. On met en évidence que l’approche mythologique de Tolle est comportementaliste, suggestive, vise une atteinte à l’égo par une pathologisation de celui-ci en vue de donner un remède, un pouvoir qui donnerait la capacité de vivre une expérience spirituelle. D’un point de vue psychologique, la technique peut contribuer ainsi à la dissociation,au refoulement, à clivage intérieur et c’est cela qui est mis en avant en plus d’une critique traditionnelle donc spirituelle de Tolle.
Je suis alors ici le mauvais dragon, le mauvais diable vert, l’Hermès qui a des connaissances peu connues et cachées et je peux passer ici pour un hérétique alors que je viens juste dire « hé ho attention !!!!!! ». Je suis pas un abusif je suis un gardien, comme un dragon pour Bouddha qui enflamme les mythologies ennemies du Dharma en faisant passer leurs illusions pour la réalisation.

Je préviens des dangers d’une application d’une technique stricte et unilatérale issue elle-même de l’Orient et de l’Occident mais qui se garde d’être spécifiée comme telle (nous, on est Occidentaux = structure psychique différente ; eux supportent la désidentification au moi ; pour l’Occidental, c’est la psychose. Notre chemin à respecter, c’est elle de là où on est né, où on s’est incarné avec toute la difficulté que cela engendre étant donné le vide culture auquel on est confronté (la fuite vers l’Orient se comprend alors mais elle est tragique) ; nous, occidentaux, notre yoga, c’est alchimie, on ne se désidentifie pas de l’égo, on s’identifie différemment à lui, on change l’identification, on la nie pas) SANS cadre initiatique, sans tradition, sans suivi. Ma conscience ne peut pas taire cela.De ma réflexion, j’en retire la spiritualité en vivant pleinement la vie, ne peut se confondre avec du mentalisme et une critique sérieuse d’une psychologie autre que celle que cette spiritualité donne naissance. Celle de Tolle est fausse, à bien des égards, sur le plan scientifique et psychanalytique : on ne fait pas de science à partir de spiritualité. La psychologie de Tolle sert aussi à une chose bien précise : à se protéger narcissiquement elle-même de toute atteinte critique. Elle est alors imparable : celui qui critique la mythologie Tolle est en fait dans l’égo, le corps de souffrance. Il était alors bon et nécessaire de proposer une critique qui offre d’autres regards. Merci d’avoir lu.

Publié par

phil211060

Free-lance Ecrivain – Poète – Romancier – Récits de Vie – Création de Marques – Consultant en Propriété Intellectuelle - Rédacteur – Enseignant (instituteur primaire). Mon profil et mon parcours peuvent être qualifiés d'atypique.  Franchise, honnêteté, créativité, inventivité, esprit d'initiative, telles sont les qualités que je me reconnais. Et j'ai les défauts de mes qualités... Trilingue, français, néerlandais, anglais, j'ai une très grande aisance dans le domaine informatique. J'aime ma langue maternelle, le français. J'aime les mots, j'aime rédiger, j'aime écrire.  Et j'aime enseigner également... Le parcours a commencé par une scolarisation aisée, des études et un diplôme (secondaire supérieur) en sciences économiques, ensuite un diplôme en psycho-pédagogie (instituteur primaire). Ma vie professionnelle a débuté par l'enseignement. J'ai enseigné pendant 7 ans, en tant qu'instituteur dans la région bruxelloise. Ayant quelque peine à trouver une synergie avec l'enseignement officiel, je me suis dirigé vers le secteur privé. Plus exactement en propriété intellectuelle, en tant qu'assistant juridique ("paralegal"), avec une spécialisation dans le domaine des marques, gestion de porte-feuilles de marques et en informatique (intranet, internet, communication, publication...), expérience qui a duré plus de 15 ans, en Belgique et en Suisse. J'ai également touché au journalisme, pendant 3 ans, en tant que « free-lance ». J'ai ensuite quitté l'Europe et me suis installé en Inde pendant 3 ans où j'ai collaboré avec une ONG, les Écoles de la Terre, et ensuite une Unité commerciale à Auroville qui s'occupait de la problématique de l'eau. J'étais en charge de la communication. Je suis revenu en Europe, et j'ai eu quelques difficultés à retrouver un emploi, vu mon âge et mon parcours « original »... J'ai travaillé brièvement en tant que « Guide pour la diversité », dans le secteur social. Je suis actuellement libre et disponible.

8 réflexions au sujet de « Tolle … mentalisme ? ! »

  1. pourriez vous m’expliquer en quoi l’Eglise catholique a fait table rase du passé et jusqu’à quel point vous avez étudier la théologie catholique pour affirmer qu’elle est « figée » dans le présent? Notez bien que c’est ce que j’ai longtemps cru, mais j’ai fini quand même par aller voir « au delà » des apparences et pu constater les trésors de connaissances qui y sont. Quant à la pratique « religieuse », si elle reste figée dans un intellect, c’est un bruit qui résonne dans le vide, certes. Mais tout chrétien (je préfère ce mot à celui de catholique) sait qu’il vit en « relation » avec le Christ et non simplement dans une religion. Le Christ laisse libre de le suivre ou non, chacun son choix, mais avant de juger sans appel, faite comme un juge le ferait avant de siéger au procès: étudier le dossier à fond, sans se limiter à la surface.

    1. Marie,
      Il me paraissait clair que ce texte ne provenait pas de ma plume et c’est sur la critique de E. Tolle qu’il m’est apparu comme fondé. Quant à l’Eglise Catholique Romaine, c’est une autre histoire, foi de Cathare !

      1. Merci pour ce travail exemplaire, qui m’apporte une mise en garde que je cherchais déjà intuitivement sur le net, avec bien du mal d’ailleurs. J’ai maintenant suffisamment d’arguments pour passer à autre chose.

  2. Bonjour, c’est intéressant comme critique et cela prouve que chacun a en soi le pouvoir et la conscience nécessaire pour ne pas être un mouton. Le fait qu’ Eckart tolle ne cite pas ses sources peut effectivement poser problème. Personnellement je me demande ce que EC rajoute de plus à Krishnamurti ?
    Cet enseignement ‘EC je ne suis pas dans la phase de le rejeter mais d’y réfléchir. Si comme vous le suggérez, des gens vont dans les décors dans leur vie en l’écoutant, cela demande réflexion sur la manière d’être dans les décors dans leur vie ?
    Le rapport à l’argent d’EC demande aussi réflexion, je viens d’écouter une video où il en parle, et pour la première fois depuis que je l’écoute je ne comprends pas sa position
    j’essaie juste de comprendre
    Merci pour votre point de vue basé sur le vécu
    en quoi Echart tolle vous a t il envoyé dans les décors vous même dans votre vie ?

    1. Il s’agit de l’expérience d’un ami… Pour ma part, Tolle ne m’a pas eu… J’avais déjà compris que le « pouvoir » était l’essence même de l’illusion et de l’égotisme narcissique si cher à cette pseudo spiritualité new age… J’avais déjà étudié le bouddhisme et Tolle en est l’anti-thèse, sorte de syncrétique théosophique et sophiste en tous points nauséabonds car ne véhiculant aucune ontologie! Merci à vous… Krishnamurti, ça c’est amplement plus puissant!

  3. oui, j’ai vu juste après avoir posté que c’était l’expérience de Clidre.
    En fait je suis juste en phase critique bien que trouvant cet enseignement en bien des points en résonance avec moi
    seulement c’est ce qu’il y a autour
    comment ca s’organise on touche à un très gros contexte
    et à voir pour le moment je ne peux pas être aussi tranché que vous, certaines choses me gênent
    mais à sa place je ferais comment avec une telle pression et une telle énorme chose à gérer
    Et vous?
    en fait je regarde sans un contexte de groupe, je suis libre
    krishnamurti c’est très efficace d’essayer d’appliquer ce qu’il dit
    si on se casse avec Krishnamurti c’est à cause d’une mésinterprétation
    sa droiture est évidente
    pour tolle j’essaie de comprendre
    expliquez moi pour e tolle ce qui fait que vous en êtes à la phase rejet svp ?

  4. J’ai du mal à comprendre comment on peut basculer aussi vite et radicalement dans une pratique telle que celle d’E. T. sans prendre le temps de bien comprendre ce qu’il propose et sans l’expérimenter à petite dose … Je n’ai de loin pas tout lu mais souvent je n’ai pas la même interprétation que la vôtre. Par exemple l’utilisation de Th. d’ Ansembourg (que j’apprécie) pour critiquer certains aspects comme le fait selon vous qu’E. T dise qu’il » faut être heureux  » me semble totalement inadéquat. Jamais je n’ai entendu ou lu qu’il fallait à tout pris positiver chez E. T. et je n’ai absolument pas compris que l' »abandon » de l’égo serait miraculeuse. Bref, de mon point de vu toujours critique pour n’importe quelle théorie, il s’agirait simplement de pouvoir prendre un peu de recul par rapport à son égo, de parvenir à se distancier par moment de ce qui effectivement relève de pures productions mentales . L’égo n’est pas un démon, c’est également effectivement notre nature et nous devons vivre avec. C’est ce que dit E. T. !
    Au final je crois que c’est à chacun de trouver sa voie car là je suis d’accord, nous sommes tous différents et il n’est pas concevable qu’il n’existerait qu’une seule voie !!! Néanmoins je continue à penser qu’une lecture attentive mais toujours prudente d’E.T. et très éclairante.
    Certaines personnes évoquent Krishnamurti que je trouve également intéressant. Si on fait des recherches sur sa vie on peut également s’interroger sur l' »honnêteté » de certains de ses propos. Il prône l’absence de méthode, d’effort, de maître et conseille juste une certaine attention… mais il oublie de préciser que lui-même pratiquait certaines techniques (bouddhistes ou hindouistes) qui nécessitent une discipline … Jacques Vigne décrit cela ainsi : c’est un peu comme si on vous disait de monter sur le toit après avoir enlevé l’échelle ! …
    Je crois qu’il faut toujours avoir du recul : rien n’est miraculeux, tout en prenant en compte l’expérience de la personne qui parle.

    1. Je vous répondrai en détail car Krishnamurti avec une grande justesse use de la maïeutique comme Socrate et non comme E.T. de recettes magiques basées sur un concept illusoire du pseudo pouvoir du temps présent… Merci de votre commentaire et de votre attention

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