Coaching !!! Une ecroquerie à la mode !!! LOL

Coaching … Propos de Robert Ebguy

 

Dans un contexte de doute existentiel, l’individu manque des repères nécessaires à la construction de son identité. Avant, les manières d’être étaient multiples: on pouvait reproduire le modèle social dans lequel on naissait, le contester ou proposer une alternative.

 

Aujourd’hui, les individus sont poussés à rentrer dans le moule d’une société de plus en plus dure pour survivre.

 

Nous sommes passés d’une ère du désir avec, dans les années 70, l’espoir de changer la vie, à une ère d’exigences. Or, quand une société devient frileuse, elle impose que l’accomplissement individuel passe après les impératifs sociaux. Dans cette machine à fabriquer de la précarité et de l’exclusion, les individus ont peur de ne pas être à la hauteur. Ils souffrent psychiquement, se fragilisent. Il faut être plus fort, plus convaincant, plus adapté. C’est comme ça que, aujourd’hui, les étudiants font plusieurs CV, s’inventent des hobbies, des diplômes. Ils changent leur personnalité pour mieux se conformer aux désirs supposés de l’employeur.

 

La première escroquerie du coaching est qu’il part du postulat que le monde, notamment l’entreprise, est immuable et intangible. Sans utopie ni alternative possible, c’est donc à vous de changer.

 

La promesse de faire de vous un homme nouveau…

 

C’est la deuxième escroquerie. Pour le coach, vous êtes responsable de vos défaillances. Mais, grâce à lui, vous ferez fuir le looser. et vous ferez surgir le superman, cet être de lumière que vous êtes au fond de vous-même.

 

On éradique donc toute faiblesse, pourtant humaine.

 

Dans une société-jungle où les autres sont des rivaux, il ne faut surtout pas montrer ses failles. Le plus ironique, c’est que, derrière un vocabulaire humaniste, le coaching présente l’avantage de neutraliser les conflits: la violence n’est plus extériorisée mais retournée contre soi.

 

Autre duperie: on vous fait croire que la métamorphose sera révolutionnaire, alors qu’on vous apprend le conformisme. On vous dit: « C’est pour votre bien », mais le coach est payé par votre patron pour synchroniser vos ambitions et vos désirs avec ceux de l’entreprise. Il ne s’agit pas de cultiver votre personnalité comme un bénéfice apporté à l’entreprise, mais de travailler votre épanouissement personnel sous l’angle de l’adaptation sociale. C’est d’ailleurs une définition de l’hystérie en psychanalyse: ne pas exister pour soi, se lover dans le discours de l’autre.

 

Un ensemble de techniques utiles?

 

Le coaching devient problématique quand il prétend étendre ses techniques à la sphère privée, quand un « family coach », « love coach » ou autre « Iife coach » vous dit comment vivre. Quand ces techniques publicitaires touchent à l’intime, le moi devient un capital de ressources à exploiter, soumis au calcul des intérêts et des profits. On se « repackage », on se relooke, on se refabrique une personnalité pour faire face à la demande du marché.

 

Différence entre le développement personnel et le travail psychanalytique?

 

Alors que l’analyse cherche les causes profondes d’un malaise, coaching et développement personnel promettent le bonheur et la révélation d’un potentiel. Le coach élabore des réponses rapides, vous conditionne à donner la bonne réponse au bon stimulus. C’est une philosophie de banc de poissons: on modélise les parcours, on synchronise les consciences. Le coaching veut aussi vous faire croire qu’aller bien est une question de motivation. Mais positiver n’a jamais empêché d’être dépressif! La psychanalyse ne vous donne pas de réflexes comportementaux. Au contraire, elle vous aide à vous connaître, à vivre les nouvelles expériences. Et puis, il n’y a pas d’idée de performance dans l’analyse: on cherche la vérité du sujet, la personnalité profonde.

 

Comment résister à ce formatage?

 

En apprenant à être soi. Car on se façonne en étant à l’écoute de ses émotions et en libérant son énergie créatrice.

 

Comment éviter le piège?

 

1. Un coach doit être connu. Renseignez-vous sur sa formation. sur ses méthodes de travail et demandez conseil auprès d’organismes reconnus.

2. Evitez les prestations d’un week-end et les séminaires: les séances longue durée peuvent favoriser l’emprise psychologique.

3. Refusez les paiements en espèces.

4. Gardez vos distances avec un accompagnateur qui vous propose rapidement une formation pour devenir vous-même coach.

5. Soyez curieux. Gardez du recul et surtout cultivez votre esprit critique.

 

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Publié par

phil211060

Free-lance Ecrivain – Poète – Romancier – Récits de Vie – Création de Marques – Consultant en Propriété Intellectuelle - Rédacteur – Enseignant (instituteur primaire). Mon profil et mon parcours peuvent être qualifiés d'atypique.  Franchise, honnêteté, créativité, inventivité, esprit d'initiative, telles sont les qualités que je me reconnais. Et j'ai les défauts de mes qualités... Trilingue, français, néerlandais, anglais, j'ai une très grande aisance dans le domaine informatique. J'aime ma langue maternelle, le français. J'aime les mots, j'aime rédiger, j'aime écrire.  Et j'aime enseigner également... Le parcours a commencé par une scolarisation aisée, des études et un diplôme (secondaire supérieur) en sciences économiques, ensuite un diplôme en psycho-pédagogie (instituteur primaire). Ma vie professionnelle a débuté par l'enseignement. J'ai enseigné pendant 7 ans, en tant qu'instituteur dans la région bruxelloise. Ayant quelque peine à trouver une synergie avec l'enseignement officiel, je me suis dirigé vers le secteur privé. Plus exactement en propriété intellectuelle, en tant qu'assistant juridique ("paralegal"), avec une spécialisation dans le domaine des marques, gestion de porte-feuilles de marques et en informatique (intranet, internet, communication, publication...), expérience qui a duré plus de 15 ans, en Belgique et en Suisse. J'ai également touché au journalisme, pendant 3 ans, en tant que « free-lance ». J'ai ensuite quitté l'Europe et me suis installé en Inde pendant 3 ans où j'ai collaboré avec une ONG, les Écoles de la Terre, et ensuite une Unité commerciale à Auroville qui s'occupait de la problématique de l'eau. J'étais en charge de la communication. Je suis revenu en Europe, et j'ai eu quelques difficultés à retrouver un emploi, vu mon âge et mon parcours « original »... J'ai travaillé brièvement en tant que « Guide pour la diversité », dans le secteur social. Je suis actuellement libre et disponible.

3 réflexions au sujet de « Coaching !!! Une ecroquerie à la mode !!! LOL »

  1. Salut Pierre. Je partage beaucoup d’aspects de ton articles, mais je regrette ton titre qui met en cause le coaching en tant que pratique et qui manque de nuances. Le problème n’est pas le coaching en soi, mais ce qui en est fait. Il en a été de même pour la pnl qui est pourtant un outil très important (rien de mieux pour prendre conscience de l’astral!! :o). Il en est de même pour les diverses psychothérapies qui peuvent être tout aussi destructrices, ou plutot des psychothérapeutes. Tout dépend des competences en terme de savoir, de savoir être et de savoir faire de l’accompagnant ou du thérapeute et non de la technique ou du métier lui même. Je me permet de réagir à ton article car je suis du métier et justement, je cherche à y apporter congruence, compétence et déontologie… et ceci dans le cadre intégral (dont tu connais des aspects importants si je ne m’abuse :o) qui justement permet de clarifier pas mal de choses. Tu peux aller jetter un oeil sur le site de ma société qui t’en dira plus long sur cette vision du coaching: http://www.metaphorm.fr
    Bon fin d’année à toi

  2. Bonjour Guillaume,
    Les propos sont de Monsieur Ebguy. Je les ai relatés car c’est le genre de position qui n’est guère relatée sur la toile.
    Pour le titre, dans les propos de ce Monsieur, il est clairement fait référence à l’escroquerie et même aux escroqueries véhiculées par ces pratiques… Je me suis juste permis d’ajouter « à la mode » et un lol… C’est vrai, c’est choc!
    Mon opinion sur le coaching est différente et je m’en expliquerai dans un prochain post! Une chose est certaine: je réfute catégoriquement l’utilisation de ce mot pour un individu, sous peine de le rendre dépendant et l’affaiblir donc! Nous pouvons accompagner un individu, l’assister de manière temporelle, voire même le conseiller lorsqu’il en éprouve le besoin. En aucun cas il faut le mettre dans un véhicule qu’il ne conduit pas lui-même! Je reviens à l’essence même du mot coach. Pour avoir été coach de basket pendant plus de 10 ans, enseignant pendant 7 ans, et responsable de service dans le cadre professionnel, je pense avoir quelque expérience. Les mots ont un poids, ils ont un sens et même une symbolique. Et il peut se révéler être interprété subconsciemment! Dès lors, je m’insurge contre l’utilisation de ce terme lorsque l’on s’adresse à un individu isolé. Je serai beaucoup plus nuancé lorsqu’il s’agit de coacher un groupe, car là, il me semble que c’est plus approprié.
    Le fait que cette nouvelle mode ne soit aucunement contrôlée relève aussi d’une inconscience individuelle et collective qui me laisse pantois, mais dans la mouvance du développement personnel, cela ne m’étonne pas. N’importe qui peut du jour au lendemain s’auto-proclamer coach de vie (quelle prétention!) ou coach de quoi que ce soit sans avoir ni qualification, ni formation! Où est l’éthique et la déontologie? Car lorsque l’on se réfère à ces 2 principes, il faut pouvoir en référer à une autorité quelconque. Il ne suffit pas de le dire, il est des droits mais aussi des devoirs, et assumer une certaine responsabilité. Bien évidemment ces paroles peuvent être mal interprétées en croyant que je considère tout coaching comme pratique néfaste par une personne uniquement « intéressée ». Si j’en ai connus de ces énergumènes de par mon expérience, j’ose croire qu’il n’en va pas de même pour tous. J’ai confiance et dans l’intérêt-même des personnes qui exercent cette activité, il serait bon à mon sens et ma conscience de la réguler un minimum sous peine de se voir discréditer par des pratiques charlataniques par des incompétents qui ne savent pas ce qu’ils font.
    C’est je crois le prix à payer pour accréditer une activité qui est noble en soi lorsque elle est faite en conscience, éthique et dignité.
    Joyeuse année

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