Merci Monsieur !

Vers le soir, le jeune homme alla trouver
l’Alchimiste, qui emmenait le faucon avec
lui dans le désert.
« Je ne sais pas me transformer en vent,
répéta-t-il encore.
— Souviens-toi de ce que je t’ai dit : le
monde n’est que la partie visible de Dieu.
Et l’Alchimie, c’est simplement amener la
perfection spirituelle sur le plan matériel.
— Que faites-vous ?
— Je nourris mon faucon.
— Si je ne réussis pas à me transformer
en vent, nous allons mourir, dit le jeune
homme. A quoi bon nourrir le faucon ?
— Toi, tu mourras, répondit l’Alchimiste.
Moi, je sais me transformer en
vent. »
Le deuxième jour, le jeune homme
grimpa au sommet d’un rocher qui se
trouvait près du camp. Les sentinelles le
laissèrent passer; elles avaient entendu
parler du sorcier qui se transformait en
vent, et ne voulaient pas l’approcher. De
plus, le désert constituait une grande
muraille infranchissable.
Il passa le reste de l’après-midi de cette
deuxième journée à regarder le désert. Il
écouta son coeur. Et le désert écouta la
peur qui l’habitait.
Tous deux parlaient la même langue.
Le troisième jour, le chef suprême rassembla
autour de lui ses principaux officiers.
«Allons voir ce garçon qui se transforme
en vent, dit-il à l’Alchimiste.
— Allons ! » répondit celui-ci.
Le jeune homme les conduisit à l’endroit
où il était venu la veille. Puis il demanda à
tous de s’asseoir.
«Cela va demander un peu de temps,
dit-il.
— Nous ne sommes pas pressés, répondit
le chef suprême. Nous sommes des
hommes du désert. »
Le jeune homme se mit à regarder l’horizon
en face de lui. Il y avait des montagnes
au loin, des dunes, des rochers, des
plantes rampantes qui s’obstinaient à vivre
là où la survivance était improbable. Là
était le désert, qu’il avait parcouru des
mois et des mois durant, et dont il ne
connaissait cependant qu’une toute petite
partie. Dans cette petite partie, il avait rencontré
des Anglais, des caravanes, des luttes
de clans, et une oasis de cinquante
mille palmiers dattiers et trois cents puits.
« Que me veux-tu aujourd’hui ? demanda
le désert. Ne nous sommes-nous pas assez
contemplés hier ?
— Tu gardes, quelque part, celle que
j’aime. Alors, quand je regarde tes étendues
de sable, c’est elle que je contemple
aussi. Je veux retourner vers elle et j’ai
besoin de ton aide pour me transformer en
vent.
— Qu’est-ce que l’amour? demanda le
désert.
— L’amour, c’est quand le faucon vole
au-dessus de tes sables. Car, pour lui, tu
es une campagne verdoyante, et il n’est
jamais revenu sans sa proie. Il connaît tes
rochers, tes dunes, tes montagnes, et tu es
généreux avec lui.
— Le bec du faucon m’arrache des morceaux,
dit le désert. Cette proie, je la nourris
pendant des années, je l’abreuve du peu
d’eau que j’ai, lui montre où elle peut trouver
à manger; et, un beau jour, voici que le
faucon descend du ciel, juste comme j’allais
sentir la caresse du gibier sur mes
sables. Et le faucon emporte ce que j’avais
fait grandir.
— Mais c’était précisément à cette fin
que tu avais nourri et fait grandir le gibier,
répondit le jeune homme: pour alimenter
le faucon. Et le faucon alimentera
l’homme. Et l’homme alimentera un jour
tes sables, d’où naîtra à nouveau le gibier.
Ainsi va le monde.
— C’est cela, F amour?
— C’est cela, oui. C’est ce qui fait que la
proie se transforme en faucon, le faucon
en homme, et l’homme à nouveau en
désert. C’est cela qui fait que le plomb se
transforme en or, et que l’or retourne se
cacher sous la terre.
— Je ne comprends pas tes paroles, dit
le désert.
— Alors, comprends du moins que,
quelque part au milieu de tes sables, une
femme m’attend. Et, pour répondre à son
attente, je dois me transformer en vent. »
Le désert resta quelques instants silencieux.
« Je te donne mes sables pour que le vent
puisse souffler. Mais à moi seul, je ne puis
rien. Demande son aide au vent. »
Une petite brise se mit à souffler. Les
chefs de guerre observaient de loin le
jeune homme, qui parlait une langue inconnue
d’eux.
L’Alchimiste souriait.
Le vent arriva près du jeune homme et
lui effleura le visage. Il avait entendu sa
conversation avec le désert, car les vents
savent toujours tout. Ils parcourent le
monde sans avoir jamais de lieu de naissance
ni de lieu où mourir.
«Aide-moi, dit le jeune homme. Un jour,
j’ai entendu en toi la voix de mon aimée.
— Qui t’a appris à parler le langage du
désert et du vent ?
— Mon coeur », répondit le jeune homme.
Le vent avait plusieurs noms. On l’appelait
ici le sirocco, parce que les Arabes
croyaient qu’il venait des terres où l’eau
abondait, peuplées d’hommes à la peau
noire. Dans le pays lointain d’où venait
le jeune homme, on le nommait le levant,
parce que les gens croyaient qu’il apportait
le sable du désert et les cris de guerre
des Maures. Peut-être, ailleurs, loin des
campagnes où paissaient les moutons, les
hommes pensaient-ils que le vent naissait
en Andalousie. Mais le vent ne venait de
nulle part, n’allait nulle part, et c’est pourquoi
il était plus fort que le désert. Un jour,
on pourrait planter des arbres dans le
désert, et même y élever des moutons,
mais on ne parviendrait jamais à dominer
le vent.
«Tu ne peux être le vent, dit-il au jeune
homme. Nos natures sont différentes.
— Ce n’est pas vrai. J’ai appris les
secrets de l’Alchimie, tandis que je parcourais
le monde avec toi. J’ai en moi les
vents, les déserts, les océans, les étoiles, et
tout ce qui a été créé dans l’Univers. Nous
avons été faits par la même Main, et nous
avons la même Ame. Je veux être comme
toi, pénétrer partout, traverser les mers,
ôter le sable qui recouvre mon trésor, faire
venir près de moi la voix de mon aimée.
— J’ai entendu ta conversation avec
l’Alchimiste, l’autre jour. Il disait que chaque
chose a sa Légende Personnelle. Les
êtres humains ne peuvent se transformer
en vent.
— Apprends-moi à être le vent pendant
quelques instants, demanda le jeune
homme. Pour que nous puissions parler
ensemble des possibilités illimitées des
hommes et des vents. »
Le vent était curieux, et c’était là quelque
chose qu’il ne connaissait pas. Il
aurait aimé s’entretenir de ce sujet, mais il
ne savait pas comment transformer un
homme en vent. Et pourtant, il savait tant
de choses ! Il construisait des déserts, faisait
sombrer des navires, abattait des
forêts entières, et flânait dans des villes
pleines de musique et de bruits étranges. Il
croyait n’avoir point de limites, et voilà
qu’était devant lui un jeune homme pour
affirmer que le vent pouvait faire d’autres
choses encore.
«C’est ce que l’on appelle l’Amour, dit le
jeune homme, voyant que le vent était sur
le point d’accéder à sa demande. C’est
quand on aime que l’on arrive à être
quelque chose de la Création. Quand on
aime, on n’a aucun besoin de comprendre
ce qui se passe, car tout se passe alors à
l’intérieur de nous, et les hommes peuvent
se transformer en vents. A condition que
les vents les aident, bien sûr. »
Le vent était très orgueilleux, et ce que
disait le jeune homme l’irrita. Il se mit à
souffler plus fort, soulevant les sables du
désert. Mais il dut finalement reconnaître
que, même après avoir parcouru le monde
entier, il ne savait toujours pas transfor-
mer un homme en vent. Et il ne connaissait
pas l’Amour.
«Au cours de mes promenades à travers
le monde, j’ai remarqué que beaucoup de
gens parlaient de l’amour en regardant
vers le ciel, dit le vent, furieux de devoir
admettre ses limites. Peut-être vaudrait-il
mieux demander au ciel.
— Alors, aide-moi, demanda le jeune
homme. Couvre ce lieu de poussière, pour
que je puisse regarder le soleil sans être
aveuglé. »
Le vent se mit donc à souffler très fort, et
le ciel fut envahi par le sable : à la place du
soleil, il n’y avait plus qu’un disque doré.
Dans le camp, il devenait difficile de distinguer
quoi que ce fût. Les hommes du
désert connaissaient bien ce vent que
l’on appelait le simoun et qui était pire
qu’une tempête en mer; mais eux ne
connaissaient pas la mer. Les chevaux
hennissaient, les armes commencèrent à
être recouvertes par le sable.
Sur le rocher, l’un des officiers se tourna
vers le chef suprême et dit :
«Il vaudrait peut-être mieux en rester
là.»
Ils avaient déjà du mal à apercevoir le
jeune homme. Tous les visages étaient
entièrement masqués par les voiles bleus
et les regards n’exprimaient plus que la
frayeur.
«Finissons-en, insista un autre officier.
— Je veux voir la grandeur d’Allah, dit
le chef, avec du respect dans la voix. Je
veux voir la transformation d’un homme
en vent. »
Mais il nota mentalement les noms de
ces deux hommes qui avaient peur. Dès
que le vent se calmerait, il les destituerait
de leurs commandements. Les hommes du
désert n’ont pas à avoir peur.
«Le vent m’a dit que tu connaissais
l’Amour, dit le jeune homme au Soleil. Si
tu connais l’Amour, tu connais aussi l’Ame
du Monde, qui est faite d’Amour.
— D’où je suis, répondit le Soleil, je
peux voir l’Ame du Monde. Elle est en
communication avec mon âme et, à nous
deux, nous faisons ensemble croître les
plantes et avancer les brebis qui recherchent
l’ombre. D’où je suis (et je suis très
loin du monde), j’ai appris à aimer. Je sais
que, si je m’approche un peu plus de la
Terre, tout ce qu’elle porte périra et l’Ame
du Monde cessera d’exister. Alors, nous
nous regardons mutuellement et nous nous
aimons ; je lui donne vie et chaleur, elle me
donne une raison de vivre.
— Tu connais l’Amour, répéta le jeune
homme.
— Et je connais l’Ame du Monde, car
nous avons de longues conversations au
cours de ce voyage sans fin dans l’Univers.
Elle me dit que son plus grave problème
est que, jusqu’ici, seuls les minéraux et les
végétaux ont compris que tout est une
seule et unique chose. Et, pour autant, il
n’est pas nécessaire que le fer soit semblable
au cuivre et le cuivre semblable à
l’or. Chacun remplit sa fonction exacte
dans cette chose unique, et tout serait une
Symphonie de Paix si la Main qui a écrit
tout cela s’était arrêtée au cinquième jour.
«Mais il y a eu le sixième jour.
— Tu es savant parce que tu vois tout à
distance, dit le jeune homme. Mais tu ne
connais pas l’Amour. S’il n’y avait pas eu
de sixième jour, l’homme ne serait pas, le
cuivre serait toujours du cuivre et le plomb
toujours du plomb. Chacun a sa Légende
Personnelle, c’est vrai, mais un jour cette
Légende Personnelle sera accomplie. Il
faut donc se transformer en quelque chose
de mieux, et avoir une nouvelle Légende
Personnelle jusqu’à ce que l’Ame du
Monde soit réellement une seule et unique
chose. »
Le Soleil resta songeur et se mit à briller
plus fort. Le vent, qui appréciait l’entretien,
souffla également plus fort, pour que
le Soleil n’aveuglât pas le jeune homme.
« Pour cela, il y a l’Alchimie, dit ce dernier.
Pour que chaque homme cherche son
trésor, et le trouve, et veuille ensuite être
meilleur qu’il n’a été dans sa vie antérieure.
Le plomb remplira son rôle jusqu’à
ce que le monde n’ait plus besoin de
plomb; alors, il devra se transformer en
or.

«Les alchimistes parviennent à réaliser
cette transformation. Ils nous montrent
que, lorsque nous cherchons à être meilleurs
que nous ne le sommes, tout devient
meilleur aussi autour de nous.
— Et pourquoi dis-tu que je ne connais
pas l’Amour ? demanda le Soleil.
— Parce que l’Amour ne consiste pas à
rester immobile comme le désert, ni à courir
le monde comme le vent, ni à tout voir
de loin, comme toi. L’Amour est la force
qui transforme et améliore l’Ame du
Monde. Quand je suis entré en elle pour la
première fois, j’ai cru qu’elle était parfaite.
Mais ensuite j’ai vu qu’elle était le reflet de
tout ce qui a été créé, qu’elle avait aussi
ses guerres et ses passions. C’est nous qui
alimentons l’Ame du Monde, et la terre sur
laquelle nous vivons sera meilleure ou sera
pire selon que nous serons meilleurs ou
pires. C’est là qu’intervient la force de
l’Amour, car, quand nous aimons, nous
voulons toujours être meilleurs que nous
ne sommes.
— Qu’attends-tu de moi? demanda le
Soleil.
— Que tu m’aides à me transformer en
vent, répondit le jeune homme.
— La Nature me connaît comme la plus
savante de toutes les créatures, dit le
Soleil. Mais je ne sais comment te transformer
en vent.
— A qui dois-je m’adresser, alors ? »
Le Soleil se tut un moment. Le vent
écoutait, et allait répandre dans le monde
entier que sa science était limitée. Il ne
pouvait cependant pas échapper à ce jeune
homme qui parlait le Langage du Monde.
«Vois la Main qui a tout écrit», dit le
Soleil.
Le vent poussa un cri de satisfaction et
souffla avec plus de force que jamais. Les
tentes dressées sur le sable furent bientôt
arrachées, tandis que les animaux se libéraient
de leurs attaches. Sur le rocher, les
hommes s’agrippèrent les uns aux autres
pour éviter d’être emportés.
Alors, le jeune homme se tourna vers la
Main qui avait tout écrit. Et, au lieu de
dire le moindre mot, il sentit que l’Univers
demeurait silencieux, et demeura silencieux
de même.
Un élan d’amour jaillit de son coeur, et il
se mit à prier. C’était une prière qu’il
n’avait encore jamais faite, car c’était une
prière sans parole, et par laquelle il ne
demandait rien. Il ne remerciait pas
d’avoir pu trouver un pâturage pour
ses moutons; il n’implorait pas d’arriver
à vendre davantage de cristaux; il ne
demandait pas que la femme qu’il avait
rencontrée attende son retour. Dans le
silence qui s’ensuivit, il comprit que le
désert, le vent, le soleil cherchaient aussi
les signes que cette Main avait écrits, qu’ils
voulaient suivre leurs routes et entendre
ce qui était gravé sur une simple émeraude.
Il savait que ces signes étaient dispersés
sur la Terre et dans l’Espace, qu’ils
n’avaient en apparence aucune raison
d’être, aucune signification, que ni les
déserts, ni les vents, ni les soleils, ni les
hommes enfin ne savaient pourquoi ils
avaient été créés. Mais cette Main avait,
elle, une raison pour tout cela, et elle seule
était capable d’opérer des miracles, de
transformer des océans en déserts, et des
hommes en vent. Parce qu’elle seule comprenait
qu’un dessein supérieur poussait
l’univers jusqu’à un point où les six
jours de la création se transformeraient en
Grand OEuvre.
Et le jeune homme se plongea dans
l’Ame du Monde, et vit que l’Ame du
Monde faisait partie de l’Ame de Dieu, et
vit que l’Ame de Dieu était sa propre âme.
Et qu’il pouvait, dès lors, réaliser des
miracles.
Le simoun souffla ce jour-là comme
jamais encore il n’avait soufflé. Pendant
des générations, les Arabes contèrent la
légende d’un jeune homme qui s’était
transformé en vent et qui avait failli balayer
un campement, défiant la puissance du plus
important des chefs de guerre du désert.
Quand le simoun eut cessé de souffler,
tous portèrent leurs regards vers l’endroit
où se trouvait le jeune homme. Il n’était
plus là, mais se trouvait à côté d’une sentinelle
presque entièrement recouverte de
sable qui surveillait l’autre côté du camp.
Les hommes étaient épouvantés par la
sorcellerie. Deux personnes, cependant,
souriaient: l’Alchimiste, parce qu’il avait
trouvé son véritable disciple, et le chef
suprême, parce que ce disciple avait entendu
la gloire de Dieu.

Advertisements

Publié par

phil211060

Free-lance Ecrivain – Poète – Romancier – Récits de Vie – Création de Marques – Consultant en Propriété Intellectuelle - Rédacteur – Enseignant (instituteur primaire). Mon profil et mon parcours peuvent être qualifiés d'atypique.  Franchise, honnêteté, créativité, inventivité, esprit d'initiative, telles sont les qualités que je me reconnais. Et j'ai les défauts de mes qualités... Trilingue, français, néerlandais, anglais, j'ai une très grande aisance dans le domaine informatique. J'aime ma langue maternelle, le français. J'aime les mots, j'aime rédiger, j'aime écrire.  Et j'aime enseigner également... Le parcours a commencé par une scolarisation aisée, des études et un diplôme (secondaire supérieur) en sciences économiques, ensuite un diplôme en psycho-pédagogie (instituteur primaire). Ma vie professionnelle a débuté par l'enseignement. J'ai enseigné pendant 7 ans, en tant qu'instituteur dans la région bruxelloise. Ayant quelque peine à trouver une synergie avec l'enseignement officiel, je me suis dirigé vers le secteur privé. Plus exactement en propriété intellectuelle, en tant qu'assistant juridique ("paralegal"), avec une spécialisation dans le domaine des marques, gestion de porte-feuilles de marques et en informatique (intranet, internet, communication, publication...), expérience qui a duré plus de 15 ans, en Belgique et en Suisse. J'ai également touché au journalisme, pendant 3 ans, en tant que « free-lance ». J'ai ensuite quitté l'Europe et me suis installé en Inde pendant 3 ans où j'ai collaboré avec une ONG, les Écoles de la Terre, et ensuite une Unité commerciale à Auroville qui s'occupait de la problématique de l'eau. J'étais en charge de la communication. Je suis revenu en Europe, et j'ai eu quelques difficultés à retrouver un emploi, vu mon âge et mon parcours « original »... J'ai travaillé brièvement en tant que « Guide pour la diversité », dans le secteur social. Je suis actuellement libre et disponible.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s