20 mars 2006 – extrait de mon blog indien…

Je vous parlerai des bidonvilles plus en détails après avoir fait le
tour complet des écoles, ici à Kolkotta ville (au programme ces 3
prochains jours). J’en ai déjà vu 2, l’une près d’ici, dans un quartier
exclusivement musulman, l’autre dans un bidonville, près d’un ligne de
chemin de fer. Dès à présent, je tiens à vous faire part d’un élément
de réflexion. Il m’a été donné de compulser les fiches d’inscription
des enfants; sur celle-ci est fait mention des revenus mensuels de la
famille et le nombre d’enfants à charge. Je n’en ai pas cru mes yeux:
pour un grand nombre, le revenu est de 500 roupies par mois avec en
moyenne 2 à 3 enfants à charge. Pour la Suisse, cela fait un peu moins
de 15 CHF, pour la zone Euro un peu moins de 10 Euros, par mois, pour
une famille de 2 adultes et 2 enfants!!! Non, je ne me trompe pas.
C’est leur réalité, pathétique comme me disait Sashi, la réalité pure
et dure, la misère dans toute sa laideur, et c’est aussi ça, mon
présent, que d’y être confronté et de méditer sur ce que je peux faire
face à un tel état de chose. Le faire savoir à autrui, à vous, dans un
premier temps. Ensuite, savoir si je peux aider d’une manière concrète,
même si je n’enseigne pas ici: Sashi m’a proposé de faire l’acquisition
de cahiers, indispensables à leur apprentissage, qui me reviendront à
6-7 roupies le cahier, et qu’un minimum de 200 cahiers est à pourvoir
(à 7rpes), cela fait 1’400 roupies. Cela nous fait en CHF 41 et en EUR
27. Peut-on dire non à cela? Il vous faut savoir également que les
Ecoles de la Terre ici à Kolkotta assurent, outre l’enseignement
fondamental, le suivi médical des enfants et les nourrissent une fois
par jour. Martial me disait qu’avec un don de 50 CHF par an, on pouvait
assurer la prise en charge la scolarisation d’un enfant. Vous voilà
informés d’une facette de la problématique. Laissez-moi vous préciser
également que dans la philosophie des Ecoles de la Terre, telle que je
l’ai comprise, aucun "parrainage" n’est envisageable, la collectivité
de l’école étant prioritaire. Votre aide profite à la communauté, et
non à un enfant en particulier. L’exemple d’une organisation d’aide à
des enfants tibétains, fonctionnant sur le mode du parrainage, me vient
à l’esprit: un enfant parrainé par un citoyen américain se retrouvait
"nippé" tel un petit US guy, à savoir Nike, Converse, Reebok, et tutti
quanti. La belle affaire. Est-ce leur rendre service? N’y a-t-il pas
d’autres urgences? Et assurer le bien être d’un enfant dans une
collectivité, une quasi-adoption à distance, est-elle de mise dans les
circonstances dans lesquelles ils vivent. Je ne crois pas qu’il soit
adéquat que de leur faire goûter à nos valeurs, tant superficielles
elles sont. Et le fait de prendre en charge un être, en omettant les
autres, et satisfaire sa "bonne conscience" me paraît tout aussi erroné
par rapport à la perception que j’ai de ce que je vis. Ces paroles
n’engagent que moi et en aucun cas l’ONG, pour laquelle j’ai tant
d’affinités, mais dont je ne fais pas partie. C’est Philippe qui vous
parle, en son nom, avec son coeur et sa conscience, avec son point de
vue et son vécu. Rien de plus, rien de moins. Je n’ai aucune autorité
en la matière et suis encore "bleu" dans le domaine (ah oui,
j’oubliais, ils ne m’ont pas eu à Holi…). Si vous êtes sensibles à
mon coup de coeur (et de révolte), sachez que toute action est la
bienvenue, de Suisse, d’Europe et d’ailleurs. Si vous êtes partants, je
vous invite à consulter le site des Ecoles ou m’envoyer un e-mail, je
ferai suivre à qui de droit, et répondrai avec joie à toutes vos
questions. Quant à moi, je ne peux rester les bras croisés, et sans
m’engager dans une … croisade, je vais me bouger et mettre en branle
toutes mes ressources que pour faire quelque chose face à un tel état
de fait.

Adresse de mon blog indien
http://philou2110.spaces.live.com

Site des Ecoles de la Terre
http://www.ecolesdelaterre.ch

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Publié par

phil211060

Free-lance Ecrivain – Poète – Romancier – Récits de Vie – Création de Marques – Consultant en Propriété Intellectuelle - Rédacteur – Enseignant (instituteur primaire). Mon profil et mon parcours peuvent être qualifiés d'atypique.  Franchise, honnêteté, créativité, inventivité, esprit d'initiative, telles sont les qualités que je me reconnais. Et j'ai les défauts de mes qualités... Trilingue, français, néerlandais, anglais, j'ai une très grande aisance dans le domaine informatique. J'aime ma langue maternelle, le français. J'aime les mots, j'aime rédiger, j'aime écrire.  Et j'aime enseigner également... Le parcours a commencé par une scolarisation aisée, des études et un diplôme (secondaire supérieur) en sciences économiques, ensuite un diplôme en psycho-pédagogie (instituteur primaire). Ma vie professionnelle a débuté par l'enseignement. J'ai enseigné pendant 7 ans, en tant qu'instituteur dans la région bruxelloise. Ayant quelque peine à trouver une synergie avec l'enseignement officiel, je me suis dirigé vers le secteur privé. Plus exactement en propriété intellectuelle, en tant qu'assistant juridique ("paralegal"), avec une spécialisation dans le domaine des marques, gestion de porte-feuilles de marques et en informatique (intranet, internet, communication, publication...), expérience qui a duré plus de 15 ans, en Belgique et en Suisse. J'ai également touché au journalisme, pendant 3 ans, en tant que « free-lance ». J'ai ensuite quitté l'Europe et me suis installé en Inde pendant 3 ans où j'ai collaboré avec une ONG, les Écoles de la Terre, et ensuite une Unité commerciale à Auroville qui s'occupait de la problématique de l'eau. J'étais en charge de la communication. Je suis revenu en Europe, et j'ai eu quelques difficultés à retrouver un emploi, vu mon âge et mon parcours « original »... J'ai travaillé brièvement en tant que « Guide pour la diversité », dans le secteur social. Je suis actuellement libre et disponible.

Une réflexion au sujet de « 20 mars 2006 – extrait de mon blog indien… »

  1. Merci mon Cher Philippe, pour ta gentillesse, ta sensibilité, ton engagement ! Les enfants du Bengale ? Je souhaite t’en parler un peu, ici dans ton Blog indien, à travers ce poème que j’ai écrit à Calcutta au cours de l’année 1988. "Clairs sont leurs yeux de lumière et leurs mains aux allures magiques tourbillonnent dans la poussière rendant leur rue toujours vivante ! Leurs lèvres emplies de leur sourire ne se livrent pas aux silences des dangers qui les guettent au fond de leur vie de misère ! Avant de les croiser dans le bidonville, je cachais en moi d’indicibles trésors ! Mais aux premiers éclats de leurs rires, j’ai senti comme un fil qui nous unissait ! C’est peut-être le symbole d’une parenté qui lie chacun de nous à l’humanité ! Si le sens de cet empressement prend racine dans l’amour des enfants, alors je suis partant pour traverser les océans, au mépris des frontières et de toutes les barrières qui nieraient cette parenté".Amitié sincère, à PHILIPPE et à tous ses AMI(E)S de http://www.phil211060.spaces.live.com Martial d’ECOLES DE LA TERRE

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