Spiritualité selon Krishnamurti (ou plus exactement l’Esprit Religieux)

Extraits de      

Le Livre de la méditation et de la vie  

Krishnamurti
Ed. Le Livre de Poche

Truth is a pathless land


L’homme religieux ne cherche pas Dieu. L’homme religieux se sent concerné par la transformation de la société, c’est à dire de lui-même. L’homme religieux n’est pas celui qui observe d’innombrables rituels, qui se plie aux traditions, qui vit une culture morte, dépassée, qui explique sempiternellement la Gîta ou la Bible, qui psalmodie interminablement, ou qui mène la vie de sannyasi – cet homme-là n’est pas religieux, il fuit la réalité des faits.

L’homme religieux s’implique totalement, complètement, dans une démarche de compréhension de la société, qui n’est autre que lui-même. Il n’est pas distinct de la société. Susciter en lui-même une complète et totale mutation signifie pour lui la cessation complète de toute avidité, de toute envie, de toute ambition; il n’est plus dépendant des conditions alentour, bien qu’il soit le produit de tout ce qui l’environne – de la nourriture qu’il consomme, des livres qu’il lit, des cinémas qu’il fréquente, des dogmes religieux, des croyances, des rituels, et tout ce genre d’affaires – il n’est plus dépendant de cet environnement.

L’homme religieux est responsable, il doit par conséquent se comprendre lui-même, lui qui est le produit d’une société qu’il a lui-même engendrée.
Donc, dans sa quête de réalité, c’est ici même qu’il doit commencer, et pas dans un temple, et pas par une image – qu’elle ait été ciselée par la main ou l’esprit. Sinon, comment pourrai-il rencontrer l’inédit total, un nouvel état?

Pouvons-nous découvrir par nous-mêmes ce qu’est l’esprit religieux? Le scientifique, lorsqu’il est dans son laboratoire, est un scientifique à part entière: il n’est pas influencé par le nationalisme, par ses peurs, par ses vanités, pars ses ambitions et les contingences locales; il ne fait rien d’autre en ce lieu que de la recherche. Mais en dehors du laboratoire, c’est un homme comme les autres, avec ses préjugés, ses ambitions, son identité nationale, ses vanités, ses jalousies, et tout le reste. Un tel esprit n’est pas capable d’aborder l’esprit religieux.

L’esprit religieux ne fonctionne pas à partir d’un centre d’autorité, qu’il consiste dans le savoir accumulé sous forme de tradition, ou dans l’expérience – qui n’est autre, en fait, qu’un prolongement de la tradition, du conditionnement. L’esprit religieux ne pense pas en terme de temps, de résultats immédiats, de réformes immédiates allant dans le sens des schémas de la société… L’esprit religieux, nous l’avons déjà dit, n’est pas ritualiste; il n’est inféodé à aucune église, à aucun groupe, à aucun système de pensée.

L’esprit religieux, c’est celui qui a pénétré au cœur de l’inconnu, et l’on ne peut qu’y plonger d’un seul bond – toute pénétration prudente et calculée dans l’inconnu est exclue. L’esprit religieux est le véritable esprit révolutionnaire, et l’esprit révolutionnaire n’est pas une réaction par rapport au passé. L’esprit religieux est véritablement explosif, créatif – pas au sens que l’on donne généralement au mot créatif tel qu’il s’applique à un poème, un décor, un édifice, ou à l’architecture, la musique, la poésie – il est en état de création. 

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